31 mai 2010

La princesse et le mini-short

Il était une fois un monde merveilleux appelé les années 90. C'est là, dans un royaume appelé POP, que vivait une princesse qui répondait au doux nom de Mariah Carey. Elle était jeune, belle et élégante. Tous les garçons et les filles en étaient fous. Les filles appréciaient son charme de "girl next door", accessible et loin des extravagances habituelles des princesses d'autres royaumes. Quant aux garçons, beaucoup en tombait amoureux. Elle était belle mais surtout elle avait une voix extraordinaire. Un véritable don capable d'ensorceler n'importer qui - même les coeurs de pierre. Plus que sa beauté, c'est en effet ses harmonies vocales qui en avaient fait une princesse.

Tous s'accordaient à dire que sa voix était magique. Ses sujets étaient littéralement hypnotisés lorsqu'elle chantait. D'ailleurs, beaucoup ne pouvant pas se permettre d'aller la voir chanter pour de vrai lors des grands spectacles organisés régulièrement, tous s'équipaient rapidement de drôles d'outils rectangulaires ou ronds appelés K7 et CD pour pouvoir l'écouter à volonté. Les amoureux aimaient écouter des mélodies comme "Hero", "Without You" ou "Can't Let Go" tandis que de grandes fêtes étaient organisées le soir au son de "Fantasy" ou "Dreamlover".

Et bientôt, tout le monde en dehors du royaume commença à l'écouter et à tomber sous son charme. La princesse du royaume POP devint ainsi la reine du monde merveilleux des années 90. Elle s'était alliée aux indociles et sauvages chevaliers du royaume RAP (Mobb Deep, Ol'Dirty Bastard...) et avait même réussi à séduire le pourtant très sombre et mystérieux royaume R&B, alors dirigé par une multitude de princesses brunes ayant la particularité de disparaitre mystérieusement les unes après les autres et d'être remplacée aussi vite, sans que personne ne sache vraiment pourquoi. Tous les royaumes vivaient alors en paix, en harmonie, collaborant entre eux pour le bien de leurs sujets dévoués.

Mais vint un jour où le monde merveilleux des années 90 fut envahi par le monde maléfique des années 2000. Ce monde était contrôlé par des dizaines de princesses qui avaient depuis longtemps réduits à néants les frontières entre les royaumes pour assoir leur pouvoir sur le plus grand nombre. R&B, RAP, POP n'existaient plus. Ils avaient été remplacés par un gigantesque royaume uniforme aux paysages fades. La beauté, l'élégance et le charme y étaient alors devenu accessoires. Et plus que tout, la voix était devenue caduque, inutile. Ces monstrueuses princesses que le peuple appelait entre autres Beyonce, Rihanna ou Nicole Scherzinger hypnotisaient désormais leurs sujets avec leurs fesses.

La jolie princesse ne faisait donc pas le poids face à ces princesses maléfiques des années 2000. Même les habitants et autrefois fidèles sujets du monde des années 90 commençaient à se détourner d'elle. Deux choix s'offraient alors à elle. Le premier : capituler, s'exiler, partir éventuellement pour le monde semi-merveilleux du cinéma. Le second : lutter. Après une longue hésitation, elle se tourna vers la première solution mais se ravisa finalement. Et c'est le second qu'elle choisit...

Et la lutte débuta. Son arme : le mini-short. Bien décidée à ne pas disparaître, elle se mit donc à utiliser les mêmes armes que ses adversaires pour continuer à séduire ses sujets et éventuellement évincer les princesses maléfiques des années 2000 désormais au pouvoir. Pourtant, c'est à une trahison que beaucoup de ses anciens sujets assimilèrent cette lutte. La jolie princesse d'autrefois troqua en effet son élégance et son charme naturel pour la vulgarité de ses adversaires. Elle semblait avoir vendu son âme à l'oppresseur.

C'est alors que se formèrent, au sein du monde maléfique des années 2000, des poches de résistance parmi les anciens habitants du monde merveilleux des années 90. Parmi eux se trouvaient beaucoup d'anciens coeurs esseulés, anciennement amoureux de cette jolie princesse, se sentant trahis et abandonnés. Mais rien n'y faisait...

La jolie princesse déchue, en essayant de lutter contre ses rivales, avait réussi à nouveau à hypnotiser les sujets du royaume. Elle était redevenue une princesse. Mais une princesse d'un monde qui n'avait plus rien de merveilleux. Un monde dans lequel les grosses fesses avaient plus de valeur que la voix et l'élégance. Un monde de princesses fantômes errant sans âmes et en mini-short sur de grandes et longues routes infinies formant un tube de 1 et des 0...

La jolie princesse n'était plus.

FIN


2 commentaires:

  1. muahahahah !!! grandiose !!! ^^
    Encore, encore, encore !!! Je veux d'autres histoires de princesses qui finissent mal !!! (et y'a de quoi faire de nos jours...lol)

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  2. Pour ma part, je lui en préfère une autre, une Impossible Princess :)

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