31 mai 2010

La princesse et le mini-short

Il était une fois un monde merveilleux appelé les années 90. C'est là, dans un royaume appelé POP, que vivait une princesse qui répondait au doux nom de Mariah Carey. Elle était jeune, belle et élégante. Tous les garçons et les filles en étaient fous. Les filles appréciaient son charme de "girl next door", accessible et loin des extravagances habituelles des princesses d'autres royaumes. Quant aux garçons, beaucoup en tombait amoureux. Elle était belle mais surtout elle avait une voix extraordinaire. Un véritable don capable d'ensorceler n'importer qui - même les coeurs de pierre. Plus que sa beauté, c'est en effet ses harmonies vocales qui en avaient fait une princesse.

Tous s'accordaient à dire que sa voix était magique. Ses sujets étaient littéralement hypnotisés lorsqu'elle chantait. D'ailleurs, beaucoup ne pouvant pas se permettre d'aller la voir chanter pour de vrai lors des grands spectacles organisés régulièrement, tous s'équipaient rapidement de drôles d'outils rectangulaires ou ronds appelés K7 et CD pour pouvoir l'écouter à volonté. Les amoureux aimaient écouter des mélodies comme "Hero", "Without You" ou "Can't Let Go" tandis que de grandes fêtes étaient organisées le soir au son de "Fantasy" ou "Dreamlover".

Et bientôt, tout le monde en dehors du royaume commença à l'écouter et à tomber sous son charme. La princesse du royaume POP devint ainsi la reine du monde merveilleux des années 90. Elle s'était alliée aux indociles et sauvages chevaliers du royaume RAP (Mobb Deep, Ol'Dirty Bastard...) et avait même réussi à séduire le pourtant très sombre et mystérieux royaume R&B, alors dirigé par une multitude de princesses brunes ayant la particularité de disparaitre mystérieusement les unes après les autres et d'être remplacée aussi vite, sans que personne ne sache vraiment pourquoi. Tous les royaumes vivaient alors en paix, en harmonie, collaborant entre eux pour le bien de leurs sujets dévoués.

Mais vint un jour où le monde merveilleux des années 90 fut envahi par le monde maléfique des années 2000. Ce monde était contrôlé par des dizaines de princesses qui avaient depuis longtemps réduits à néants les frontières entre les royaumes pour assoir leur pouvoir sur le plus grand nombre. R&B, RAP, POP n'existaient plus. Ils avaient été remplacés par un gigantesque royaume uniforme aux paysages fades. La beauté, l'élégance et le charme y étaient alors devenu accessoires. Et plus que tout, la voix était devenue caduque, inutile. Ces monstrueuses princesses que le peuple appelait entre autres Beyonce, Rihanna ou Nicole Scherzinger hypnotisaient désormais leurs sujets avec leurs fesses.

La jolie princesse ne faisait donc pas le poids face à ces princesses maléfiques des années 2000. Même les habitants et autrefois fidèles sujets du monde des années 90 commençaient à se détourner d'elle. Deux choix s'offraient alors à elle. Le premier : capituler, s'exiler, partir éventuellement pour le monde semi-merveilleux du cinéma. Le second : lutter. Après une longue hésitation, elle se tourna vers la première solution mais se ravisa finalement. Et c'est le second qu'elle choisit...

Et la lutte débuta. Son arme : le mini-short. Bien décidée à ne pas disparaître, elle se mit donc à utiliser les mêmes armes que ses adversaires pour continuer à séduire ses sujets et éventuellement évincer les princesses maléfiques des années 2000 désormais au pouvoir. Pourtant, c'est à une trahison que beaucoup de ses anciens sujets assimilèrent cette lutte. La jolie princesse d'autrefois troqua en effet son élégance et son charme naturel pour la vulgarité de ses adversaires. Elle semblait avoir vendu son âme à l'oppresseur.

C'est alors que se formèrent, au sein du monde maléfique des années 2000, des poches de résistance parmi les anciens habitants du monde merveilleux des années 90. Parmi eux se trouvaient beaucoup d'anciens coeurs esseulés, anciennement amoureux de cette jolie princesse, se sentant trahis et abandonnés. Mais rien n'y faisait...

La jolie princesse déchue, en essayant de lutter contre ses rivales, avait réussi à nouveau à hypnotiser les sujets du royaume. Elle était redevenue une princesse. Mais une princesse d'un monde qui n'avait plus rien de merveilleux. Un monde dans lequel les grosses fesses avaient plus de valeur que la voix et l'élégance. Un monde de princesses fantômes errant sans âmes et en mini-short sur de grandes et longues routes infinies formant un tube de 1 et des 0...

La jolie princesse n'était plus.

FIN


27 mai 2010

Made in 80's #13 : Le Brat Pack

Il n'y a pas de meilleur période pour un acteur d'Hollywood que la décennie qui coule entre ses 20 ans et ses 30 ans. Tous les rôles s'offrent à lui. Pour peu qu'il ait une belle gueule, un peu de charisme, du talent et un agent efficace, il peut tout jouer : l'ado puis l'étudiant et enfin l'alpha-mâle. Les studios lui font des propositions en or. Les filles se roulent à ses pieds. Il a l'âge pour encaisser tous les chocs et la liberté absolue. Cette vie, c'est celle de Vince Chase dans ENTOURAGE. Celle d'un mec qui tourne avec James Cameron et fait les films dont il a envie. Celle d'un mec qui ne s'est jamais vu dire non par une fille. Celle d'un mec dont les potes restent des potes. Toujours. Quoi qu'il arrive. Ses amis, c'est son "Entourage", ses potes d'enfance qui oscillent entre pure fraternité virile et opportunisme. Parce que le portrait de la vie hollywoodienne dressé par ENTOURAGE, c'est "une star de cinéma parmi les stars de cinéma". L'acteur, dans ses pérégrinations, côtoie beaucoup de ses congénères. Il va à une fête chez Jessica Alba, tombe amoureux de Mandy Moore, s'embrouille avec James Woods et en croise beaucoup d'autres dans des fêtes, clubs de sports, magasins chics, bars et restaurants. Mais sans jamais fraterniser. Jamais réellement en tous les cas. Ces potes, ce sont 'E', Turtle et Drama. Pas DiCaprio, Damon ou Wahlberg.

C'est comme ça, désormais, que semble s'envisager l'amitié à Hollywood. La presse a bien tenté ces dernières années de fabriquer des groupes d'acteurs, des "packs", liant les filmographies pour mieux créer des amitiés. En 1998, Entertainment Weekly parlait ainsi de "Frat Pack" pour designer la nouvelle génération de jeunes acteurs aux goûts éclectiques et désireux de faire des films ambitieux plutôt que des suites de blockbusters sans âmes : les Leonardo DiCaprio, Edward Norton, Ryan Philippe, Matt Damon, Ben Affleck. Puis ce même Entertainment Weekly désigna la nouvelle génération de comiques stars (Will Ferrell, Jack Black, Steve Carrell, Luke et Owen Wilson, Ben Stiller, Vince Vaughn) comme le "Slacker Pack" avant de se faire voler la vedette par USA Today qui réutilisa (et installa) le terme "Frat Pack" pour parler de la petite bande héros de OLD SCHOOL et ANCHORMAN. Mais tout ça s'est avéré être du vent - confirmé par Ben Stiller dans une interview en 2008. Il y a sûrement des amitiés dans ces lots d'acteurs. Ils tournent ensemble, fréquentent les mêmes endroits. C'est normal. Mais n'imaginez pas Ferrell, Stiller, Black et Carrell faire la tournée des bars pour draguer les groupies le vendredi soir. C'est des fantasmes de geeks élevés au Saturday Night Live. Une telle scène n'existe que dans leurs sketchs et films.

Mais ça, c'est aujourd'hui. Hier, le "Rat Pack" de Humphrey Bogart, Frank Sinatra, Lauren Bacall, David Niven, Katharine Hepburn, Spencer Tracy, George Cukor, Cary Grant et Rex Harrison consacrait l'amitié entre acteurs en véritable "association" dans lequel chacun tenait une place bien précise (Sinatra le président, Bogart le chargé des relations publiques etc.). Puis il y eut le "Rat Pack" des 60's (appelé "The Summit" ou "The Clan") qui regroupait Sinatra, Dean Martin, Sammy Davis Jr., Joey Bishop et Peter Lawford. L'amitié entre acteurs se traduisait alors derrière et devant la caméra avec des films comme OCEAN'S ELEVEN, LES SEPT VOLEURS DE CHICAGO ou LES TROIS SERGENTS. Cette relations symbiotique entre ces stars n'avait alors rien d'une arnaque ou d'une pseudo-invention de la presse. C'était bien réel.

Hier aussi, le "Brat Pack". Pendant longtemps, j'ai cru que c'était aussi une invention de journaliste nostalgique en manque d'inspiration. Et je suis tombé, grâce à Ari et son fabuleux God Save My Blog, sur l'article de David Blum "Hollywood’s Brat Pack", écrit en 1985 pour le New York Magazine. Un article fondateur qui installa le terme "Brat Pack" dans la culture populaire. Aucun des acteurs concernés n'a jamais utilisé le terme mais, comme l'article le montre parfaitement, il reflète une réalité qui va bien au-delà d'une filmographie commune (BREAKFAST CLUB & ST ELMO'S FIRE) et de thèmes de prédilection (la mélancolie adolescente). Il se trouve que Rob Lowe, Emilio Estevez, Judd Nelson et Robert Downey Jr, les "membres" originaux, étaient bel et bien amis dans la vie de tous les jours. Véritable capsule temporelle des 80's ("This was Los Angeles, so the boys wore T-shirts and sunglasses and shorts, and the girls wore miniskirts and Madonna hairdos"), cet article décrit justement les garçons se réunissant un jeudi soir pour faire la bringue et draguer les groupies.

A travers ce cours moment, vous avez alors la quintessence du fantasme hollywoodien, à la fois proche et très éloigné de ENTOURAGE.

Proche car vous y retrouvez des acteurs qui profitent à fond de leur succès au box-office, des ponts d'or offerts par les studios et de la liberté absolue que leur offre l'argent, la jeunesse et la beauté. Proche aussi car entre Emilio Estevez, l'éternel célibataire, leader de la bande, qui se tape tout ce qui a un beau petit cul, Rob Lowe, la gueule d'ange qui ne peut pas se lâcher autant qu'il le souhaiterait car il est fiancé (Melissa Gilbert) et Judd Nelson, le petit plaisantin, il est clair que les archétypes ont la vie dure.

Eloigné car tous ces jeunes gens sont à la fois acteurs et amis. Ils font le même métier. Dans ENTOURAGE, Vince Chase s'entoure de gens complémentaires : il y a celui qui lui fait la cuisine, celui qui s'occupe de la logistique, celui qui gère sa carrière. Aucun risque de se voir voler la vedette. L'équilibre est assuré. Le "Brat Pack", lui, est en concurrence frontale. Par exemple, quand Judd Nelson explique qu'il est considéré pour jouer un des rôles principaux de l'adaptation du livre culte de l'époque "Brights Lights, Big City", il explique aussi qu'il est en compétition avec Emilio Estevez et Rob Lowe, ses deux potes. C'est là que l'amitié entre acteurs, à Hollywood, atteint ses limites. C'est bien pour raconter des histoires, faire croire aux fans qu'on est une bande, qu'on s'éclate ensemble dans la vie comme dans les films. Mais ça ne dure pas. Jamais. C'était possible dans les années 50 et 60 pour les stars bien installés dans un environnement encore peu concurrentiel. Dans les années 80, dans un contexte où l'ambition est élevée au rang de valeur dominante et où toutes les belles gueules de l'Amérique débarque à Hollywood faire carrière, c'est une autre histoire.

A ce propos, David Blum raconte dans son article "fondateur" une scène surréaliste. Le petit groupe de Brat-Packers croise et salue Timothy Hutton, l'acteur oscarisé quelques années plus tôt pour son rôle dans DES GENS COMME LES AUTRES de Robert Redford, et l'un d'entre eux (non cité) a cette réflexion : "Il a fait une erreur fatale. Il a fait des films qui ont été des échecs au box-office. Les trois derniers films de Tim se sont plantés. Il va arriver à un point où son Oscar ne comptera plus. Si tu ne peux plus vendre de places, c'est fini pour toi !"
Une réflexion qui illustre parfaitement l'état d'esprit de ces jeunes gens, archétypes (jusqu'à la caricature) de ces années 80 plombés par l'ambition, l'arrogance et l'individualisme et surtout le socle ultra-fragile sur lequel ils se trouvaient.

Car il n'aura pas fallu longtemps à tous ces petits jeunes pour devenir "des Timothy Hutton" à leur tour. Rob Lowe avait beau être l'idole des filles avec ses rôles dans ST ELMO'S FIRE, HOTEL NEW HAMPSHIRE et CLASSE, il n'a jamais réussi à passer la barre des années 90, enchaînant bide sur bide avant de revenir en 1999 dans des séries télé ("A la maison blanche" puis "Brothers & Sisters"). Judd Nelson, lui, ne s'est jamais remis de BREAKFAST CLUB et son dernier fait d'arme un peu marquant remonte à NEW JACK CITY en 1991. Quant à Emilio Estevez, considéré alors comme le plus intelligent de tous, il s'est rapidement tourné vers la mise en scène sans vraiment de succès commercial - même si son BOBBY était mon film préféré de 2007. Quand à leurs partenaires à l'écran et "satellites" de la bande, les Molly Ringwald, Ally Sheedy, Anthony Michael Hall et autres Andrew McCarthy, ils ont à peu près connu le même destin.

Au contraire, il n'aura pas fallu longtemps pour que ceux qui n'avaient à l'époque droit qu'à deux lignes dans l'article se fassent leur place au soleil. Ceux qui ne se seront pas embêtés très longtemps de cette hype "Brat Pack". Ceux qui sont le vrai modèle de Vince Chase. Car Tom Cruise ("The Hottest of Them All"), dès l'année suivante, décrochera le rôle principal de TOP GUN et deviendra quasi-instantanément la plus grande star du monde. Idem pour Sean Penn ("The Most Gifted of Them All") ou Nicolas Cage ("The Ethnic Chair") qui s'installèrent sur la longueur à force de rôles exigeants, au lieu de se cantonner toujours aux même rôle, d'être "typecasté" comme le furent la majorité des acteurs du BREAKFAST CLUB et de ST ELMO'S FIRE.

Alors, vous avez sûrement appris beaucoup de chose de ces deux films. Le sportif, le criminel, la princesse et la détraquée sont des modèles et des icônes pour vous. Ils le sont pour moi. Ils le sont pour beaucoup de monde. Mais ne vous laissez pas amadouer. Ce qui se passe devant la caméra ne peut pas exister derrière. Pas très longtemps, en tous les cas. Tout simplement parce que vous ne pouvez pas être amis avec vos collègues. Tout le monde sait que les mariages entre acteurs ne tiennent jamais. Dès lors qu'un des deux commence à avoir plus de succès que l'autre, c'est terminé. C'est la loi du métier. Et bien c'est pareil pour l'amitié. Et c'est ce qui a détruit le "Brat Pack", pourtant une belle invention sur le papier. Une invention (vivre IRL ce que vous vivez dans les films) qui me fait encore rêver en déterrant son manifeste 25 ans plus tard.

C'est donc triste à dire mais, si un jour, vous allez à Hollywood, retenez bien cette leçon du "Brat Pack" : Chacun pour sa gueule ! Vos collègues ne sont pas vos amis. Ce sont des concurrents. Faites donc comme Vince Chase. Faites toujours en sorte que vos amis soient plus pauvres, moins beaux et talentueux que vous. C'est comme ça qu'on devient Tom Cruise !

Et sinon, si vous êtes coincés à Paris, sous la pluie dans un appartement de 20 mètres carrés, j'ai envie de vous dire de faire avec ce que vous avez ! C'est toujours mieux que rien.


25 mai 2010

Breathless

C'est une histoire like a déjà vu. A sort of comédie noire. A kind of a tour-de-force. Vous y verrez a girl with a-je-ne-sais-quoi, a femme fatale with a kind of négligé. And she will show you her lingerie.... A bout de souffle.




Cette bande-annonce est un chef d'oeuvre à part entière.


24 mai 2010

I Cannes Not

Ca fait longtemps que je n'ai pas posté et je m'en n'excuse. Mais j'ai quand même écrit quelque chose sur Cannes. Sauf que vous ne pourrez pas me lire ici. Dans ma grande bonté d'âme, j'ai offert mes quelques lignes aux lecteurs et lectrices du site internet de FLAVOR.

Alors c'est ici qu'il faudra vous rendre pour me lire, cette fois.

Et promis, je reviens vite.


18 mai 2010

Who Am I? (What's My Name?)

S'il y a une chose qu'on est bien obligé de se traîner toute sa vie, c'est son nom. Et parfois, c'est difficile. Surtout quand il s'agit de devenir une star. Tout le monde n'a pas eu la chance d'avoir des parents tellement cools qu'ils vous appellent Zooey Deschanel, River Phoenix, Summer Glau ou Parker Posey. La preuve avec ces dix acteurs, chanteurs ou écrivains qui, pour leur bien et devenir des re-sta ultra-coolos, ont décidé de changer de nom.

Judy Garland
En tournée avec ses soeurs, alors qu'elles jouaient du Vaudeville, Frances Ethel Gumm dut se résoudre à changer de nom quand il se mit à susciter l'hilarité du public (Gum = Gencive). L'actrice du MAGICIEN D'OZ n'a jamais dit d'où venait son nouveau nom mais il existe deux théories : la première ferait référence au personnage Lily Garland du film TWENTIETH CENTURY (1934); la deuxième à la référence d'un critique qui déclara aux soeurs qu'elles était plus jolies qu'une "garland of flowers" (Guirlande de fleurs). Quant au prénom Judy, il viendrait d'une célèbre chanson.

Albert Brooks
Il fut un temps où le célèbre comique était connu de ses petits camarades sous le nom de Albert Einstein. Vous avez bien compris. Le vrai nom de cette légende du stand-up (vu notamment dans BROADCAST NEWS) est également celui du père de la théorie de la relativité. En interview, lorsqu'on lui pose la question de savoir la raison pour laquelle il a changé de nom, il répond en toute logique : "Ai-je vraiment besoin de répondre à cette question ?"

Anne Rice
Pas très contente que sa mère l'ait appelée comme son père, la célèbre romancière et auteur d'ENTRETIEN AVEC UN VAMPIRE, laissa tomber le prénom Howard dès sa première année d'école à 6 ans. Quant à son nom de famille, O'Brien, elle l'abandonna dès son premier roman, préférant jouer avec les nerfs de ses lecteurs. Car, outre Rice, elle publia aussi sous les noms de Rampling ou de Roquelaure.

Elvis Costello
Lorsqu'il débuta sa carrière de chanteur, Declan MacManus (tu serais pas irlandais, toi ? Pourquoi ? Je sais pas. Comme ça...) se faisait appelé DP Costello, en hommage à son père musicien qui jouait sous le nom de Day Costello (Costello était le nom de jeune fille de son arrière grand-mère). Puis le manager de MacManus changea
le DP (!) pour Elvis. Inutile de vous donner la référence.

Charlie Sheen
Tel père, tel fils. Pour réussir à Hollywood, Charlie Sheen décida de faire comme son cher papa, Martin Sheen qui prit le nom d'un célèbre archevêque catholique américain, Fulton J. Sheen. Contrairement à son frère Emilio Estevez, il ne préféra pas capitaliser sur ses origines et son vrai nom, Carlos Estevez (tu serais pas espagnol, toi ? Pourquoi ? Je sais pas. Comme ça...)

Cary Grant
Afin d'échapper à une éducation stricte dans un quartier ouvrier pauvre d'Angleterre, l'acteur de LA MORT AUX TROUSSES rejoignit une troupe de clowns et d'acrobates qui, au grès des tournées, l'amena à Hollywood. C'est là que Paramount offrit au ci-nommé Archibald Leach un contrat d'acteur sur la seule condition qu'il change de nom pour Cary Lockwood. Pas satisfait de ce nom, il négocia pour Cary Grant. Good Move.

Shirley MacLaine
En changeant de nom, l'actrice de LA GARÇONNIÈRE a largement fait oublier au monde qu'elle était la soeur de Warren Beatty. Le vrai nom de Shirley est en effet Beaty (son frère, lui, s'est contenté de rajouter un "t"). C'est au début de sa carrière, lors d'une audition, devant l'incapacité d'un producteur à prononcer son nom, qu'elle décida de changer pour MacLaine.

Michael Keaton
L'acteur de BATMAN n'est pas vraiment "mal né", comme la plupart de ces comparses ici mentionnés. Au contraire, il est né avec un vrai nom de star. Il est même né avec un des noms les plus célèbres d'Hollywood. Ce nom : Michael Douglas. Et ouais ! En arrivant à Los Angeles pour devenir acteur, il dut donc se résoudre à abandonner le nom de ses parents pour celui de Keaton. Nom qu'il choisit en lisant une interview de l'actrice Diane Keaton. Il trouvait que ça sonnait bien.

Diane Keaton
Justement, en parlant de Diane Keaton. L'égérie de Woody Allen décida très tôt de prendre le nom de sa mère pour sa carrière. Mais son vrai nom n'est pas longtemps resté dans l'anonymat. En effet, son pygmalion utilisa son nom d'origine pour le titre de son film le plus célèbre et accessoirement déclaration d'amour à l'actrice : ANNIE HALL. Quant à Annie, c'était le surnom depuis toujours de Diane.

Ben Kingsley
C'est sous le nom de Krishna Pandit Bhanji que l'acteur de LA LISTE DE SCHINDLER débute sa carrière au théâtre dans son Angleterre natale. C'est en passant au cinéma qu'il change son nom pour Ben Kingsley, d'après le surnom de son père "Ben" et celui de son grand-père "King Clove". L'ironie là-dedans, c'est d'être passé de Krishna Bhanji à Ben Kinglsey pour jouer Mohandas Ghandi (son premier rôle au cinéma) !


14 mai 2010

Made in oo's #5 : Romantique, Drôle et... Français

Vous n'êtes pas sans savoir qu'un petit film avec Romain Duris et Vanessa Paradis pète les scores du box-office national en ce moment. Sa particularité : être une comédie romantique française. Assertion à laquelle beaucoup ont tendance à rajouter le mot "réussie". Comme si, dans l'esprit collectif, la comédie romantique française n'était jamais réussie, jamais suffisamment drôle, jamais suffisamment romantique. En gros, jamais comme les comédies romantiques américaines ou anglaises. Et L'ARNACOEUR, si on se fie aux milliers de commentaires lus et entendus, serait le Saint Graal made in France du genre, la seule à vraiment faire rire et la seule à vraiment faire frissonner les coeurs sensibles. CE QUI EST COMPLÈTEMENT FAUX.

Cela ne fait aucun doute que L'ARNACOEUR est une excellente comédie romantique. Un excellent film tout court d'ailleurs. A vrai dire, pour l'instant, après quatre mois de fréquentation des salles et près de 80 films vus, c'est un de mes 5 films préférés de l'année en cours. Mais c'est loin d'être la première fois qu'une comédie romantique française me fait rugir de plaisir, me fait rire et fondre mon petit coeur romantique. Rien que dans les 10 dernières années, je peux en cite des dizaines.

Et c'est d'ailleurs ce que je vais faire, avec mon Top 10 des comédies romantiques françaises de la décennie passée - à plus ou moins une année. Après ça, je ne veux plus entendre dire qui que ce soit qu'il n'y a pas de bonnes comédies romantiques en France. Vous m'avez entendu ? Plus jamais.

1. MA VIE EN L'AIR (2005)
Yann a peur de l'avion et ça lui gâche la vie avec les filles. Forcément, difficile de rejouer la fameuse scène à l'aéroport où le héros court après celle qu'il aime, sur le point de s'envoler loin. Le film de Remi Bezançon est un pur plaisir "pop" comme il y en a encore trop peu en France. C'est référencé, rythmé et totalement jouissif. Ses seconds rôles (notamment la révélation instantanée Gilles Lellouch), sa structure, son invention perpétuelle (l'économiseur de mot !), son humour et son romantisme en font une comédie romantique parmi les meilleures que j'ai jamais vu, américain et anglais compris !

2. AUGUSTIN, ROI DU KUNG-FU (1999)
Passionné de films de Kung-Fu, Augustin décide d'aller vivre dans le Chinatown parisien et y découvre l'amitié et surtout l'Amour. Un jour, il y a presque 10 ans, un ami, qui me connaissait visiblement très bien, m'a donné une VHS en me disant que j'allais adoré le film qui était dessus. Avec un titre pareil, difficile de le croire. Mais comme je le disais, il me connaissait très bien. Parce que le film d'Anne Fontaine est de ces petits bijoux humanistes et romantiques qui vous rend heureux, un véritable "feel-good movie" qui vous fait pousser des ailes, vous rend léger et optimiste.

3. 2 DAYS IN PARIS (2005)
Un couple franco-américain débarque à Paris pour deux jours. Le temps de se rendre compte à quel point leurs différences culturelles sont profondes. Le film de Julie Delpy est plus ce que l'on pourrait appeler une "comédie romantique alternative". Plus amer. Moins pathos. Elle n'en demeure pas moins romantique à souhait (c'est juste un romantisme un peu différent de ce que l'on a l'habitude de voir...) et drôle à s'en faire péter une côte.

4. L'ARNACOEUR (2010)
Je crois que tout le monde l'a vu, celle-là, maintenant. Vous savez donc à peu près tous que ça raconte comment un "arnaqueur des sentiments" tombe amoureux de sa cible fille de riche, qu'il y a Vanessa Paradis et Romain Duris dedans, que c'est super bien écrit, que c'est super bien référencé et que c'est super drôle. Cool. Vous savez donc aussi sûrement que c'est tellement calibré "à la hollywoodienne" qu'au niveau surprise c'est pas vraiment ça et que le tout fait parfois un peu "forcé". Mais en fait, on s'en fout, il y a du "Dirty Dancing" dedans !

5. PRÊTE-MOI TA MAIN (2006)
Celle-là aussi, je pense que tout le monde l'a vu. Alain Chabat qui loue les services de Charlotte Gainsbourg, la soeur de son meilleur ami pour faire croire à sa famille qu'il va enfin se marier. C'est très drôle, rythmé et juste référencé ce qu'il faut pour faire illusion. Mais c'est pas forcément très romantique, la faute à une alchimie entre nos deux héros qui fonctionne parfaitement dans la comédie, moins dans les sentiments purs. Et je vous avais dit que c'était drôle ? Oui - ce que vous saviez sûrement déjà.

6. HORS DE PRIX (2006)
Je vous ai déjà dit que Gad Elmaleh m'énerve? Je ne le trouve pas drôle. Ça arrive. C'est comme ça. Mais le vrai problème, ici, est que j'aurais envie de dire la même chose d'Audrey Tautou, que je ne trouve, en aucun point, "charmante" - même si je comprends bien l'intérêt qu'on lui porte. Pourtant, leur alchimie dans ce film sur un serveur timide tombant amoureux d'une arriviste est parfaite. Tout comme les dialogues et les situations pleines d'imagination. C'est fin. C'est drôle. C'est très romantique et au final j'aime bien Gad Elmaleh et Audrey Tautou...dans ce film. Voir également du même Salvadori, le tout aussi réussi APRES VOUS.

7. MA FEMME EST UNE ACTRICE (2001)
Autre "comédie romantique alternative", le film d'Yvan Attal suit, comme son nom l'indique (ou pas), le parcours d'un mec jaloux des partenaires à l'écran de sa femme actrice. Les dialogues sont ciselés, les situations drolatiques, le ton très original et le rythme parfait. Et rares sont les couples fonctionnant aussi bien ensemble à l'écran que Charlotte Gainsbourg et Yvan Attal. Ils sont ensemble en vrai ? Ah ! Merci de me prévenir.

8. IRENE (2002)
Ce film avec Cécile De France avait beau, à l'époque, surfer allègrement sur la vague "Bridget Jones", il n'en demeure pas moins une comédie romantique terriblement attachante sur les difficultés à trouver l'âme-soeur (si elle existe). Car derrière les énormes clichés de la célibataire nunuche se cache un film très juste, plutôt bien écrit et inventif. Je l'ai récemment revu et ça a plutôt bien vieilli. Après, dans 10 ans, ce qu'il en restera, je ne sais pas.

9. FAIS-MOI PLAISIR (2009)
Je ne connais qu'une seule personne qui aime, comme moi, le cinéma d'Emmanuel Mouret. Alors, quand je dis que j'aime des films comme CHANGEMENT D'ADRESSE, UN BAISER S'IL VOUS PLAIT ou FAIS-MOI PLAISIR, je ne vois que l'incompréhension dans les yeux de mes interlocuteurs. Dans ces moments là, je me sens seul mais tant pis. Son jeu théâtral et hors du temps, ses scènes d'éternels quiproquos, ses dialogues gentiment névrotiques entre Molière, Woody Allen et Blake Edwards sont juste touchants et terriblement originaux. Et quand, comme dans FAIS-MOI PLAISIR, vous y ajoutez l'irrésistible burlesque à la Buster Keaton, vous avez la comédie romantique à la fois la plus étrange, inattendue, raffinée que vous ne verrez jamais.

10. ESSAYE-MOI (2006)
A 9 ans, Jacqueline a promis à Yves-Marie de l'épouser quand il sera parti dans les étoiles. Une promesse qu'Yves-Marie a décidé de tenir mais son idéalisme n'est pas celui de Jacqueline qui s'apprête à en épouser un autre. Encore une fois, le ton y est purement français, loin des stéréotypes américains, ce qui en fait une comédie romantique ultra-originale, d'une poésie et d'un humour sans failles.


09 mai 2010

Laissons Lindsay Lohan Tranquille

Fut un temps où les jeunes stars de l'écurie Disney avaient, malgré leur jeune âge, quelque chose de charismatique - même pour les plus de 15 ans. Je n'étais déjà plus dans la cible mais je me rappelle par exemple encore très bien de Shia LaBeouf dans l'excellente série LA GUERRE DES STEVENS. Et surtout, je me rappelle très bien de Lindsay Lohan dans les plutôt agréables films A NOUS QUATRE et FREAKY FRIDAY. Même Hilary Duff, héroïne de LIZZIE MAGUIRE, avait un petit quelque chose d'assez inoubliable. Et d'ailleurs, vous saviez que Kurt Russell avait été un héros Disney célèbre dans les années 60 ! Entre les tâches de rousseur et le charme instantané de Lindsay ou les frisettes et la nonchalance de Shia, ils avaient ce petit truc, déjà très jeunes, qui fait les stars.

Charismatiques. Inoubliables. Des adjectifs qu'il va être difficile d'attribuer à leurs petits frères et soeurs. Vous les connaissez sûrement. Je cite : les Jonas Brothers, Miley Cyrus, Demi Lovato ou Selena Gomez. Outre le fait qu'ils ont tous la même tête d'Américain ahuris, les faisant ressembler à des clones au service du divertissement mondialisé, ils portent tous ces anneaux/colliers de pureté, comme des moutons au service de la bigoterie mondialisée. Et quand il était plutôt agréablement régressif de regarder des séries comme LIZZIE MAGUIRE et LA GUERRE DES STEVENS, je ne vous dis pas le calvaire que représente une session des SORCIERS DE WAVERLY PALACE ou de HANNAH MONTANA. C'est carrément débilisant !

Mais ces chères têtes brunes (et pures) ont un avantage sur leurs aînés - du moins dans la théorie. Ils ne devraient pas aller se bourrer la gueule au Chateau Marmont et faire des photos cochonnes dans des magazines branchés, une fois la majorité acquise. En gros, ils ne devraient pas faire comme Lindsay Lohan.

Lindsay Lohan. La honte de la maison de Mickey et de Minnie. La fille qui avait tout et qui a tout mis à la poubelle à grand coup de frasques orgiaques dans les clubs de Los Angeles. La "party girl" moquée pour ses aventures lesbiano-opportunistes. La starlette qui se fait virer des tournages et sermonner par Jane Fonda. Mais aussi l'icône trash qu'on adore détester par voie de presse interposée.

Je l'avoue. Il y a encore quelques mois, je détestais Lindsay Lohan pour ce qu'elle représentait. Je lui en voulais profondément d'avoir jeté une brillante carrière par la fenêtre à cause d'un goût prononcé pour la fête. J'étais très énervé de ce comportement de petite fille riche trop conne pour se rendre compte de la chance qu'elle avait. Comprenez-moi bien. Il y a un film que j'aime profondément - comme si je l'avais fait. Ce film, c'est MEAN GIRLS. Et si le script de Tina Fey est la principale raison de mon amour pour ce film, la prestation de Lindsay joue également beaucoup. Alors me dire que tout ça, c'était du vent, ça me faisait mal au coeur.

Et puis j'ai compris...

Mannequin puis actrice, Lindsay travaille depuis qu'elle est en âge d'avoir des souvenirs. Sa mère ressemble plus à une "meilleure copine" qu'à une mère. Son père, acteur raté, a fait trois ans de prison pour délit d'initiés (plus un an pour avoir violé sa probation !), a agressé son beau-frère, a été condamné pour conduite en état d'ivresse, est devenu un "Born-Again Christian" et est fiancé à une journaliste de la presse people ! Entre autre chose car tout cela, c'est sans compter les provocations ultra-médiatiques envers sa fille. La dernière en date : avoir appelé les flics un soir où Lindsay et sa petite soeur passaient une soirée ensemble car il avait, soi-disant, peur de l'influence néfaste de Lindsay. Oui, il semble bien que papa Lohan soit un cas vraiment désespéré de "gros enculé", plus intéressé par l'argent et la gloire qu'il peut tirer de la célébrité de sa fille que par son bien-être. Ce genre de type pervers et malsain qu'on aimerait voir enfermer dans la même cellule de prison qu'un néo-nazi bodybuildé. Mais si vous êtes avides lecteurs/lectrices de tabloïd, vous savez déjà tout ça...

Ce serait bien sûr faire de la psychologie à deux balles de dire que tous ces paramètres ont largement conditionnés Lindsay à commettre tous les excès dont on l'accuse aujourd'hui et qui ont ruiné sa carrière professionnelle. Mais quand même ! Le nombre de jeunes starlettes à s'être retrouvées dans la même situation sont légion. Elles pourraient avoir un groupe Facebook et ne pas avoir à rougir du nombre de membres face à celui des alcooliques pas anonymes ("Il faut boire avec modération, mais putain c’est qui ce modération ?") Certes, ce n'est pas une excuse mais ça remet les choses en perspective. Voyez Drew Barrymore, passée, elle aussi, par cette phase, écrivant dans son autobiographie "Little Girl Lost" : "Grandir... élevée par une mère célibataire, toujours absente à cause de son travail, j''étais pétris par l'insécurité, craignant sans cesse que les gens ne m'aiment pas. Je ne comprenais pas comment il était possible de m'aimer. Mon père me déteste. Ma mère ne m'aime que pour l'argent que je lui rapporte. J'étais persuadé de n'être rien d'autre qu'un morceau de chair sans valeur.(...) Sans le travail qui me permettait de booster mon égo, j'ai commencé à avoir des problèmes avec l'alcool et la drogue en essayant de fuir tout ce que je pouvais. J'étais la party girl en fuite. Droguée, j'avais le sentiment que tout allait bien. Le problème, c'était que j'avais besoin d'être tout le temps droguée."

Ça ne vous rappelle rien. Lindsay se comporte finalement comme n'importe quelle fille de 23 ans (et oui, c'est son âge !) sans repères affectifs. Et quand elle pète un câble sur Twitter après la descente de dizaines de flics chez elle, elle réagit finalement comme n'importe quelle fille face à la connerie et l'indifférence de son père : en colère, exaspérée, triste et déconcertée. Mais la différence avec n'importe quelle fille, c'est que Lindsay, elle, est suivie par plus de 560 000 personnes sur Twitter.

D'autant qu'il n'y a pas que son père qui soit en cause. Jour et nuit, sept jours sur sept, elle est suivie, harcelée, traquée par des dizaines de papaparazzi. Je conviens qu'elle a sûrement, un temps, cherché cela, qu'elle est en grande partie responsable. Mais comment vivre de cette façon ? Comment essayer d'envisager de se (re)construire et de retrouver une vie à peu près normale quand on est la cible privilégiée de loups qui guettent à votre porte ? Elle a sûrement beaucoup de choses à se reprocher mais je ne suis pas sûr qu'elle ait mérité ce genre de couverture. A vrai dire, personne ne mérite ce genre de couverture ! Parce que, désormais, le jeu préféré des tabloïds, ce n'est plus seulement d'avoir les meilleurs photos pour se moquer gentiment, c'est d'enfoncer et d'humilier violemment. Le moindre projet "sérieux" qu'elle annonce est moqué, discrédité. Et pas seulement par les tabloïds. Un nouveau film comme actrice ? La blogosphère savoure le bide à venir. Un documentaire en Inde ? La presse cinéma rigole. Une ligne de vêtement pour Ungaro ? La presse mode glousse.

C'est un cercle vicieux, chaque souffrance affective entraînant une frasque médiatique qui la décrédibilise un peu plus aux yeux du public et de la profession provoquant inévitablement de nouvelles souffrances.

Et maintenant que j'ai dit tout ça, j'aimerais que ça change. J'aimerais que la Lindsay Lohan qui a démontré un extraordinaire talent dans MEAN GIRLS, dans PRAIRIE HOME COMPANION ou dans BOBBY reviennent. Et cette fois, pour de bon ! Comme Robert Downey Jr, j'aimerais qu'elle se serve de toute cette souffrance, de cette vie vécue à 100 à l'heure pour devenir une encore meilleure actrice. Elle a 23 ans. Elle a la vie devant elle. Toutes ces "expériences" ne doivent pas servir à rien.

Il est clair que tous ces excès se sont inscrits une bonne fois pour toute sur son visage. Elle a 23 ans mais elle fait plus. Beaucoup plus. Mais ce nouveau visage a, il me semble, quelque chose de très ciné-génique. C'est ce que je me dis en voyant la bande-annonce de MACHETE. Je vois dans ce nouveau visage celui d'une survivante. Elle aura peut-être désormais du mal à jouer les héroïnes romantiques dans des comédies hollywoodiennes, comme elle le fit autrefois. Mais elle pourra jouer toutes les autres héroïnes. Celles des films d'action. Celles des drames. Bref, elle pourra jouer les héroïnes qui comptent. On a récemment annoncé qu'elle pourrait incarner Linda Lovelace dans un biopic qui serait consacré à cette icône du film porno 70's GORGES PROFONDES reconvertie en militante anti-pornographie. Je dis OUI ! A condition que le film soit un minimum réussi, c'est typiquement le genre de rôle qui pourrait refaire d'elle une actrice respectée.

Une actrice respectée. C'est exactement ainsi que j'ai envie de voir Lindsay Lohan, à l'avenir...


06 mai 2010

La playlist Infinie #36 : The Living Sisters

J'aime bien écouter de la musique avant d'aller dormir. Ça me calme. Ça m'apaise. Et pour ça, j'ai quelques albums privilégiés. En général, de la musique de films. Celle de Cliff Martinez pour le film SOLARIS. Celle de Robin Guthrie pour MYSTERIOUS SKIN par exemple. Et puis un soir, récemment, sans volonté particulière d'aller dormir, j'ai mis la musique de The Living Sisters dans mon iPod pour travailler. En quelques morceaux, sans l'avoir vraiment jamais écoutée avant, je me suis alors mis à me sentir profondément calme, apaisé. Et non, mauvaises langues, je n'avais rien bu, mangé, fumé, avalé quoi que ce soit avant qui aurait pu me mettre dans cet état. Je m'étais juste mis de la musique douce dans les oreilles.

The Living Sisters, c'est trois filles qui ne sont pas du tout soeur. Mais elles auraient pu l'être, compte tenu de l'accord parfait entre leurs voix. C'est en fait trois amies, dont la désormais célèbre Inara Georges de The Bird & The Bee, qui ont décidé de se réunir pour former une sorte de supergroupe féminin que l'on aura bien du mal à ranger, à classifier, à mettre dans un tiroir ou un autre tant leur musique est inédite dans le paysage contemporain.

Mignonnes, craquantes et gentiment sexy comme un sourire de Zooey Deschanel, leurs chansons oscillent ainsi entre la pop vocale des années 40, le doo-wop des années 50, le folk et la country. Et c'est sans conteste très frais. A la fois rétro et d'une modernité insolente. Une sorte de version low-fi d'autres groupes issues de la scène de Los Angeles récentes comme She & Him (Tiens ! Zooey !) et The Bird & The Bee.

En écoutant ces trois filles, c'est comme si on plongeait dans une Amérique qui n'a jamais vraiment existé. Une Amérique où l'on se retrouverait au Drive-In avec une jolie fille pomponnée avec une robe à frou-frou que l'on aurait rencontrée sur Internet. Si vous voyez ce que je veux dire. Ecouter "Love To Live", le premier album des Living Sisters, c'est se retrouver coincée dans une sorte de réalité parallèle dans laquelle l'Amérique vivrait un ère de modernité sans égale qui aurait fait l'impasse sur le cynisme et les névroses qui vont avec pour se concentrer sur l'idéal social et économique des 40's et 50's. Un peu comme si les deux premiers RETOUR VERS LE FUTUR avaient fusionnés !

Et cela me calme...



MySpace de The Living Sisters


03 mai 2010

Le retour du vidéo-clip de 10 minutes

Il paraît qu'on peut parler de tendance à partir de trois. Et bien, la voilà, la tendance. En moins de trois mois, trois vidéo-clips ont crée l'évènement en jouant la longueur, affichant tous au compteur des durées d'au moins 9 minutes. "Born Free" de MIA. "Telephone" de Lady Gaga et Beyonce. "Rock That Body" des Black Eyed Peas. Autant de clips qui redonnent au vidéo-clip l'importance qu'il pouvait avoir dans les années 80 et 90 quand Michael Jackson faisait lever les morts ("Thriller"), Axl Rose pleurait sa défunte épouse ("November Rain") ou Snoop Dogg se faisait dézinguer ("Murder Was The Case"). Dans une industrie musicale sinistrée, les vidéo-clips rejouent les prolongations, affichant au compteur des durées de court-métrage, à défaut de jouer la qualité. Mais peu importe la qualité (pour l'instant). Peu importe qu'on les aime ou qu'on les aime pas. Les vidéo-clips redeviennent des sujets de discussion et de débat. Ils sont à nouveau des évènements.

Et voici pourquoi...

1. LA VALEUR AJOUTÉE
La musique en tant qu'objet, il va falloir se faire une raison, c'est terminé. Bye Bye CD. Adios vinyls. Auf Wiedersehen K7. Sayonara cartouches 8 pistes. Mais l'industrie musicale, qui s'est gavée pendant des décennies avec des marges exorbitantes, n'est pas encore décidée à faire son deuil. Normal. C'est jamais facile de dire au revoir aux billets de 500, aux putes et à la coke. Bref. Dans une tentative (désespérée) de vendre (encore) ses bouts de plastique qui font de la musique, les maisons de disques tentent de les sublimer : boitiers "collectors", vidéos-interviews-making of bonus, morceaux live, démos et tout un tas de trucs censés rendre "intéressants" ce qui ne l'est définitivement plus. Et le clip de 10 minutes procède de la même stratégie : sublimer un objet (le clip) qui ne l'est plus vraiment, sublime. Rendez-vous compte que MTV a abandonné les vidéo-clips au profit des grosses fesses de Kim Kardishian et des seins refaits de Heidi Montag. Et quand vous vous rabattez sur le net, on vous fait patienter (gentiment) devant une pub de 15 secondes pour du gel douche. Il fallait donc redonner une justification à cette attente et cet effort : le clip de 10 minutes. Une réponse encore une fois un peu anachronique mais, que voulez-vous, la créativité marketing a disparu des maisons de disque en même temps que la coke.

2. L'IMAGE
On vous a sûrement un jour susurré à l'oreille que la pop-music n'était plus un gros mot. Les années 2010 font désormais honneur aux chanteuses blondes qui se trémoussent sur des mélodies putassières. La mode est aux extravagances gagaesques. La pop-star "bigger than life" est de retour. Et pour "être plus grande que la vie", la pop-star doit avoir des clips "plus grands que la vie". C'est la leçon qu'elles ont appris de Michael Jackson, de Guns N'Roses et de Madonna. Une vraie pop-star qui se respecte doit avoir des clips qui en foutent plein la gueule car la musique ne suffit pas. Il faut de L'IMAGE, car il n'y a que L'IMAGE qui suscite de vrais réactions. Et la réaction, c'est la carburant de la pop-star - surtout quand elle est blonde et n'a souvent que ça à vendre.

3. LE PRIX
La démocratisation numérique a eu deux effets sur l'oeil humain : l'habituer aux images toujours plus lisses, riches en pixels et chers (voir AVATAR) et l'habituer aux mouvements de caméras intempestifs, aux zooms foireux et au son qui fait mal aux oreilles (voir YouTube). Si vous ne vous appelez pas Michael Jackson et n'avez pas 7 millions de dollars à mettre dans un clip ("Scream"), vous avez donc quand même votre imagination et/ou votre sens de la provocation pour rendre, vous aussi, votre vidéo-clip EPIQUE. Des millions de gens ont regardé le trip hallucinatoire du petit David après le dentiste. Pourquoi pas votre vidéo avec des mecs sur des tapis de course ("Here It Goes Again" de OK GO) ? Pourquoi pas votre vidéo où vous vous désappez en pleine rue ("Lessons Learned" de Matt & Kim, "Window Seat" de Erikah Badu) ? Pourquoi pas votre vidéo avec vos potes en T-shirts AA ("Open Your Heart" de Mia Doi Todd) ? Tout le monde peut faire un clip. Et si vous voulez quand même faire un chèque de quelques millions de dollars pour en foutre plein la vue à vos copines, vous avez toujours moyens de faire financer le tout par une (ou plusieurs) marque. La seule chose à faire, ce sera de mettre un plan de quelques secondes sur le produit. Votre crédibilité artistique en prendra un coup mais vous n'en avez rien à foutre car votre clip durera 10 minutes et, peu importe la qualité, tout le monde en parlera sur Facebook, Twitter et autres blogs.