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04 avril 2012

Made in 90's : Alternative Rock N' Roll


La première fois que je suis allé aux Etats-Unis, c'était à l'été 1994. La famille dans laquelle j'habitais était une famille blanche de classe moyenne élevée. Elle vivait dans une très grande maison dans la banlieue de Washington DC. Une grande maison avec un panier de basket au-dessus du garage, une terrasse sur-élevée avec un barbecue, un grand jardin non grillagé à la pelouse immaculée, plein d'arbres centenaires, une grande télé dans le salon et un sous-sol où le fils adolescent de la famille entreposait les guitares, basses et batteries de son groupe de rock.

A l'époque, musicalement, j'écoutais beaucoup de rap mais je venais de vivre une des pires années de ma vie (racontée ici). Musicalement, ma mélancolie avait alors trouvée refuge dans le rock grunge et alternatif. La passion de mon hôte et de ses amis pour des groupes comme Nirvana, Smashing Pumpkins, Alice In Chains ou Soundgarden n'avait donc rien de choquant pour moi. Au contraire, j'étais vraiment fasciné. Pour cette première expérience américaine, j'étais bien tombé. J'avais vraiment l'impression d'être dans un teen-movie.

Cette sensation, je l'ai jamais oublié. Depuis cette époque, le fantasme de la scène rock alternative américaine de la première moitié des années 90 ne m'a jamais quitté. Les chemises en flannelle. Les jeans troués et cheveux sales. La fraicheur d'une scène rock qui s'était hissée des salles de concert humides de Seattle aux tops des charts parce que, soudainement, toute la jeunesse (blanche), la fameuse génération X, s'est retrouvée dans des textes et des sons.

Cet été 1994, quand je passais quelques heures devant MTV, j'y voyais les Beastie Boys, Nirvana, Blind Melon, Smashing Pumpkins, Beck et Soundgarden. On était loin de Jersey Shore et The Hills. Il n'y avait alors pas grandes différences entre la programmation du grand network télévisé et les radios étudiantes, par tradition férocement indépendantes et dénicheurs de talents. Ces groupes avaient beau être signés sur des majors, être écoutés par des millions d'adolescents et jeunes adultes dans le monde, ils semblaient conserver ce côté "rustique" loin de leur prédécesseurs mégalomanes des années 70 et 80. Des rock-stars qui ne se comportent pas comme des rock-stars.

C'est le film Young Adult qui m'a donné cette idée (via le billet de copine Virginie). Quelles sont les chansons qui reflètent le plus cette époque, ce Zeitgeist qui m'a tant marqué en débarquant dans cette famille américaine ? J'en avais une petite idée, déjà, dans ma tête et je me suis précipité sur Spotify pour vérifier mon intuition. J'ai réécouté les albums de Beck, Soundgarden, Blind Melon, REM, Alice In Chains, Dinosaur Jr, Pearl Jam, Pavement, Lemonheads etc. et j'en ai tiré une playlist. 70 chansons "madeleine de Proust" qui me rappellent instantanément les journées devant MTV ou à écouter la radio étudiante locale dans la voiture.

Enfants de la génération Y, vous voulez avoir un aperçu auditif de l'Amérique (blanche) de la première moitié des années 90, écoutez donc cette humble playlist Spotify...


Nirvana - About a Girl
REM - Man On The Moon
Pearl Jam - Daughter
Alice In Chains - Would?
Soundgarden - Black Hole Sun
REM - Drive
Weezer - Done
Blind Melon - No Rain
Nirvana - All Apologies
Toad The Wet Sprocket - Walk On The Ocean
Lush - Ladykillers
Mazzy Star - Fade IntoYou
Smashing Pumpkins - Disarm
Candlebox - Cover Me
Crash Test Dummies - Mmm Mmm Mmm Mmm
Teenage Fanclub - The Concept
Smashing Pumpkins - Today
Nirvana - The Man Who Sold The World
Pearl Jam - Nothingman
Pavement - Cut Your Hair
Paula Cole - Where Have All The Cowboys Gone ?
Smashing Pumpkins - 1979
Screaming Trees - Nearly Lost You
Nirvana - Heart Shaped Box
Alanis Morissette - Hand In My Pocket
Marcy Playground - Sex & Candy
The Lovemongers - Battle of Evermore
Toad The Wet Sprocket - All I Want
L7 - Shitlist
Nada Surf - Popular
Pearl Jam - Alice
4 Non Blondes - What's Up
Mazzy Star - Into Dust
REM - Losing My Religion
Candlebox - Far Behind
The Sundays - Wild Horses
Nirvana - Come As You Are
Sonic Youth - 100%
Grant Lee Buffalo - Fuzzy
Stone Temple Pilots - Plush
Joan Osborne - One Of Us
Soul Asylum - Runaway Train
The Sundays - Here's where the Story ends
Lush - Single Girl
Lisa Germano - Cry Wof
The Breeders - Cannonball
Paula Cole - Hush Hush Hush
The Flaming Lips - She don't use jelly
Hole - Doll Parts
Weezer - Buddy Holly
Paul Westerberg - Dyslexic Heart
L7 - Pretend We're Dead
Hootie & The Blowfish - Only Wanna Be With You
Counting Crows - Mr Jones
Belly - Feed The Tree
K's Choice - Not An Addict
Nirvana - Lithium
Alanis Morissette - You Oughta Know
Stone Temple Pilots - Interstate Love Song
Beck - Loser
Rage Against The Machine - Killing In The Name
The Martinis - Free
Gin Blossoms - Follow You Down
The Lemonheads - Into Your Arms
Cowboy Junkies - Sweet Jane
Dinosaur Jr - Feel The Pain
Soundgarden - Spoonman
Sonic Youth - Superstar
Violent Femmes - American Music
The Presidents of the USA - Lump
Green Day - Longview


14 octobre 2011

R.E.M. : Imitation of Life

C'est qui, vous, votre groupe préféré ? Le groupe dont la musique a bercé votre adolescence ? Le groupe qui, objectivement, via le respect des critiques et du grand public, est le meilleur groupe du monde ? Le groupe tellement obscur qu'il vous fait vous sentir unique au monde ? Le groupe qui vous ressemble le plus, dont la philosophie et la musique correspondent le mieux à votre personnalité et vos valeurs ? Le groupe dont vous aimez tous les albums, singles, Face B sans exception ?

Pas forcément évident de connaître son groupe préféré. C'est plus facile de dire quel est son film préféré, sa chanson préférée, son album préféré, même sa série télé préférée (et encore). C'est facile parce qu'un film ou une chanson n'est pas inconstant, ne déçoit jamais. C'est une oeuvre. Elle est unique. On peut le/la railler. On peut l'encenser. Dans votre coeur, ce sera toujours votre préférée car elle est toujours la même. Un groupe préféré, c'est différent. Il peut sortir un, deux, trois mauvais albums (que vous n'aimez pas). Il peut devenir mauvais sur scène. Il peut se comporter comme une merde avec son public ("Pete Doherty, si tu m'vois, j't'encule! OK ?"). Il peut se mettre à vouloir voter Sarah Palin ou à brûler des Coran etc. etc. etc.

Je crois que mon groupe préféré correspond à peu près à toutes les descriptions mentionnées au-dessus. Ca doit faire près de quinze ans que je réponds donc la même chose quand on me demande quel est mon groupe préféré. Enfin, pas tout à fait, ma réponse dépend de la personne qui me pose la question. Si la personne porte des baskets, une casquette et semble plus branché Public Enemy que Metallica (des clichés ? Moi ? Non...), je lui répondrais : Outkast. Si la personne ne porte pas de casquette, pas de baskets et semble branché par tout sauf Public Enemy, je lui répondrais : R.E.M.

Et donc voici le 649e billets de blog sur la séparation de R.E.M. Désolé, je suis obligé : c'est mon groupe préféré.

C'est mon groupe préféré car "Out Of Time" est le premier CD que j'ai acheté tout seul, comme un grand, avec mon propre argent de poche. C'est pas grand chose pour vous mais ça compte beaucoup pour moi. On peut donc dire que mon amour pour les comptines de Michael Stipe remonte à la prime adolescence. J'avais juste 12 ans. Alors, évidemment (ou pas), ce n'était pas le premier disque que j'achetais mais avant cet acte fatidique je n'avais dépensé mon argent de poche qu'en 45T et 33T, la plupart avec marqué dessus Jason Donovan et/ou Kylie Minogue. Avec R.E.M. et son "Out Of Time", je suis rentré dans l'ère DIGITALE. Il n'y avait qu'à appuyer sur repeat pour que le disque tourne en boucle. Encore et encore et encore. Un premier disque, ça s'écoute beaucoup, longtemps. D'ailleurs, je ne me rappelle absolument pas du deuxième CD. Sûrement le signe que le premier a été un moment tout seul.

C'est mon groupe préféré car "Losing My Religion" est une des cinq chansons que j'aime le plus au monde. Compte tenu du nombre sûrement indécent d'écoute de "Out Of Time", le nombre d'écoute de "Losing My Religion" (raison n°1 de l'achat du CD) devait l'être encore plus... indécent. Et malgré ce nombre d'écoute, je continue de l'aimer. Presque 20 ans après sa sortie (OK, coup de vieux direct dans la carotide, là!), je l'écoute toujours...souvent, beaucoup trop souvent.

C'est mon groupe préféré car je ne comprends pas un traître mot de leurs paroles. Michael Stipe est probablement le parolier le plus cryptique de l'histoire du rock moderne. Je comprends bien chaque mot, indépendamment les uns des autres. Mais les mots, mis bout à bout, ces mots qui sont censés former des phrases, impossible. Et je défie quiconque de m'expliquer - avec une certitude absolue - le sens de la plupart des chansons de R.E.M. ("Everybody Hurts" ne compte pas. Celle-là, tout le monde a compris...) Mais c'est ça qui est beau. C'est de la poésie. ca raisonne en vous. Avec la force d'interprétation de Michael Stipe, vous ressentez et ça suffit. La plupart du temps, la musique, quel que soit son genre, je préfère la ressentir que la vivre. Ca fatigue moins. Dans le même registre, j'adore Sigur Ros aussi et vous voyez pourquoi maintenant : l'islandais, tout ça... Quand vous écoutez les Smiths, au contraire, vous comprenez tout : vous comprenez que le mec est mal dans sa peau, qu'il est amoureux d'une fille qui ne l'aime pas et ce genre de trucs. C'est bien aussi mais, à force, si vous ne vous méfiez pas, vous risquez de vous retrouver un flingue dans la bouche prêt à vous éclater le cerveau à coup de dépression carabinée.

C'est mon groupe préféré car je peux associer chaque période de ma vie à un de leurs albums. Par exemple, j'associe inévitablement "Automatic For The People" et sa noirceur à une des pires années de ma vie : mon année de seconde et mon entrée au lycée. J'associe mon désintérêt total de "Monster" et "New Adventures in Hi-Fi" à mes dernières géniales années de lycée et à ma passion pour le Hip-Hop. J'associe "Up" et son style musical "dépouillé" à mes années de prépa et à l'abandon quasi-totale de vie sociale. J'associe "Reveal" et son style lumineux à ma "très épanouissante" deuxième année d'école de commerce. J'associe le très adulte "Around The Sun" à mon premier job. A chaque fois qu'un album de R.E.M. sortait, c'est comme si son univers se mettait en phase avec ma vie - ou inversement.

C'est mon groupe préféré, enfin, car il me ressemble. Si "Automatic For The People" ou "Up" font partie de mes dix albums préférés de tous les temps, il y a sur l'intégralité de la discographie de R.E.M beaucoup de trucs que je n'aime pas ou plutôt qui me laissent indifférents. Il y a des groupes, j'adore tous leurs albums sans exception. Mais lorsque je dis que R.E.M. est mon groupe préféré, j'ai l'impression d'offrir une part importante de moi-même - comme lorsque je révèle que JERRY MAGUIRE est mon film préféré. Les valeurs du groupe. Son style musical. Sa carrière. Tout ça, j'ai l'impression que ça me ressemble et je ne peux pas en dire autant des autres groupes. Quoi qu'il fasse, je me retrouve (plus ou moins) - même si je n'aime pas.

Bref, je suis très triste à l'idée de ne plus jamais avoir de nouvel album de R.E.M. à écouter - d'autant plus que je n'aime pas du tout le dernier en date.



10 juin 2011

La Playlist Infinie #41 : Cults


Je ne sais pas ce que j'ai avec les groupes/duo garçon/fille. Ils attirent toujours mon attention plus que les autres. Dans cette rubrique, il y a déjà eu Matt & Kim, Elsiane, The Indelicates, Cloetta Paris, Slow Club.

S'ajoute donc à la liste CULTS alias Madeleine Follin et Brian Oblivion, deux anciens étudiants en cinéma, en couple à la ville qui décidèrent de monter un groupe. Problème : les deux n'ont pas du tout les mêmes goûts. Lui aime le mathcore, Aphex Twin et Squarepusher - malgré un look laissant penser qu'il est resté bloqué à Seattle en 1991. Elle, au contraire, aime l'Americana, des trucs comme Bob Dylan, The Band. La plupart des couples n'auraient pas survécu plus de quelques mois à ce genre de différences. Eux ont persisté, cherchant des points d'accord. Et ils l'ont trouvé lorsque Brian se mit à écouter un album des Ronettes. Ils avaient trouvé : sans le savoir, les deux aimaient la pop 60's. CULTS était né.

Et ils n'ont pas mis longtemps à se faire remarquer. Lily Allen les signa sur son label tout frais et c'était parti. Leur album éponyme est une pure merveille qui raisonne très largement au son 60's qu'affectionne nos deux tourtereaux mais sans aucune nostalgie mal placée. Au contraire, la passion musicale de Brian pour les sons bruts et minimals et la voix boostée à l'énergie pure de Madeleine font de leur musique une partition extrêmement moderne... Et c'est particulièrement évident sur le single Abducted, ma bande-son du printemps en clip ci-dessous...








28 mars 2011

Creeps & Weirdos Don't Belong Here

Question pop culture, il y a des évidences. Des trucs comme le fait que Cameron Crowe soit un génie par exemple, que Will Ferrell est l'homme le plus drôle de la planète, que Katherine Heigl est ce qui est arrivé de pire à la comédie romantique depuis l'opération des lèvres de Meg Ryan, que Snoop Dogg vendrait sa femme et ses enfants pour avoir le plaisir de tourner une pub pour un yaourt bio, qu'il y a rien de plus beau sur Terre que les yeux de Zooey Deschanel, que Scarlett Johansson et toutes les autres poufs à gros seins ne font absolument pas le poids question sex-appeal face à Natalie Portman...

Mais il y a des trucs qui se discutent, qui font débat, qui vous marginalisent. Continuer à aimer Lindsay Lohan en 2011. Trouver que Michael Bay fait des films d'auteur. Militer pour le retour des slows. Nier en bloc le sex-appeal de Megan Fox. Préférer les premiers albums de Radiohead.

Si pour les premiers, il faut bien assumer et arriver à faire face aux regards d'incompréhension de la majorité. Pour les derniers, il existe un groupe de soutien. Mais même là, c'est pas gagné...




16 mars 2011

Notebook Song #8 : Open Your Eyes

A l'heure de YouTube, le clip vidéo n'a plus guère qu'une seule utilité : faire parler de soi - qu'on soit une pop star multimillionaire ou à un groupe rock débutant. La forme change - racoleur pour la pop star, inventif et bricolo pour le groupe rock - mais le but est identique : faire la promotion de sa musique. Le clip est devenu une pub.

A l'heure de MTV, c'était une autre affaire. A l'époque où la chaîne ne diffusait pas que de la télé-réalité, le clip servait à sublimer la musique en ajoutant une couche de "visuel". Au delà de la pochette de disques et de la musique elle-même, le clip était utilisé par les artistes (et leur maison de disques) comme une manière de faire de musicos anonymes des pop stars, de celles qui font rêver et fantasmer - comme le faisaient les stars de cinéma. Ce n'est pas pour rien que les artistes ayant le mieux exploité les clips sont ceux qui, aujourd'hui, survivent le mieux aux modes. Madonna, d'album en album, de clips en clips, maintient l'intérêt en changeant d'univers, en devenant une prêtresse gothique un jour, une cowgirl un autre. Elle change de rôle comme le ferait n'importe quelle actrice soucieuse de ne pas être catégorisée dans un seul et même rôle - façon unique de maintenir sa carrière à flot. Et de cette façon, le musicien devient une icône, un fantasme qui s'installe profondément dans le cerveau - peu importe son niveau de notoriété.

Outre l'aspect commercial évidemment inévitable, les clips avaient pour but ultime de sublimer ce qui ne l'est pas forcément à la base (et tant mieux si les deux étaient combinés), de vous faire aimer une musique que vous n'auriez pas forcément su apprécier sans la vidéo. Bref, la vraie définition du clip - en tous les cas comme ma génération l'appréhende. Ce genre de clips, on en voit plus des masses ces dernières années.

Mais des fois, on tombe sur des trucs comme "Open Your Eyes" de Snow Patrol. Quand je l'ai entendu sur l'album, cette chanson, je ne l'aimais pas particulièrement. Elle ne me faisait ni chaud ni froid. Puis j'ai vu le clip et là j'ai vraiment entendu.

Lorsque vous regardez les 8'40" du court-métrage de Claude Lelouch C'ETAIT UN RENDEZ-VOUS, vous voyez un truc un peu monotone rythmé par le seul bruit du moteur de la Mercedes au centre du film. Mais vous avez la force du concept et de l'image. En le réduisant à 5'51" et en y superposant la fameuse chanson de Snow Patrol, vous avez quelque chose qui ressemble à du suspense, quelque chose qui vous fait vous accrocher à ces quelques minutes d'images et de musique pour attendre le dénouement - d'une simplicité assez bouleversante.

La musique vous fait ressentir l'intensité de l'image. L'image vous fait ressentir la mélancolie de la musique. Chacun sublime l'autre. Vous avez un clip. Un vrai.

"Open Your Eyes" ne correspond ainsi à aucun moment de ma vie - comme les autres Notebook Songs. Quand je l'entends, elle ne réveille pas en moi de la nostalgie, de la tristesse, de la mélancolie d'un moment passé ou tout autre émotion que vous associez souvent à une chanson pop. "Open Your Eyes" me fait juste penser à un rendez-vous. Un simple rendez-vous. C'est souvent à cette chanson que je pense quand je rejoins quelqu'un que j'aime, quelqu'un à qui j'ai envie de plaire plus que tout. Cette chanson me fait penser aux battements de mon coeur, à la pression, à la peur de ne pas arriver à l'heure, à l'espoir que ça se passe bien.

Et elle me fait penser à ça juste par la grâce de ce clip...





28 janvier 2011

Mixtape #3 : Julie

C'était en 1994. Le vendredi 22 juillet exactement. Il devait être 10 ou 11h. Pas plus. Je me souviens de ce moment là comme si il avait eu lieu hier. Ces 16 dernières années, chaque jour qui passe, je me souviens (un peu) de ce moment. Pourquoi ? Parce que ce jour-là, j'ai rencontré Julie. Dans ma vie, Julie, je l'ai vu moins de 30 jours. En heures, ça ne doit même pas faire grand chose. A peine le temps d'apprendre à connaître quelqu'un. A peine le temps de tomber amoureux.

Mais j'avais 15 ans et, à cet âge, il ne faut pas grand chose pour tomber amoureux. Les quelques jours passés avec Julie étaient largement suffisants. Il ne m'en a pas fallu autant. Une seconde fut nécessaire. Juste une. Juste le temps de la voir sourire. Si je devais faire un Top 5 des plus belles choses que j'ai vu dans ma vie, je mettrais sûrement à la première place le sourire de Julie. Cette seconde qui dure depuis près de 16 ans. C'est à cette seconde que je repense. Elle est restée figée.

Si ce moment est si important, c'est qu'il est le seul vrai coup de foudre que j'ai eu dans ma vie. Aujourd'hui, je blâme l'âge pour ne plus jamais avoir connu ça. Il m'a depuis toujours fallu plusieurs semaines pour tomber amoureux. Evidemment, j'ai des vrais coup de coeur. "La Fille qui ne me voit pas" de ma première mixtape, j'ai encore du mal à me remettre de notre première rencontre. Mais rien de comparable à Julie.

Julie, je l'ai rencontré à Washington DC, devant la National Gallery Of Art. C'était la première fois que je me rendais aux Etats-Unis. Je vivais dans une famille "du cru" le soir. La journée, je visitais la ville avec une étudiante américaine et un petit groupe de Français : deux garçons (dont moi) et deux filles. Julie était l'une d'elle. Un mois plus tard, chacun rejoignait sa province : moi à Orléans, elle à Montpellier. J'ai gardé une photo d'elle. On s'est écrit pendant un an et puis plus rien. J'ai regardé sur Facebook. Rien. J'ai recherché son adresse dans mes vieilles affaires. Rien. C'est sûrement beaucoup mieux comme ça...

Mieux vaut rester avec un beau souvenir du passé que se coltiner une glauque rencontre du présent. Et pour entretenir un beau souvenir, je ne vois rien de mieux qu'une mixtape. Une mixtape entièrement dédiée à Julie, à son sourire, à notre rencontre et à tout le reste. Des chansons pour une seconde. Des chansons pour quelques jours. Des chansons pour plusieurs années de ma vie.

Ces chansons, elles se trouvent ...


1. Patty Griffin - Moon River
"Moon River, wider than a mile, I'm crossing you in style some day. Oh, dream maker, you heart breaker, wherever you're going I'm going your way. Two drifters off to see the world. There's such a lot of world to see. We're after the same rainbow's end--waiting 'round the bend, my huckleberry friend, Moon River and me."

2. The Beatles - I've Just Seen A Face
"I've just seen a face. I can't forget the time or place. That we'd just met, she's just the girl for me. And I want all the world to see we've met."

3. Weezer - Smile
"I can't be gone, darling, for very long. Never know what you're gonna do standing there deep in front of you. Take a look in between my eyes. Because I'm back. 'Cause I don't wanna break your fine face. I can't take the way you wanna wrap me up inside your smile."

4. Smashing Pumpkins - Daydream
"My daydream screams bitter 'til the end. The love i share -true- selfish to the heart. My heart, my sacred heart. My daydream dream."

5. Rachel Yamagata - Over And Over
"I really thought I was okay. I really thought I was just fine. But when I woke this time, there was nothing to take me back to sleep, to take you off my mind this time. And I keep saying over and over and over and over again, Let it rain, let it rain, Over and over and over and over again, Let it rain, let it rain."

6. Aska - There's Too Many of Us
"When I turn, turn away, I want to know you will be there. When I first broke my shell, I knew there was so much more... I didn't know... There are many of us for you to turn. There are many of us for you to share..."

7. Radiohead - All I Need
"I'm the next act waiting in the wings. I'm an animal trapped in your hot car. I am all the days that you choose to ignore. You are all I need. You are all I need. I'm in the middle of your picture lying in the reeds."

8. Coldplay - See You Soon
"So they came for you. They come snapping at your heels. But don't break your back if you ever heard this. But don't answer that. Cause in a bullet-prove vest, with the windows all closed, I'll be doing my best & I'll see you soon. In a telescope lens & when all you want is friends, I'll see you soon."

9. Travis - Writing To Reach You
"Every day I wake up and it's Sunday. Whatever's in my head won't go away. The radio is playing all the usual. What's a Wonderwall anyway? Because my inside is outside. My right side's on the left side. Cause I'm writing to reach you now but I might never reach you."

10. The National - Sorrow
"Sorrows my body on the waves. Sorrows a girl inside my cave. I live in a city sorrow build. It's in my honey, it's in my milk. Don't leave my hyper heart alone, On the water, Cover me in rag and bones, sympathy. Cause I don't wanna get over you. I don't wanna get over you."

11. Vienna Teng - Nothing Without You
"It's the quiet night that breaks me. I cannot stand the sight of this familiar place. It's the quiet night that breaks me, like a dozen papercuts that only I can trace. All my books are lying useless now. All my maps will only show me how to lose my way. Oh call my name. You know my name. And in that sound, everything will change. Tell me it won't always be this hard. I am nothing without you, but I don't know who you are."

12. Sonic Youth - Superstar
"Loneliness is such a sad affair and I can hardly wait to be with you again. What to say to make you come again, come back to me again and play your sad guitar."

13. Patrick Park - Your Smile's Drug
"I should lay around and curse the day that I fell upon your sword. 'Cause I'm a poor boy. And your smile is a drug that I can’t afford... Anymore."

14. Rachel Yamagata - Elephants Instrumental



17 janvier 2011

Mes albums pop/rock préférés de 2010

On finit en beauté la retro 2010 avec le dernier top, celui des meilleurs albums pop et rock (à mon goût).


1. Robyn - Body Talk
Voici à quoi devrait ressembler n'importe quel album de pop-music. Une succession ininterrompue de mélodies entêtantes qui pourraient faire, les unes après les autres, l'objet de singles, des paroles mélancoliques qui permettraient à quiconque de s'identifier, des rythmes assez hypnotiques pour faire danser Brandon Walsh et une personnalité centrale magnifique, entre exubérance, charisme et fascinante étrangeté. [MySpace]

2. Arcade Fire - The Suburbs
Tour à tour nostalgique et futuriste, Arcade Fire parviennent à se renouveler tout en gardant cette touche immuable, cette puissance, cette mélancolie, cette énergie qui en a fait, en quelques années, le plus grand groupe rock de la décennie 2000. Le changement dans la continuité comme on dit. Un album qui, sous la forme du concept, livre des surprises à chaque minute qui passe. [MySpace]

3. Jonsi - Go
Avec ou sans Sigur Ros, Jonsi reste ce chanteur emblématique et charismatique dont la seule voix parvient à vous donner des frissons. Moins expérimental qu'à l'accoutumée, ce nouvel album solo le voit s'aventurer dans des chansons beaucoup plus pop, en anglais parfois, mais toujours avec cette grâce, ses mélodies aériennes et ses arrangements ultra-sophistiqués et tellement riches qu'ils vous donnent, à chaque écoute, une impression de nouveauté. [MySpace]

4. Lost In The Trees - All Alone In An Empty House
Ari Picker, la tête pensante de Lost In Trees, n'avait jamais vraiment écouté de musique classique avant d'entrer à l'Université pour y étudier la musique de films (!). Il a vite laissé tomber les films pour se consacrer à autre chose, la musique d'un film qui n'existe pas, celui qui se joue dans cet album à la frontière de la tristesse et du sublime. La voix à la fois douce et puissante de Ari se pose donc sur des arrangements à la fois complètement dépouillés et d'une richesse folle, entre le folk de la grande tradition américaine et la musique de chambre. [MySpace]

5. Hurts - Happiness
On pourra reprocher à Hurts de vivre dans le passé, d'avoir fait un album surproduit, froid et ancré aux années 80. On pourra. On pourra aussi dire qu'on adore ça, qu'il y a pas plus grand bonheur que d'écouter en boucle un album aux mélodies imparables et aux arrangements grandiloquents et qu'il y avait longtemps qu'on avait pas écouté un pur album de synth-pop désespéré et mélancolique qui vous en met plein les oreilles avec ses productions ultra-léchées. Moi, je le dirais haut et fort. [MySpace]

6. The National - High Violet
Ils n'ont jamais vraiment été des boute-en-train et leur cinquième album ne fera pas exception. Porté par la voix grave de son chanteur Matt Berlinger, High Violet est une succession de morceaux noirs et ténébreux qui mettent du temps à s'installer. Mais une fois qu'ils y sont bien, inscrits dans votre tête, ils ne vous quittent plus. [MySpace]

7. She & Him - Volume 2
Pour tous les habitués, ne croyez pas que je mets cet album dans ce top uniquement pour trouver une nouvelle occasion de parler de Zooey Deschanel. Cela n'a rien à voir. J'aime cet album. J'aime son côté suranné, ces mélodies qui semblent tout droit sorties d'un petit bout d'Amérique 50's. J'aime la douce voix de cette chanteuse aux yeux bleus et aux cheveux bruns dont je ne citerais pas le nom une nouvelle fois - tout simplement parce que j'aime cet album. [MySpace]

8. Marina & The Diamonds - The Family Jewels
Il est une nouvelle fois paradoxal de constater à quel point cette année 2010 a été riche en albums pop magnifiques (Hurts, Robyn) alors que les charts ont été dominé par des sons bas de gamme et formulatiques hérités de l'eurodance. Avec sa flamboyance, ses incroyables mélodies pop et sa voix reconnaissable entre milles, Marina & The Diamonds a sorti un de ses albums magnifiques - un album qui emprunte autant à Kate Bush qu'à Britney Spears. Et le mélange est détonnant ! [MySpace]

9. Midlake - The Courage Of Others
Après un album magnifique sur lequel planait l'ombre des chanteurs folk, country et rock de leur Texas natal, Midlake part du côté de l'Angleterre pour The Courage Of Others. Ils en repartent avec un son héritier du folk ancestral et quasi-mystique des 60s/70s et ça vous prend aux tripes. On est ici au-delà de la mélancolie. On est dans la tristesse, la douleur pure. C'est souvent assez austère mais les mélodies sont d'une telle intensité qu'elles ne mettent pas longtemps à vous enlasser pour ne plus jamais vous laisser. [MySpace]

10. Sleigh Bells - Treats
J'en reviens pas moi-même d'aimer cet album à ce point. A priori, c'est à l'opposé de tout ce que j'aime en musique. Cet album, c'est des basses saturés, des rythmes destructurés, des guitares tordues. Et puis soudain vous entendez les mélodies. Vous voyez poindre les chansons pop. Cet album, on a l'impression qu'il est sale et malade. Mais la fièvre est parfois salutaire. Elle élimine les toxines. Et c'est bien ce que fait Sleigh Bells avec ses chansons pop torturées. En écoutant cet album, vous avez l'impression d'écouter un petit bout du futur de la pop music. Rien de moins. [MySpace]


10 décembre 2010

Taylor Momsen : Rebel With A Cause


NDLR : Dédicacé à Taous qui a passé, hier soir, une nuit de débauche avec l'objet de ce billet et m'a donc fait presque reconsidéré ma conclusion. Elle me confirmera plus tard si j'ai eu raison ou pas.

Choisissez votre camp. Dans la rubrique "enfant star qui devient adulte", il n'y a que deux catégories. Les évidentes. Deux cases dans lesquelles ont peut placer à peu près tous les chanteurs, chanteuses, acteurs, actrices ayant commencé leur carrière enfant - peu importe qu'ils aient continué à être des stars ou pas quand du poil ont commencé à leur pousser un peu partout.

Les premiers, ce sont les "intellos", ceux qui se mettent à faire des études quand une carrière prometteuse les attend, ceux qui choisissent les beaux rôles dans des productions indés plutôt que les rôles moisies dans des slashers faisandés. Dans cette catégorie, on peut y ranger Natalie Portman, Ryan Gosling, Christina Ricci, Joseph Gordon Lewitt ou encore Jamie Bell. Les seconds, évidemment, par opposition, ce sont les "déglingos", ceux qui profitent de leur statut pour arpenter les boîtes de nuit, se fourrer le nez à la coke, ceux qui enchaînent les productions hollywoodiennes moisies pour encaisser les gros chèques et payer leur train de vie de débauche. A priori les plus nombreux. Ce sont Britney Spears, Lindsay Lohan, les deux Corey, Brad Renfro (RIP) ou Drew Barrymore (avant 1996) et j'en passe pas mal d'autres que l'on a tous oublié parce qu'ils sont 1/ en train de faire le trotoir 2/ morts 3/ caissier(e) d'un supermarché en l'Iowa.

Mais, en fait, il y a une troisième catégorie. Une sorte de zone grise de l'enfant star. Ils ne sont pas très nombreux dans cette zone assez peu explorée. En général, elle se cache derrière une bonne couche de moquerie et de quolibets. Cette zone est moins prestigieuse que la première, plus classe que la deuxième mais surtout beaucoup plus difficile à tenir. Il est en effet très difficile d'en sortir, d'un côté comme de l'autre (souvent du deuxième quand même). Alors, comment ai-je découvert cette zone ?

En lisant sur Taylor Momsen.

Vous vous rappelez quand je vous disais qu'à une certaine époque de ma vie, j'avais tendance à largement confondre Natalie Portman avec son personnage dans GARDEN STATE. Et bien, Taylor Momsen, c'est un peu la même chose en version inversée et exponentielle. Cette fois, ce n'est pas seulement moi, dans mon coin, fou d'amour, ce sont des millions de garçons et surtout de filles, rempli de haine, qui ne pouvaient s'empêcher de confondre Taylor avec son personnage de la série GOSSIP GIRL. Comme quelques années auparavant pour Misha Barton et sa Marissa Cooper ou Shannen Doherty et sa Brenda Walsh, Taylor Momsen, via Jenny Humphrey, est devenue la tête à claque la plus insupportable de la télévision circa 2010. Les incessants dramas du personnage ont vite commencé à taper sur les nerfs des millions de fans de la série et c'est Taylor, l'actrice, qui a récolté les lauriers de la (effectivement très) chieuse Jenny.

Sauf qu'au lieu de jouer la petite actrice proprette pour désamorcer la situation explosive, comme si les dramas de la fiction avaient des fonds de vérité, la jeune actrice en rajoute des caisses. Cette fois IRL. Elle s'habille au quotidien comme une actrice porno sortant toute juste de sa partouse hebdomadaire. Elle se barde le visage des stocks conjoints de maquillage inutilisés de Ziggy Stardust et de Kiss. Elle joue dans un groupe de rock dont les musiciens pourraient tous être son père. Elle prend un malin plaisir à montrer ses seins en concert. Elle se déclare amoureuse des vibromasseurs, prétend avoir couché avec un prêtre et affirme fièrement avoir mis le feu aux couilles de son chien. A toute fin utile, rappelons juste que la jeune fille est mineure.

Clairement, celle qui jouait la petite Cindy Lou dans LE GRINCH il y a 10 ans, aimerait bien se classer dans la deuxième catégorie d'enfants stars, histoire de bien montrer qu'elle est une vraie déglingo dont les parents, obsédée par la gloire et la célébrité, auraient ruiné à jamais l'équilibre mentale.

Sauf que...

Tout ça est un peu trop évident. Tout ça est un peu trop "marketé". Taylor Momsen a une "rebelle attitude" un peu trop réfléchie.

D'abord parce que son look pourrait être celui d'à peu près n'importe quelle adolescent se cherchant une identité. Je suis passé par là. Vous êtes passé par là. (A peu près) tout le monde est passé par là. A 16-17 ans, on se cherche. On veut appartenir à un groupe, à une communauté. Je portais des baggy en 1994 ce qui me faisait ressembler à un extra-terrestre dans mon lycée de province. D'autres déchiraient leurs jeans, ne se lavaient plus les cheveux et portaient des chemise en flanelles un peu pourrie pour ressembler à Kurt Cobain. Chacun avait son truc. C'est ce qu'on appelle l'adolescence et, clairement, Taylor Momsen est une adolescente - même si elle refuse de l'admettre (en interview).

Ensuite parce que les vrais déglingos ont une spontanéité dans la débauche qu'elle n'a absolument pas. Britney se fait raser le crâne pendant un coup de folie ou se fait filmer complètement bourrée et droguée faisant par la même occasion péter les vues sur YouTube. Lindsay Lohan, elle, passe son temps en cure de réhab et au tribunal ou se fait virer des tournages. Et pour prendre exemple sur une fille du même âge, Miley Cyrus mutliplie les écarts de conduite et autres dérapages (pas vraiment) contrôlés en direct sur YouTube. Des trucs qui feraient passer la jeune Taylor pour une enfant de coeur.

Voilà où se trouve la zone grise des enfants stars. Taylor Momsen n'est pas une déglingos mais tente de s'en donner les airs, ce qui, au final, la fait passer, grande prêtresse de son image médiatique, pour une "intello" de la première catégorie citée ci-dessus. OK, cette ambiguïté dans votre image provoque immanquablement la moquerie. Mais est-ce réellement important tant qu'on parle de vous, que vos disques se vendent et que tout le monde continue à regarder votre série ? En cela, la jeune fille rejoint dans la zone grise une certaine Christina Aguilera.

En 2002, alors que Britney Spears continue à surfer sur son image bubblegum de girl-next-door et chante "I'm Not a Girl, Not Yet a Woman", Christina Aguilera, son ancienne camarade du Mickey Mouse Club, lâche tout et balance LE CLIP de DIRRTY, sorte de summum de trashitude white-trash dans lequel elle s'affiche dans des positions ultra-suggestives en petite culotte rouge marquée d'un X déclamant des trucs comme "Wanna get rowdy / Gonna get a little unruly / Get it fired up in a hurry / Wanna get dirrty". Le décalage avec le clip gentiment mignon de "Genie In The Bottle" est très brutal. Les ligues de vertu crient au scandale. Christina passe pour une traînée et une vraie déglingo prête à arpenter les trottoirs d'Hollywood Blvd en quête de clients. Encore aujourd'hui, Christina, via ses clips ultra-sexuels, dégage une image un peu sulfureuse. Mais entre les deux ex-concurrentes Britney et Christina, qui a divorcé deux fois ? Qui est devenue alcoolique ? Qui a fait une dépression nerveuse plus médiatisée que la mort de Michael Jackson ?

Christina Aguilera n'est pas une icône pop du même calibre que Britney. Mais Christina Aguilera vend tout de même beaucoup de disques, fait des films et se maintient à un niveau relativement constant de notoriété depuis ses débuts de chanteuse en 1999. C'est con à dire mais c'est assez rare en pop music. Surtout, Christina Aguilera a une vie privée des plus calmes. Elle est mariée depuis 2005, maman plutôt accomplie et ne fait jamais de vagues en dehors de ses clips. Récemment, quand des photos volées d'elle dénudée se retrouvent sur le net, ce ne sont pas des trucs porno-soft pour pédophiles amateurs de starlettes comme celles de Vanessa Hudgens, Cassie, Rihanna ou Miley Cyrus. Non. Ce sont des photos d'essayage de costumes. C'est du nu, certes, mais du nu "pro". Pas du nu "pré ou post-coït".

C'est dans cette zone que vient se poser tranquillement Taylor Momsen. Petite princesse névrosée du mascara et du blush, elle voudrait ainsi nous faire croire qu'elle est la Courtney Love du nouveau millénaire. Mais, à l'heure où Demi Lovato, 18 ans, qui exposait il y a encore quelques mois son anneau de pureté au bras de son petit-ami Joe Jonas, est désormais officiellement en dépression nerveuse, Taylor Momsen, elle, fait une tournée mondiale, semble en pleine santé et assez éloignée du monde de débauche de ses congénères. Donc, désolé, blondinette aux yeux noirs, mais tu n'es pas une déglingo ! Tu montres tes seins pas légaux mais tu n'es pas Courtney. Tu es Christina ! J'ai juste envie de dire : GOOD FOR YOU !


28 septembre 2010

Notebook Song #4 : Today

On était en 1993. J'avais 14 ans. Je rentrais en seconde et je m'apprêtais, je crois, à vivre la pire année scolaire de ma vie. Je n'en ai jamais vraiment discuté avec qui que ce soit donc je ne peux pas dire si l'expérience est commune mais le passage de la tranquillité du collège à l'effervescence du lycée s'est faite, pour moi, dans la douleur. A vrai dire, ça m'a même rendu malade. Ce genre de maladie de la tête qui se répand sournoisement dans votre corps.

Aujourd'hui, grâce à ce blog et Twitter, je rencontre plein de gens avec qui le courant passe immédiatement. J'ai rencontré "dans la vraie vie" des gens comme Ariane, Vanessa, Aurore, Jonathan, Sophie Marie ou Maxime parce que le feeling passait tellement bien dans la virtualité qu'il était impossible qu'il ne passe pas aussi bien dans la réalité. Aujourd'hui, trouver des gens qui partagent votre sensibilité et vos passions et créer de vrais liens d'amitié ne me semble donc pas une chose des plus compliquée - à condition de bien le vouloir.

En passant du collège au lycée en 1993, aucun des outils précités n'existaient et trouver des gens que vous comprenez et qui vous comprennent n'est pas la chose la plus facile. Au contraire, c'est la chose la plus difficile au monde. Surtout quand vous avez 14 ans, que vous n'êtes pas franchement bien dans vos baskets et que les choses les plus communément acceptables à aimer dans une ville de province des plus mornes tels que le foot, le sport en général voire les quelques groupes mainstream qui passent à la radio ne provoquent en vous qu'indifférence, voire dégoût.

Dans ces cas-là, ce qui se passe alors, c'est que vous vous accoquinez avec ceux de votre classe 1/ qui le veulent bien, 2/ qui ont la sensibilité la plus proche, 3/ que vous connaissez depuis le plus longtemps. Mais, au final, vous le savez bien, au fond de vous, tout ça ne durera pas. Le temps d'une, voire deux années scolaires tout au plus. En attendant, vous faites avec. Vous n'avez pas (encore) trouvé celui ou celle qui vous aidera à vous sentir mieux dans vos baskets mais vous prenez votre mal en patience. Il faut bien vous y faire, face aux moqueries des gros lourds de l'équipe de rugby, vous êtes (toujours) seuls. J'étais toujours seul.

On était en 1993. J'avais 14 ans. Je n'avais pas trouvé ceux ou celles qui partageaient mes goûts et ma sensibilité. Et les seules personnes que je fréquentais (pour les raisons sûrement évoquées ci-dessus) écoutaient du rock. Alors, de toute mon adolescence, je n'ai jamais écouté autant de rock que cette année-là. Par la force des choses (ou pas), comme tout bon teenager blanc du début des années 90, je me suis pris de plein fouet le grunge. Ça avait commencé par Nirvana. C'est pas très original mais c'est comme ça. Ça s'est poursuivi avec le film SINGLES de Cameron Crowe. Ça s'est confirmé avec Soundgarden mais surtout avec Smashing Pumpkins. Y a-t-il lien de cause à effet entre la solitude et la mélancolie puissante qui m'assaillait le cerveau et le corps à cette époque là et ma soudaine passion pour ces groupes ? J'ai envie de dire non. Pour la simple et bonne raison que le Hip Hop m'a beaucoup plus aidé à les surmonter les années qui ont suivi. Mais je dois tout de même me rendre à l'évidence. Il y a un lien. Quand je repense à cette année-là, je repense en effet à ces chansons et pas à d'autres. A Smell Like Teen Spirit de Nirvana. A Would? de Alice In Chains. A Daughter de Pearl Jam. A Black Hole Sun de Soundgarden. Mais surtout à Today des Smashing Pumpkins.

Today est une sorte de madeleine de Proust. Mais pas forcément de celle qui fait remonter en vous les bons souvenirs d'une enfance insouciante. Plutôt de celle qui fait remonter quelques uns des pires moments de votre adolescence. Le mal-être. Les moqueries. Les filles qui ne vous regardent pas. La solitude. Je pense à ça quand j'écoute Today. Vous allez me dire que c'est normal. Après tout, la chanson parle de pensées suicidaires et de dépression. Mais ce n'est pas forcément le plus important. D'abord parce que j'étais pas forcément très bien à cette époque là, j'étais tout de même loin de ça. Très très loin. Ensuite parce que le contenu d'une chanson importe moins que le moment qui lui est associé. Et vous aviez compris, ce qui est associé à Today n'est pas des plus chaleureux en ce qui me concerne.

Je l'écoute encore pourtant très régulièrement. Et plus généralement l'album SIAMESE DREAM reste un des albums qui compte le plus pour moi. Encore aujourd'hui. Tout simplement parce que, pour tout ce que Today et cet album contiennent de souffrances, il y a aujourd'hui. Certes, 17 ans plus tard, mes baskets me font encore un peu mal au pieds et à l'âme mais je sais que je ne serais pas celui que je suis actuellement si, en 1993, mes baskets m'étaient allés comme des chaussons. S'il n'y avait pas eu les gros connards, peut-être aurais-je été moi-même aujourd'hui un gros connard ? S'il n'y avait pas eu la solitude et les peines de coeur, peut-être n'y aurait-il jamais eu ce blog et toutes les belles rencontres faites ces derniers mois ?

Voilà pourquoi j'aime cette chanson des Smashing Pumpkins. Pour tout ça. Et sûrement pour plein d'autres choses...




08 août 2010

Notebook Song #2 : Walk On The Ocean

Je devais avoir dans les 12 ans mais je ne me souviens absolument pas où j'ai entendu cette chanson pour la première fois. Vraiment pas du tout. Pourtant, je me souviens très bien de la place qu'elle a tenu dans mon fameux petit carnet de note. Notamment car elle n'en est sortie que très tard. 9 ans plus tard, en fait. Pour une raison qui m'échappe, ce n'est, en effet, qu'en 1999 que je me suis procuré mon premier disque de Toad The Wet Sprocket et c'était leur best-of. Alors comment ai-je fait, entre temps, pour étancher mes oreilles de cette chanson ? Aucune idée. Sûrement un enregistrement radio sur une K7...

Car en 1991-1992, les mecs de Toad The Wet Sprocket étaient, pour moi, au top du cool. Le côté alternatif californien, ça me faisait rêver. Leurs chansons, un peu comme celles de REM ou de Barnaked Ladies, avaient typiquement ce genre de son que l'on entendait à longueurs de films et d'épisodes de séries TV dans les années 90 (de ANGELA 15 ans à DAWSON en passant par LA VIE A CINQ). Ces types me correspondaient pleinement. Ils n'avaient rien d'agressif. Leur musique était à la fois mélancolique et joyeuse. Ça me plaisait. Et en particulier leur chanson "Walk On The Ocean".

Ce n'est pas leur plus gros tube. Leur single précédent "All I Want" s'est mieux classé dans les charts américains mais c'est celle-là que j'ai toujours préféré. La voix du chanteur, le refrain me font encore frissoner près de 20 ans plus tard - même si à la dégaine des mecs, je les trouve vachement moins cool maintenant. (et je ne vous parle même pas de la tête qu'ils ont aujourd'hui, c'est assez flippant et très dur pour le moral... 20 ans putain, 20 ans...).





21 juin 2010

The Violent Blue

Je vous annonce que, si vous ne trouvez pas que cette chanson est la plus belle chose que vous avez entendu aujourd'hui, vous devez être probablement mort. Et dans ce cas là, si j'étais vous, je referais mon emploi du temps de la journée. Parce qu'il est bien possible que vous ayez rejoint Bruce Willis dans le monde de ceux qui croient qu'ils sont vivants mais qui sont, en fait, mort. Je vous aurais prévenu.



http://www.myspace.com/electricpresident


16 juin 2010

La Playlist Infinie #37 : Slow Club

J'aurais mis le temps mais je vais le faire. Je vais écrire quelque chose sur Slow Club. Parce qu'en fait, le premier album de ce duo anglais est sorti il y a presque un an, en juillet 2009. Et un an, c'est à peu près le temps qu'il m'aura fallu pour que je porte toute l'attention qu'elle mérite à la musique de Charles Watson et de Rebecca Taylor. Non que j'aimais pas. Au contraire. L'album est dans mon iPod depuis un bon moment maintenant. Juste que je n'avais pas été plus loin que les deux-trois morceaux que j'avais pu écouté sur leurs MySpace et que j'avais mis dans une playlist.

Mais depuis plusieurs semaines maintenant, ce premier album "Yeah So" ne quitte rarement plus de deux jours mais oreilles. J'aime bien l'écouter en sortant du boulot par exemple. Car leur folk alternatif teinté de pop et rock n'roll 50's est d'une simplicité et d'une énergie désarmante et met simplement en joie. Slow Club fait juste une musique du bonheur, pas compliquée, à l'image des morceaux "It doesn't have to be beautiful, unless it's beautiful" ou "Giving Up On Love". En gros, c'est un peu comme si vous mélangiez l'énergie de Matt & Kim à l'anti-folk de Kimya Dawson en y injectant une bonne dose de la pop 50's des Pipettes.

Abordant majoritairement des thèmes comme la mélancolie des amours adolescents, ils avaient tout pour me plaire. Et quand on voit qu'ils sont signés sur Moshi Moshi, le label anglais de groupes comme Au Revoir Simone, Architecture in Helsinski, The Drums, James Yuil, Lykke Li ou Matt & Kim, vous comprenez que le duo est juste imparable.

Et leurs clips sont plus qu'à la hauteur de leur musique.

Du bonheur, je vous dis. Du bonheur...





MySpace de Slow Club

Slow Club sur Spotify


12 février 2010

La passion d'Anvil

Je crois qu'il n'y a rien de plus beau que la passion. Quand j'écoute quelqu'un me parler sans discontinuer de sa passion pour un groupe, pour un acteur, un film, la musique, un métier, pour un écrivain ou tout autre chose, ça me fait frissonner. Je trouve ça magnifique. Cette passion ordinaire, c'est ce qui nous rend humain car elle nous permet de vivre au jour le jour. Elle nous permet d'avancer, de faire des choses extraordinaires. C'est cette passion qui nous a offert les plus grands chefs d'oeuvre du cinéma ou de la musique.

Regardez Martin Scorsese en interview. A 67 ans, plus de 30 films au compteur et 40 ans de carrière, le réalisateur est un moulin à paroles lorsqu'on l'interroge sur sa mise en scène ou sur les films, les acteurs et autres réalisateurs qui l'influencent, le font frissonner de plaisir. Il est intarissable. Et ça le rend jeune. Ces films aussi. Ils sont toujours aussi forts, passionnants. Il a l'enthousiasme d'un jeune homme. Pas encore blasé. Toujours vif. Voyez aussi cette vidéo dans laquelle le compositeur de musique de films Angelo Badalementi explique comment il a crée le thème mythique de la série TWIN PEAKS. Il est en larmes. Le simple fait d'expliquer son art, de se rappeler d'un moment de musique le plonge dans une sorte d'état second, entre pure joie et mélancolie. Et je trouve ça beau.

Ce que je trouve beau aussi, c'est le groupe ANVIL. Je déteste le métal. Vraiment. En écoutant ce genre de musique plus de 2 minutes, j'ai envie de m'arracher les dents de sagesse avec une pince rouillée, me couper l'appareil génital à la tronçonneuse ou m'enfoncer un pied de table Ikéa dans le coeur - en fonction du lieu et de la situation du moment. Et pourtant. En sortant de la projection "très intime" (5 personnes dans une salle de 300 places) du documentaire ANVIL : THE STORY OF ANVIL, j'avais envie de laisser pousser mes cheveux (ce qui, avouons-le, risque d'être difficile) pour me faire une permanente, de porter des jeans moulants, du masquera, des T-shirts zébrés et hurler dans un micro des hymnes comme "Metal On Metal, It's what I crave, The louder the better, I'll turn in my grave", la guitare électrique en bandoulière. J'avais envie de m'acheter les 13 albums du groupe et exploser ma CB en T-shirts et autres merchandising brandés ANVIL.

Au milieu des années 80, ANVIL fait partie de la nouvelle vague du métal aux côtés de groupes comme Anthrax, Slayer, Bon Jovi, Metallica ou Guns N Roses. Ils sont considérés comme les plus talentueux et précurseurs par leurs confrères de l'amicale de cheveux longs permanentés qui font beaucoup de bruit avec leurs guitares et leurs voix aiguës. Tous s'accordent sur le fait que Steve "Lips" Kudlow, Robb Reiner et Glenn Five sont les futurs grandes stars du rock qui fait du bruit.

Mais non. Rien de tout ça. Près de 30 ans après leur premier album, ils ne sont toujours pas devenu les rock-stars tant espérés et attendus. Un destin peu enviable mais restant le lot des la très grande majorité des groupes se lançant dans la grande aventure du business de la musique. C'est comme ça. Ça l'a toujours été. Le talent n'est pas toujours synonyme de succès (Dans ce registre, voyez aussi le fabuleux documentaire DIG! sur le destin croisé des groupes Dandy Warhols et du Brian Jonestown Massacre).

Mais il y une différence majeure entre ANVIL et les centaines de milliers d'autres groupes qui n'ont jamais percé : ANVIL est toujours là. Porté par la personnalité taquine et joviale de Lips, son chanteur qui, dans sa jeunesse, portait sur scène un costume sado-maso et jouait de la guitare avec un gode, le groupe a poursuivi sa route pendant toutes ces années.

En marchant sur le fil de la passion, toujours à deux doigts de tomber dans l'auto-destruction fatale et le chaos financier et psychologique, le groupe s'est entêté, est resté soudé comme au premier jour, n'a jamais abandonné. Ils ont joué dans des bouges d'Europe de l'Est devant cinq alcooliques et ont subi les pires humiliations qu'un groupe puisse subir. Mais ils ont continué. Portés par le soutien de leurs proches. Portés par l'envie de réussir. Portés par leur passion de la musique. Ils ont beau être parfois à la limite du pathétique, c'est toujours d'une beauté assez incroyable de les voir interagir. Juste pour la beauté de l'art. Loin des habituels conflits d'égos qui hantent les documentaires rock (de la parodie SPINAL TAP au SOME KIND OF MONSTER de Metallica, par exemple). Juste une bonne grosse dose d'humanisme, d'amitié et d'amour de la musique.

Et ça fait du bien. Ces types vous remontent le moral. Pas dans le sens "Qu'est-ce qu'ils font pitié". Pas dans le sens "Au moins, je ne suis pas le seul à galérer". Dans le sens, "Je peux y arriver. Ça prendra le temps qu'il faut mais j'y arriverais." C'est une vraie philosophie de vie de se dire ça : un vrai mélange de confiance, de folie, de goût du risque et d'humanisme. Et cette philosophie, c'est à mon avis la seule qui vaille. C'est elle que j'ai envie de suivre lorsque j'écrit ce blog. C'est elle que j'ai envie de suivre dans la poursuite de mes rêves et de mes ambitions professionnelles, amicales et amoureuses.

Cette philosophie, sorte de "passion raisonnable", qui tient compte à la fois de son propre égo, de ses propres envies et désirs mais aussi et surtout des autres. Parce que ANVIL sans la famille, les amis et les fans, ce serait vraiment pathétique.

Je dis donc MERCI à ces petits bonshommes chevelus pour toute l'inspiration qu'ils peuvent offrir à ma personne et au monde grâce à leur passion...



22 janvier 2010

Made in 80's #12 : So caught up in you...

Je suis né à la toute fin des années 70. Donc, les années 80, je ne les ai vécu qu'à travers les dessins animés japonais, les films de Sylvester Stallone, le club Dorothée et les chansons d'A-Ha. Tout le reste, de la guerre froide à Erik B & Rakim, de Tchernobyl au rock sudiste en passant par Ronald Reagan et les Talking Heads, ce n'était qu'un bruit de fond. Des trucs d'adulte quoi !

Alors quand j'écoute cette chanson de .38 Special et surtout que je vois le clip qui l'accompagnait à l'époque, je me dis que c'est quand même bien dommage, que j'aurais bien aimé être un adulte dans les années 80. Comme MacGYVER, j'aurais bien aimé mettre mon plus beau cuir d'aviateur pour séduire les filles. Comme dans ROAD HOUSE, j'aurais bien aimé aller dans un club au Texas, écouter chanter un gros barbu avec les cheveux longs chanter du rock sudiste. Comme dans OVER THE TOP, j'aurais bien aimé discuter avec un camionneur tatoué autour d'une Bud et mater des bodybuilders aux muscles brillants faire des combats de bras de fer. Comme dans WARGAMES, j'aurais bien aimé jouer à Gorf sur une borne d'arcade. Comme dans SCARFACE, j'aurais bien aimé danser bêtement les bras levés en jeans trop serrés avec une jolie blonde permanentée aux jeans trop serrés qui ressemblerait à Morgan Fairchild dans FALCON CREST.

Ce clip, c'est comme si vous condensiez toutes mes images mentales et fantasmes des années 80 dans 3 minutes et 56 secondes...



Et pour ceux à qui cette chanson dit quelque chose, elle était dans la B.O du film BLISS. Je serais éternellement reconnaissant à Drew Barrymore pour ça... Eternellement...

15 janvier 2010

Le meilleur de la musique pop/rock en 2009

Allez, la suite des tops. Après celui-là, il ne restera "plus qu'un" petit truc de cinéma. Cool, n'est-ce pas ?

1. The Antlers - Hospice
J'ai cru pleurer en écoutant les cris de douleurs dans la voix de Peter Silberman, tête pensante du groupe. Les dix morceaux de cet album concept sur la lente agonie d'une personne en phase terminale d'un cancer vue à travers les yeux de celle qui la soigne vous tordent ainsi le coeur d'émotion, vous emplissent d'une puissance purement cinématographique qui vous prend aux tripes. Pourtant, comme dans un film, la fin sait aussi saisir la lumière...[MySpace]

2. Coeur de Pirate
J'ai parlé de Béatrice Martin sur ce blog bien avant les centaines de milliers d'albums vendus et des millions de passages radio. Cette fille, avec ses tatouages et sa musique naïve et juste, m'a transpercé le coeur d'un coup d'un seul, avec sa voix, ses mélodies, ses paroles. Et malgré tout ce qu'il y a eu depuis (le succès tout ça...), j'ai continué à écouter, pour me rappeler qu'être amoureux c'est beau et c'est aussi pas mal douloureux. [MySpace]

3. Loney, Dear - Dear John
Il y a des types comme ça qui naissent avec un don. Le suédois Emil Svanängen fait partie de ces petits génies qui resteront des énigmes tout leur vie. Seul, dans son petit studio chez lui ou dans le sous-sol de ses parents, il compose une musique tellement naturelle, tellement instinctive tout en étant d'une sophistication renversante qu'elle vous explose dans la tête. Multi-instrumentiste, Loney Dear est ainsi capable de rendre joyeuse la mélancolie, de transformer l'intimisme en effervescence. [MySpace]

4. The XX - XX
Il y a hype et il y a hype - ce qui ne veut pas dire grand chose. Sauf que dans le cas de THE XX, il y a hype puissance carrée c'est-à-dire amplement méritée. D'ailleurs, je ne suis pas sûr d'avoir vu un Top musical 2009 sans cet album. Et oui, je suis dans le consensus. Tant pis. J'adore cet album. J'adore son minimalisme. J'adore ses mélodies ultra-accrocheuses. J'adore cette façon d'arriver avec quelque chose à la fois très commun et très frais. [MySpace]

5. The Bird & The Bee - Ray Guns Are Not Just For The Future
Dans ce deuxième album de The Bird & The Bee, il y a tout ce que doit être un album 100% pop : du fun, des mélodies entêtantes, des arrangements sophistiqués et une production impeccable. Mais il y a un tout petit truc en plus qui fait les grands groupes à mes yeux : de l'élégance. Enveloppé d'une ambiance légèrement surannée mais très ancrée dans les sons actuels, cet album devrait être remboursée par la sécurité sociale et en écoute chez les psys. [MySpace]

6. Sara Lov - Seasoned Eyes Were Beaming
Qu'il est agréable de se laisser bercer par une voix douce chantant des mélodies qui le sont tout autant. Qu'il est agréable d'entendre cette jolie blonde un peu étrange nous suscurer aux oreilles sa curieuse poésie un peu mélancolique. Qu'il est agréable de simplement imaginer le champ des possibles à l'écoute de cette enivrante musique à la simplicité déconcertante. [MySpace]

7. Fanfarlo - Reservoir
Je sais bien que ce n'est pas toujours très sympa pour les groupes de les comparer à d'autres. Mais, que voulez-vous, des fois il y a des comparaisons inévitables et dans le cas de Fanfarlo, elles sont plus que flatteuses - voire carrément intimidantes. Les deux groupes auxquels on pense en écoutant ces anglo-suédois : Beirut pour sa lumière et Arcade Fire pour sa puissance et les deux pour leur mélancolie. Il y a pire - voire il n'y a que ça - comme comparaison. [MySpace]

8. Bye Bye Bicycle - Compass
Et si le disco du 21e siècle était le vecteur de la mélancolie et plus seulement celui d'une joie de vivre artificielle ? C'est peut-être ce que ce sont dit les membres de ce groupe suédois (encore) en concoctant leur premier album. Sur des rythmes syncopés et des arrangements orchestrales qui n'auraient pas détonné dans un club new-yorkais des 70's, le groupe tisse donc une sorte de toile d'araignée mélancolique qui vous enveloppe de tristesse. Le contraste est saisissant et brillant. [MySpace]

9. Matt & Kim - Grand
C'est fou ce qu'on peut faire avec une bonne dose d'énergie. On peut par exemple se désapper intégralement en plein New York et se faire filmer en plan séquence en se prenant l'intégralité (et plus) d'un réfrigérateur king-size dans la gueule. Mais on peut aussi faire un album d'une fraîcheur immense. Tout ça, les Newyorkais de Matt & Kim l'ont fait parce que de l'énergie ils en ont à revendre. D'ailleurs, quand vous les voyez ou écoutez, elle est très contagieuse. [MySpace]

10. Jonathan Johansson - En Hand i Himlen
La Suède, encore la Suède. Promis, je ne fais pas exprès. Je ne sais pas ce qu'ils bouffent mais on pourra jamais dire qu'ils ne savent pas faire de beaux meubles pas chers et de la putain de bonne pop music. Sauf que cette fois, avec Jonathan Johansson, on arrête l'anglais de tous ses collègues pour faire de la pop en suédois. Et c'est d'une sensualité renversante. Mélodies mélancoliques, arrangements sophistiqués, voix douce et simple, ce premier album est beau. Tout simplement. [MySpace]

ET EN BONUS TRACKS, si vous n'en avez toujours pas assez, 10 autres albums indispensables de 2009 (par ordre alphabétique) dont je n'ai pas pu me défaire cette année et auxquels il faut prêter une oreille attentive :

Clara Luzia - The Ground Below [MySpace]
Gustav Spetz - Good Night Mr Spetz [MySpace]
Jamie T - Kings & Queens [MySpace]
Joker's Daughter - The Last Laugh [MySpace]
Lights - The Listening [MySpace]
Music Go Music - Expressions [MySpace]
Metric - Fantasies [MySpace]
Passion Pit - Manners [MySpace]
The Raveonettes - In And Out of Control [MySpace]
The Rumble Strips - Welcome To Walk Alone [MySpace]