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21 novembre 2016

Peut-on vivre dans une comédie romantique?



J'ai beaucoup hésité à écrire cet article. C'est en effet le truc le plus perso que j'ai écrit (ce blog compris). Mais aujourd'hui que cette histoire est à disposition du monde, j'en suis plutôt très fier. J'espère qu'il vous plaira.

Vous pouvez le lire sur Slate.fr


20 juillet 2016

Garry Marshall, l'homme qui voulait nous raconter des contes de fées



En hommage à un grand monsieur de la comédie américaine. Vous pouvez lire mon article ici.

05 juin 2016

La comédie romantique a-t-elle encore besoin de «gentils garçons»?



J'ai eu beaucoup de difficultés à écrire cet article sur les "gentils garçons" dans les comédies romantiques et sur "Love" une série très mal comprise et mal aimée.

Vous devriez comprendre en le lisant sur Slate.fr.

02 décembre 2015

La comédie romantique est-elle en train de faire sa révolution?



J'ai ENCORE écrit sur la comédie romantique. Les obsessions tout ça...

Par ailleurs, avis aux producteurs qui seraient tentés par VRAIMENT renouveler le genre, j'ai trois scénarios dans les tiroirs pour le faire. Merci de votre attention.




26 décembre 2012

Les 'Entertainers' de l'année 2012

Commençons cette traditionnelle rétrospective annuelle par les entertainers de l'année. L'idée, comme tous les ans depuis 2008, c'est de faire un classement des 10 personnalités m'ayant fait le plus rire, pleurer, frisonner. En un mot : divertit. Par contre, ne comptez pas trouver ici les évidents (mais à mon goûts pas très intéressants) Channing Tatum, Joss Whedon, EL James ou Seth McFarlane.


1. Matthew McConaughey
Aux alentours de 2008-2009, Matthew McConaughey a presque complètement disparu. A cette époque, l'acteur était devenue une caricature dont on se moquait dans les talk-shows et sur Twitter. Même Matt Damon y allait de son imitation moqueuse. C'est dire ! En gros, c'était le mec qui, après quelques remarquables rôles à la fin des années 90, s'était un peu trop allé à son personnage de comédies romantiques bof, en enlevant un peu trop sa chemise (les abdos, tout ça). Puis, il est revenu. Il a laissé tomber les romcoms bof et a remis le couvert dans le ciné indépendant. Cinq films en 2012. Il y était extraordinaire à chaque fois. Un "scene stealer" comme disent les Américains. Bernie de Richard Linklater. Mud de Jeff Nichols. Paperboy de Lee Daniels. Killer "Suce mon Fried Chicken Nugget" Joe de William Friedkin. Magic Mike de Steven Soderbergh. Je ne sais pas si j'aurais cru la personne me disant que McCo serait mon entertainer préféré de 2012. Mais les faits sont là : drôle, émouvant, effrayant. Il est définitivement le GRAND acteur de composition de l'année. Et s'il n'a pas un Oscar pour un des films sus-mentionnés, c'est que les Oscars puent du cul.


2. Le cast de New Girl
Avant que la série démarre, à la fin de l'année 2011, on ne parlait que de Zooey Deschanel. Les premiers épisodes n'étant pas d'une qualité incroyable, les haters s'en sont donc donnés à coeur joie, me forçant à réagir. Puis le monde est entré dans 2012 et New Girl est devenue la meilleure série comique générationnelle à voir le jour depuis un certain 19 septembre 2005. Et ce, par le grâce de son casting.  Zooey bien sûr. Mais Jake Johnson aussi. Lamorne Morris également. Même Hannah Simone. Mais surtout Max Greenfield aka Schmidt. La scénariste Liz Merriweather a pris de l'assurance. Les épisodes sont devenus plus drôles, parfois incroyablement émouvants et New Girl, derrière le marketing adorkable et quirky, s'est imposée comme une série beaucoup plus ambitieuse qu'il n'y paraissait au début.


3. Joseph Gordon-Levitt
Lindsay Lohan et d'autres font parfois oublier qu'être un enfant star ne signifie pas forcément drogue, fête et autodestruction. La preuve avec Joseph Gordon-Levitt. Celui qui tourne depuis qu'il a sept ans a vu se concrétiser deux ans de travail en une seule année. Quatre films : The Dark Knight Rises d'abord, suivi de Premium Rush (son premier premier rôle dans une production hollywoodienne), suivi de Looper et enfin Lincoln (le 30 janvier 2013 en France). Impossible de passer à côté de JGL qui ne peut attirer que la sympathie, avec son air débonnaire, sa passion (son site HitRecord) et son irrésistible charme de boy next door. Et parfois, il fait ça...


4. Carly Rae Jepsen
Depuis que la pop music est pop music, elle n'a cessé d'aller vers plus de cynisme, avec des filles de plus en plus déshabillées, des mélodies de plus en plus putassières et des stratégies marketing de plus en plus racoleuses. Et si certains s'y retrouvent encore, beaucoup d'autres (dont moi, bien sûr) ne retrouvent plus grand chose d'intéressant dans la pop-music mainstream de cette nouvelle décennie (à part Katy Perry). C'est dans ce contexte qu'est apparue Carly Rae Jepsen et son entêtante mélodie : "Hey, I just met you, And this is crazy, But here's my number, So call me, maybe?" Pas de sous-textes racoleurs. Pas de rythmes débilitants. Pas de mini-shorts ras le mariage. Juste une petite chanson pop bien ficelée et un peu naïve, chantée par une jeune fille toute mignonne (mais pas débile) qui ne se serait pas fait connaître avec une sextape. Voilà ce qu'a apporté Carly Rae à 2012 : de la fraîcheur. Et comme une chanson n'aurait peut-être pas suffit à la faire figurer dans ce top, elle a aussi fait tout un album du même calibre.



5. Rebel Wilson
Révélée au grand public par Bridesmaids en 2011, l'australienne Rebel Wilson est ce qui est arrivé de mieux à la comédie en 2012. My Best Men, Bachelorette et Pitch Perfect (le 8 mai 2013 en France) n'étaient pas vraiment les plus grands films comiques de cette année mais Rebel, avec son ton pince-sans-rire et son bagout et son incroyable énergie étaient, sans nul doute, le meilleur de ces comédies moyennes (pour être gentil dans le cas de Bachelorette). Mais c'est surtout ses prestations dans les divers talk-shows et interviews qui en a fait une incroyable machine à rire. Mes préférés : avec Maude Apatow pour Hello Giggles, chez Jimmy Kimmel et chez Conan O'Brien.


6. Charlize Theron
J'avais un peu oublié Charlize Theron. Depuis 2008, elle avait un peu disparu. Et en 2012, on l'a vu dans Young Adult, dans Prometheus et dans Blanche-Neige et le Chasseur. Je me suis alors souvenu à quel point elle était une actrice incroyable. Certes, les rôles de méchantes garces lui ont un peu collés à la peau mais, il faut bien avouer, elle était parfaitement castée. D'autant que son humour et sa douceur en talk-show prouvent bien que c'était seulement de magnifiques rôles de composition.



7. Lena Dunham
C'est facile de détester Lena Dunham. Je comprends assez bien ceux qui n'arrivent pas à la voir en peinture. Son exhibitionnisme  Ses répliques définitives sur ses contemporains. Son égocentrisme. Mais je n'arrive pas à la détester. Pour une raison très simple : je l'admire énormément. J'admire qu'elle se soit construite (presque) toute seule. Premier film à mini-budget à 23 ans. Repérée à Sundance par Judd Apatow qui voit en elle le point de vue féminin de ses propres obsessions et donc première série à 25 ans. Elle écrit tout. Elle joue. Elle produit. Elle réalise. Et elle le fait avec brio. Lena Dunham est une artiste complète et le parfait miroir de son époque. D'où les réactions parfois extrêmes qu'elle provoque. Mais Girls est, me semble-t-il, le truc qui s'approche le plus de la psyché de la jeunesse de  cette nouvelle décennie, qui montre le mieux toutes ses contradictions, ses peurs, ses forces. Et je ne vois pas comment on ne pourrait pas admirer ça.


8. Anne Hathaway
Faut-il faire l'inventaire des tweets, messages, posts, articles annonçant l'apocalypse pour le 20 juillet 2012, le jour où on allait pouvoir constater les ravages de la catastrophe : Anne Hathaway serait Catwoman devant la caméra de Christopher Nolan pour The Dark Knight Rises et ça ne pouvait être qu'insoutenable. Après, c'est clair qu'entre 2008 et 2011, l'actrice n'a pas fait grand chose pour qu'on l'aime. Voyez Passengers, Bride Wars, Valentine's Day, Alice au Pays des Merveilles, Love & Other Drugs. Mais voilà, en ce qui me concerne, je me rappelais surtout de sa grâce naturelle dans Princess Diaries, de son humour dans Ella Enchanted, de son charisme magnétique dans Le Diable s'habille en Prada et surtout de son rôle bouleversant de junkie dans Rachel Getting Married. Anne Hathaway est une brillante actrice de composition et elle l'a brillamment démontrée aux haters dans The Dark Knight Rises. C'était la meilleure chose du film. Et il paraît que c'est la même chose avec Les Misérables (Le 13 février prochain en France). Et sinon, je voulais parler de ces cheveux courts qu'elle a arboré toute cette année. Parce que tout le monde me dit le contraire sur Twitter : oui, elle est absolument magnifique avec les cheveux courts !


9. Stephen Chbosky
Cet été, je suis parti voir Vanessa à Brighton, histoire de me reposer et décompresser. J'avais donc besoin de remplir mon Kindle. Je me suis alors dit que j'allais tenté les romans Young Adult en prenant conseils auprès d'une célèbre blogueuse rousse. Et j'ai commencé par The Perks of Being A Wallflower de Stephen Chbosky. Putain. J'ai eu un choc. Un des très rares chocs littéraires de ma vie. J'ai lu et vu beaucoup d'histoires sur l'adolescence. Mais aucune ne m'avait jamais semblé aussi réelle, aussi proche de ma propre adolescence, pourtant terminée depuis un petit moment. C'est pour ça que j'inclus Stephen Chbosky dans cette liste, pour ces émotions incroyables ressenties à la lecture de son roman. Mais pas seulement. Car ce livre est sorti en 1999. La raison principale de sa place ici, c'est qu'il a réalisé l'adaptation ciné cette année. Mais si je ne l'ai pas encore vu (elle sort le 2 janvier 2013), j'ai vu à peu près 142.395 fois la bande-annonce. Et j'ai les mêmes frissons qu'à la lecture du livre. A chaque fois.


10. Twitter & Blogs Friends
Depuis le milieu de l'année, je ne blogue plus beaucoup, faute de temps. Mais j'essaye toutefois de maintenir une certaine présence via mes articles pour Slate, via Twitter, via Tumblr et via la page Facebook du blog. Tous ces supports m'ont en effet permis de rencontrer des gens extraordinaires dont la plupart sont devenus mes (meilleurs) amis et donc 'entertainers' préférés. D'abord, la petite bande Virginie, Mélanie, Jonathan, Vanessa, Ariane, Aïcha, Maxime.  Ensuite, Magali An que je n'ai pas beaucoup vu en 2012 et que je compte bien voir plus souvent en 2013. Je vous aime tous très fort. Et en 2013, peut-être aurais-je la chance d'entendre plein de nouvelles histoires...




17 novembre 2010

Le Cinéma Américain vs. La Mondialisation

Durant l'été 1996, je me rendais pour la troisième fois aux Etats-Unis. A Atlanta. J'avais 17 ans. J'étais en séjour linguistique ce qui veut dire que, pendant 1 mois, je vivrais avec une famille "du cru" à faire à peu près tout ce que l'ado du foyer ferait pendant son été soit 1/ faire le tour du mall local au moins une fois par jour, 2/ se réunir chez les uns ou les autres pour écouter de la musique d'Américain moyen (Dave Matthews Band etc.), 3/ se baigner dans la piscine du country club local, 4/ aller au cinéma.

Cet été-là, outre des films comme LE PROFESSEUR FOLDINGUE ou LE DROIT DE TUER, j'ai donc découvert dans un multiplexe américain le blockbuster ultime de cet été 96 : INDEPENDENCE DAY. Entouré de centaines d'Américains en folie, sur le coup, j'ai à peine noté le caractère "patriotique" du film. En fait, sur le coup, pour moi, le film de Roland Emmerich, c'était surtout des répliques badass à n'en plus finir (genre "Nuke 'em. Let's nuke the bastards") et lorsque vint le fameux discours de Bill Pullman :

"We are fighting for our right to live. To exist. And should we win the day, the Fourth of July will no longer be known as an American holiday, but as the day the world declared in one voice: "We will not go quietly into the night!" We will not vanish without a fight! We're going to live on! We're going to survive! Today we celebrate our Independence Day!"

J'ai eu des frissons, des putains de frissons comme tout bon Américain nourri à la viande aux hormones qui se trouvait dans la salle avec moi. Mes poils se sont littéralement dressés dans un grand moment de fraternité (impérialiste) franco-américaine. J'étais conquis - au sens propre comme familier. Charles De Gaulle pouvait bien se retourner dans sa tombe. A ce moment là, l'idée de voir le Président atomiser à bord de son F-16 une bande d'aliens belliqueux me faisait prêter allégeance à la bannière étoilée aussi vite que Pétain à l'Allemagne nazie avec l'idée de gazer du juif.

C'est pourquoi, à mon retour au pays du Camembert, alors que le film sortait à peine, je vis l'incompréhension dans les yeux de mes petits camarades. Tous, sans exception, ne parvenaient à comprendre mon engouement. Tous, jeunes rebelles de classe moyenne, n'y voyaient que la démonstration de l’Américanisme primaire, la manifestation de pouvoir et auto-centrée d'une Amérique toute puissante qui ferait un gros d'honneur au monde entier en lui hurlant de se prosterner et de lui baiser ses pieds assaisonnés à la sauce barbecue.

Ils n'avaient pas tort.

C'est juste qu'on s'en fout. Personne ne se plaint que Woody Allen fasse des films avec des New-Yorkais juifs névrosés. Personne ne se plaint que David Lynch fasse des films bizarres. Personne ne se plaint que Pedro Almodovar fasse des films avec plein de couleurs sur les murs. Personne ne se plaint que Spielberg fasse des films avec des extra-terrestres. Personne ne se plaint que Sofia Coppola fasse des films avec des jeunes filles qui s'ennuient. Personne ne devrait se plaindre que les Américains fassent des films patriotiques. Si les Américains se mettaient à faire des films avec des bobos trentenaires névrosés qui vont chercher leur baguette, oui, là, tout le monde aurait le droit de se plaindre. Tout simplement, parce qu'ils auraient fait des films français. Et il n'y a que les Français qui ont le droit de faire des films français. Mais le patriotisme appartient aux Américains comme la mauvaise humeur appartient aux Français. Comment leur reprocher de faire des films qui leur ressemblent ?

Dans un film américain, il doit y avoir des répliques badass. Il doit y avoir des combats de vaisseaux spatiaux, des grands discours avec des violons. Dans un film américain, c'est les Américains qui gagnent et les Russes (ou les Arabes) qui perdent. C'est comme ça ! Ils ont Heidi Montag, Sarah Palin, Brett Michaels et Snooki, laissons-leur au moins le droit d'atomiser des méchants sur grand écran.

Et donc, moi, j'aimais bien voir, dans les années 80 et 90 des vrais films américains, des films avec des codes américains, bourrés de références qu'on s'amusait à décrypter ("Pierre Cardin" à la place de "Calvin Klein" dans RETOUR VERS LE FUTUR) et de situations à la frontière de la science-fiction (les flingues sur-dimensionnés de COBRA ou de John Matrix...). Des films qui parvenaient à en dire beaucoup sur la culture ricaine, avec tout ce qu'elle comportait de fun mais aussi de violence. Car, aussi décérébrés soient certains films, ils étaient quand même de bons indicateurs d'une culture et poussaient à aller plus loin (oui, même INDEPENDENCE DAY!). Mais tout ça semble sur le point de se terminer. Les films Américains faits pour les Américains autrefois exportés en masse et brut de décoffrage comme aujourd'hui des chaussettes "Made in China", c'est fini...

Quand Adam McKay entreprit de pitcher aux studios Paramount son idée pour la suite de son succès de l'été 2004, ANCHORMAN : THE LEGEND OF RON BURGUNDY, il se disait assez naturellement que c'était dans la poche d'avance. Le film avait coûté à peine 20 millions de dollars et en avait rapporté plus de 90 au box-office. Pas la peine d'avoir fait HEC pour comprendre qu'une suite ne pourrait faire que mieux. Mais il y avait un problème : sur cette recette largement bénéficiaire pour le studio, seuls 5% étaient à attribuer au marché international (hors-USA). Et c'était loin d'être assez pour les cols blancs du studio. Ce fut donc un NON pour Adam McKay et ses acteurs, au premier rang desquels se trouvaient pourtant quelques grosses pointures du box-office US, de Will Ferrell à Steve Carrell.

Le problème pour McKay : son présentateur télé 70's machiste et arrogant ne parle pas aux ados coréens, brésiliens ou français. Ils ne parlent qu'aux Américains. Il y a 10 ou 15 ans, cela n'aurait pas été un problème. Aujourd'hui, empêtrés dans la pire crise économique de leur histoire, avec les ventes de DVD en chute libre et les entrées en salles en quasi-stagnation depuis près de 10 ans, les studios de cinéma américains ont décidé de concentrer leurs efforts sur "le reste du monde" qui leur rapporte près de deux fois plus en 2010 qu'en 2000.

L'argent que le studio aurait pu dépenser sur le 100% américain ANCHORMAN 2 a alors été placé sur le (plus anglais) prochain film de Sacha Baron Cohen, un des rares comiques anglo-saxons qui ait réussi à passer les frontières grâce à ses films BORAT et BRUNO. Pendant ce temps-là, McKay dut se rabattre sur les studios Sony pour, cette fois, leur proposer un picth "plus global", à savoir l'histoire de deux flics losers qui ne mettraient plus "seulement" en scène des comiques inconnus du public mondial mais des stars comme Mark Wahlberg, Eva Mendes, The Rock et Samuel L. Jackson.

Cette fois, avec VERY BAD COPS, finies les blagues référencées et les clins d'oeil à tout un pan de pop culture yankee. Cette fois, place à l'action et aux vannes globalisées. Pour l'anecdote, Sony demanda même à McKay de remplacer la vanne récurrente sur le joueur de base-ball Derek Jeter en retournant les dites scènes avec les joueurs de foot Beckham et Ronaldo (finalement indisponibles) !

Cette globalisation du cinéma américain aurait peut-être plu à mes petits camarades de lycée. Reste que, par rapport à ANCHORMAN (et les deux films suivants du duo McKay/Ferrell), VERY BAD COPS a perdu en drôlerie, en impertinence et en originalité ce qu'il a gagné en spectateurs internationaux (Sur 282 millions de dollars de recettes, 27% sont à attribuer au box-office international). Car on peut reprocher, nous Français, au cinéma américain d'être patriotique, auto-centré et arrogant, je trouve ça beaucoup plus intéressant (voir pédagogique) qu'un cinéma sans âme, formaté, capable de plaire à tous les publics à travers le monde - ceci étant valable autant pour les comédies (forcément depuis toujours difficilement exportables) que pour les blockbusters.

C'est la maladie AVATAR. Grace à une formule narrative éculée compréhensible par 95% de la population mondiale, le film a récolté près de 73% de ces recettes hors des Etats-Unis. Ce chiffre, dans l'Histoire du cinéma, n'avait jamais été franchie - y compris par TITANIC. Et il est annonciateur d'une tendance lourde. Le cinéma, c'est de plus en plus comme la fabrication des chaussettes. C'est mondialisé. Si un jour, vous aviez cru que le cinéma français se laisserait bouffer tout cru, laissez-moi vous dire que ce n'est pas le cas, en tous les cas pour l'instant. Pour l'instant, c'est le cinéma américain qui se fait bouffer tout cru. Il se fait bouffer (volontairement) par 1,3 milliards de Chinois, 1 milliard d'Indiens ou encore 730 millions d'Européens qui en ont profité, au passage, pour lui sucer toute sa substantifique moelle puis pour le noyer dans une gigantesque masse de cerveaux tous très différents.

Donc, désormais, si vous voulez voir des divertissements qui tâchent dans lesquels de vaillants américains défoncent la gueule de méchants terroristes et/ou trafiquants de drogues et/ou aliens sur fond de bannière étoilée et de discours patriotique, il va falloir ressortir les vieilles VHS de votre intégrale Schwarzenegger. En attendant que Michael Bay reprenne du poil de la bête...


26 octobre 2010

Refaire les 80's #3 : Une Créature de Rêve

Au cas où il y aurait des petits nouveaux sur le blog, l'idée de cette rubrique est de redonner vie à un classique du cinéma des années 80 avec un remake qui ait vraiment de la gueule. Pas de ceux qui ressembleraient à ces nullités qui ont inondé les écrans ces derniers mois. Alors, après JUMEAUX et WORKING GIRL, voici le pitch du remake idéal de UNE CRÉATURE DE RÊVE...


L'original
Réalisé en 1985 par John Hughes (BREAKFAST CLUB, SIXTEEN CANDLES...) avec Anthony Michael Hall, Ilan Mitchell-Smith, Bill Paxton et Kelly LeBrock.

Wyatt et Gary, deux adolescents nerds, risée des filles et des élèves cool du lycée, décident, une nuit, d'utiliser l'ordinateur de Wyatt pour fabriquer la fille de leur rêve. Mais, à leur plus grande surprise, en piratant les super-ordinateurs de l'armée, ils créent une puissante décharge électrique dont naît Lisa, une bombe sexuelle qui va exécuter tous leurs fantasmes. Pourtant, entre Chet, le grand frère de Wyatt tout droit sorti de l'Armée, et la grande-gueule de Lisa, Wyatt et Gary ne sont pas à la fin de leurs ennuis...

Le nouveau casting
Christopher Mintz-Platz dans le rôle de Gary. Joseph Mazzello dans le rôle de Wyatt. Zooey Deschanel dans le rôle de Lisa.

Le nouveau réalisateur
Greg Mottola (SUPERBAD, EN ROUTE POUR MANHATTAN...)

Le pitch modernisé
Deux jeunes milliardaires s'ennuient. Après avoir fait fortune grâce à un site Internet de réseau social qu'ils ont conçu dans leur chambre d'étudiants, ils sont blasés par toutes ces sublimes filles qui ne semblent intéressés que par leur fortune. Ils en ont profité un temps mais, aujourd'hui, ils veulent connaître l'Amour, le vrai. Grâce à un algorithme de génie, les bases de données de leur site et la collection de DVD de Wyatt, ils décident de créer la fille idéale, celle qui les aimerait seulement pour ce qu'ils sont et pas pour leur compte en banque. Grâce au pouvoir de leur Mac Pro avec 12 coeurs de processeur, ils donnent alors naissance à la "pixie dream girl" ultime. Quirky Is The New Hot, n'est-ce pas ? Fraîche, naturelle, gentiment déjantée, elle enseignera aux garçons les vraies valeurs de la vie : écouter les albums de Death Cab For Cutie et The Smiths, se balader dans un vieux sidecar et s'adonner au karaoké dans les bars... Mais surtout elle leur apprendra que la taille de l'Amour n'est pas proportionnelle à la taille des bonnets du soutien-gorge et ainsi à reconnaître le vrai Amour quand il se présente...

Le caméo d'un acteur de l'original
Kelly LeBrock dans le rôle de la mère cougar de Wyatt et Bill Paxton dans le rôle d'un spéculateur sans morale voulant acquérir la société de Gary et Wyatt.


15 août 2010

Made in 00's #6: Comédies Musicales (ou pas)

Ca ne vous aura sûrement pas échappé mais cette dernière décennie a marqué le retour en force au cinéma des comédies musicales. Après des années 80 puis 90 qui avaient totalement ringardisé le genre, les années 2000 ont largement remis au goût du jour les numéros musicaux de grande ampleur grâce au semi-succès de MOULIN ROUGE en 2000 : DREAMGIRLS, RENT, CHICAGO, DANCER IN THE DARK, HIGH SCHOOL MUSICAL, NINE, MAMMA MIA et plein d'autres qui ont trustés les écrans de ces dix dernières années avec plus ou moins de grâce, d'élégance et de succès. Car pour quelques énormes succès, rares sont celles ayant vraiment conquis le public et la critique. Mais la comédie musicale reste un vrai phénomène pop de ces dix dernières années. Logique donc de retrouver de nombreuses scènes très inspirées du genre dans des films qui n'ont, eux, rien de musical...

Alors, en attendant peut-être un Top 10 des meilleures comédies musicales de la décennie, voici un Top 10 (évidemment tout personnel) des meilleures scènes de comédies musicales dans des films des années 2000 qui ne sont pas des comédies musicales...

1. 500 JOURS ENSEMBLE (2009)
"You Make My Dreams" de Hall & Oates est peut-être une des chansons les plus guimauves des années 80, je ne suis pas sûr que la première chanson à laquelle vous pensez après votre première nuit d'amour avec la fille de vos rêves soit un truc de Motorhead. Car en fait, les sourire niais, les petits oiseaux et les chansons pop des années 80, c'est la vie, la vraie. Et c'est la raison pour laquelle cette scène fonctionne. Pour tout ce que dit 500 DAYS OF SUMMER de plus triste sur les relations amoureuses, il dit aussi, via cette scène, qu'il n'y a rien de plus beau au monde que l'amour. Les cyniques et les blasés trouveront cette phrase ridicule mais je la revendique à 100% - tout comme mon amour pour cette scène. Moi aussi, je veux sourire niaisement. Mais un baiser suffirait... Voir la vidéo.

2. SOUTHLAND TALES (2006)
J'ai vraiment beaucoup hésité entre la scène numéro 1 ci-dessus et cette fameuse scène numéro 2 dans laquelle Justin Timberlake entonne le "All These Things That I've Done" des Killers. J'ai préféré mettre l'Amour en avant (!) mais comme je l'ai déjà écrit sur ce blog, cette scène de SOUTHLAND TALES est probablement la plus symptomatique de la décennie écoulée. Hallucination d'un ancien soldat en Irak, elle symbolise presque toutes les névroses de ces dix années vécues sous le règne de deux guerres lointaines et "abstraites", de la télé réalité, du virtuel, du jeu et du sexe. Je vous le garantis, dans 50 ans, on étudiera le chef d'oeuvre de Richard Kelly dans les écoles et on regardera cette scène (et d'autres) comme on regarde aujourd'hui Citizen Kane. Voir la vidéo.

3. H2G2 : LE GUIDE DU VOYAGEUR INTERGALACTIQUE (2005)
Je vais pas trop m'étendre sur cette scène d'introduction du GUIDE DU VOYAGEUR INTERGALACTIQUE, peut-être ce que l'on a fait de mieux dans l'histoire de la science-fiction humoristique. En fait, je crois que je vais juste résumer ma pensée sur cette scène par deux mots. Juste deux petits mots. DAUPHINS. DANSE. Ça dit tout et c'est très suffisant comme cela. Voir la vidéo.

4. GET OVER IT (2001)
Je disais plus haut que vous entendiez obligatoirement une chanson pop un peu cheesy après votre première nuit d'amour avec la fille de vos rêves. Mais qu'entendez-vous quand la fille de vos rêves vous annonce que c'est fini ? Et bien, d'après GET OVER IT, une autre chanson pop un peu cheesy, en l’occurrence "Love Will Keep Us Together" de Captain & Tennille reprise en coeur par la chanteuse Vitamin C ! Je vous le dis : les chansons pop, c'est la vie. Quoiqu'il arrive, vous en entendez. Elles sont toujours là. Voir la vidéo.

5. CLERKS 2 (2006)
Même quand il s'agit de filmer des morceaux de comédie musicale, Kevin Smith ne peut s'empêcher de la terminer par une petite cruauté. Mais entre les pitreries de Jay, de Silent Bob, de Dante et de tous les autres employés et clients du Mooby, cette scène de danse sur le "ABC" des Jackson Five est juste tout simplement jubilatoire.
Voir la vidéo.

6. 30 ANS SINON RIEN (2004)
Qu'est-ce qui peut bien rassembler les gens, procurer du bonheur par le simple plaisir d'être ensemble, les rendre plus heureux par le simple partage d'une passion commune ? Allez, vous le savez... Je l'ai dit deux fois au-dessus : une chanson pop. Même pas besoin qu'elle soit "cheesy". Bon, ça peut fortement aider si elle est des années 80. Après les années 90, c'est plus pareil (Quant aux années 60 ou 70, vous croyez pas que les hippies ont assez partagé de fluides et autres substances comme ça ?) Voyez, par exemple, cette scène de 30 ANS SINON RIEN dans laquelle une bande de trentenaires coincés se déchaînent sur le "Thriller" de Michael Jackson. Car, c'est bien connu, tout le monde connaît la chorégraphie de "Thriller" par coeur - même dans les prisons indonésiennes ! Voir la vidéo.

7. FRANGINS MALGRÉ EUX (2008)
La comédie musicale au cinéma se pratique, vous l'aurez donc remarqué, principalement entre amoureux. Mais elle peut se pratiquer également en famille...et en voiture. Dans ces cas-là, les chansons pop se révèlent alors un peu trop sirupeuses. Une version a cappella du "Sweet Child O' Mine" de Guns N'Roses est bien plus adaptée. Voir la vidéo.

8. PERSEPOLIS (2007)
"Eye Of The Tiger" est peut-être à la scène type "j'ai la rage" ce que "Maniac" est à la scène type "je fais ma gym dans ma chambre", elle reste d'une puissante efficacité pour se lever le matin et affronter la vie, voire la bouffer comme Rocky avec Mr T. Comme le prouve cette énième reprise de la chanson dans l'animé PERSEPOLIS. Voir la vidéo.

9. ALLUMEUSES (2002)
Il paraît que les filles sont comme ça maintenant. Je crois avoir lu ça dans "Notre Temps" ou peut-être était-ce dans "Pleine Vie". Il paraît que les filles, aujourd'hui, elles chantent des chansons dans les cafés sur les penis, les gros, les larges, les durs et même les verts. C'est dingue, non ! Et il paraît même que ça ne choque personne. Regardez cette scène de ALLUMEUSES : maintenant, tout le monde chante des chansons sur les penis dans les cafés... Voir la vidéo.

10. THE GURU (2002)
Parfois il faut regarder un film de Bollywood et écouter une chanson de GREASE pour se rendre compte qu'on est amoureux d'une star du porno. Et oui, les chansons pop, c'est la vie. Je l'ai déjà dit deux fois. Tant pis. L'idée ici est que ça vous rentre bien dans la tête. Voir la vidéo.



Et pour ceux qui se demanderaient où sont les scènes de 40 ANS TOUJOURS PUCEAU et SLUMDOG MILLIONAIRE, je leur dirais que c'est normal. Je trouve que ce sont les pires scènes dans ces films que, par ailleurs, j'adore...


04 août 2010

Voleurs de scènes

Il y a 20 ans, la grande mode était la transposition au cinéma de personnages cultes issus des sketchs cultes du SATURDAY NIGHT LIVE et des autres émissions du même genre : Wayne et Garth (WAYNE'S WORLD), les frères Roxbury (UNE NUIT AU ROXBURY), la famille Conehead (CONEHEADS), Leon Phelps (THE LADIES MAN), Mary Katherine Gallagher (SUPERSTAR) et j'en passe. Des personnages cultes sur le petit écran et sur un format court développés pour le grand écran sur un format long.

Mais l'échec commercial et critique d'une bonne partie de ces films a eu raison d'eux et il n'y a guère eu que BORAT qui réussit, ces dernières années, à sauver les meubles.

Puis, en juin dernier, après les apparitions remarquées aux MTV Movie Awards de Les Grossman, le patron de studio fan de rap incarné par Tom Cruise dans TROPIC THUNDER, Paramount Pictures annonça officiellement la mise en chantier d'un film entier basé sur le personnage. Tiens ! Quelques scènes dans une comédie à succès. Quelques publicités assez réussies. Et voilà, on a (aurait) un film complet.

Difficile - encore - de parler de tendance mais clairement il se trame quelque chose. Sort en effet, dans quelques semaines, en France AMERICAN TRIP ou comment faire de Aldous Snow, le personnage culte de rocker déjanté de SANS SARAH RIEN NE VA, la star de son propre film.

On les appelle des "scenes stealers", des "voleurs de scènes", des acteurs capables de rendre en seulement quelques minutes leur présence à l'écran inoubliable. Et en période de disette créative, ils sont souvent le rempart idéal face à la fadeur des rôles principaux, super-héros sans charisme et autres sauveurs du monde aseptisés. Ils sont souvent le(la) meilleur(e) ami, la rencontre surprise du voyage, un amant déjanté ou tout autre second (voire troisième) rôle errant dans ces centaines de productions hollywoodiennes. Ils sont (peut-être) les nouveaux rois d'Hollywood - même si l'échec commercial de JAY & SILENT BOB STRIKE BACK il y a 10 ans n'est pas très rassurant.

Alors, pour les années à venir, Messieurs et Mesdames d'Hollywood, voici quelques "scene stealers" qui mériteraient d'avoir leur propre film...

Barry (HIGH FIDELITY)
Compte tenu du fait que les seules scènes vraiment valables du film de Stephen Frears se déroulaient dans le magasin de disques, que les atermoiements amoureux de John Cusack étaient parfois pathétiques, le plus souvent énervants, inutile de dire que les personnages qui sauvaient l'affaire étaient Barry et Dick, les deux obsédés de musique accrocs des tops en tous genres. Jack Black et Todd Louiso n'ont jamais vraiment été meilleurs que dans ses deux rôles (Louiso jouait déjà un obsédé de jazz dans JERRY MAGUIRE tandis que Black reprendra plus ou moins ce rôle dans SCHOOL OF ROCK). Alors pourquoi pas leur confier un film à eux tous seuls dans lequel ils auraient quitté le magasin de disques pour s'installer en colocation dans un tout petit appartement et vivre leur rêve de musique en devenant manager d'un petit groupe de rock expérimental qu'ils amèneraient jusqu'à la gloire. Voir la vidéo.

Miracle Max et Valerie (PRINCESSE BRIDE)
C'est sûr que ce n'est pas tout jeune, qu'ils ont peut-être déjà laissé passer leur chance. Mais qui sait ? Avec Max et Valerie, rien n'est jamais inscrit dans le marbre. Après tout, Max ne s'appelle pas Miracle pour rien. Il sait ressusciter les morts. Alors pourquoi pas un film entier ? Avec sa douce et (pas tendre) épouse Valérie, ils pourraient parfaitement faire l'objet d'un conte pour éduquer les enfants à l'art du mariage (et du remariage). Bref, une parfaite comédie de moeurs au royaume des courageux chevaliers et des princesses. Voir la vidéo.

Gloria Cleary (SERIAL NOCEURS)
Probablement une des cinq plus grandes "scene stealer" de la décennie écoulée, Isla Fisher et son personnage de jeune stalker légèrement (très) lunatique dans SERIAL NOCEURS a marqué les esprits avec son regard insensé de démence mêlé à une sorte de tendresse amoureuse. Quel plaisir ce serait de voir les années lycée de ce personnage ! Dans le genre teen-movie comique, je suis pas sûr qu'on pourrait faire mieux... Elle pourrait faire son fameux "Cause I'll find you" pendant près d'1h30. Ce serait tellement GÉNIAL !!Voir la vidéo.

Bill Murray (ZOMBIELAND)
ZOMBIELAND, LE PREQUEL. OK, ce serait un film entièrement basé sur Bill Murray. Mais qui n'a jamais souhaité un film qui ne serait que Bill Murray, ne parlerait que Bill Murray, dont le thème serait Bill Murray et dont le seul acteur serait Bill Murray. En gros, on aurait donc Bill Murray qui vivrait tranquillement dans sa villa de Beverly Hills, irait draguer de la poulette sur Hollywood Boulevard, jouerait au golf et même irait lire de la poésie à des ouvriers du bâtiment. Et puis, il devrait ensuite faire face à une invasion de zombies et il trouverait refuge dans sa propre villa. Et là, il continuerait à vivre la belle vie, comme si de rien n'était. Juste ça pendant 1h30 à 2h00 et vous auriez le film rêvé d'au moins 87% de la population mondiale. Je vous jure. Voir la vidéo.

Hannah Bailey (AMERICAN TEEN)
Dans le documentaire de Nanette Burstein sur une bande de lycéens très (très) différents, celle qui se démarquait le plus, c'était Hannah Bailey. Difficile de ne pas tomber totalement amoureux de cette jolie fille un peu fofolle, pas mal névrosée aussi, rêvant de Californie, de cinéma et tout simplement de vivre loin de tous les conformismes de sa petite ville cloisonnée de l'Indiana. Avec les stéréotypes du BREAKFAST CLUB, c'était la "bizarroïde" mais sans l'honteuse métamorphose de fin. Alors ce serait tellement bien de la suivre à nouveau dans ces aventures, voir comment elle arriverait ou non à percer dans le cinéma, à New York ou à Los Angeles, comment elle pourrait ou non trouver l'Amour et tout. Bref, comment elle aurait réussi à être enfin heureuse dans un monde qui ne veut pas laisser sa place aux gens à la sensibilité "différente"... Voir la vidéo.

Donny (EUROTRIP)
Je vous l'accorde : personne n'a vu ce film. Je vais même vous dire : c'est nul. A un niveau qui ne peut être atteint, ces dernières années, que par les suites n°6 ou n°7 (j'hésite) de AMERICAN PIE. Mais EUROTRIP bénéficie de l'amicale présence de Matt Damon dans le rôle du leader d'un groupe rock qui se tape sexuellement Kristin Kreuk, ex-petite-amie du héros du film. Alors, je vous l'accorde également : compte tenu des paroles de la chanson en jeu ici, le seul mérite d'un film entièrement basé sur Donny serait de voir Matt Damon coucher avec Kristin Kreuk pendant 1h30. Il pourrait même n'y avoir que ça. Et je dis que ce n'est pas si mal. Après tout, Hollywood produit à la chaîne des films avec des animaux qui parlent pendant 1h30. Pourquoi pas des films avec des stars mondiales qui coucheraient avec des starlettes de la télé pendant 1h30 ? Hein, pourquoi pas ? Voir la vidéo.

Floyd (TRUE ROMANCE)
Vous prendriez Floyd, stoner californien. Vous le feriez se lever de son canapé pour aller chercher de l'herbe. Vous auriez donc un stoner en roue libre dans Los Angeles. Là, il y aurait des tueurs, des monstres et une invasion extra-terrestre et sûrement plein d'autres choses qui peuvent naître de l'esprit d'un mec comme Floyd quand on le sort à l'air frais (et un peu pollué) d'une grande ville. Voir la vidéo.

Beth (40 ANS TOUJOURS PUCEAU)
Jolie blonde un peu (pas mal) décérébrée, c'est pourtant dans un magasin de livres que Beth rencontre notre gentil héros poilu (et puceau). Gentille à première vue, elle se révélera pourtant être une tigresse avec le moteur légèrement en surchauffe quand il s'agira de passer à l'acte dans un jacuzzi. Je voudrais que vous imaginiez juste un truc : faites de Beth une des héroïnes de la version féminine de VERY BAD TRIP (avec Jenna Fisher dans le rôle de la naïve et Sarah Silverman dans le rôle de la lesbienne un peu rugueuse) et vous avez le chef d'oeuvre comique que tout le monde attend. A priori 93% de la population mondiale attend ce film... Ouais Ouais !


01 juillet 2010

Quand Will Ferrell pénètre Michael Youn

Quand vous rencontrez quelqu'un qui partage avec vous l'amour de la comédie américaine, et en particulier sa version contemporaine, celle de Will Ferrell, Judd Apatow, Adam Sandler ou Tina Fey, il y a une question qui pointe inévitablement le bout de son nez dans la conversation. Cette "nouvelle" comédie, cet humour américain est-il transposable en France ? Et si oui, y-a-t'il des films français qui correspondent aux critères de cet humour ?

Des années 80 au début des années 90, l'humour à la mode était celui d'auteurs comme les ZAZ (Zucker/Abrahams/Zucker) qui reposait essentiellement sur un humour parodique, absurde et pipi-caca. C'était par exemple des films comme TOP SECRET, HAMBURGER FILM SANDWICH ou la trilogie des "Y A-T-IL UN FLIC". Et avec quelques années de décalage, cet humour s'est exporté dans nos contrées... avec Les Nuls. De leur émission, directement inspirée du Saturday Night Live à leur "unique" film (LA CITE DE LA PEUR en 1992), Chabat, Farrugia et Lauby se sont imposés - sans trop de mal - comme les héritiers français de Dan Akroyd, Bill Murray et John Belushi. Dans leur façon de faire rire, tout respirait l'humour de leurs collègues (et inspirations) américaines. Ils ne s'en sont jamais cachés.

Ce dont ne se cache pas non plus une certaine "nouvelle génération" de comiques français. Ils le répètent à longueur d'interviews. Ils aiment et aspirent à écrire/réaliser EN FRANCE des comédies "à la Apatow" ou "à la Ferrell". Ils le veulent leur 40 ANS TOUJOURS PUCEAU. Leur RON BURGUNDY. Ils le veulent. A une différence prêt avec leurs aînés des Nuls. Là où les parodies "à la ZAZ" comme Y A-T-IL UN FLIC POUR SAUVER LE PRESIDENT? ont toujours plutôt bien marché en France, ça n'a jamais été le cas des films de Will Ferrell. Jamais. Pour plein de raisons dont j'ai déjà parlé ici.

Il y a d'abord cette façon de parler de sujets purement américains. Les présentateurs télé des années 70 avec RON BURGUNDY. Les championnats de Nascar avec RICKY BOBBY. Les confréries universitaires avec OLD SCHOOL. Le Basket des années 70 avec SEMI-PRO. Autant de sujets qui, blindés à ras bord de références pop souvent incompréhensibles pour la vaste majorité, laissent de marbres la plupart de mes chers compatriotes (mais heureusement pas mes chers lecteurs et lectrices d'amour). Il y a également cette débilité assumée au second (voire au troisième) degré qui passe mal au pays de René Descartes - alors que celle assumée au premier degré passe plutôt bien (voir le succès de VERY BAD TRIP).

Bref, la comédie française, quand elle n'est pas aussi fade, sans imagination et bien pensante qu'une sous-comédie romantique/familiale hollywoodienne (voir les films de Dany Boon et Gad Elmaleh), continue le plus souvent d'emprunter à l'héritage des Nuls avec un humour très parodique et absurde. Ce sont les inégaux mais parfois très réussis films de Kad & Olivier (UN TICKET POUR L'ESPACE) ou de Eric & Ramzy (SEULS TWO). Les deux OSS117 relèvent aussi de cet héritage. C'est ça qui fait rire les Français (de bon goût) au cinéma.

Et il y a Michael Youn. Dire qu'il est mal-aimé est presque un euphémisme - symbole qu'il serait d'un nivellement par le bas de la comédie. Bah oui, chez Michael Youn, ça pète, ça pue, ça vomit et ça fait mal. Quand il débarque dans le PAF en septembre 2000, ça ne ressemble d'ailleurs à rien. C'est du grand n'importe quoi qui emprunte à plein de choses : l'esprit "sale gosse pipi-caca" des Nuls et de DeCaunes/Garcia est transposé dans la réalité crue (le fameux mégaphone et les fesses à l'air) et la provocation gratuite est élevée au rang de mode de vie (Les 10 COMMANDEMENTS et tout ça). Et puis il y a les quelques films "de fiction" (quatre en dix ans) jamais vraiment réussis voire carrément mauvais qui, même s'ils ne sont pas écrits ou réalisés par Youn, portent son empreinte - même si elle n'est que médiatique.

Car ces mauvais films, de LA BEUZE à IZNOGOUD en passant par INCONTRÔLABLE et COURSIER, ne sont ni écrits, ni produits, ni réalisés par Youn. Il en est juste l'acteur. La seule chose qu'on peut donc lui reprocher, c'est d'avoir accepter de jouer dedans. Ce n'est pas rien mais je vous rappelle juste que Gad Elmaleh a co-écrit CHOUCHOU et a co-écrit et réalisé COCO ! Ça, c'est vraiment grave... Mais assez de haine comme ça.

Conscient de cette faiblesse et sûrement lassé d'être assimilé à un bouffon à la solde du grand capital cinématographique français, Michael Youn s'est donc lancé dans l'écriture et la réalisation de son premier film : FATAL. Pression. En tous les cas, moi, j'en aurais eu. Beaucoup. Car en reprenant un de ses personnages fétiches pour son premier film, il s'exposait énormément. D'abord de faire du "Michael Youn", les blagues habituelles, déjà vues, entendues milles fois à longueur de clips et d'émissions de télé. Ensuite de faire un long sketch laborieux d'1H30. Après tout, c'est arrivé au meilleur d'entre tous, de Mike Myers (WAYNE'S WORLD) à Dan Akroyd (CONEHEAD) qui se sont plus ou moins plantés en reprenant leurs personnages fétiches du SNL. Enfin de ne pas faire rire. C'est con à dire mais une comédie réussie reste le truc le plus dur à faire au cinéma. Ça ne s'improvise pas.

Il est devenu assez évident depuis quelques années que Youn était énormément influencé par le "nouvel humour américain" et en particulier celui de Will Ferrell. Si les deux ne se ressemblent pas du tout physiquement, tous les deux ont depuis longtemps fait de leur corps des machines humoristiques. Michael Youn en se mettant à poil dans la rue avec son mégaphone ou en se transformant régulièrement en bite géante. Will Ferrell en jouant sur son look de géant ahuri et exposant à longueur de sketchs ses bourrelets et son torse poilu. Et tous les deux, grâce à ce corps, se sont créés des personnages emblématiques en élevant leurs bêtises au rang d'art. Ron Burgundy ou Ricky Bobby pour Ferrell. Alphonse Brown ou Fatal Bazooka pour Youn. Et bien, cette influence se confirme avec FATAL.

Pour la première fois dans l'histoire récente de notre comédie nationale, quelqu'un a en effet réussi à faire un film qui peut légitimement se réclamer de Will Ferrell. Je sais d'avance que beaucoup ne seront pas d'accord mais j'assume. A fond. Je les ai tous vus les films de Will Ferrell. Ce mec, je le connais par coeur. Des étoiles dans les yeux, je l'ai fait découvrir à des dizaines de personnes il y a presque 10 ans, à l'époque où il explosait dans le SNL avec les Roxbury Brothers et jouait des seconds rôles comme Mustafa dans AUSTIN POWERS 2, Mugatu dans ZOOLANDER ou Willenholly dans JAY & BOB CONTRE-ATTAQUENT. Ce mec, je l'aime comme on aime un vieux pote qui vous tire des larmes de rire à chaque fois que vous le voyez.

Alors en pleurant aux larmes devant certaines scènes de FATAL, j'ai compris que la France avait peut-être enfin trouvé son Will Ferrell à elle.

D'abord parce que FATAL est une PURE comédie. J'entends par là que le film ne s'embarrasse pas de moral ou d'éléments dramatiques typiques de la comédie familiale hollywoodienne et d'une certaine comédie française soucieuse de plaire à toute la famille (le plus souvent avec Dubosc, Elmaleh et Boon dans les rôles principaux). Comme les films du duo McKay/Ferrell, d'un bout à l'autre, FATAL n'est que déconne, gags et vannes, ne laissant aucune place au sérieux.

Ensuite parce que FATAL retient les leçons du duo américain quand il s'agit de dresser le portrait de personnages "bigger than life" : mieux vaut trop que pas assez. Quand vous traitez quelqu'un d'aussi fou que Fatal Bazooka, un rappeur de Haute-Savoie milliardaire (!), il s'agit justement d'être "plus grand que la vie", d'aller aussi loin que votre imagination vous amène, de pousser les scènes à leur paroxysme comique, sans jamais avoir peur d'en faire trop. C'est la méthode Ferrell avec ses personnages d'Elfe géant et bêta (ELFE), de présentateur télé ultra-machiste (RON BURGUNDY), de pilote de NASCAR égocentrique (RICKY BOBBY) ou de quadragénaire bloqué en enfance (STEP BROTHERS). Il va au bout. Il n'y a pas de limite. Et c'est ce que fait Michael Youn avec FATAL. Il a beau se défendre dans les interviews d'avoir fait un film "tous publics", ce n'est pas le cas. Certes il a du clairement se limiter sur certaines choses mais le fait est là : les quelques parents venus avec leurs jeunes enfants n'ont pas passés la première demi-heure et des hordes de marmos pré-pubères ont été sortis illico de la salle après une scène de sex-tape matée sur écran géant ! Et je n'insiste pas sur la scène de léchage de moule et de sucage de saucisse...

Aussi parce que FATAL n'oublie jamais ses seconds rôles. Comme dans toute bonne production Apatow, ils sont presque plus importants et développés que le rôle principal, notamment le garde du corps incarné par Jérôme Le Banner ou le chanteur electro-pop bio de Stéphane Rousseau. Parfaitement écrits et joués, ils sont absolument jubilatoires dès qu'ils ouvrent la bouche. Voir de tels personnages dans la comédie française d'aujourd'hui, c'est donc réjouissant...et rassurant.

Egalement parce que FATAL est, tout en étant trash, sale gosse et tape-à-l'oeil, d'une tendresse infinie pour ses personnages. Tous ses personnages. Même ceux censés représentés les méchants. Ça peut sembler con à dire mais, en France, on a du mal à "aimer" ses personnages, à rendre ses personnages vraiment attachants. C'est la maladie du drame "à la Française", celui de Desplechin en particulier, qui a tendance à contaminer la comédie. Par peur d'apparaître faible ou neuneu, les auteurs nationaux ont le plus souvent tendance à rendre, à un moment ou à un autre, leurs personnages antipathiques. Les sales cons ont toujours eu un peu de notre faveur. Aussi drôle soit-il, voyez OSS117 par exemple ! Et cette tendresse, c'est le coeur de l'oeuvre de Judd Apatow, Will Ferrell et les autres : ils créent des personnages repoussants, misogynes, grossiers, insupportables mais les regardent avec affection et bienveillance. C'est la BASE même de l'humour américain de ces dix dernières années. C'est ce qui permet de ne jamais tomber dans la vulgarité crasse malgré les blagues sur le vomi et la pédophilie. Et c'est ce que fait Michael Youn avec FATAL...

Enfin parce que FATAL est drôle ce qui, malgré tout ce que j'ai écrit précédemment, n'était pas nécessairement évident. Je concède ici que c'est très subjectif. Après tout, compte tenu du box-office français des films de Ferrell, beaucoup ne trouve pas Will Ferrell drôle. Je ne le comprends pas mais je veux bien l'entendre. Alors je veux bien entendre également que les vannes et gags de la bande-annonce de FATAL en laissent beaucoup sur le côté de la route. A tous ceux-là, je n'aurais qu'un seul conseil : allez vous faire votre propre opinion !

Quant aux autres, à ceux qui connaissent et apprécient l'humour de Ferrell et des autres, qui comprennent que la régression d'une vanne bête et méchante sur le vomi n'est pas réservée uniquement aux QI zéro et qu'elle peut s'avérer aussi fine qu'une réplique d'un Woody Allen inspiré, à ceux-là, je les invite à aller voir FATAL si ce n'est pas déjà faits. Vous pourriez enfin découvrir (par vous-mêmes) que la France, par l'intermédiaire de Michael Youn, s'est enfin faite pénétrer bien profond par Will Ferrell. Et, contrairement à ce qu'en dit la pseudo intelligentsia française (qui préfère clairement enfiler que le contraire), c'est plutôt très agréable ! A bon entendeur...


23 juin 2010

Manifeste pour le retour d'Amanda Bynes

Ce week-end, dans une série de tweets nocturnes, l'actrice Amanda Bynes a lancé la bombe : elle prend sa retraite. Fini le cinéma. Fini les séries TV. Fini le métier d'actrice. Alors évidemment, on peut décider d'accorder autant de crédibilité à des tweets balancés à 3h du matin qu'aux dernières prods de Timbaland mais le fait est là : tout ça semblait extrêmement sérieux.

Âgée de seulement 24 ans, l'actrice est révélée à seulement 10 ans avec l'émission "All That", une sorte de "Staurday Night Live" pour enfants qui lui vaut d'obtenir trois ans plus tard sa propre émission à elle toute seule, le "Amanda Show", puis la sitcom "Ce que j'aime chez toi" qui la révèle en France. Au cinéma toutefois, elle reste cantonnée aux teen movies comme CE DONT RÊVENT LES FILLES, SHE'S THE MAN ou HAIRSPRAY.

Est-ce la raison de cette soudaine décision ? En février dernier, elle posait dans Maxim pour une série de photos très chaudes, souhaitant définitivement montrée qu'elle était une femme, une vraie, et qu'elle était prête à jouer autre chose que les ados effarouchées. Reste que son projet de série "Canned" a été mis à la poubelle au printemps 2009 et que son dernier film EASY A, avec Emma Stone dans le rôle principal, qui doit bientôt sortir, est encore un teen movie. Bref, sa carrière tournait en rond.

Et une rumeur récente voulant que sa décision de prendre sa retraite serait liée à une soudaine "Lilo-isation" n'arrange pas les choses. En effet, un supposé comportement de diva paranoïaque sur le tournage du dernier film des frères Farrelly aurait entraîné son renvoi de ce film qui aurait pu remettre sa carrière sur les rails !

Reste que, dans un de ses tweets, elle écrivait qu'elle n'avait "jamais écrit ou réalisé les films ou les séries dans lesquels elle jouait". Peut-être est-ce la direction qu'elle a désormais choisie ?

Cela pourrait être une bonne chose mais le fait qu'elle choisisse d'arrêter la comédie me rend triste. Triste parce que j'ai toujours adoré Amanda Bynes. Vraiment. Sincèrement. C'est une de ces actrices discrètes et souvent mal-aimées pour qui j'ai toujours eu énormément d'affection. Pour plein de raisons. Et c'est ce que je vais tenter de vous expliquer.

Voici donc 3 raisons pour lesquelles Amanda Bynes ne devrait pas prendre sa retraite et continuer à jouer au cinéma ou à la télé...

1/ AMANDA BYNES EST VRAIMENT TROP CRAQUANTE
Que ce soit dans ses séries ou ses films, Amanda Bynes a toujours joué à peu près le même rôle : la fille trop garçon manqué pour être vraiment sexy à la Megan Fox et trop sexy pour être vraiment un garçon manqué à la Ellen Page. En gros, elle fait partie de ces actrices avec le cul entre deux chaises qu'on arrive pas à caster. Et c'est une des raisons pour laquelle elle s'est toujours retrouvée dans des teen movies jugés un peu bas de gamme. C'est difficile de lui mettre une étiquette. Pourtant, il y a une étiquette que j'aimerais bien lui poser : celle de la "Weird Quircky Girl". Vous savez. C'est celle qui est accrochée sur la tête d'actrices comme Zooey Deschanel ou Emma Stone. Je crois qu'Amanda Bynes a tout ce qui faut pour ça : elle est sexy au naturel, a une beauté pas commune avec cet éternel visage poupon (avec des joues dodues et un petit nez rond), des yeux ronds ouverts sur le monde (trait commun à toutes ces actrices) et surtout un charme "nerdy" très craquant et assez évident dans l'ensemble de sa filmographie. Voyez le véritable plaisir coupable qu'est CE DONT RÊVENT LES FILLES par exemple.


2/ AMANDA BYNES EST VRAIMENT DRÔLE
Les critiques les plus acerbes sur Amanda Bynes ont souvent mis en avant son air niais. C'est pas forcément faux. C'est un fait. Avec son bronzage un peu trop parfait, elle fait "très américaine" et, clairement, elle est souvent, dans ses attitudes, choix vestimentaires et manies, à la limite de cet air ahuri qui caractérise souvent les pires acteurs américains. Un peu comme une version féminine d'un Channing Tatum, par exemple. Mais la niaiserie n'est-elle pas le moteur premier de la comédie actuelle ? Celle de Adam McKay et Will Ferrell. Celle de Judd Apatow et Seth Rogen. Celle d'Adam Sandler. Et pour citer une collègue féminine : celle de Anna Farris. Quand je vois par exemple un film comme THE HOUSE BUNNY, je vois ainsi une version (un peu plus) haut de gamme de SYDNEY WHITE (par ailleurs très agréable et drôle). Compte tenu de son énergie extrêmement communicative et de son timing comique imparable, Amanda serait donc une excellente recrue de l'écurie Apatow ou mieux encore de celle de Will Ferrell. Elle y serait parfaite. J'en suis persuadé. Je veux dire : regardez cette vidéo dans laquelle Amanda en stand-up plie en deux une salle alors qu'elle n'a que 10 ans. 10 ans ! Si le monde ne veut pas d'une fille comme ça pour devenir sa plus grande star comique, je ne suis pas sûr de vouloir vivre dans ce monde...


3/ AMANDA BYNES EST VRAIMENT PLUS TALENTUEUSE QUE LA CONCURRENCE
Et pour finir, comme le mentionnait le blog Defamer, il y a bien d'autres actrices, tout aussi jeunes, qui feraient bien de prendre de la graine des tweets d'Amanda Bynes. Et deux en particuliers. D'abord Megan Fox qui n'a jamais vraiment rien montré d'autres sur un écran que la qualité des courbes de ses hanches. Ensuite Miley Cyrus qui, avec sa tête de canard et ses airs de bêtasse américaine, devrait véritablement arrêter de jouer (et de chanter). Voilà des actrices insupportables qui ne sont pas sexy, pas charmantes et, pire encore, pas bankables. Megan Fox, hormis ses apparitions penchées sur une moto ou le capot d'une voiture, a prouvé qu'elle n'attirait personne au cinéma avec JENNIFER'S BODY et le récent JONAH HEX. Quant à Miley Cyrus, elle n'a pas attiré grand monde pour sa bluette tire-larmes THE LAST SONG, en tous les cas, bien moins que les précédentes adaptations ciné des autres romans de Nicholas Sparks (N'OUBLIE JAMAIS, DEAR JOHN, LE TEMPS D'UN AUTOMNE etc.). Au moins, Amanda, elle, fait les beaux jours des audiences du câble !


Et là, si je vous ai pas convaincu, c'est que vraiment elle s'en est pris à votre famille ou un truc du genre...


14 décembre 2009

Dirty Old Man

Il y a quelques semaines, je parlais ici à quel point me mettre à aimer des vieilles chansons des années 60 me faisait me sentir vieux. Car c'est un fait : en vieillissant, on se ramollit. On devient plus consensuel. On devient allergique aux nouveautés et on trouve de plus en plus d'intérêt aux discours de la Droite - même s'il ne faut pas pousser, je n'en suis pas encore là. Mais qui pourrait reprocher à un "vieux monsieur" de 65 printemps de s'assagir ?

Personne. Mais Danny DeVito, lui, n'a pas du tout envie de s'assagir, bien décidé à ne pas franchir la ligne toute naturelle qui ferait de lui un conservateur bigot que l'on entendrait dire à tout va "c'était mieux avant". Danny DeVito est bien décidé à faire le chemin inverse. Devenir plus vicieux. Devenir plus pervers. Devenir un vrai Dirty Old Man. Mais attention, pas du genre de tonton André qui fait des blagues de cul un peu bourré au mariage de cousine Suzanne. Pas du genre non plus de papy Raymond qui raconte comment il a perdu son pucelage dans un bordel de Casablanca en culbutant une prostituée obèse du nom de Zora. Un vrai Dirty Old Man, de ceux qui ne reculent devant rien, de ceux qui vous foutent un peu la trouille...

C'est vrai que le petit bonhomme a toujours montré un certain humour noir un peu cradingue. De la sitcom "Taxi" (en mythique Louis "le roi de l'insulte sans morale" De Palma) à BALANCE MAMAN HORS DU TRAIN (ou comment tuer sa chère maman) en passant par LA GUERRE DES ROSES (ou comment s'entretuer dans le charmant cadre familial) ou DEATH TO SMOOCHY (ou comment s'entretuer pour régaler nos chers têtes blondes), il s'est imposé dans les 80's et 90's comme le maître d'oeuvre d'une comédie délicatement subversive, un ambassadeur de l'humour noir pour l'Amérique de la classe moyenne, du dark pour centre commercial. Bref, c'était gentillet. Ça n'allait jamais trop loin, juste assez pour faire croire au bourgeois qu'il était en train de s'encanailler...

Mais depuis quelques années, DeVito, 65 ans au compteur, pousse le bouchon loin, très loin. Il découvre avec un naturel déconcertant la subversion, la vraie.

Voyez IT'S ALWAYS FUNNY IN PHILADELPHIA, la sitcom la plus immorale que la télé américaine n'est jamais portée en son sein. DeVito y joue Frank Reynolds, le père lubrique, tellement obscène qu'il serait impossible de citer tous ses méfaits. Mais on peut quand même en extraire quelques uns, comme cette fois où il piégea ses enfants pour les faire manger de la viande humaine, cette fois où il collabora avec un clodo pour mener à bien "une contrefaçon fécale", cette fois où il tenta de culbuter sa belle-soeur aux funérailles de son frère ou encore cette fois il se pointa à une partouse sans invitation. Et puis il y a cette scène qui, je crois, se passe de commentaire...



Mais ceci est le Danny DeVito "pour de faux" me direz-vous ?

Oui. Sauf que le Danny DeVito "pour de vrai" est tout autant obscène. Pour notre plus grand bien. Voyez cette interview pour l'émission matinale d'une chaîne de télé locale de Philadelphie : Il est 8h du matin. Sûrement quelques centaines d'enfants et leur grand-mère sont devant leur poste et le bonhomme, une bière à la main, demande sans sourciller à la journaliste si sa jupe offre un "easy access" ! Sympa...

Un spectacle heureusement loin d'être isolé. Il rappelle en effet cet épisode bien plus connu de l'émission THE VIEW, un talk-show destiné quasi-exclusivement aux femmes (le plus souvent d'un certain âge). Tout droit sorti d'une nuit de débauche avec George Clooney, DeVito y raconte, bien éméché, une nuit de sexe effrénée à la Maison Blanche en traitant au passage George Bush de "numbnuts" (littéralement "couilles stupides") ! Clairement, le petit bonhomme sympa qui faisait se bidonner les trentenaires dans "Taxi" s'est apparemment transformé en petit vicelard bien décidé maintenant à foutre la trouille aux sexagénaires qu'ils sont devenus...

Et pour tous ceux qui ne seraient pas encore convaincus, ils vous restent son Twitter qui restent l'évidente preuve du génie subversif de Danny. Reprenant à son compte le personnage de Troll (à qui l'on doit la célèbre réplique "You’ve got to pay the troll toll if you want to get into this boy’s hole!" Comprendra qui pourra et voudra...) qu'il jouait dans la comédie musicale "The Nightman Cometh" dans des épisodes de IT'S ALWAYS SUNNY IN PHILADELPHIA , il vous propose de suivre les "aventures" à travers le monde de ses pieds de Troll ("Troll's Foot") en prenant systématiquement en photo ses petits pieds potelés (avec plus ou moins de poils) dans les divers endroits qu'il visite. Le jour de son anniversaire, c'est par exemple avec ça qu'il vous accueille... Sympa, les "Bitches" !

Rappelez-moi de devenir comme ça dans une quarantaine d'années...

02 septembre 2009

La Comédie américaine vs. La France

Ca devient un marronnier dans la presse branchée parisienne et sur les blogs de notre belle patrie : le mauvais traitement infligé par les distributeurs aux comédies américaines lors de leurs sorties salles. A chaque sortie bâclée, à chaque film distribué en catimini, c'est les mêmes articles avec une insulte par ci, une insulte par là.

Comme j'en ai fait la preuve à de multiples reprises sur ce blog, je suis un fervent défenseur de la comédie américaine (et de la nouvelle en particulier) et un des premiers à déplorer le manque d'exposition qu'elle se voit offrir en France. Mais je voudrais aussi essayer d'apaiser les passions et aller au-delà du "c'est quoi ces distributeurs de merde qui ne sont pas capables de reconnaître des chefs d'oeuvre".

Cet été passé sera d'ailleurs un très bon exemple. Ainsi, VERY BAD TRIP (THE HANGOVER), sorti par Warner Bros pour la fête du cinéma sur plus de 250 copies avec une bonne grosse campagne marketing, est un beau succès commercial à plus d'1,5 millions d'entrées. Une bonne raison de croire en l'engouement du public français pour cette nouvelle comédie américaine sans tabou qui fait rire en parlant de branlette de bébés. Une bonne raison de croire également que la sortie de I LOVE YOU MAN par Paramount, un mois plus tard, serait au moins correcte, soit sur au moins 100 copies. Mais non, moins de 30 copies pour la nouvelle comédie du réalisateur de POLLY & MOI qui rejoint donc le rang des comédies américaines sans gloire qui ne franchiront jamais la barre des 10 000 entrées (et encore je suis sympa !).

Une situation qui pourrait paraître absurde mais qui, d'un point de vue purement artistique, s'explique. Les deux films ont beau avoir de nombreux points communs (aucune star "bankable" en France, humour régressif pipi-caca, l'amitié entre hommes comme thème etc.), VERY BAD TRIP et I LOVE YOU MAN ont une différence majeure, à savoir qu'ils n'ont tout simplement pas la même approche comique.


Le premier parle à votre bas-ventre, parle à l'animal qui est en vous, celui qui voudrait baiser, faire la fête, se mettre une taule à longueur d'années. Le film de Todd Philips parle donc un langage universel, celui de votre pénis ou de votre vagin. Rien d'honteux la-dedans. Quand c'est bien fait (comme ici), c'est très salvateur et terriblement efficace. A titre d'exemple, c'était également le langage parlé par les premiers films des frères Farrelly (DUMB & DUMBER, MARY A TOUT PRIX...) qui ont tous bien (voire très bien) marché en France.

Le deuxième, au contraire, parle davantage à votre tête. Evidemment, vous l'aurez compris, ça ne veut pas dire que c'est du Bergman. C'est juste que, contrairement à VERY BAD TRIP, I LOVE YOU MAN tente de dire par la comédie un petit quelque chose sur la société et ses moeurs actuelles (la virilité dans un monde post-féministe, ce genre de choses) - en particulier les moeurs américaines. Tout de suite, c'est moins universel. D'ailleurs, il sera bon de constater qu'un des précédents films de Todd Philips, OLD SCHOOL, abordait justement ce thème et fait partie de ces films ayant connus le sort peu enviable de la sortie mini-riquiqui.

Mais plus généralement, on sait tous très bien que l'humour et la comédie sont difficilement exportables. Aujourd'hui, à l'heure d'Internet, on pourrait croire qu'ils se sont uniformisés, que le monde entier rigole bêtement au mêmes vidéos pourris sur YouTube. Clairement non. Les Français ne rigolent pas aux mêmes blagues que les Américains qui ne rigolent pas aux mêmes blagues que les Français. C'est un fait ! Vous connaissez un équivalent à Mozinor aux USA, vous ? Et on a beau nous faire croire que Thomas Ngijol est le nouveau Eddie Murphy, ce n'est pas du tout le cas. Quant à Will Ferrell, avec ses comédies sportives sur le Nascar ou ses parodies de présentateur télé des 70's, je ne vois pas comment il pourrait s'intégrer à l'humour de la patrie de Stade 2 et de PPDA !

Pourtant, les vannes de Seth Rogen, Adam Sandler, Danny McBride et Will Ferrell vous font rire ! Oui mais elles ne font rire que vous. Elles font rire toujours les mêmes, ceux qui surfent sur Internet plus que la moyenne, ceux qui vont au cinéma plus que la moyenne, ceux qui généralement font preuve d'une plus grande curiosité au quotidien... Et ceux-là, qui savent apprécier les blagues sur la pop culture et reconnaître le second degré d'une blague sur le vomi, ne sont pas si nombreux que ça, en tous les cas, pas assez nombreux pour les distributeurs.


Du point de vue de ce dernier, ces films sont d'ailleurs devenus des casse-tête. Ayant travaillé deux ans à la Fox, je vais ici parler de mon expérience et prendre un exemple qui me semble parlant, celui de DODGEBALL (J'ai participé à l'élaboration de la campagne marketing). Lorsqu'il nous a été présenté, il faut bien avouer que les premières images de mecs qui se prennent des ballons dans la gueule en jouant à la balle au prisonnier n'ont pas fait rire grand monde à la direction. Premier verdict : sortie 10 copies ! Puis il y a eu le succès colossal au box-office américain. Deuxième verdict : OK, sortie normale, on met le paquet. Et voici qu'arrive la sortie française en septembre 2004. Troisième verdict : gros bide, plantage total. Sans pour autant espérer un plébsicite public total, le potentiel était à priori là : une des seules stars comiques américaines bankable en France (Ben Stiller) et un humour bas du ventre (au propre comme au figuré) terriblement efficace. Sauf que... Tout ça ne suffisait pas à combler un second degré totalement incompris par le public Français qui a condamné le film ("la balle au prisonnier, c'est pour les gamins ! C'est stupide", me balancera un étudiant).

Malheureusement, il faut se faire une raison, pour les raisons évoquées au-dessus, c'est le sort qui est réservé à la très grande majorité des comédies américaines sorties décemment en France : Presque tout Judd Apatow (EN CLOQUE, SUPERGRAVE...), tout le Adam Sandler récent, ELFE, MEAN GIRLS et des dizaines d'autres. Dans ce contexte, comment en vouloir à un distributeur américain (Fox, Disney, Universal, Warner, Paramount, Sony). Il reste un business comme les autres, doit payer ses salariés à la fin du mois et doit donc faire des choix. Quand il met le paquet, ça se plante à 80% ! Obligé de sortir au cinéma tous les films par sa maison-mère pour pouvoir les vendre ensuite plus cher aux télés, il opte donc pour ce que l'on appelle dans le jargon "une sortie technique", une sortie sur à peu près 10 écrans qui implique uniquement le département "technique" (d'où son nom) et aucune (ou presque) dépense marketing.

Etant donné que j'habite Paris, je n'ai jamais trop de mal à voir tous ces films mais je peux comprendre la frustration énorme que doivent ressentir ceux d'entre vous qui habitent en province et ne peuvent pas profiter dans les meilleures conditions des chefs d'oeuvre de Will Ferrell (ANCHORMAN, FRANGINS MALGRE EUX, LES ROIS DU PATIN...) et des autres. Mais bon, maintenant, j'espère que la frustration sera un peu plus "rationnelle"...