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30 juin 2011

Notebook Song #9 : Roads

Quand j'achète/télécharge un album, quelle est la première chose que je fais : je balance en mode repeat le single, la chanson qui m'a fait, en premier lieu, dépenser le précieux argent de mon porte-monnaie. Et je ne pense pas être le seul. Même si aujourd'hui vous n'achetez plus rien et osez défier l'Etat français en le téléchargeant illégalement, c'est encore très probablement ce que vous faites : vous écoutez les singles avant tout le reste - quand vous écoutez tout le reste.

Forcément, pas mal de chansons passent à la trappe.

Mais le premier album de Portishead DUMMY n'est pas de ces galettes dont on laisse des miettes. D'un bout à l'autre, cet album a eu l'extraordinaire capacité de rassembler les amateurs de rock, de rap, de techno et les autres. Quand on a 15 ans, qu'on s'habille en baggy et en Timberland et qu'on méprise les porteurs de Doc Martens et de perfecto, ce n'est pas rien de pouvoir (enfin) se rassembler autour d'un disque. Reste que tous, Doc Martens ou Timberland aux pieds, commençaient par "Glory Box". Normal. Elle passait en boucle sur MTV. Il y avait également "Sour Times" et "Numb". Même principe. Puis, au détour d'une session plus attentive que les autres, vous écoutiez les autres pistes. Vous tombiez alors sur la piste 8. "Roads".

Une petite mélodie sur un piano Rhodes qui a déjà inondé tout l'album. Puis la voix de Beth Gibbons, mélancolique et torturée. Le rythme lancinant et pesant débute. Enfin les cordes s'élèvent, tristes. Les frissons s'emparent de tout votre corps. Vous avez envie de pleurer. Toutes vos angoisses, tout votre spleen, tout vous revient en tête. Cette chanson fait mal. Mal à l'âme. Mais vous l'écoutez. Encore et encore. Sans vous en rendre compte, elle est passée en mode repeat. Vous avez oublié "Glory Box". Vous ne pensez plus qu'à "Roads", à ses violons et à cette chose indescriptible qui semble vous faire autant de bien que de mal.

Il y a de très nombreuses façons d'interpréter cette chanson - ce qui explique sûrement le pouvoir qu'elle a sur les gens malgré son manque d'exposition "médiatique". Mais je ne peux m'empêcher d'entendre un intense cri de solitude dans les mots de Beth Gibbons. "I got nobody on my side, And surely that ain't right, And surely that ain't right, Ohh, can't anybody see, We've got a war to fight, Never found our way, Regardless of what they say"

Cette chanson ne parle pas de moi. Mais ces mots résonnent. Je ne peux m'empêcher de m'identifier. Suis-je vraiment sûr qu'elle ne parle pas de moi ? Ces mots expriment la souffrance de ne pas trouver cette personne dont le coeur battrait en synchronisation avec le votre. Ils expriment la souffrance de se sentir seul, de devoir parcourir une route qui semble sans fin - composant avec tous ces gens autour, vos amis, votre famille qui, volontairement ou non, vous mettent une pression parfois très dure à supporter.

Je refuse de me laisser envahir par ce genre de sentiments - qui ont plus tendance à porter sur le noir que sur le rose. Mais ils pèsent. En ce moment, ils pèsent très lourds. Il y a cette personne. Elle me manque. J'ai un gros déficit de confiance en moi sur les questions du coeur et j'aimerais parfois n'avoir rien à faire de tous ces maudits sentiments qui me bouffent l'esprit, être de ces gens qui traversent la vie sans se soucier de rien, d'eux comme des autres, qui voient la vie comme une suite ininterrompue d'expériences futiles et sans lendemains. Mais non. Je ne pense pas à ce plaisir. Je pense à l'état de grâce dont je sais qu'il est impossible à atteindre mais dont je sais également qu'une force de caractère suffisante me permettront de m'en rapprocher. Je pense à son sourire, à ses manières, ses rêves et à sa mélancolie. Elle me manque terriblement.

Et dans ces cas là, "Roads" est un refuge qui semble agréable. Se réfugier dans le vague à l'âme musical pour apaiser son propre vague à l'âme. Une solution universellement partagée par tous les garçons et les filles depuis la nuit des temps pop. Après tout, je n'ai jamais prétendu être seul au monde.

Mais en ce moment, c'est l'impression que j'ai... (même si tout le monde me dit le contraire)




Mais bon, ça va passer... Ca passe toujours, n'est-ce pas ? N'est-ce pas ?


16 mars 2011

Notebook Song #8 : Open Your Eyes

A l'heure de YouTube, le clip vidéo n'a plus guère qu'une seule utilité : faire parler de soi - qu'on soit une pop star multimillionaire ou à un groupe rock débutant. La forme change - racoleur pour la pop star, inventif et bricolo pour le groupe rock - mais le but est identique : faire la promotion de sa musique. Le clip est devenu une pub.

A l'heure de MTV, c'était une autre affaire. A l'époque où la chaîne ne diffusait pas que de la télé-réalité, le clip servait à sublimer la musique en ajoutant une couche de "visuel". Au delà de la pochette de disques et de la musique elle-même, le clip était utilisé par les artistes (et leur maison de disques) comme une manière de faire de musicos anonymes des pop stars, de celles qui font rêver et fantasmer - comme le faisaient les stars de cinéma. Ce n'est pas pour rien que les artistes ayant le mieux exploité les clips sont ceux qui, aujourd'hui, survivent le mieux aux modes. Madonna, d'album en album, de clips en clips, maintient l'intérêt en changeant d'univers, en devenant une prêtresse gothique un jour, une cowgirl un autre. Elle change de rôle comme le ferait n'importe quelle actrice soucieuse de ne pas être catégorisée dans un seul et même rôle - façon unique de maintenir sa carrière à flot. Et de cette façon, le musicien devient une icône, un fantasme qui s'installe profondément dans le cerveau - peu importe son niveau de notoriété.

Outre l'aspect commercial évidemment inévitable, les clips avaient pour but ultime de sublimer ce qui ne l'est pas forcément à la base (et tant mieux si les deux étaient combinés), de vous faire aimer une musique que vous n'auriez pas forcément su apprécier sans la vidéo. Bref, la vraie définition du clip - en tous les cas comme ma génération l'appréhende. Ce genre de clips, on en voit plus des masses ces dernières années.

Mais des fois, on tombe sur des trucs comme "Open Your Eyes" de Snow Patrol. Quand je l'ai entendu sur l'album, cette chanson, je ne l'aimais pas particulièrement. Elle ne me faisait ni chaud ni froid. Puis j'ai vu le clip et là j'ai vraiment entendu.

Lorsque vous regardez les 8'40" du court-métrage de Claude Lelouch C'ETAIT UN RENDEZ-VOUS, vous voyez un truc un peu monotone rythmé par le seul bruit du moteur de la Mercedes au centre du film. Mais vous avez la force du concept et de l'image. En le réduisant à 5'51" et en y superposant la fameuse chanson de Snow Patrol, vous avez quelque chose qui ressemble à du suspense, quelque chose qui vous fait vous accrocher à ces quelques minutes d'images et de musique pour attendre le dénouement - d'une simplicité assez bouleversante.

La musique vous fait ressentir l'intensité de l'image. L'image vous fait ressentir la mélancolie de la musique. Chacun sublime l'autre. Vous avez un clip. Un vrai.

"Open Your Eyes" ne correspond ainsi à aucun moment de ma vie - comme les autres Notebook Songs. Quand je l'entends, elle ne réveille pas en moi de la nostalgie, de la tristesse, de la mélancolie d'un moment passé ou tout autre émotion que vous associez souvent à une chanson pop. "Open Your Eyes" me fait juste penser à un rendez-vous. Un simple rendez-vous. C'est souvent à cette chanson que je pense quand je rejoins quelqu'un que j'aime, quelqu'un à qui j'ai envie de plaire plus que tout. Cette chanson me fait penser aux battements de mon coeur, à la pression, à la peur de ne pas arriver à l'heure, à l'espoir que ça se passe bien.

Et elle me fait penser à ça juste par la grâce de ce clip...





28 février 2011

Notebook Song #7 : I'm Not Scared

J'avais pas encore vraiment les hormones en feu au moment où cette chanson de Eighth Wonder est sortie. 10 ans à peine. Mais il n'y a pas d'âge pour ces petits crush qui rendent la vie plus agréable et intéressante. Et dans le genre, Patsy Kensit, la chanteuse du groupe et accessoirement actrice (un an plus tôt, elle était en effet le love interest de Mel Gibson dans L'ARME FATALE 2) avait ce petit quelque chose que les autres n'avaient pas - à part Kylie Minogue (mais c'est un autre sujet).

Est-ce que mon goût prononcé pour cette chanson écrite par les Pet Shop Boys était entièrement guidé par ma pré-adolescence naissante et mon goût (complètement disparue) pour les anglo-saxonnes blondes ? Ou la chanson en elle-même suffisait à me passionner ? Aucune idée. Je ne me souviens pas vraiment de ce qui se passait dans mon slip à cette époque.

Reste que 22 ans plus tard, "I'm Not Scared" est toujours une super chanson pop que j'aime toujours autant écouté. Quant à Patsy Kensit, c'est une autre histoire... Quitte à s'enticher d'une quadragénaire botoxée, je préfère les brunes. Question de goût.





01 février 2011

Notebook Song #6 : Like A Prayer

Pour les moins de 20 ans, je vais peut-être utiliser des mots qui vont vous être inconnus mais restez quand même. Je promets d'être (un peu) moins chiant que votre prof d'histoire. Je vais vous raconter le monde merveilleux des années 80, un monde qui ressemble à peu près au monde d'aujourd'hui sauf que tout le monde était habillé comme des hipsters (mais ne le savait pas) et que David Guetta était trois et s'appelait Stock Aitken & Waterman.

Les années 80 étaient une époque où, pour écouter de la musique, il fallait être prêt à faire de la muscu : Les chaînes Hi-Fi pesait le poids de Rick Ross et de toutes ses chaînes en or, les baladeurs celui de Rihanna toute nue et les radio K7 celui de 50 Cent après une heure de muscu. Une époque sans ordinateur (personnel) qui ignorait encore les mots MP3, téléchargement, iTunes, rapidshare, megaupload, blog mais où les mots 45 tours, 33 tours valaient leur pesant de cacahuètes dans le vocabulaire jeun's.

Une époque où vous deviez vous déplacer à l'hypermarché de votre ZA locale pour acquérir en 45T le dernier tube de Kylie Minogue, tube que vous achetiez un peu plus de 15 francs (à peu près 2,5 euros!) - à moins que votre maman et papa ne vous gâtent en argent de poche et là, vous pouviez vous acheter l'album entier en 33T à près de 70 francs (11 euros).

Mais si vous refusiez de donner votre précieux argent à ces sales vautours des maisons de disques, vous décidiez d'adorer les dieux BASF ou TDK comme on adore aujourd'hui le dieu MP3. Vous êtes alors un adepte de la K7 et pour contourner le système mercantile, vous "piratez" vos chansons préférées... à la radio. Vous êtes le cauchemar des maisons de disques (et oui, déjà !). Branché en continu sur NRJ, votre radio-K7 était alors en permanence à portée de main, une K7 vierge prête dans le lecteur, pour pouvoir vous précipiter sur les boutons Play et Rec et ainsi saisir LE tube qui manquait à votre collection.

Au gré du temps, vous aviez alors les moyens de constituer une petite merveille de "k7othèque" et d'être l'heureux possesseur des meilleures compilations pop de l'histoire de la musique, une collection digne des "Now That's What I Call Music". Vous deveniez, dans le confinement de votre chambre d'adolescent aux couleurs des posters de Tom Cruise, New Kids On The Block et Jason Donovan, le maître des playlists. Spotify, Twitter et les blogs n'existant pas encore, vous étiez évidemment le seul à le savoir mais peu importe : chaque morceau pop saisi dans toute sa grandeur sur K7, sans pub ou blah blah d'animateur à la fin, relevait du miracle.

J'ai une belle collection de 45 Tours chez moi. J'ai toujours acheté beaucoup de disques - même très jeune. Mais ça ne me suffisait pas. J'ai donc enregistré beaucoup de ces K7. Beaucoup. Le nombre de chansons pop qui y sont passées est donc incalculable. Mais pour une raison que j'ignore, je me rappelle avec une acuité assez flippante le moment où j'ai réussi à saisir LIKE A PRAYER de Madonna sur K7. J'avais 10 ans et ça m'a mis dans un tel état d'excitation que je me souviens davantage de ce moment que de celui où j'ai enfin réussi à me procurer le ninja blanc en figurine GI JOE. Ça vous donne un peu le niveau d'intensité du moment (les garçons, au moins, comprendront...).

Cette chanson, qui a fait les beaux jours du carnet de notes, a à jamais (grand mot vu l'usure accéléré des bandes) été gravé sur K7 ce matin là et est donc à jamais associé à ce moment. C'est ça la force d'une chanson pop.




12 novembre 2010

Notebook Song #5 : Party All The Time

Ma curiosité n'a aucune limite. Je découvre en effet ce matin un post de Ari qui parle de la carrière de chanteur de Bruce Willis dans les années 80. Immédiatement, la petite machine nostalgico-pop de mon cerveau se met alors en route et je repense à un autre chanteur/acteur qui fit les beaux jours de ma chaîne hifi au début des années 90 : Eddie Murphy.

A l'époque, en 1993, l'acteur n'est pas au mieux de sa forme blockbusterienne. Ses deux comédies de 1992, BOOMERANG et DEPUTE MALGRÉ LUI sont loin d'avoir été les cartons que furent LE FLIC DE BEVERLY HILLS ou 48 HEURES quelques années auparavant. Mais Eddie était mon acteur préféré. Je n'avais pas encore l'aciduité cinéphile d'aujourd'hui mais ses films de cette époque, je les ai tous vus au cinéma. BOOMERANG a même été longtemps un de mes films préférés (!).

C'est dans ce contexte (LE FLIC DE BEVERLY HILLS 3 sort l'année suivante) que Eddy sort son dernier album en date, LOVE'S ALRIGHT, une sorte de melting-pop pop-R&B teinté d'esthétique peace & love très à la mode à l'époque (pensez également PM Dawn ou Arrested Development dans la même veine). Et j'étais complètement dingue de ses chansons en duo avec Michael Jackson "Whatzupwitu", et Shabba Ranks "I Was A King". Mais vu le flop intégral que fit l'album, je devais sûrement être un des seuls : ça n'aurait pas été la première fois (ni la dernière !)

La deuxième figurait d'ailleurs dans mon petit carnet de notes. Mais vous aurez compris que ce n'est pas de cette chanson que sera fait ce post. Il sera fait d'une chanson bien plus ancienne, une chanson de 1985 extraite du premier "album musical" de Eddy (après 2 albums de sketchs), HOW COULD IT BE. Une chanson qui n'a jamais été dans mon carnet de notes, en fait. Mais par la grâce de la curiosité (et de Saint Spotify), elle vient d'y entrer, dans mon carnet de notes 2.0, j'ai nommé iPhone.

Je découvre en effet que Eddy n'a pas commencé sa carrière de chanteur avec un bide (crypto-gay) intersidéral mais avec un bon gros tube des familles (dont je n'avais jusque là jamais entendu parlé *honte*). En 1985, au sommet de sa gloire comique (LE FLIC DE BEVERLY HILLS est sorti quelques mois auparavant), Eddy collabora en effet avec Rick "Superfreak" James pour le morceau "Party All The Time", un pur hymne à la fête très addictif qui se savoure dès la première écoute.

Ma nouvelle chanson préférée...





28 septembre 2010

Notebook Song #4 : Today

On était en 1993. J'avais 14 ans. Je rentrais en seconde et je m'apprêtais, je crois, à vivre la pire année scolaire de ma vie. Je n'en ai jamais vraiment discuté avec qui que ce soit donc je ne peux pas dire si l'expérience est commune mais le passage de la tranquillité du collège à l'effervescence du lycée s'est faite, pour moi, dans la douleur. A vrai dire, ça m'a même rendu malade. Ce genre de maladie de la tête qui se répand sournoisement dans votre corps.

Aujourd'hui, grâce à ce blog et Twitter, je rencontre plein de gens avec qui le courant passe immédiatement. J'ai rencontré "dans la vraie vie" des gens comme Ariane, Vanessa, Aurore, Jonathan, Sophie Marie ou Maxime parce que le feeling passait tellement bien dans la virtualité qu'il était impossible qu'il ne passe pas aussi bien dans la réalité. Aujourd'hui, trouver des gens qui partagent votre sensibilité et vos passions et créer de vrais liens d'amitié ne me semble donc pas une chose des plus compliquée - à condition de bien le vouloir.

En passant du collège au lycée en 1993, aucun des outils précités n'existaient et trouver des gens que vous comprenez et qui vous comprennent n'est pas la chose la plus facile. Au contraire, c'est la chose la plus difficile au monde. Surtout quand vous avez 14 ans, que vous n'êtes pas franchement bien dans vos baskets et que les choses les plus communément acceptables à aimer dans une ville de province des plus mornes tels que le foot, le sport en général voire les quelques groupes mainstream qui passent à la radio ne provoquent en vous qu'indifférence, voire dégoût.

Dans ces cas-là, ce qui se passe alors, c'est que vous vous accoquinez avec ceux de votre classe 1/ qui le veulent bien, 2/ qui ont la sensibilité la plus proche, 3/ que vous connaissez depuis le plus longtemps. Mais, au final, vous le savez bien, au fond de vous, tout ça ne durera pas. Le temps d'une, voire deux années scolaires tout au plus. En attendant, vous faites avec. Vous n'avez pas (encore) trouvé celui ou celle qui vous aidera à vous sentir mieux dans vos baskets mais vous prenez votre mal en patience. Il faut bien vous y faire, face aux moqueries des gros lourds de l'équipe de rugby, vous êtes (toujours) seuls. J'étais toujours seul.

On était en 1993. J'avais 14 ans. Je n'avais pas trouvé ceux ou celles qui partageaient mes goûts et ma sensibilité. Et les seules personnes que je fréquentais (pour les raisons sûrement évoquées ci-dessus) écoutaient du rock. Alors, de toute mon adolescence, je n'ai jamais écouté autant de rock que cette année-là. Par la force des choses (ou pas), comme tout bon teenager blanc du début des années 90, je me suis pris de plein fouet le grunge. Ça avait commencé par Nirvana. C'est pas très original mais c'est comme ça. Ça s'est poursuivi avec le film SINGLES de Cameron Crowe. Ça s'est confirmé avec Soundgarden mais surtout avec Smashing Pumpkins. Y a-t-il lien de cause à effet entre la solitude et la mélancolie puissante qui m'assaillait le cerveau et le corps à cette époque là et ma soudaine passion pour ces groupes ? J'ai envie de dire non. Pour la simple et bonne raison que le Hip Hop m'a beaucoup plus aidé à les surmonter les années qui ont suivi. Mais je dois tout de même me rendre à l'évidence. Il y a un lien. Quand je repense à cette année-là, je repense en effet à ces chansons et pas à d'autres. A Smell Like Teen Spirit de Nirvana. A Would? de Alice In Chains. A Daughter de Pearl Jam. A Black Hole Sun de Soundgarden. Mais surtout à Today des Smashing Pumpkins.

Today est une sorte de madeleine de Proust. Mais pas forcément de celle qui fait remonter en vous les bons souvenirs d'une enfance insouciante. Plutôt de celle qui fait remonter quelques uns des pires moments de votre adolescence. Le mal-être. Les moqueries. Les filles qui ne vous regardent pas. La solitude. Je pense à ça quand j'écoute Today. Vous allez me dire que c'est normal. Après tout, la chanson parle de pensées suicidaires et de dépression. Mais ce n'est pas forcément le plus important. D'abord parce que j'étais pas forcément très bien à cette époque là, j'étais tout de même loin de ça. Très très loin. Ensuite parce que le contenu d'une chanson importe moins que le moment qui lui est associé. Et vous aviez compris, ce qui est associé à Today n'est pas des plus chaleureux en ce qui me concerne.

Je l'écoute encore pourtant très régulièrement. Et plus généralement l'album SIAMESE DREAM reste un des albums qui compte le plus pour moi. Encore aujourd'hui. Tout simplement parce que, pour tout ce que Today et cet album contiennent de souffrances, il y a aujourd'hui. Certes, 17 ans plus tard, mes baskets me font encore un peu mal au pieds et à l'âme mais je sais que je ne serais pas celui que je suis actuellement si, en 1993, mes baskets m'étaient allés comme des chaussons. S'il n'y avait pas eu les gros connards, peut-être aurais-je été moi-même aujourd'hui un gros connard ? S'il n'y avait pas eu la solitude et les peines de coeur, peut-être n'y aurait-il jamais eu ce blog et toutes les belles rencontres faites ces derniers mois ?

Voilà pourquoi j'aime cette chanson des Smashing Pumpkins. Pour tout ça. Et sûrement pour plein d'autres choses...




09 septembre 2010

Notebook Song #3 : Lille

Je dévoie un peu le principe de la rubrique. Mais n'ayez crainte, sa "philosophie" reste intacte. Cette chanson date en effet de 2009 et est donc bien trop récente pour avoir figuré dans mon fameux carnet de notes. Mais elle aurait pu y être.

Cette chanson, pourtant présente dans mon iPod depuis près de deux ans, je ne l'avais jamais vraiment écoutée. Deux, trois fois, comme ça. Mais sans jamais vraiment y porter attention. Puis arriva un dimanche comme les autres. Un dimanche au cinéma. Comme celui d'avant. Comme sûrement celui d'après.

Ce dimanche, c'est sur ONDINE de Neil Jordan (en salles depuis le 25 août) que mes yeux se posèrent. Le film raconte l'histoire d'amour entre un pêcheur irlandais et une "supposée" sirène. Un film magnifique qui laisse une grande place à la musique, notamment celle de Sigur Ros (dont le pianiste a composé la musique) mais également à celle de Lisa Hannigan, une chanteuse irlandaise connue jusqu'en 2007 pour avoir collaboré à presque toutes les chansons de Damien Rice, avec qui elle entretenait aussi une relation romantique.

Je dis "jusqu'en 2007" car la chanteuse, après une longue période de brouille, s'est fait virée du groupe de Rice seulement dix minutes avant le début d'un concert à Munich et a écrit cette chanson dans la foulée. Une situation des plus violentes qui transparaît à peine dans cette comptine guitare/voix. Juste une mélancolie d'abord teintée de tristesse et de désespoir dans les premiers couplets ("I went to war every morning, I lost my way, but now I'm following, what you said in my arms... what i read in the charms, that i loved durably, now it's dead and gone, and i am free...") puis gagnée par la lumière, la liberté, le calme et la quiétude ("we went out to play for the evening, and wanted to hold on to the feeling, and the stretch in the sun, and the breathlessness as we run, to the beach endlessly, as the sun creeps up on the sea...")

Cette chanson est belle.




08 août 2010

Notebook Song #2 : Walk On The Ocean

Je devais avoir dans les 12 ans mais je ne me souviens absolument pas où j'ai entendu cette chanson pour la première fois. Vraiment pas du tout. Pourtant, je me souviens très bien de la place qu'elle a tenu dans mon fameux petit carnet de note. Notamment car elle n'en est sortie que très tard. 9 ans plus tard, en fait. Pour une raison qui m'échappe, ce n'est, en effet, qu'en 1999 que je me suis procuré mon premier disque de Toad The Wet Sprocket et c'était leur best-of. Alors comment ai-je fait, entre temps, pour étancher mes oreilles de cette chanson ? Aucune idée. Sûrement un enregistrement radio sur une K7...

Car en 1991-1992, les mecs de Toad The Wet Sprocket étaient, pour moi, au top du cool. Le côté alternatif californien, ça me faisait rêver. Leurs chansons, un peu comme celles de REM ou de Barnaked Ladies, avaient typiquement ce genre de son que l'on entendait à longueurs de films et d'épisodes de séries TV dans les années 90 (de ANGELA 15 ans à DAWSON en passant par LA VIE A CINQ). Ces types me correspondaient pleinement. Ils n'avaient rien d'agressif. Leur musique était à la fois mélancolique et joyeuse. Ça me plaisait. Et en particulier leur chanson "Walk On The Ocean".

Ce n'est pas leur plus gros tube. Leur single précédent "All I Want" s'est mieux classé dans les charts américains mais c'est celle-là que j'ai toujours préféré. La voix du chanteur, le refrain me font encore frissoner près de 20 ans plus tard - même si à la dégaine des mecs, je les trouve vachement moins cool maintenant. (et je ne vous parle même pas de la tête qu'ils ont aujourd'hui, c'est assez flippant et très dur pour le moral... 20 ans putain, 20 ans...).





02 août 2010

Notebook Song #1 : Just Another Day

Je crois que la première fois où j'ai entendu cette chanson, c'était dans un magasin. Je devais avoir aux alentours de 13 ans. J'ai immédiatement accroché. Malgré le bruit de la foule. Malgré le son pourri. En même temps, avec ce refrain, difficile de résister. Mais c'était bien là le problème. Quand je parlais précédemment de cette difficulté qu'on avait à récupérer les titres puis les disques des chansons, ce n'était pas juste histoire d'écrire un petit quelque chose.

Quand j'ai entendu cette chanson pour la première fois, je n'avais juste que des bribes de paroles "I don't wanna to find another day... Make it through the day without you... I Can't resist... Trying to find exactly what I miss... It's just another day without you... It's just another day..." Le nom du chanteur, je ne l'ai découvert que bien plus tard. Mais je ne me souviens pas comment.

Car cette chanson, si elle a connu un énorme succès aux Etats-Unis à l'été 1992, c'est loin d'avoir été le cas en France. Quelques radios ont essayé le titre - sûrement la raison pour laquelle je l'ai entendu - mais niveau ventes, ce fut le quasi-néant.

Voilà comment on passe plusieurs longs mois à rechercher le nom du fameux chanteur puis, surtout, à rechercher le disque. Disque que je n'ai d'ailleurs jamais acheté. Car entre temps, j'avais trouvé au rayon solde d'un obscur disquaire une K7 single de la chanson. Je n'ai jamais aimé ce support (l'usure rapide, le rembobinage...) mais j'étais tellement heureux d'avoir enfin trouvé un des sésames du petit carnet de notes que je l'embarqua. Et compte tenu de l'argent de poche limité, ensuite, je n'ai jamais acheté l'album. Deux ans plus tard, en 1994, alors que j'allais aux Etats-Unis pour la première fois, ce n'est pourtant pas les occasions qui manquèrent...

Alors voici la première chanson du petit carnet. C'est "Just Another Day" de Jon Secada, un ancien choriste puis auteur de quelques uns des plus gros tubes de Gloria Estefan au début des années 90, dont "Coming Out Of The Dark". A ce jour, "Just Another Day" est sa chanson la plus connue (et vendue)...




30 juillet 2010

Notebook Songs

Se poster devant le Top 50. Ecouter la radio dans sa chambre. Emprunter l'écouteur de baladeur K7 d'un copain dans la cour de recrée. Danser à vos premières boums. Autant de moments qui construisent votre culture musicale pop. Autant de moments aussi qui peuvent s'évanouir aussi vite qu'ils se sont déroulés.

Aujourd'hui, entre Spotify, les chansons qui s'affichent directement sur votre écran de radio ou de télé, les playlists des radios accessibles sur leur site web ou application iphone, difficile de passer à côté d'une chanson. Et c'est sans compter sur l'inévitable Shazam. Retrouver la trace d'une chanson glanée ici ou là et l'acheter dans la foulée pour combler ad vitam eternam vos oreilles d'une mélodie entêtante n'est absolument pas un problème.

Il y a encore 15 ans (voire 10), c'était une toute autre affaire.

D'où l'importance de mon précieux carnet de note. J'en possède un depuis la fin des années 80 ou le tout début des années 90 - je crois. Toujours près de moi, j'y notais méticuleusement les titres ou, devrais-je dire, les bribes de titres (voire dans les cas extrême des bribes de paroles) des chansons entendues ici ou là. Une fois le disque déniché, je pouvais alors les rayer. C'était alors le seul moyen de garder en mémoire tous ces moments brefs mais intenses où vous entendez une chanson pop en sachant pertinemment que vous risquiez de ne pas la réentendre avant des mois, voire des années, faute de la technologie et réseaux de distribution suffisants.

Au cours des années 90, j'ai donc noté, noté et encore noté. Des centaines de chansons sont passés par ce carnet. Certaines y sont restées seulement quelques jours. D'autres y sont restées des années. Et c'est bien possible que certaines y soient encore. Des vieilles chansons des années 50, 60 ou 70. Des tubes récents. D'autres un peu moins. Parfois aussi quelques trucs un peu honteux. Beaucoup de mélodies et de mots sont passés par ce carnet. Mais tous correspondent à ces petits moments de votre vie qui vous rendent soit un peu nostalgique, soit un peu triste, soit un peu joyeux... Un slow avec une jolie fille quand vous aviez 14 ans... L'achat des baskets de vos rêves dans votre magasin préféré... Un baiser les écouteurs de votre baladeur sur les oreilles...

Alors voici une nouvelle rubrique. Une rubrique simple avec moins de textes que d'habitude. Une rubrique avec des chansons, toutes ces chansons qui sont (ou aurait pu) passées par ce carnet... et peut-être aussi avec les moments qui leur sont associés.

C'était quelques mots en attendant la première... bientôt.