C'est une histoire d'amour dont nous rêvons, une histoire d'amour qui fait battre notre coeur des années durant et qui finit par nous fracasser. C'est une histoire qui ne se dit qu'en chansons, une histoire comme toutes les autres.
Skeeter Davis - The End Of The World
Leonard Cohen - Famous Blue Raincoat
The Cure - The Funeral Party
Portishead - Roads
Otis Redding - I've Been Loving You Too Long
Eluvium - Don't Get Any Closer
Aphex Twin - Avril 14th
Chet Baker - My Funny Valentine
Lykke Li - Love Me Like I'm Made of Stone
Chromatics - I'm On Fire
Mazzy Star - Into Dust
Patsy Cline - Sweet Dreams (Of You)
Björk - Unravel
Young Summer - Taken
Slowdive - Alison
Otis Redding - You Don't Miss Your Water
Dustin O'Halloran - An Ending, A Beginning
M83 - You Appearing
Mazzy Star - Fade Into You
Patsy Cline - Crazy
God Help The Girl - I Just Want Your Jeans
Nancy Sinatra - Until It's Time For You To Go
Clan of Xymox - Masquerade
Tindersticks - Friday Night
Radiohead - Motion Picture Soundtrack
The Cure - Pictures of You
Stars of The Lid - A Meaningful Moment Through a Meaning
Contrairement aux années précédentes, en 2015, mes traditionnelles chansons pop ne comptent aucune grosse tête d'affiche du game pop, les Katy Perry, Madonna, Lady Gaga et autres Rihanna. Les poids lourds laissent leur place à des pop-stars plus réelles, plus normales et aussi sûrement beaucoup plus intéressantes, les Marina & The Diamonds, Carly Rae Jepsen, Foxes, Clairity, Shura et autres Annie. Et puis cette année, Giorgio Moroder est sortie de sa retraite avec grand fracas sur le dancefloor ! Alors il lui faut de la place au papy disco.
Comme c'est la tradition depuis 2009, j'ai fait une playlist best-of de mes 150 chansons pop préférées de 2014. C'est assez varié : ça inclut des gros tubes que vous connaissez par coeur, d'autres pas du tout, ça inclut de la grosse pop FM, des trucs beaucoup plus intimistes, des trucs en français, des trucs en anglais, des jeunes starlettes et des survivants des 90's et, comme toujours, beaucoup de scandipop.
Ces derniers mois, je nourris une passion de plus en plus vivace pour la country music. Moi qui n'ait écouté pratiquement que du rap à l'adolescence, j'ai l'impression que l'âge me fait devenir plus blanc que jamais.
Il y a eu deux déclencheurs à ce récent engouement, je crois. Le premier : la série Nashville. Le deuxième : la BO du premier Hunger Games.
Quand j'allais passé mes étés aux Etats-Unis dans les années 90, je trouvais ridicule tous ces jeunes ados qui n'écoutaient que ça. J'avais l'impression qu'ils étaient vieux avant l'âge, qu'on pouvait décemment pas avoir 16 ans et écouter la même musique que ces parents. Aucun respect pour leur adolescence ! C'était un affront à John Hughes.
C'est pourquoi la country avait, jusque là, éveillé en moi que mépris. Mais j'ai 35 ans maintenant. Je suis un adulte. Et, désormais, j'aime la country. Ca me semble moins honteux.
Reste toutefois que j'aime seulement un certain type de country. La country de stade, celle qui truste les ventes aux Etats-Unis, j'arrive pas. Les mecs qui portent le stetson comme une marque de street-cred, je trouve ça toujours aussi ridicule - tout comme leur musique. Les Tim McGraw, Keith Urban, Kenny Chesney ou Blake Shelton, je peux pas. Idem pour les filles comme pour, par exemple, les premiers albums de Taylor Swift ou ceux de Carrie Underwood.
Bref, si vous regardez Nashville, je suis pas trop Rayna James, Juliette Barnes, Luke Wheeler ou Will Lexington. Par contre, Scarlett O'Connor et Gunnar Scott, ça c'est la country que j'adore. Une country peut-être un peu plus folk, plus tendre, plus intimiste, plus "alternative", sûrement une country aussi plus "old school", plus classique, plus proche des sons originaux avant que la pop-music et le rock viennent tout saloper.
Alors, comme je n'y connaissais rien mais alors rien du tout, je suis parti à la recherche d'artistes des années 2000 qui correspondraient à ce son que j'adorais en regardant Scarlett et Gunnar dans Nashville. En partant des artistes que je connaissais et adorais déjà (Brandy Clark, First Aid Kit, Caitlin Clark), j'ai utilisé Spotify et son moteur de recommandation et j'ai commencé à construire, depuis tout pile un an, une playlist qui commence à tenir la route.
C'est pourquoi je la partage désormais avec vous. Il y a pour l'instant une quarantaine de chansons. Mais j'en rajoute régulièrement. Alors, pensez à vous y abonner si vous adorez, comme moi, ce genre de son ou si vous voulez simplement découvrir des artistes dont vraiment personne ne parle en France.
(Et si vous connaissez des artistes qui auraient, selon vous, leur place dans cette playlist, n'hésitez pas à les signaler dans les commentaires)
C'est l'heure des bilans. On commence donc l'habituelle retro annuelle avec ces 150 chansons pop de l'année. Le blogueur pop traite habituellement le sujet avec un Top 50. Moi, je n'y arrive pas. Je peux pas classer des chansons. C'est trop compliqué. Alors, je vous propose 150 chansons d'un bloc, sous forme de playlist. Ce sont mes préférées. Il y a de la k-pop (un chouïa), de la pop ultra mainstream (un peu), de la pop indé, du Français (ouais !), du R&B, des chansons de films (le grand retour du genre après des années de vaches maigres) et beaucoup, beaucoup de Scandipop. La playlist s'écoute sur Spotify.
Quand j'avais 11-12 ans, avant que je ne rentre au collège, ma série de compilations préférée n'était pas les Boulevards des Hits, A Nous les Hits ou les Polystar. C'était la série Synthétiseur - les plus grands thèmes. On y retrouvait tous les grands tubes instrumentaux de la musique électronique de l'époque, ceux composés par Jean-Michael Jarre, Vangelis, Tangerine Dream, OMD, Jan Hammer, Eric Serra, Giorgio Moroder ou Mike Oldfield. C'était en 1989-1990.
En vrai - et cela m'échappait complètement à l'époque -, ces tubes étaient des versions "réenregistrées", un peu comme toutes ces versions un peu chelou que vous trouvez sur Spotify quand une maison de disques n'a pas fait correctement son travail en rendant disponible l'originale. C'était toutefois beaucoup mieux foutu. En les réécoutant, les différences sont, la plupart du temps, à peine perceptibles. Les morceaux étaient instrumentaux, ce qui facilitait évidemment assez les choses.
En Europe, ces disques se sont vendues à plus de 10 millions d'exemplaires. Autant dire, pas rien.
J'ai récemment repensé à ces compilations en écoutant le premier album des français Chateau Marmont. Les mecs ont obligatoirement écouté comme moi ces compilations quand ils étaient gosses. C'est le seul moyen d'expliquer des titres comme "Tales From The Creek" par exemple. Ce morceau m'a fait alors penser que des morceaux instrumentaux au synthé, je continuais d'en écouter beaucoup. BEAUCOUP. Entre la musique de films influence 80's, la scandipop et quelques musiciens Français dignes héritiers de maître Jean-Michel Jarre, les sytnthés ont repris le pouvoir dans la musique des années 2000.
Alors, j'ai fait une playlist Spotify que j'ai intitulé du meilleur titre possible : SYNTHETISEUR 2000. Je sais pas ce que vous en pensez mais ce titre, c'est un poème à lui tout seul. Vous y trouverez une sélection d'une trentaine de titres des années 2000-2010 qui font pleurer le synthé, des titres qui tirent leur mélancolie de ces nappes aériennes de claviers électroniques.
Quand j'entre dans l'adolescence au tout début des années 90, c'est souvent au hasard que je dois attribuer la découverte d'une chanson. Pas de Shazam. Pas de blogs. Pas de Soundcloud ou YouTube. Pas de Spotify. Surtout, je suis complètement dépendant de ce qu'un programmateur, pas toujours bienveillant, veut bien me faire écouter.
Je suis en quatrième quand je découvre Bobby Brown. On est en 1992. Le morceau Humpin' Aroundpasse à la radio. Choc musical immédiat. Avant ça, la musique qui passait dans mes oreilles était de la pop-music et de l'eurodance. C'était les trucs que les programmateurs de radio, en Europe, voulaient bien nous faire écouter. Alors, c'est ce qu'on écoutait. On avait pas vraiment le choix, en fait. C'était les seuls disques qu'on trouvait, de toute façon. Et payer 200 francs un disque en import quand on a 30 francs d'argent de poche par mois, impossible.
Mais, par la grâce d'un programmateur moins fainéant (celui de l'émission Rapline sur M6), je découvrais le rap à cette époque. Vers 91-92. Je n'étais qu'un pré-ado qui commençait à peine à muer mais NTM et Public Enemy m'ont appris la vie. La rébellion naturelle de l'adolescence, c'est par eux qu'elle a commencé à s'exprimer. Elle était cantonnée à ma tête (Introverts Power !) mais elle était bien vivace.
Et donc voilà ce que j'ai trouvé chez Bobby Brown : la puissance mélodique des tubes pop que j'adorais (Madonna, les New Kids On The Block, les tubes de Stock Aitken & Waterman pour Kylie Minogue et Jason Donovan) et l'attitude rentre-dedans des rappeurs que je commençais à idolâtrer. Pour un Américain, avoir un choc musical avec Humpin' Around releverait sûrement de l'absurde tant le morceau (même si génial) reste très anecdotique dans l'histoire de la pop music. Mais voilà, j'étais français (de surcroît, provincial) et le genre de musique pratiqué par Bobby n'avait, jusque là, jamais réellement franchi l'Atlantique. Encore moins les frontières de ma province.
Il ne m'a pas fallu trop longtemps pour découvrir que mon choc musical avait un nom : le New Jack Swing. Certes, sans Wikipedia, il m'a fallu un peu plus de vingt secondes (probablement quelques mois) pour tout apprendre sur cette musique. Le New Jack Swing avait été inventé par Teddy Riley qui avait réussi à mélanger la légéreté des arrangements de la "dance-pop", le côté brut du Hip-Hop et les mélodies suaves du "contemporary R&B".
Le New Jack Swing mélangeait Anita Baker avec Public Enemy, Madonna avec DeBarge, Alexander O'Neal avec Gang Starr, Luther Vandross avec Eric B & Rakim. Dans mes oreilles de petit français qui commençait à peine à rencontrer le rap, le New Jack Swing faisait figure de révolution. Ce que les Américains ont appelé le "contemporary R&B" n'avait en effet jamais atteint les charts français qui s'étaient contenté, dans les années 80, des reliques disco/funk des années 70 comme Kool & The Gang et Earth Wind & Fire.
Dans mes recherches, je re-découvrais donc le Rythm Nation de Janet Jackson (que je n'avais jamais vraiment aimé jusque là). Je découvrais Bell Biv Devoe dans un épisode du Prince de Bel-Air et la chanson Motownphilly des Boyz II Men dans un épisode de La Fête à la Maison. Je voyais au cinéma des films comme Boomerang et Mo Money qui en était rempli. Je découvrais Wreckx-N-Effect, Public Announcement, Aaron Hall, Jodeci et des dizaines d'autres dans les compils New Jack USA qui tournaient en boucle sur ma platine CD. J'explosais surtout le compteur des lectures du Dangerous de Michael Jackson, l'album de New Jack Swing (produit par Teddy Riley) le plus vendu au monde.
Entre 1992 et 1994, je n'écoutais presque que ça. Deux années. Pendant deux ans, je me suis nourri presque uniquement de New Jack Swing. Mais, dommage pour moi, j'arrivais très tard. La France avait découvert le style avec Bobby Brown en 1992 et s'en était vraiment emparé que deux ans plus tard. Les Etats-Unis, eux, l'avait découvert cinq ans plus tôt... en 1987. Et oui, comme (presque) toujours, c'est à peu près le temps qu'il fallait aux musiques pour franchir l'Atlantique, la France avec sa traditionnelle "variété" étant souvent la dernière à sortir de son coma.
Donc, malheureusement, si Teddy Riley avait inventé le style à la fin des années 80 avec le premier album de son premier groupe, Guy, il a sonné lui-même son glas avec le premier album de son deuxième groupe, Blackstreet. Les titres Booti Call et U Blow My Mind, étaient devenu mes hymnes mais il était trop tard : la fin était là. Car pendant ce temps là, les Etats-Unis étaient déjà en train de passer à autre chose : Puff Daddy avait "inventé" Mary J. Blige. Le Hip-Hop avait pris ses aises dans les Charts américains et les sons s'étaient endurcis. Il en était terminé du New Jack Swing, cette "parenthèse enchantée" qui avait permis au R&B de franchir pas mal de barrières musicales.
Le New Jack Swing, c'était sept années. 1987-1994. Pas plus. Pas moins. Pourtant, en France, on a continué à parler de "New Jack". Quand j'étais au lycée, à une époque où le genre avait "plus ou moins" complètement disparu, tout le monde continuait de parler de "New Jack" dès qu'il s'agissait de qualifier un morceau de "musique noire chantée et influencée par le rap". Puis, il y a eu cette expression un peu abscons et un peu anachronique vendue par les maisons de disques et les médias : le "groove". On était à la fin des années 90. Je sais pas comment est finalement arrivé le mot R&B au début des années 2000 mais le terme a finalement réussi à faire son chemin dans la tête des Français. Encore et toujours ce retard à assimiler tout ce qui fait la culture pop.
D'où un phénomène ces derniers temps sur les blogs musicaux français. On parle de R&B pour qualifier une musique qui n'aurait existé que depuis 1996. Et je vous avoue : ça me fait mal au coeur. Lire des choses qui laisserait penser que "No Diggity", "The Boy Is Mine" ou "Family Affair" aurait inventé le R&B. Quand je lis des absurdités pareilles, j'ai l'impression qu'on piétine mon adolescence. Putain de jeunes nés dans les années 90. Aucun respect !
Alors, voilà. J'ai fait une playlist sur Spotify uniquement dédiée au New Jack Swing, le vrai, l'unique, celui qui n'a existé qu'entre 1987 et 1994, celui qui nous faisait danser le "running man" dans les boom avant d'entamer les slows, celui qui me fait encore frissonner d'un plaisir nostlagique sans pareil... Enjoy.
Aaron Hall - It's Gonna Be Alright
After 7 - In The Heat of The Moment
Al B. Sure - Nite And Day
Alexander O'Neal - Criticize
Bell Biv DeVoe - Poison
Big Daddy Kane ) I Get The Job Done
Blackstreet - U Blow My Mind
Blackstreet - Booti Call
Bobby Brown - Don't Be Cruel
Bobby Brown - My Prerogative
Bobby Brown - Humpin' Around
Bobby Brown - Two Can Play That Game
Boyz II Men - Motownphilly (Original)
Christopher Williams - I'm Dreamin'
Color Me Badd - I Wanna Sex You Up
Guy - Wanna Get With U
Guy - Groove Me
Guy - Teddy's Jam
Heavy D & The Boyz feat. Aaron Hall - Now That We Found Love
Hi-Five - She's Playing Hard To Get
James Ingram - It's Real
Janet Jackson - Rythm Nation
Janet Jackson - Miss You Much
Janet Jackson - Love Will Never Do (Withour You)
Jodeci - Feenin'
Joe - The One For Me
Joe Public - Live And Learn
Teddy Riley feat. Tammy Lucas - Is It Good To You
Aaron Hall - Don't Be Afraid
Karyn White - Secret Rendez-Vous
Keith Sweat - I Want Her
The Laface Cartel - Reversal Of A Dog
Mary J. Blige - Changes I've Been Going Through (Teddy Riley Remix)
Michael Jackson - Remember The Time
Luther Vandross & Janet Jackson - The Best Things In Life Are Free
New Edition - If It Isn't Love
Portrait - Here We Go Again
R. Kelly & Public Announcement - She's Got That Vibe
Ralph Tresvant - Sensitivity
Redhead Kingpin - Do The Right Thing
Starpoint - I Want You - You Want me
SWV - Right Here (Human Nature Remix)
SWV - I'm So Into You
TLC - What About Your Friends
Tony! Toni! Toné - Feels Good
Troop - Spread My Wings
Wreckx-N-Effect - Rump Shaker
(P.S. : On pourrait considérer "This Is How We Do It" de Montell Jordan, sorti en 1995, comme du New Jack Swing. Musicalement, ça l'est clairement. Mais la chanson était déjà tellement anachronique et "à part" dans le contexte de l'époque que j'arrive pas à l'inclure)
On continue cette rétrospective annuelle avec les 130 chansons pop qui ont marqué mon année. Comme toujours, c'est assez varié : de la pop française, de l'eurodance, de l'italo-disco suédoise, de l'EDM putassière, de la K-pop, du mainstream, du pas du tout mainstream. Si vous écoutez régulièrement la playlist infinie, vous allez retrouver beaucoup de sons connus. Pour les autres, l'aventure musicale s'offre à vous. Après avoir ravi vos papilles au réveillon, ravissez vos tympans au réveillon avec cette playlist qui démontre au moins une chose : le revival 80's, c'est complètement terminé. Les sons pop pour 2012 sont directement inspirés des 90's. Alors, faites plaisir à vos oreilles et abonnez-vous !
PS : Non, il n'y a pas Gangnam Style dedans. Vous pouvez me dire Merci.