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07 février 2011

Charlie Sheen ou le Dernier des Dégénérés

Cette dernière décennie, la presse people a tenté de nous faire croire, à coup de unes fracassantes sur la cellulite de Britney Spears, le gras du bide de Gerard Butler et l'acné de Cameron Diaz, que les stars étaient comme nous. Bien aidée par la télé réalité, les tabloids se sont entêtés à démontrer que oui, les stars font caca, que oui, les stars font des régimes à la con et ont la peau grasse et le cheveux sec, que oui, les stars portent des joggings sans formes pour aller acheter leur café Starbucks moisi au coin de la rue. En gros, le message est clair : la seule différence entre vous et la star, c'est les mecs gras du bide qui prennent des photos de vous quand vous osez mettre le pied dehors.

Une petite différence. Pas tant que ça. Dans la vie de tous les jours, ça ne change rien. Metro. Boulot. Dodo. C'est aussi le lot de la star qui tourne et donc travaille. Certes, elle n'est pas assise derrière un bureau mais la logique est sensiblement la même. La nuit arrivant, c'est une autre affaire. A priori, le soir où vous sortez vous mettre une mine, personne n'est là pour immortaliser l'évènement et le publier le lendemain dans la presse mondiale - à moins d'avoir des copines perverses, toute acquise à la cause de Mark Zuckerberg et donc peu soucieuses de la vie privée, qui balanceront les photos compromettantes sur un Facebook ouvert au monde. La différence de taille entre vous et la star est là : la star, elle, doit être irréprochable moralement.

Si vous prenez les cadors du box-office de ces dix dernières années, que voyez-vous ? Brad Pitt et Angelina Jolie, en couple depuis cinq ans et heureux parents de six enfants (dont trois adoptés). Matt Damon, marié depuis cinq ans et père de trois enfants. Hugh Jackman, marié depuis quatorze ans et père de deux enfants adoptés. Idem pour Will Smith, marié depuis treize ans et père de deux enfants. Quant à George Clooney ou Leonardo Di Caprio, ils ont beau être des célibataires endurcis, ils compensent largement en militantisme politique et social ce qu'ils perdent en stabilité conjugale. Même Johnny Depp qui a passé les années 90 a ruiné les chambres d'hôtels du monde entier n'a jamais eu autant de succès que ces dix dernières années passées à faire le mari aimant et le papa-poule. Bref, la star des années 2000 a été chez les scouts et c'est ce genre de stars que le public veut voir sur grand et petit écran.

Le sensationnalisme de la vie orgiaque hollywoodienne, la drogue, les putes, les partouses, l'alcool, tout ça, le public accepte, s'en délecte même (les années 2010, sous l'influence des blogs et Twitter, marquent clairement un retour à ce type d'infos people - après l'acné, le gras du bide et la cellulite de la décennie précédente). Mais le public refuse que ça transpire sur l'écran. Il veut, d'un côté, ses stars proprette, ses héros aux dents blanches pour rêver au ciné et, de l'autre, ses "stars" déglingués aux dents pourris pour se moquer chez Perez Hilton. Mais les deux mondes ne doivent pas se croiser. "Le Nouvel Hollywood" de Dennis Hopper, Peter Fonda, Jack Nicholson est loin...

Le monde ne veut plus voir sur ses écrans les pervers, les détraqués, les drogués, les rebelles, les voleurs, les alcooliques qui peuplaient "notoirement" autrefois le monde merveilleux des stars mondiales. A cause de ses rehabs et autres frasques, Lindsay Lohan est tellement chère à assurer que les producteurs refusent de l'engager. Winona Ryder, arrêtée en 2001, pour vol à l'étalage, a mis presque dix ans à retrouver un rôle dans une production hollywoodienne (10 minutes dans STAR TREK !). Durant la première partie de la décennie, Robert Downey Jr a passé plus de temps en prison ou en cure de désintox que dans des films à succès. Même Tom Cruise, l'incarnation de la méga-star des années 80 et 90, a été destitué de son piédestal aussi vite qu'il lui en aura fallu pour sauter sur un canapé. Pensez également Meg Ryan, la petite fiancée de l'Amérique des années 90 qui n'a jamais retrouvé grâce aux yeux du public après avoir soudainement quitté Dennis Quaid, son mari de neuf ans, pour une aventure de tournage avec Russell Crowe en 2000.

Et il y a Mel Gibson. Après son "à peine dissimulé" film antisémite de 2005, il avait échappé de peu au lynchage public grâce au succès du box-office. La méga star des années 80 avait même survécu aux diverses arrestations pour conduite en état d'ivresse et autres commentaires racistes et homophobes qui lui ont été attribués depuis le début de sa carrière. Mais les coups de téléphone enregistrés à son insu et divulgués sur Internet en juillet 2010 lui ont été définitivement fatals. Ils sont d'une telle violence que, cette fois, la star ne peut pas échapper à l’opprobre public par des excuses et un communiqué de sa publiciste. Même de la part de "Mad Mel", entendre de ses propres oreilles sa star préférée dire à une femme des trucs comme "When you go out in public and it's a fucking embarrassment to me. You look like a fucking bitch on heat. And if you get raped by a pack of niggers it'll be your fault, all right?", ça ne peut plus passer...

Ouvert d'esprit ou non. Au premier comme au quatrième degré, vous ne pouvez plus différencier le héros de l'acteur et, à raison, ce qui devait arriver, arriva. Il a niqué sa carrière. Plus personne ne veut l'engager. Même pour un ARME FATALE 5, depuis longtemps dans les cartons qui aurait rempli à coup sûr les salles, la Warner Bros. ne veut plus entendre parler de Mel Gibson. Résultat : au lieu d'une suite, L'ARME FATALE 5 sera un reboot - avec des petits jeunes. De la même façon, vous en connaissez, vous, des acteurs qui se se sont vus refuser un caméo dans un film parce que le reste du casting a activement milité contre sa présence sur le tournage. Non. Ca n'existe pas. C'est pourtant ce qui est arrivé à Mel Gibson sur THE HANGOVER 2.

Et Charlie Sheen se pointa au bal...

Depuis près de 20 ans, Charlie Sheen pourrait monopoliser dix personnes de la Brigade des Moeurs sur son seul cas. En 1990, il tire une balle dans le bras de sa fiancée, Kelly Preston, après qu'elle ait rompu avec lui. En 1995, il est cité comme un des principaux clients de la maquerelle d'Hollywood, Heidi Fleiss, lors de son procès. A la fin des années 90, il compte parmi ses petites amies "officielles" deux stars du porno (Ginger Lynn et Heather Hunter). En 1998, il fait une overdose de cocaïne et est envoyé en désintox après avoir violé sa conditionnelle. En 2005, il est accusé par son épouse, Denise Richards, d'abuser de la cocaïne et de l'alcool et de la battre alors qu'elle était enceinte. Bis repetita avec sa femme suivante, Brooke Mueller, cette fois, avec une arme à feu. En 2006, il se revendique membre du 9/11 Truth Movement qui milite pour qu'une enquête soit ouverte sur la "véritable" cause de l'effondrement du World Trade Center. Et faut-il mentionner l'actrice porno, Capri Anderson, retrouvée sanglotante dans la salle de bain d'une chambre d’hôtel newyorkaise complètement détruite après une nuit de débauche à la cocaïne et à l'alcool ? Tout ça nous menant aux évènements de ces derniers jours : une première nuit de débauche avec l'actrice porno Bree Olson à Las Vegas, suivi, quelques jours plus tard par une autre nuit du même type, cette fois, avec l'actrice porno Kacey Jordan. Dernière nuit qui se termina aux urgences, Sheen, 45 ans, se retrouvant bloqué du dos, avec une hernie.

Avec un CV pareil, dans le Hollywood de Will Smith, Charlie Sheen devrait être, au choix, en train de faire la plonge dans un restaurant mexicain (après tout, son vrai nom est Carlos Estevez), en desintox prolongée à l’hôpital public, en train de pousser un chariot dans Skid Row ou mort. Mais non. Charlie Sheen est l'acteur le mieux payé de la télévision américaine : 1,8 million de dollars par épisodes de MON ONCLE CHARLIE, la série comique la plus regardée de la télé US (15 millions de spectateurs chaque lundi). Ça fait 8 ans que ça dure. Mais cette fois, si la Warner accepte volontiers de se séparer de Mel Gibson pour L'ARME FATALE 5, elle n'a pas du tout l'intention d'en faire de même pour Charlie Sheen. Selon The Holywood Reporter, ce coup d'éclat pourrait leur coûter 250 millions de dollars. Mais non. Charlie Sheen passera trois mois en rehab forcée et devrait retrouver son job après. Comme si de rien n'était.

Qu'est-ce que cela veut dire ? Qu'il a des dossiers sur les boss de Warner ? Que la boss de Warner a un vieux fantasme remontant à l'adolescence concernant son rôle court mais mémorable dans LA FOLLE JOURNEE DE FERRIS BUELLER ? Que le succès de la série est tel que la Warner perdrait plus d'argent à abandonner la série (ou à remplacer son acteur principal) qu'à l'arrêter quelques mois pour la reprendre comme si de rien n'était ? A n'en pas douter. Mais ce serait trop simple. La raison la plus profonde de l'exceptionnel maintien de Charlie Sheen dans le show-business n'est pas à trouver que dans le portefeuille des riches et puissants d'Hollywood. Il est aussi dans le coeur des gens. Ou plutôt dans leur couille.

Inutile de se leurrer : Charlie Sheen assouvit les fantasmes d'un paquet de mec. De gens comme lui, Hollywood en fait des héros de cinéma. Voyez THE HANGOVER (tiens, justement). Des mecs comme tout le monde qui font des fêtes tellement mémorables qu'elles valent le coup d'être raconter dans des films. Des mecs comme tout le monde qui se tapent de stars du porno. Des mecs comme tout le monde qui profitent de la vie à fond sans se soucier des conséquences, sans se soucier de responsabilités, d'enfants, de boulot, de mariage etc. Dans un monde contrôlé par la morale du mariage sage et de la famille nombreuse (Brangelina et tous les exemples cités plus haut), un mec comme Charlie Sheen est une soupape et surtout un modèle pour un bon nombre de gens car son goût pour les stars du porno, la baise, l'alcool et la fête n'apparaît pas au plus grand nombre comme un mal-être profond (Lindsay Lohan) ou comme une folie malsaine (Mel Gibson) mais comme un simple plaisir hédoniste.

Mais le public de Charlie Sheen n'ait pas fait que de mecs frustrés compensant leur manque affectif par le porno et les fantasmes d'orgie dans des palaces des Las Vegas...

Dans une récente interview à The Hollywood Reporter, Chuck Lorre, le créateur de MON ONCLE CHARLIE, raconte que "le concept original de la série était de montrer l'influence positive d'un enfant sur un dégénéré", poursuivant sur "et pour je-ne-sais-quelle raison, le nom de Charlie Sheen m'ait venu à l'esprit." Voici le véritable postulat de départ de l'état de grâce de l'acteur auprès du public. Contrairement à Mel Gibson dont la "dégénérescence" s'écoute à portée de clic avec un réalisme cru digne du documentaire le plus glauque, Charlie Sheen l'expose hebdomadairement sur le petit écran avec humour, décontraction et second degré. Charlie Harper, le compositeur de musiques publicitaires alcoolique et accroc au sexe, pour 15 millions de téléspectateurs par semaine, est Charlie Sheen. Et inversement. Le fait qu'ils aient le même prénom n'est pas un hasard ! Chuck Lorre l'avoue lui-même à demi-mot. Et donc, le concept même de la série, cette fameuse "influence positive sur un enfant" ne fait que renforcer la sympathie du public pour le personnage - et donc l'acteur par la même occasion. Après tout, le lendemain de la nuit durant laquelle la pornstar Capri Anderson se retrouvait sanglotante enfermée dans la salle de bain de la chambre d’hôtel de Sheen, ces mêmes téléspectateurs se marraient avec lui d'une de ses blagues sur la sodomie.

La télé a cet avantage que le ciné n'a pas. Une série s'étire sur le long terme, s'installe dans les foyers. Les acteurs de cinéma deviennent des héros, des références, des modèles. Les acteurs de télé deviennent des amis, des parents, des frères et soeurs. Un héros peut décevoir. Un grand frère, non (ou presque). Et Charlie Sheen, avec ses coups d'un soir avec de stars du porno, est devenu ce grand frère déjanté dont on aime affectueusement raconter les histoires pendant les réunions de famille hebdomadaires. Mais quelque chose cloche : sous prétexte qu'il nous fait bien rire et qu'il nous divertit chaque semaine, on ne se pose pas beaucoup de questions. On se voile la face sur les vrais problèmes de ce grand frère, ce qu'il ressent vraiment. C'est vrai, après tout, il est riche et il s'amuse. Pourquoi s'inquiéter ?

Pourquoi s'inquiéter ? 1/ Parce qu'à 45 ans, on ne passe pas son temps à boire et à se droguer sans un profond malaise. 2/ Parce que Robert Downey Jr n'a jamais été aussi cool que sobre. 3/ Parce que Charlie Sheen est un acteur très cool assez peu sobre. 4/ Parce qu'une série, même avec du succès, n'est pas éternelle. 5/ Parce qu'il n'y a rien de pire que le chômage pour un acteur cool qui n'arrive pas à rester sobre plus de 24h.

Vite, Hollywood, donnez une série télé à Lindsay Lohan... Et un bon psy à Charlie. Avant qu'il ne soit trop tard...


09 mai 2010

Laissons Lindsay Lohan Tranquille

Fut un temps où les jeunes stars de l'écurie Disney avaient, malgré leur jeune âge, quelque chose de charismatique - même pour les plus de 15 ans. Je n'étais déjà plus dans la cible mais je me rappelle par exemple encore très bien de Shia LaBeouf dans l'excellente série LA GUERRE DES STEVENS. Et surtout, je me rappelle très bien de Lindsay Lohan dans les plutôt agréables films A NOUS QUATRE et FREAKY FRIDAY. Même Hilary Duff, héroïne de LIZZIE MAGUIRE, avait un petit quelque chose d'assez inoubliable. Et d'ailleurs, vous saviez que Kurt Russell avait été un héros Disney célèbre dans les années 60 ! Entre les tâches de rousseur et le charme instantané de Lindsay ou les frisettes et la nonchalance de Shia, ils avaient ce petit truc, déjà très jeunes, qui fait les stars.

Charismatiques. Inoubliables. Des adjectifs qu'il va être difficile d'attribuer à leurs petits frères et soeurs. Vous les connaissez sûrement. Je cite : les Jonas Brothers, Miley Cyrus, Demi Lovato ou Selena Gomez. Outre le fait qu'ils ont tous la même tête d'Américain ahuris, les faisant ressembler à des clones au service du divertissement mondialisé, ils portent tous ces anneaux/colliers de pureté, comme des moutons au service de la bigoterie mondialisée. Et quand il était plutôt agréablement régressif de regarder des séries comme LIZZIE MAGUIRE et LA GUERRE DES STEVENS, je ne vous dis pas le calvaire que représente une session des SORCIERS DE WAVERLY PALACE ou de HANNAH MONTANA. C'est carrément débilisant !

Mais ces chères têtes brunes (et pures) ont un avantage sur leurs aînés - du moins dans la théorie. Ils ne devraient pas aller se bourrer la gueule au Chateau Marmont et faire des photos cochonnes dans des magazines branchés, une fois la majorité acquise. En gros, ils ne devraient pas faire comme Lindsay Lohan.

Lindsay Lohan. La honte de la maison de Mickey et de Minnie. La fille qui avait tout et qui a tout mis à la poubelle à grand coup de frasques orgiaques dans les clubs de Los Angeles. La "party girl" moquée pour ses aventures lesbiano-opportunistes. La starlette qui se fait virer des tournages et sermonner par Jane Fonda. Mais aussi l'icône trash qu'on adore détester par voie de presse interposée.

Je l'avoue. Il y a encore quelques mois, je détestais Lindsay Lohan pour ce qu'elle représentait. Je lui en voulais profondément d'avoir jeté une brillante carrière par la fenêtre à cause d'un goût prononcé pour la fête. J'étais très énervé de ce comportement de petite fille riche trop conne pour se rendre compte de la chance qu'elle avait. Comprenez-moi bien. Il y a un film que j'aime profondément - comme si je l'avais fait. Ce film, c'est MEAN GIRLS. Et si le script de Tina Fey est la principale raison de mon amour pour ce film, la prestation de Lindsay joue également beaucoup. Alors me dire que tout ça, c'était du vent, ça me faisait mal au coeur.

Et puis j'ai compris...

Mannequin puis actrice, Lindsay travaille depuis qu'elle est en âge d'avoir des souvenirs. Sa mère ressemble plus à une "meilleure copine" qu'à une mère. Son père, acteur raté, a fait trois ans de prison pour délit d'initiés (plus un an pour avoir violé sa probation !), a agressé son beau-frère, a été condamné pour conduite en état d'ivresse, est devenu un "Born-Again Christian" et est fiancé à une journaliste de la presse people ! Entre autre chose car tout cela, c'est sans compter les provocations ultra-médiatiques envers sa fille. La dernière en date : avoir appelé les flics un soir où Lindsay et sa petite soeur passaient une soirée ensemble car il avait, soi-disant, peur de l'influence néfaste de Lindsay. Oui, il semble bien que papa Lohan soit un cas vraiment désespéré de "gros enculé", plus intéressé par l'argent et la gloire qu'il peut tirer de la célébrité de sa fille que par son bien-être. Ce genre de type pervers et malsain qu'on aimerait voir enfermer dans la même cellule de prison qu'un néo-nazi bodybuildé. Mais si vous êtes avides lecteurs/lectrices de tabloïd, vous savez déjà tout ça...

Ce serait bien sûr faire de la psychologie à deux balles de dire que tous ces paramètres ont largement conditionnés Lindsay à commettre tous les excès dont on l'accuse aujourd'hui et qui ont ruiné sa carrière professionnelle. Mais quand même ! Le nombre de jeunes starlettes à s'être retrouvées dans la même situation sont légion. Elles pourraient avoir un groupe Facebook et ne pas avoir à rougir du nombre de membres face à celui des alcooliques pas anonymes ("Il faut boire avec modération, mais putain c’est qui ce modération ?") Certes, ce n'est pas une excuse mais ça remet les choses en perspective. Voyez Drew Barrymore, passée, elle aussi, par cette phase, écrivant dans son autobiographie "Little Girl Lost" : "Grandir... élevée par une mère célibataire, toujours absente à cause de son travail, j''étais pétris par l'insécurité, craignant sans cesse que les gens ne m'aiment pas. Je ne comprenais pas comment il était possible de m'aimer. Mon père me déteste. Ma mère ne m'aime que pour l'argent que je lui rapporte. J'étais persuadé de n'être rien d'autre qu'un morceau de chair sans valeur.(...) Sans le travail qui me permettait de booster mon égo, j'ai commencé à avoir des problèmes avec l'alcool et la drogue en essayant de fuir tout ce que je pouvais. J'étais la party girl en fuite. Droguée, j'avais le sentiment que tout allait bien. Le problème, c'était que j'avais besoin d'être tout le temps droguée."

Ça ne vous rappelle rien. Lindsay se comporte finalement comme n'importe quelle fille de 23 ans (et oui, c'est son âge !) sans repères affectifs. Et quand elle pète un câble sur Twitter après la descente de dizaines de flics chez elle, elle réagit finalement comme n'importe quelle fille face à la connerie et l'indifférence de son père : en colère, exaspérée, triste et déconcertée. Mais la différence avec n'importe quelle fille, c'est que Lindsay, elle, est suivie par plus de 560 000 personnes sur Twitter.

D'autant qu'il n'y a pas que son père qui soit en cause. Jour et nuit, sept jours sur sept, elle est suivie, harcelée, traquée par des dizaines de papaparazzi. Je conviens qu'elle a sûrement, un temps, cherché cela, qu'elle est en grande partie responsable. Mais comment vivre de cette façon ? Comment essayer d'envisager de se (re)construire et de retrouver une vie à peu près normale quand on est la cible privilégiée de loups qui guettent à votre porte ? Elle a sûrement beaucoup de choses à se reprocher mais je ne suis pas sûr qu'elle ait mérité ce genre de couverture. A vrai dire, personne ne mérite ce genre de couverture ! Parce que, désormais, le jeu préféré des tabloïds, ce n'est plus seulement d'avoir les meilleurs photos pour se moquer gentiment, c'est d'enfoncer et d'humilier violemment. Le moindre projet "sérieux" qu'elle annonce est moqué, discrédité. Et pas seulement par les tabloïds. Un nouveau film comme actrice ? La blogosphère savoure le bide à venir. Un documentaire en Inde ? La presse cinéma rigole. Une ligne de vêtement pour Ungaro ? La presse mode glousse.

C'est un cercle vicieux, chaque souffrance affective entraînant une frasque médiatique qui la décrédibilise un peu plus aux yeux du public et de la profession provoquant inévitablement de nouvelles souffrances.

Et maintenant que j'ai dit tout ça, j'aimerais que ça change. J'aimerais que la Lindsay Lohan qui a démontré un extraordinaire talent dans MEAN GIRLS, dans PRAIRIE HOME COMPANION ou dans BOBBY reviennent. Et cette fois, pour de bon ! Comme Robert Downey Jr, j'aimerais qu'elle se serve de toute cette souffrance, de cette vie vécue à 100 à l'heure pour devenir une encore meilleure actrice. Elle a 23 ans. Elle a la vie devant elle. Toutes ces "expériences" ne doivent pas servir à rien.

Il est clair que tous ces excès se sont inscrits une bonne fois pour toute sur son visage. Elle a 23 ans mais elle fait plus. Beaucoup plus. Mais ce nouveau visage a, il me semble, quelque chose de très ciné-génique. C'est ce que je me dis en voyant la bande-annonce de MACHETE. Je vois dans ce nouveau visage celui d'une survivante. Elle aura peut-être désormais du mal à jouer les héroïnes romantiques dans des comédies hollywoodiennes, comme elle le fit autrefois. Mais elle pourra jouer toutes les autres héroïnes. Celles des films d'action. Celles des drames. Bref, elle pourra jouer les héroïnes qui comptent. On a récemment annoncé qu'elle pourrait incarner Linda Lovelace dans un biopic qui serait consacré à cette icône du film porno 70's GORGES PROFONDES reconvertie en militante anti-pornographie. Je dis OUI ! A condition que le film soit un minimum réussi, c'est typiquement le genre de rôle qui pourrait refaire d'elle une actrice respectée.

Une actrice respectée. C'est exactement ainsi que j'ai envie de voir Lindsay Lohan, à l'avenir...


24 octobre 2009

Epic Loser

Il va falloir que je crée une rubrique rien que pour eux. Après Tommy Wiseau et Tucker Max, voici un nouveau loser magnifique de la pop culture made in USA : Troy Duffy. Encore un type au parcours rocambolesque et à l'égo si surdimensionné qu'il ferait passer Alain Delon pour l'inventeur de l'humilité.

Pour bien visualiser le personnage, il faut vous imaginer l'allure mastoc d'un joueur de football tendance défenseur - comprenez gras du bide - le bouc de l'Américain moyen de rigueur et la boule à zéro. Car le premier métier de Duffy - peut-être même sa vocation - c'est barman. Mais pas barman de l'Hôtel Costes. Brman du J. Sloan's, un bouge de West Hollywood (la zone !) qu'il dirige armé d'une batte de base-ball. Un outil bien utile pour vider les quelques poivreaux, sauvageons et crackheads qui oseraient franchir les portes de son établissement. Je pense que vous voyez bien là de quoi on parle.

Des rêves de gloire plein la tête, Duffy veut se faire un nom à Hollywood. Pour ça, il a deux pistes : son groupe de rock The Brood et un scénario intitulé THE BOONDOCK SAINTS. S'inspirant de ses "envies" de vider les dealers de sa cage d'escaliers, il crée ainsi deux personnages, les frères McManus, tueurs à gages spécialisés dans l'élimination des seigneurs de la drogue de Boston avec le FBI à leurs trousses. On est en 1996 et l'époque est aux anti-héros criminels popularisés par Quentin Tarantino dans PULP FICTION.

C'est donc assez naturellement que le script finit par arriver sur le bureau de Harvey Weinstein, le Pygmalion de Tarantino, Kevin Smith et Robert Rodriguez. Normal que le mec s'intéresse à un type pas vraiment démoulé comme Duffy. Tellement normal qu'avec la folie des grandeurs qu'on lui connaît désormais, il lui offre 15 millions de dollars pour faire son film, accepte que The Brood enregistre la bande son et propose même de racheter le J. Sloan's !

Bref, en 1997, le barman crasseux de West Hollywood se transforme en Cendrillon d'Hollywood. C'est acté : Duffy est le "prochain Tarantino". Le deal avec Miramax fait même la couverture d'USA Today et l'apprenti-réalisateur rencontre alors Mark Wahlberg, Brendan Fraser, Vincent D'Onofrio, Billy Zane, Jeff Goldblum et même un jeune Heath Ledger. Le mec est le nouveau roi du pétrole !

Sauf que... (et c'est là que les versions divergent).

Dès la fin de l'année 1997, le deal avec Miramax est rompu (avant que Harvey ne rachète le bar - merde !). La raison ? D'un côté, on dit que Weinstein et Duffy n'était pas d'accord sur le casting et que les deux se sont séparés d'un commun accord. De l'autre, on dit que Duffy a pris une de ces grosses têtes qui vous font exploser en plein vol et que, trop occupé, refusait de parler à qui que ce soit - même si ce qui que ce soit s'appelait Pitt ou Stallone. Il se raconte même que Duffy manqua d'engager Ewan McGregor, lors de leur premier entretien, à cause d'une dispute futile sur la peine de mort ! EPIC FAIL.

Finalement, une autre société de prod financera quelques années plus tard le film à hauteur de 6 millions de dollars (soit 2 fois moins que les Weinstein !) avec un casting composé tout de même de Willem Dafoe (dans un rôle de grande folle totalement surréaliste), Billy Connolly et Sean Patrick Flanery et Norman Reedus dans les rôles des deux frères. Tournage somme-toute rock'n roll durant lequel les principaux protagonistes se rappellent surtout les beuveries dans la villa louée pour l'occasion, les barbecues, les "orgies" dans le jacuzzi et les virées dans les clubs de strip-tease. Je pense que vous saisissez le tableau... D'autant que les seuls personnages féminins du film sont au choix deux prostituées "figurantes" et une féministe lesbienne qui se prend un pain dans la gueule par Reedus !

Inutile donc de vous dire que le film est au final une sorte de mélange pas très glorieux de Tarantino (pour le sujet et l'humour noir décomplexé) et de John Woo à la sauce irlandaise (pour les gunfights au ralenti sur fond d'esthétique religieuse bien appuyée !).

C'est d'ailleurs ce dernier point qui coutera sa sortie au film. Car après le massacre du lycée Columbine en avril 2000, l'obsession "légèrement" démesurée de Duffy pour les armes à feu n'est pas très bien passée. Résultat : 35 000 dollars de recettes en salles et EPIC FAIL !



Mais tout cela aurait pu rester de l'ordre de l'anecdote sympa qu'on se raconte entre initiés. La légende Troy Duffy, c'est à un documentaire qu'on la doit. Sorti en 2004, OVERNIGHT a été réalisé par les ex-meilleurs potes de Duffy qui s'étaient dit que filmer son ascension à Hollywood ferait un bon film, chose à laquelle un égo comme celui de Duffy ne pouvait pas dire non... Sauf que de l'idée de départ ne reste pas grand chose puisque le roi du pétrole annoncé s'est vite transformé en gros loser, se ramassant la gueule aussi vite qu'elle avait enflé... Et c'est bien le problème (d'où le "ex"), l'homme n'ayant naturellement pas trop apprécié que ses potos se fassent de la tunasse sur son malheur et surtout le montre dans toute sa splendeur de beauf homophobe et égomaniaque...



Reste que des beaufs homophobes et égomaniaques, l'Amérique en compte quelques centaines de milliers et qu'ils ont finit par trouver la voix vers leur messie Troy Duffy : le DVD, cette merveille de technologie so 2001 qui permet à tout beauf homophobe de s'instruire devant sa télévision couleur. Dans une interview à EW, Troy Duffy raconte : "Il y a des jeux de boissons associés au film. Il y a des milliers de fans avec des tatouages. Vous ne pouvez pas acheter ce genre de fans." D'après Norman Reedus, "Des gens viennent vers moi avec mon visage tatoué sur un bras et celui de Sean sur l'autre. Je leur demande s'ils étaient saoul en faisant ça et à 99% ils me répondent que oui." Ça c'est sûr, des fans comme ça, on ne les achète pas. Mais encore faut-il en vouloir ?

Mais vous savez quoi ? Duffy n'a pas touché un centime sur les ventes de ces DVD à cause du contrat qu'il avait signé avec les distributeurs en 2000. Et oui, il était persuadé que le film serait un succès en salles... Too Bad. EPIC FAIL (tiens, ce serait pas le troisième ?)

Elles lui auront quand même permis de réaliser, neuf ans après le premier volet, une suite à THE BOONDOCK SAINTS. Sûrement toujours partant pour des orgies dans les jacuzzis et des virées chez les stripteaseuses (surtout que la plupart ne sont plus les jeunes premiers qu'ils étaient il y a 10 ans), une bonne partie du casting original est toujours là. L'esthétique irlando-tarantinesque des gunfights aux ralentis so 1995, aussi...

Sorti le week-end prochain aux Etats-Unis par le type qui fit de LA PASSION DU CHRIST le phénomène que l'on sait en surfant sur le fondamentalisme religieux, je crois qu'on peut d'avance ajouter un 4ème EPIC FAIL à la liste...


28 septembre 2009

The King of Douchebags

AVERTISSEMENT : Avant de lire ce qui va suivre, je vous conseille de rester à portée de main d'un puissant désinfectant et d'une grande quantité d'eau. Exposés aux méfaits du personnage dont il sera question dans ce post, vos yeux pourraient en effet se mettre à brûler, voire à saigner.

Tucker Max. Il est très probable que vous n'ayez jamais entendu ce nom de votre vie et cela fait de vous quelqu'un de très chanceux. Des millions d'Américains ne peuvent pas en dire autant. Ces sept dernières années, ils ont du en effet se coltiner l'ascension médiatique de ce type qui a fait de sa nature profonde son fond de commerce.

Max a beau être diplômé d'une des facs de droit les plus prestigieuses du pays, ce n'est pas ces talents d'orateur à la barre des tribunaux qui lui ont valu sa "renommée". C'est par le biais de son blog (ouvert en 2002) qu'il commence à attirer l'attention. Qu'est ce qu'il y raconte ? Ses nuits de débauche, des blagues vulgaires sur les handicapés et autres moqueries misogynes sur les filles qu'il s'est (prétendument) tapé.

Avec son attitude complètement décomplexé et un goût certain de la provocation, le type fait jaser et il se voit offrir un gros chèque par un éditeur pour l'adapter en livre. Il en tirera I HOPE THEY SERVE BEER IN HELL qui est un bestseller instantané (70 000 copies la première année !).

Le sexe, la vulgarité et les crasses en tous genres font recette. Tucker Max en est l'emblème. Mais à l'époque, le type pouvait encore apparaître comme l'incarnation "second degré" du pire de l'arrogance et de la vulgarité "à l'Américaine". Si l'expression "Douchebag" est revenu à la mode ces dernières années, il est bien possible que Max en soit un peu la cause, tant le terme lui correspond à merveille. Vous savez, une version "live" de l'archétype du bourrin des teen movies, le Stifler de la génération 2.0.
En gros, vous pouviez encore vous dire que Max était un petit opportuniste prêt à payer de sa personne et que lire sa prose était finalement assez semblable à regarder le VERY BAD TRIP de Todd Philipps, jubilant devant un bonne dose de blagues de potaches politiquement incorrects...

C'est d'ailleurs peut-être ce qui amena le réalisateur Richard Kelly (DONNIE DARKO, SOUTHLAND TALES) à acheter les droits du bouquin pour en faire un film. On connaît la fascination de ce dernier pour la culture trash des médias américains et le lien thématique entre I HOPE THEY SERVE BEER IN HELL et des films comme DOMINO et SOUTHLAND TALES est assez évidente - même s'ils fonctionnent dans des genres totalement différents.

Sauf qu'on se rend rapidement compte en voyant la bande-annonce du dit film écrit par Tucker Max lui-même, qu'il n'a jamais été question de second degré, ni même de troisième et encore moins de quatrième degré.



(Si vous yeux ne se sont pas mis à saigner) Que voyez-vous dans ces images ? Vous voyez la version bas de gamme, ras du front de VERY BAD TRIP. C'est un peu comme si les responsables de ce film s'étaient faufilé dans les studios Warner, avaient dérobées les scènes coupées jugées trop mauvaises et en avaient fait un deuxième long-métrage ! Je crois que la critique de USA Today résume bien l'affaire : "Hell is too good for those associated with this movie."

Petite consolation, donc. Le film I HOPE THEY SERVE BEER IN HELL semble se diriger vers le bide intégral. Cela arrêtera-t-il Tucker Max dont le deuxième livre, ASSHOLES FINISH FIRST (WTF!) doit être publié en 2010 par le plus grand éditeur américain ? Apparemment non. Les enculés ont visiblement de beaux jours devant eux !

09 septembre 2009

Un grand Boll d'air...

En cette soirée du dimanche 7 août 2009, j'ai vu mon premier film d'Uwe Boll, le réalisateur allemand ultra-controversé spécialiste des adaptations de jeux vidéo au cinéma : on lui doit ALONE IN THE DARK, BLOODRAYNE, HOUSE OF THE DEAD, FAR CRY et tout un tas d'autres séries B réputées médiocres voire quasiment irregardables. Bref, Uwe Boll est détesté, haï, méprisé par tous, des critiques de cinéma révulsés par ses mises en scène soi-disant bâclés aux geeks écoeurés par le traitement bas de gamme appliqué à leur jeux vidéos préférés.

Compte tenu des bandes-annonces glanées sur le net, j'avais bien envie de les croire mais finalement je m'en foutais pas mal de ses films. Jusque là, c'était surtout ses frasques médiatiques, la plupart du temps destinées à "combattre" ses plus fervents détracteurs, qui m'amusaient. Reste que la bande-annonce de POSTAL, réalisé en 2007, m'avait toujours intrigué, notamment parce que c'est réputé être son meilleur film et que c'est son unique comédie (dans une filmo uniquement composée de films d'horreur, d'action et de SF). Le film étant programmé à L'Etrange Festival, je décide de tenter le coup...

Impossible de juger toute une oeuvre mais clairement Uwe Boll est un metteur en scène qui a quelque chose à dire. Grâce à POSTAL, il a ainsi sûrement beaucoup plus d'un "auteur" que la plupart des réalisateurs qui hantent les couloirs des studios hollywoodiens et qui ont, soit disant, du "talent". Certes, Boll n'est pas un auteur comme les autres : il est vulgaire, adepte du trash, fait des blagues sur les nazis, les nains, les gros, les Arabes et tout un tas de choses pas du tout politiquement correct. Mais il le fait à fond, avec une provocation totalement décomplexée, un sens de la dérision jubilatoire et évidemment avec un second voire troisième degré parfaitement revendiqué et affirmé. C'est donc d'une part à mourir de rire, d'autre part extrêmement rafraichissant.

En voyant POSTAL, je me suis donc très sérieusement interrogé sur ce bonhomme tant décrié et malaimé. Car je ne vois finalement pas vraiment la différence entre lui et des réalisateurs bien plus admirés comme John Waters ou le duo Trey/Stone (SOUTH PARK). Tous ont en effet en commun ce nihilisme, ce goût immodéré de la provocation et cette passion pour le trash en tous genres. J'ai même l'impression que Boll, avec sa vision sans compromis de la sous-culture trash, est probablement un des réalisateurs les plus symptomatiques de notre époque.

Que faudrait-il alors pour le faire "accepter", le faire entrer dans la zone des metteurs en scène "culte" ? Une seule réponse à celà : faire plus de films comme POSTAL qui, semble-t-il, reste malheureusement le seul bouton d'or au milieu d'un champ de mauvaises herbes....


28 août 2009

Oserez-vous regarder ?

Dans le récent INGLORIOUS BASTERDS, notre cher Quentin nous gratifie de deux, voire trois, scènes particulièrement atroces. Des moments que l'on anticipe et qui forcément rende la chose encore plus insoutenable. Va-t-il le montrer ? Et si oui, comment va-t-il le faire ? En gros plan ? En plan large ? Forcément, vous savez d'avance qu'une partie de la salle va, soit fermer les yeux (pour les plus lâches), soit se les cacher derrière les mains (pour ceux qui n'ont pas peur du ridicule), soit carrément se réfugier sous l'aisselle plus ou moins saine de son(sa) chéri(e) (pour les plus romantiques et courageux).

J'avoue moi-même avoir fermé les yeux deux ou trois fois au cinéma. Mais je ne vous dirais pas pour quelle film. A vous de deviner à partir de cette sélection de scènes visuellement insoutenables... Attention, ça va trancher, ciseler, arracher et surtout ça va être sanglant, très sanglant...

ATTENTION également car c'est bourré de spoilers !

MARATHON MAN (1976)
Un dentiste en lui-même est déjà assez flippant comme ça. Alors quand il s'agit d'un dentiste nazi, il faut forcément s'attendre au pire. Parce que les dentistes nazi, si vous n'étiez pas au courant, n'utilise pas d'anesthésie. Quand Laurence Ollivier entreprend donc de faire cracher à Dustin Hoffman ce qu'il sait, ce n'est pas que des mots qu'il lui sort de la bouche. Personne ne vous en voudra si vous tournez de l'oeil à ce moment là. C'est vraiment tout naturel...

AMERICAN HISTORY X (1998)
Quand le neo-nazi Dereck Vineyard force un voleur de voitures à la peau noire à s'allonger sur le sol et mettre sa bouche ouverte sur le bord du trottoir, vous en frissonnez d'avance. Vous priez pour qu'il ne fasse pas ce que vous avez déjà très bien compris ce qu'il avait en tête. Mais bien sûr, il le fait ! Il lui donne un grand coup sur la tête, la faisant éclater comme un melon. Messieurs Dames, bonne appétit. L'unique raison pour laquelle je n'ai jamais revu ce film...

REQUIEM FOR A DREAM (2000)
D'un bout à l'autre du film de Darren Aronofsky, les scènes choc se succédent sans quasi aucune interruption - jusqu'au final le plus hallucinant et traumatisant qu'il m'est été donné de voir sur un grand écran de cinéma. Citons entre autre le shoot de Jared Leto dans son bras déjà complètement gangréné par les injections, suivi de l'amputation de son bras, le tout en surimpression d'une partouse pendant laquelle Jennifer Connely a l'immense joie de recevoir une bouteille en verre dans l'anus. Very nice ! Tiens, celui-là non plus je ne l'ai jamais revu... Et pendant que j'y pense, les enfants, dites NON à la drogue !

SAW (2004)
Les 5 suites ont beau avoir poussé le bouchon du gore encore plus loin, aucune n'a jamais égalé la perversité du premier volet.L'intensité du final pendant lequel Cary Elwes scie sa proche jambe dans une dernière manoeuvre pour échapper au piège de Jigsaw. A la limite, même en détournant les yeux de l'écran, le simple fait d'imaginer la détresse et l'acte qui en suit suffit à vous glacer le sang...

MARTYRS (2009)
Si vous avez tenu tout le film de Pascal Laugier, vous avez sûrement des yeux bioniques, un cerveau en kevlar et un estomac accroché par des liens d'acier. Moi-même, j'ai tenu bon. Si le massacre d'une famille au fusil de chasse ne vous a pas suffit, vous aurez droit à cette scène traumatisante dans laquelle une femme cadavérique détenue et torturée dans une cave pendant plusieurs dizaines d'années se voit débarrasser de sa "camisole" métallique enfoncée jusque dans sa chair.

OLD BOY (2003)
Lorsque Dae-Su Oh apprend la terrible raison pour laquelle il a été enfermé pendant près de 15 ans, il ne voit qu'une solution pour épargner ceux qu'il aime de la terrible révélation : il se coupe la langue en échange du silence de l'homme qui a tout manigancé. Un acte d'autant plus atroce qu'il ne fait qu'amplifier une révélation aussi voire plus choquante que l'acte lui-même.

PULP FICTION (1994)
Mia Wallace fait une overdose. Vincent Vega, pour pas avoir à annoncer à son boss que sa femme était morte sous sa garde, s'engage dans une course contre la montre pour...lui balancer une énorme seringue en plein coeur ! Et pour ne rien arranger aux choses, Mia, encore sous le choc, finit par se balader avec la seringue encore plantée dans la poitrine. Tarantino est décidemment incontournable quand il s'agit d'imaginer les scènes les plus tordues. Et au fait, les enfants, dites NON à la drogue !

SYRIANA (2005)
En général, dans le cinéma hollywoodien de la dernière décennie, les scènes de torture suggèrent plus qu'elles ne montrent. Pas dans le film de Stephen Gaghan SYRIANA dans lequel c'est George Clooney qui passe sous les mains experts de coriaces bourreaux. Ce qu'il aime vous montrer, des ongles arrachés et quelques autres parties du corps bien amochés. Je vais vous dire une chose : pour moi, les ongles, c'est sacré et là c'était un peu trop pour mon petit coeur...

THE HITCHER (1986)
Imaginez Jennifer Jason Leigh ligottée entre une remorque et le camion. Si le camion avance, elle est écartelée. Avec le psychopathe Rutger Hauer au volant, la demoiselle a peu de chance d'en sortir en un seul morceau. Elle n'a que son petit copain pour la sauver : fera-t-il le bon choix ? Pas sûr...


MISERY (1990)
Lorsque le romancier Paul Sheldon a un accident de la route, il a de la chance de tomber sur sa fan numéro 1 pour prendre soin de lui... ou pas. Il se trouve en effet qu'Annie préfère le garder pour elle toute seule. Sa solution : un bon gros coup de masse en plein sur les chevilles ! Il ne risque pas de prendre ses jambes à son coup comme ça... Ah, l'Amour, ça vous fait faire de ces choses !

IRRÉVERSIBLE (2002)
Dans le registre de la scène de viol, il y avait déjà eu STRAW DOGS, LES ACCUSES, ORANGE MECANIQUE, LA DERNIER MAISON SUR LA GAUCHE et pas mal d'autres. Devant la caméra de Gaspard Noé, ça ne veut juste pas s'arrêter. Jamais. En plein fixe jusqu'au bout, pas de repos pour le spectateur, bien obligé de regarder... ou pas.

LE DERNIER ROI D'ECOSSE (2006)
A la fin du film de Kevin McDonald, le bon et naïf Docteur Nicholas Garrigan est suspendu au plafond grâce à des crochets de boucher enfoncé dans ses seins. Une scène inhabituelle et forcément extrêmement traumatisante dans un film jusqu'ici tout ce qu'il y avait de plus conforme aux règles du drame biographique et historique. Une scène d'autant plus terrifiante que James McAvoy n'hurle jamais, ne prononce aucun mot. A peine le son de sa respiration.

UN CHIEN ANDALOU (1929)
Il n'y a pas plus sacré que les yeux dans le corps humain. C'est sans conteste la partie la plus sensible auquel on puisse s'attaquer. Rien de plus normal donc d'être absolument révulsé devant ce court-métrage de Salvador Dali et Luis Bunuel dans lequel on peut voir un couteau tranché l'oeil d'une femme. C'est juste viscéral. C'est impossible de regarder et finalement d'utiliser ce même organe que l'on mutile devant vous.

AUDITION (1999)
C'est la seule fois que ça m'est arrivé. Lors de la projection de presse du film, j'ai bien failli sortir de la salle pour aller vomir. Pendant près d'1h30, le réalisateur Takashi Miike ne vous raconte presque rien, vous assomme et vous anesthésie litteralement le cerveau par son récit lent et inutile. Et puis une scène, une longue et interminable scène dans lequel le personnage principal, justement totalement paralysé, est torturé de la pire des façons. J'ai un peu occulté la scène de ma mémoire mais je me souviens d'aiguilles dans les yeux...



Bon, bah maintenant, j'aurais vraiment besoin d'un câlin et si vous connaissez un Bisounours, ça m'arrangerait !

23 août 2009

Un petit avant-goût de la fin du monde...

Spiderman qui baise dans les toilettes. Des filles qui montrent leurs seins (et leur fesse). Du vomi sur un tourniquet. Une intoxication aux curlys. Du crachat sur des poils. Plein de gros doigts. Des blondes et des brunes qui se roulent des pelles. Des rousses qui se bastonnent. Des barbus à cheveux longs qui dansent la tektonic.



Il paraît que c'est ce à quoi ressemblera la musique du futur. Le futur aurait-il donc déjà le goût de l'apocalypse ?

09 mars 2007

La saga Britney Spears : WHITE TRASH !

Elle était la petite fiancée de l'Amérique : jeune, jolie, blonde, issue de la classe moyenne de l'Amérique profonde et... vièrge. On était en 1999. Après un passage au Mickey Mouse Club, Britney Spears explosait avec "Baby One More Time"...

Le pire était encore à venir... Chronologie décroissante de la transformation d'une baby doll proprette en icône WHITE TRASH !

Le 16 février 2007 : Britney se fait raser complètement la tête et se fait tatouer le bas du ventre devant des dizaines de paparazzis !


Novembre 2006 : Britney fait la fête avec Paris Hilton et se fait photographier sans culotte ! CLASSE !


Novembre 2006 : Britney demande le divorce par SMS, alors que son mari K-fed est filmé par la TV canadienne ! CLASSE ! Au même moment, elle est chez David Letterman, toute bien habillée, toute mince et toute mignonette ! BIZARRE !



Août 2006 : Britney, filmé par son mari K-Fed, bouffe des frites complètement STONE et délire complètement !


Août 2006 : Britney fait la couverture toute nue et enceinte de Harper's Bazar ! Copieuse, dix ans avant, Demi Moore l'avait fait aussi et en plus classe !


Septembre 2004 : Britney se marie avec son danseur Kevin Federline ! Les démoiselles d'honneur portent des survêtements en flanelle rose (version clip de rap cheap !), le repas consiste en hamburgers et ailes de poulet, le père du marié porte une veste marquée "Pimp Daddy" et la mère de la mariée "Hot Mama" ! CLASSE !


Juillet 2004 : Britney annonce ses fiancailles avec Kevin Federline, qu'elle a rencontré trois mois plus tôt dans un club de Hollywood ! A cette époque, Federline était encore avec son ex petite amie enceinte de leur deuxième enfant ! CLASSE !

Janvier 2004 : Britney se marie à Las Vegas avec son ami d'enfance. Le lendemain, le divorce est prononcé ! En tout, elle aura été mariée 55 heures ! En gros, ils étaient complètement bourrés !


Novembre 2003 : Britney sort son album "In The Zone". Le premier single "I'm a Slave 4 U" fait pas dans la demi-mesure. Finie la lolita ! Vive les orgies, les strings et la sueur !


Août 2003 : Madonna et Britney s'embrassent aux MTV Movie Awards, live on TV !


Mars 2002 : Britney rompt avec Justin Timberlake, après quatre ans ! Il paraît qu'elle était infidèle !

Avril 1999 : Photographiée par David LaChapelle, Britney fait la couverture de Rolling Stone en petite lolita ! Le marketing est en place et ça fonctionne à mort : les pré-adolescentes craquent complètement et les mâles plus âgés aussi !


Octobre 1998 : Britney sort son premier single "Baby One More Time". Elle en vend 2 millions aux USA et 1,5 millions en Angleterre !


1993 : Britney rentre au New Mickey Mouse Club sur Disney Channel. Elle rencontre son grand amour de jeunesse, Justin Timberlake, et sa future rivale, Christina Aguilera !

09 février 2007

RIP : Anna Nicole !

Elle était la déesse "White Trash" de l'Amérique, la reine des "trailer park". Elle était la playmate la plus scandaleuse de l'Amérique : de serveuse texane à blonde pulpeuse des pubs Guess et icône Playboy du milieu des années 90. D'épouse de 26 ans d'un milliardaire texan de 90 ans à forcément veuve scandaleuse nourrie aux hamburgers bien gras et pillules fluos en tous genres. D'actrice porno à ses heures à vedette trash de la télé réalité des années 2000 !

Bref, Anna Nicole Smith était l'exubérance EXTREME de l'Amérique qu'on adore détester. A mon avis, des poupées riches comme Paris ou Britney ne lui arrivent pas à la cheville ! RIP Anna Nicole !

En hommage, la bande-annonce surréaliste et savoureuse de son dernier film en date : ILLEGAL ALIENS !!! A se pisser de rire dessus !!!