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19 septembre 2016

20 juillet 2016

Garry Marshall, l'homme qui voulait nous raconter des contes de fées



En hommage à un grand monsieur de la comédie américaine. Vous pouvez lire mon article ici.

21 mai 2016

Dix ans après son désastre cannois, il est temps de sauver «Southland Tales»



J'ai tenté de réhabiliter un film très mal aimé mais surtout très mal compris, surtout à l'époque de sa sortie il y a 10 ans.

Vous pouvez lire mon article sur Slate.fr

25 novembre 2015

Le court métrage viral est-il le sésame pour Hollywood?



J'ai écrit sur les courts-métrages viraux qui permettent à certains réalisateurs de se faire remarquer par Hollywood. On y parle de science-fiction, de Tim Burton, de Wes Anderson, de Pixels et du Labyrinthe.


26 octobre 2015

Aloha, Mr Cameron Crowe


Moi, quand on me dit que Cameron Crowe, mon réalisateur préféré, l'auteur de mon film préféré, va ressusciter un de ses vieux projets en remplaçant Ben Stiller par Bradley Cooper et Reese Witherspoon par Emma Stone, tout en ajoutant à ce casting Rachel McAdams, John Krasinski, Danny McBride, Alec Baldwin et Bill Murray, je saute au plafond. Ca devient instantanément la meilleure nouvelle du jour, voire de la semaine, voire du mois. Peu importe que le pitch inclue dans une même et improbable phrase, les mots "comédie romantique", "Hawaii", "militaire" et "conquête spatiale".

Alors, quand les premiers échos du naufrage, de la calamité du film sont apparus (après le Sony Leaks), je n'ai pas voulu y croire. Après tout, son sixième film, Elizabethtown s'était déjà fait descendre un peu partout et reste un film mal-aimé par "la majorité". Moi, au contraire, c'est un de mes films préférés de Cameron Crowe, un de ses plus personnels et sincères - même si on peut lui reprocher certaines choses (en particulier la "Manic Pixie Dream Girl" peu subtile jouée par Kristen Dunst). We Bought A Zoo, aussi, avait eu son lot de critiques pas tendres. Des critiques que je pouvais comprendre mais auxquelles je ne me suis pas du tout identifié.

Cameron Crowe est un scénariste-réalisateur qui a connu les Oscars. Il a été, dans la deuxième partie des années 90, considéré comme un auteur américain qui compte, du calibre des James L. Brooks, Woody Allen, Mike Nichols, Hal Ashby ou Billy Wilder. Il a été un auteur capable de rendre prestigieuses et "oscarisables" des comédies et comédies romantiques.

Mais ça, c'était avant Elizabethtown. S'il était encore un auteur capable d'attirer des acteurs prestigieux (Matt Damon dira qu'il a accepté We Bought A Zoo, malgré l'étrangeté du concept et les moqueries de ses collègues acteur, uniquement pour Cameron Crowe), Aloha le place dans une situation assez similaire à celle de M.Night Shyamalan ou Francis For Coppola, des gens qui ont réalisé des grands films mais qui auraient atteint leur date de péremption.

Franchement, la période qui a suivi la sortie américaine, le déchaînement des critiques, les chiffres rachitiques du box-office, la polémique de "white-washing", ont été un crève-coeur.

Mais Aloha est enfin visible "légalement" en France (sur Netflix), après une sortie en salles annulée après la cata de la sortie américaine. Je pouvais enfin me faire une idée.

Le film serait-il le désastre annoncé par la critique américaine ? Me laisserais-je aveugler par mon amour comme je me laisse trop souvent aveuglé par les filles qui font battre mon coeur ? Faudrait-il que je me résous à mettre un peu d'eau dans mon vin pour tout ce qui concerne mon culte personnel à Cameron Crowe ? Ou faudrait-il carrément que je brûle mes DVD de Jerry Maguire, Say Anything, Almost Famous, Fast Times At Ridgemont High, Vanilla Sky et Elizabethtown ?

Ca faisait déjà longtemps que la "polémique" sur le personne d'Emma Stone m'énervait. Selon certains, l'actrice n'avait aucune légitimité à jouer un personnage "1/4 hawaiien". Si le "white-washing" est bel et bien réalité et une plaie qui ronge Hollywood, c'est impossible d'accuser Cameron Crowe sur ce point pour la simple et bonne raison "qu'être 1/4 d'une origine quelconque" n'implique absolument pas que ça se voit sur votre visage (par exemple, saviez-vous que Chad Michael Murray et Dean Cain sont 1/4 japonais, que Keanu Reeves et Ne-Yo sont 1/4 chinois, que Rob Schneider est 1/4 philippin et que Mark Paul Gossellaar est 1/4 indonésien ?). Du coup, aurait-il fallu trouver une actrice 1/4 hawaiienne pour le rôle de Allison Ng par ailleurs basé sur une jeune femme bien réelle, elle aussi rousse, elle aussi 1/4 hawaiienne ? Absurde.

Ca l'est d'autant plus que cette particularité (ne pas avoir de traits asiatiques) est une partie intégrante du personnage, elle qui ne cesse de parler de ses racines pour combler l'absence de repères physiques. C'est cette particularité qui rend le personnage si touchant, une héroïne si parfaitement "crowiennne", digne héritière de Diane Court (Ione Skye dans Say Anything), Janet Livermore (Bridget Fonda dans Singles), Penny Lane (Kate Hudson dans Almost Famous) et Dorothy Boyd (Renée Zellweger dans Jerry Maguire), à la fois si profondément indépendante et si intimement fragile.

J'aime Emma Stone depuis Superbad en 2007 et l'adore depuis House Bunny en 2008. Et elle n'a jamais été meilleure que dans Aloha. Jamais elle n'a été aussi subtile. Dommage que ce ne soit pas LE rôle que l'histoire retiendra d'elle.

Reste le film. Pas besoin d'avoir un doctorat en dramaturgie pour se rendre compte qu'il a un sérieux problème. Dans la première partie, c'est quasi-indétectable. Mais à un peu plus de la moitié du film, il y a comme un malaise. Les scènes s'enchaînent s'en qu'on comprenne ce qui s'y passe réellement, des sous-intrigues sont résolues sans qu'on ait vraiment compris où elles avaient commencé, d'autres ne le sont même pas du tout, des conflits éclatent sans qu'on sache vraiment pourquoi. Bref, c'est un beau bordel !

Il faut se rendre compte que Cameron Crowe n'est pas un scénariste lambda. La première fois qu'il a écrit un film, ce film est devenu le premier teen-movie de l'ère moderne, un film révolutionnaire qui en a influencé des centaines d'autres après lui, du Breakfast Club à American Pie. Dans ses toilettes ou sur sa cheminée prône par ailleurs l'Oscar du meilleur scénario pour Almost Famous et une nomination pour Jerry Maguire. Si une telle personne n'est pas capable de structurer correctement un scénario, qui l'est ?

Bref, Aloha respire le film massacré au montage, découpé à la machette, par un studio sans vergogne. Ce ne serait pas une nouveauté. Sergio Leone s'est vu couper 2h10 de sa version "idéale" de Il Etait Une Fois En Amérique. Terry Gilliam s'est vu amputer 48 minutes de son Brazil. Billy Bob Thornton s'est vu supprimé 2h04 de son ambitieuse adaptation du All The Pretty Horses de Cormac McCarthy. Michael Cimino a dû sacrifier 1h10 de ses Portes du Paradis.

Et ce n'a jamais été une surprise de constater que les versions du réalisateur (quand elles ont été rendu visibles) étaient toujours meilleures que celles charcutées par les studios.

Le fait de voir dans la bande-annonce d'Aloha des scènes qui ne sont pas dans le film permet de confirmer en partie cette théorie du charcutage. A savoir si la version "director's cut" sera un jour disponible, c'est la grande inconnue. Il a fallu presque 30 ans pour voir les versions de Il Etait Une Fois En Amérique et Les Portes du Paradis voulues par leurs auteurs. Quant à All The Pretty Horses, quinze ans plus tard, on a jamais vu le drame sombre et austère voulu par Thornton : il faut se contenter du mélo voulu par le studio. Quand un film est à ce point vilipendé lors de sa sortie, un studio n'a aucune raison, à court ou moyen terme, de sortir une version "director's cut". Aucune. Ce serait perdre la face, avouer son tort.

Je veux bien croire que le film, avant d'être charcuté, était thématiquement complexe. Après tout, on parle d'un militaire blessé en Afghanistan qui revient à Hawaii pour convaincre les indépendantistes de prêter leur terre afin de lancer un satellite de communication avec l'aide des militaires et qui finit par tomber amoureux d'une pilote de chasse tout en créant de la tension dans le couple de son ex-amour de jeunesse. Bref, Cameron Crowe ne fait pas dans la simplicité. Militarisme, capitalisme, idéalisme, recherche des racines, il y a beaucoup de choses dans Aloha.

Mais Cameron Crowe n'a jamais réellement fait dans la simplicité. Et ça s'est toujours ressenti dans la durée de ses films : Jerry Maguire faisait 2h19, Almost Famous 2h02 (et 2H42 dans sa version longue), Vanilla Sky 2h16, Elizabethtown 2h03 et même un film au concept aussi simple que We Bought A Zoo durait 2h04.

Cameron Crowe fait un cinéma de personnages. Et ça prend du temps de développer des personnages auxquels on peut s'identifier. Quel auteur aujourd'hui à Hollywood fait des films "adultes" centrés sur ses personnages de plus de 2h ? Plus personne. Car Hollywood n'aime plus ça (Sur le sujet, vous pouvez lire l'excellent essai du réalisateur Alex Ross Perry sur Cameron Crowe et le film). Et c'est ça qui a (probablement) gêné les boss de Sony/Columbia : hors biopic, ils ne savent plus vendre et appréhender un film d'auteur de plus de 2h sans scènes d'action, en particulier avec un pitch à priori aussi abstrait.

Aloha, lui, (dans sa version disponible sur Netflix) ne fait que 1h45. La durée la plus batarde possible. Une durée bien trop courte pour traiter correctement l'ensemble des thèmes et des personnages de Aloha.

Un traitement d'autant plus dommage que la scène finale du film, malgré toutes les coupes, est une des plus belles scènes de fin que j'ai jamais vu. Vraiment. Tout en silence, elle permet de rappeler que la communication ne passe pas forcément par les mots et le bruit et surtout de mettre en perspective cette scène (à priori) abscons (mais très "crowienne") du satellite s'auto-détruisant après avoir absorbé l'ensemble des sons du monde.

Aloha est un vrai crève-coeur mais ce n'est pas ça qui me fera mettre à la poubelle l'autel érigé dans mon salon en l'honneur de Cameron. Aloha, Mr Crowe.


19 août 2013

Spike Lee est-il toujours un réalisateur pertinent ?



J'ai écrit un nouvel article pour Slate. C'est à lire ici.



30 juillet 2012

La vérité sur Michael Bay




"Michael Bay was in film school with me. We had an assignment to do a video to anybody's song; most people used Tom Waits, something like that. But Michael Bay cut his reel to Berlin's "You Take My Breath Away." It moved his soul! It was SHIT, but it moved his soul! When people say he sold out, I say bullshit, because he's true to himself. When you see a Michael Bay film, you might say it's the biggest piece of shit, or the most brilliant and successful film, but you see HIM." - Tarsem Singh

Je viens de lire ça dans le livre I want my MTV : The Uncensored Story Of The Music Video Revolution et ça me semble parfaitement résumer Michael Bay et sa carrière. En gros, comme je le disais déjà en 2009, Michael Bay est un auteur. Ses films, comme ceux de Bergman, Fellini, Allen ou d'autres, sont à l'image de ce qui se passe dans sa tête et dans son coeur...

Un coeur rempli d'explosions, de filles en mini-short et de ralentis sur des corps qui suintent au soleil... Mais un coeur quand même !




27 juin 2012

Le destin selon Nora Ephron



ABEL
Il y a un truc qui ne tourne pas rond chez moi. Ce n’est pas normal d’avoir ces coups de foudre à répétition.
SARAH
Ils ne sont pas à répétition. Au final, ça t’est arrivé combien de fois ? Deux ? Trois fois ?
ABEL
Oui, mais à chaque fois je me suis vautré. Ce n’est jamais la bonne...
ZOE
Tu te rends compte de ce que tu dis ? T’es pas bien! "Nuits Blanches à Seattle", t’es au courant que c’est du cinéma et que ça n’existe pas dans la vraie vie ? Et puis merde, qu’est-ce qui se passe après ? Génial. Tom Hanks et Meg Ryan sur l’Empire State Building se rencontrent pour la première fois. THE END. Qu’est-ce qui te fait croire qu’ensuite ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants ? Si ça se trouve, ils ont eu un ou deux rencards et se sont aperçus qu’ils se tapaient sur les nerfs et qu’ils n’avaient rien à faire ensemble!


C'est un extrait du scénario que j'essaye de vendre en ce moment. Je ne raconterais pas exactement de quoi il parle. Ca ne servirait à rien. Mais je tenais à retranscrire cet extrait ici. Il représente en effet un moment important dans ma vie, un moment qui a forgé qui je suis. Ce moment, c'est la première fois où j'ai vu Nuits Blanches à Seattle. Dans une vie, ce genre de moments est rare, vraiment rare. Découvrir un film qui parle à tout votre être. Ces quinze dernières années, ce moment a été dans un coin de ma tête et de mon coeur à chaque minute.

Si ce moment a été possible, c'est grâce à Nora Ephron, la réalisatrice et scénariste du film.

Mais en voyant les tweets défiler ce matin dans ma timeline, j'ai eu un énorme pincement au coeur. Un puissant sentiment de mélancolie s'est emparé de moi. J'ai eu envie de pleurer. Vraiment. Ca ne m'arrive jamais quand des personnalités meurent. Je peux être touché, attristé mais jamais ému au point d'avoir envie de pleurer. Voilà... Je découvrais par l'intermédiaire de dizaines de comédiens, acteurs et réalisateurs (de Jonah Hill à Judd Apatow) que Nora Ephron venait de décéder à 71 ans.

Nora Ephron, comme Cameron Crowe, Diablo Cody, James L. Brooks, Tina Fey ou Kevin Williamson, font partie de mes idoles, les gens qui m'ont donné envie d'écrire, de raconter des histoires. Vous en avez sûrement vous aussi, ces personnes qui vous inspirent, vous donnent envie d'être meilleur pour pouvoir espérer un jour les égaler.

Bien sûr, je n'aime pas tout ce qu'elle a fait (Ma Sorcière Bien-Aimée...). Je suis même loin d'avoir tout vu. Mais j'ai vu Quand Harry rencontre Sally, Vous avez un message, Nuits Blanches à Seattle, et ça m'a suffit.

Je devais avoir 16 ou 17 ans quand j'ai vu Nuits Blanches à Seattle pour la première fois. C'était un samedi soir. J'étais seul à la maison. J'ai mis la VHS d'un enregistrement télé. Ce qui s'est passé, ce soir-là, dans ma tête allait bouleverser ma vie. Enfin, je crois que c'est ça. Comment être sûr ? Ce soir-là, je crois que j'ai compris un peu mieux qui j'étais, comment le monde s'organisait dans mon cerveau. Tout cela grâce à (à cause de) Annie Reed, le personnage interprété par Meg Ryan.

Annie Reed, encore aujourd'hui, symbolise tout ce que je suis aujourd'hui. Comment je vois le monde, les relations entre individus. Elle est amoureuse par nature, pas parce que ses hormones lui ordonnent, pas parce que la société lui impose, juste parce que le sentiment est beau. Annie Reed est capable de tomber amoureuse d'un fantasme, d'une idée, de mots. Juste ça. Elle est amoureuse de l'Amour. Elle croit à l'âme-soeur, au destin.

"Destiny is something we've invented because we can't stand the fact that everything that happens is accidental"

Je ne suis pas sûr d'être d'accord avec ça. Ou si, je le suis. Ou pas. Je sais pas. C'est mon problème, en fait. Celui qui hante l'ensemble de mon scénario (et des deux autres). Je suis obsédé par cette question auquel je suis incapable de répondre. J'aimerais bien pouvoir mais je ne peux pas. Parfois, j'ai l'impression que ça me gâche la vie : préférer ne pas agir, garder tous ces sentiments dans ma tête pour conserver une esquisse d'idéal et ne jamais être déçu, ne jamais avoir à affronter l'idée d'un destin qui n'existerait pas.

"That’s your problem! You don’t want to be in love. You want to be in love in a movie."

Est-ce que quelqu'un sur cette Terre nous est destiné ? Quelqu'un que l'on puisse rencontrer pour la première fois, le soir de la Saint Valentin, au sommet de l'Empire State Building sur la seule foie de mots plus touchants que les autres ? Quelqu'un qui pourrait nous citer l'ensemble de nos petites mimiques et manies le soir du Nouvel An au milieu d'une foule d'inconnus ? Quelqu'un que l'on pourrait apprendre à découvrir, dont on pourrait tomber amoureux, en discutant des heures durant par ordinateur interposé sans jamais s'être vu ?

Nora Ephron était peut-être aussi obsédée par cette question que je le suis. Evidemment, elle n'était pas la seule. Evidemment, je ne suis pas le seul. Mais c'était largement suffisant pour qu'on se retrouve tous les deux, un samedi soir, aux alentours de 1995 sur mon canapé. Le destin peut-être...

Nora Ephron m'a beaucoup appris. Elle m'a influencé. Elle m'a donné envie d'écrire. Elle m'a surtout appris que le destin existe.... mais à une seule condition. Il n'existe que si on le provoque.




Merci Nora. A moi de jouer maintenant...


05 décembre 2010

Du Cinéma français

A vrai dire, j'avais pas prévu d'écrire la moindre ligne sur la projection spéciale de A BOUT PORTANT à laquelle on m'avait conviée il y a dix jours. Les critiques de film, c'est pas trop mon truc et j'avais à priori pas grand chose à écrire de vraiment intéressant sur un film qui n'est, au final, qu'une série B comme vous pouvez en voir à longueur d'années sur le grand comme sur le petit écran. Pensez Michael Scoffield et Jack Bauer. Une série B, donc, très efficace mais juste une série B.

Mais les commentaires d'après la projection, glanés ici ou la, sur Facebook, Twitter et sur pas mal de blogs, ont suffit à me convaincre que j'avais plus de choses à dire sur (ou plutôt via) le film de Fred Cavayé que les conneries affligeantes de platitudes que sont "Gilles Lelouch joue trop bien", "l'image est trop belle" ou "c'est super efficace". Parmi ces commentaires, il y a en effet ce truc qui revient, encore et encore : "Enfin un film français aussi efficace qu'un film américain". Fred Cavayé lui-même, avant que le film commence, balance cette phrase au public hilare : "On va vous montrer que le cinéma français, ce n'est pas juste des gens qui parlent dans une cuisine".

J'ai l'impression d'avoir entendu ça toute ma vie. Le cinéma français, c'est des films chiants avec des bobos trentenaires qui vont au marché, passe le week-end dans leur maison de campagne et parlent dans leur cuisine. Le cinéma français, c'est pas de l'action. Le cinéma français, c'est lent comme un épisode Julie Lescaut que l'on aurait pimpé à la jeune actrice névrosée. Le cinéma français, c'est de la branlette. Bref, le cinéma français, c'est pas le cinéma américain.

C'est pas faux. Certains films de Christophe Honoré et l'intégralité de la filmographie d'Arnaud Depleschin sont assez proches de ce constat. En France, on fait des drames bobo. C'est une tradition qui remonte à loin. On est reconnu pour ça à l'étranger. C'est notre marque de fabrique comme les films de kung-fu le sont pour la Chine ou les films sociaux le sont pour l'Angleterre. Mais au final, cela représente combien de films par an ? Trois. Quatre. Allez Cinq. Six. Si on regarde le PCF (Paysage Cinématographique Français), ils sont certes visibles mais le sont-ils plus que les autres ? En France, on fait aussi beaucoup de comédie franchouillarde inexportable - équivalent de la comédie US bas de plafond servie aux Américains. On fait aussi un peu de comédie déjantée type OSS117, FATAL ou UN TICKET POUR L'ESPACE - équivalent des produits Apatow/Will Ferrell/McKay. On fait des comédies romantiques. Voyez mon billet sur le sujet. On fait même des comédies musicales, des drames en costumes, des biopic, des teen movies, des films d'horreur, des films policiers et donc des films d'action. En gros, on fait des films de genre comme en Amérique.

Alors, OK, une comédie romantique française moyenne a le budget d'un épisode de "Friends". En souffre-t-elle pour autant ? J'en suis pas sûr. Un bon scénario reste un bon scénario (et inversement) et, que ce soit Katherine Heigl ou Virginie Efira sur l'affiche, cela reste deux blondes avec des gros seins pas meilleure actrice l'une que l'autre. Mais bon, Katherine Heigl roule en cadillac et Virginie Efira en Clio... OK. C'est sûr que là, l'argument est puissant !

L'argument pourrait d'ailleurs l'être encore plus quand il s'agit de films d'action. Avec le budget d'un épisode de 24, c'est certes difficile de leur demander d'y mettre des robots qui se transforment ou de faire exploser des immeubles mais la France a démontré depuis longtemps qu'elle était capable de faire des thrillers et de la grosse action qui tâche - mais à sa façon. Quand j'étais gamin, par exemple, j'étais autant impressionné par des trucs comme DIE HARD, ROBOCOP ou LES GOONIES que par des trucs comme LE CAPITAN, LE BOSSU ou CARTOUCHE. Même dans des registres contemporains, avec des films comme LES SPÉCIALISTES, LE CERVEAU, L'UNION SACRÉE, L'HOMME DE RIO, LE GRAND PARDON ou PEUR SUR LA VILLE, je ne voyais pas la différence entre ces films 100% fabriqué en France et d'autres Américains beaucoup plus coûteux et riches en effets spéciaux et cascades etc. Personne ne m'a forcé à les voir et revoir. On ne m'a jamais interdit de regarder des films américains. Pourtant, pendant assez longtemps, c'est ces films français d'aventure et d'action que j'ai préféré. Difficile de savoir pourquoi... Mais j'ai envie de croire que la qualité des histoires et le savoir-faire français en matière de personnages psychologiquement intéressants faisaient la différence - même à mon jeune âge.

Après les commentaires glanés ici ou là suite à la projection de A BOUT PORTANT, j'ai alors eu l'impression que les gens avaient oublié cela, que, pour la majorité, le cinéma français, c'était désormais, soit des comédies affligeantes de nullité avec Franck Dubosc ou des films de trentenaires névrosés chiants comme la pluie. Je trouve ça très ingrat. Sous couvert d'une sorte de bon ton "jeune", il vaut mieux se coltiner des comédies romantiques et des films d'action produits à la chaîne sous le seul prétexte que le cinéma français, c'est chiant ou nul, oubliant par la même occasion que la France est encore capable de produire des choses moins grandiloquentes certes mais, à leur manière, tout aussi épiques et magistrales.

Voyez l'oeuvre sans fausse note de Jacques Audiard. Malgré les ponts d'or offerts par Hollywood, il refuse catégoriquement d'aller travailler aux Etats-Unis pour une seule et même raison : la France est le seul endroit où il peut développer ses personnages en toute liberté, sans la pression d'un petit con pré-pubère qui lui dirait quoi faire. La France est le seul endroit où il ne serait pas obligé de sacrifier la psychologie à l'efficacité. La France est le seul endroit où il ne serait pas obligé de se justifier d'avoir fait un film "avec des personnages qui parlent dans une cuisine".

J'avoue, moi-même, faire ici la part-belle au cinéma américain et ne parler sur ce blog que très rarement de cinéma français. Ça ne m'a pas empêché, l'année dernière, de mettre à la place suprême de mon Top 20 annuel un film français. Et un autre à la 15e. En 2008, j'en avais même mis 3. Idem en 2007. A BOUT PORTANT ne fera pas partie de ces films cette année. Malgré le bon moment passé, je n'ai en effet pas vu la différence entre le film de Fred Cavayé et une bon épisode de 24 - ce qui ne me suffit pas. Si j'aime le cinéma français, c'est pour tout ce que le cinéma américain ne m'offre pas (ou rarement) : de la proximité, d'autres références, des façons différentes de raconter des histoires, des sentiments et des images inédites.

Alors, qui que vous soyez, essayez de repenser à ça la prochaine fois que vous serez tenté de dire "enfin un film français aussi efficace qu'un film américain". Repensez à Melville, à Bébel, à Hunnebelle, à Oury, à Jean Marais, à Audiard (père et fils), à Remi Bezançon, à Henri Verneuil, à Pierre Salvadori ou à Alexandre Arcady avant de vous gargariser de Fred Cavayé et ses conneries de "gens qui parlent dans des cuisines". Repensez à tous ceux qui ont fait ou feront du divertissement "à la française" de qualité avant de penser à ceux dont le seul but semble de singer un modèle de divertissement qui ne nous appartient pas. Les Américains le font très bien eux-mêmes. Ça suffit amplement...


21 octobre 2010

La comédie romantique ou la fin de l'Amour

Que représentent les comédies romantiques pour vous ?
1/ Un calvaire absolu. Tous ces sentiments guimauves vous donnent envie de vomir.
2/ Un moyen de sortir votre copine à moyen frais et lui montrer que, vous aussi, vous avez un coeur.
3/ Un divertissement comme un autre. C'est toujours mieux que le drame en noir et blanc sur la vie d'ouvriers Ouzbèques qui passe à 20h35.
4/ Un cours magistral d'1h30 sur les 1001 façons de tomber amoureux.
5/ Une façon de tomber amoureux par procuration et de nourrir ces rêves d'envolées romantiques.

En ce qui me concerne, c'est un mélange des réponses 4 et 5. Je pense que j'avais à peu près 15 ou 16 ans quand j'ai vu pour la première fois NUITS BLANCHES A SEATTLE et, je l'avoue, ça a changé ma vie. Voir Meg Ryan tomber amoureuse d'un fantasme, d'un homme triste élevant seul son fils suite au décès de sa femme, parce qu'elle a sûrement trop vu le film ELLE ET LUI, a été un choc. Un choc de ceux qui vous parle tellement qu'encore aujourd'hui, c'est toujours de cette façon que je tombe amoureux. En me créant dans la tête un fantasme. Que je fais durer. Encore et encore. Quand j'étais adolescent, ce fantasme pouvait durer des mois entiers, voire des années. En fait, plus souvent des années que des mois. Vous allez me dire que ce n'est pas le film qui m'a poussé à ça mais que le film n'a été qu'un miroir. C'est très vrai. Mais le film m'a conforté. Le film m'a dit, petit enculé de sa mère qu'il est, que c'était possible. Il m'a dit : "Toi aussi, tu la trouveras celle qui te fera surmonter tes peurs et tes doutes et te poussera à te rendre en pleine nuit au sommet de l'Empire State Building". NUITS BLANCHES A SEATTLE m'a entretenu dans l'idée naïve (mais belle) et surtout assez confortable qu'il suffit d'attendre.

Aujourd'hui, j'ai un peu dépassé cela. Mais pas totalement. Reste que les comédies romantiques continuent, sournoisement, à me maintenir dans cet état. Mais j'en ai déjà un peu parlé il y a quelques jours ici (J'en profite pour vous présenter mes excuses pour le caractère légèrement obsessionnel de mes écrits ces derniers temps. Ce n'est pourtant pas le printemps...). Et donc, j'ai l'impression que, tant qu'il y aura des films (et par extension des chansons) sur l'Amour, je ne sortirais jamais complètement de ce cocon fantasmé qui m'empêche de passer à autre chose, à une vitesse supérieure.

Mais ces derniers temps, je sens qu'il se passe un truc. Déjà, ça fait très longtemps que je ne me suis pas senti "amoureux". Comme deux chinois perdus à Hong Kong dans les années 60, je me sens toujours in the mood for love mais pas vraiment crazy in love. Surtout, je me sens moins dépendant des films d'amour. Certes, mon passif est lourd et j'ai absorbé depuis NUITS BLANCHES A SEATTLE assez de déclarations romantiques pour que mon cerveau de midinettes se noie encore quelques années dans la guimauve. Mais, c'est comme le pétrole, les réserves naturelles diminuent.

Je me suis dit un temps que je vieillissais, devenais sage, un peu plus cynique, moins idéaliste. Le truc normal et naturel, quoi. Pourtant, en sortant du cinéma, il y a quelques jours, je me suis dit que ces raisons évidentes n'étaient pas forcément les bonnes. J'ai peut-être trouvé la vraie raison. Les comédies romantiques ne sont plus ce qu'elles étaient. J'ai fait mon éducation sentimentale dans les années 90 qui furent une époque assez incroyable pour le genre : de Nora Ephron à Cameron Crowe, cette décennie a vu la consécration de grands auteurs de romcom, des auteurs qui offraient à nouveau au genre des lettres de noblesse que les années 70 et 80 lui avaient enlevés. Des films comme QUAND HARRY RENCONTRE SALLY, JERRY MAGUIRE, POUR LE MEILLEUR ET POUR LE PIRE, MILLIARDAIRE MALGRE LUI, MÉPRISE MULTIPLE, LE PRESIDENT ET MISS WADE, L'AMOUR A TOUT PRIX ont renouvelé le genre, conservant l'invention des situations des classiques des 30's et 40's tout en les modernisant et en les adaptant aux préoccupations contemporaines.

Mais plus que tout, comme les films de Capra, Lubitsch et Wilder, ils donnaient envie de tomber amoureux. Devant ces films, vous assistiez à la naissance de l'Amour. Vous aviez deux personnages qui tombaient amoureux. Vraiment. L'Amour naissant était le centre de l'histoire, la plus importante composante du film. Que ce soit grâce au talent des comédiens. Que ce soit grâce aux regards. Que ce soit grâce aux mots. Que ce soit grâce à la sophistication de la mise en scène. Peu importe l'artifice cinématographique ou narratif, on y croyait. Dans le regard de Renée Zellweger au début de JERRY MAGUIRE, vous voyez poindre un sentiment. Cameron Crowe, ce regard, le filme longtemps, insiste dessus et a sûrement du mettre de longues heures à l'obtenir de sa comédienne mais le résultat est là. On y croit. On veut y croire. On veut croire que ça nous arrivera aussi. Un jour.

Ce sentiment fait les comédies romantiques réussies. Ce sentiment a forgé mon cerveau aux choses de l'Amour. Il l'a enrobé de guimauve comme le sucre entoure le bâton d'une barbe-à-papa. Et si désormais, quelques années plus tard, la guimauve commence à fondre, c'est qu'on ne lui offre plus guère que de l'aspartame, à savoir des Jennifer à la pelle (Aniston, Lopez, Garner), des Katherine Heigl, des Gerard Butler, des films comme LE CHASSEUR DE PRIME, UNE ABOMINABLE VÉRITÉ, LE TÉMOIN AMOUREUX, KISS & KILL, LE PLAN B et beaucoup d'autres. Beaucoup, beaucoup d'autres. Et comme vous êtes impatient de savoir quel film est la source de ces modestes lignes, TROP LOIN POUR TOI.

Certes, Drew Barrymore a plus de charme que la première pouf de 10 ans de moins propulsé "petite fiancée de l'Amérique" par la grâce d'un rôle à la télé. Certes, l'alchimie entre elle et Justin Long est d'un autre calibre que celle, en plastique, de tous ces couples préfabriqués par des producteurs obèses adeptes du cigare. Ça n'empêche pas le film de sombrer dans les pires travers d'un genre qui semble en bout de course. Hormis de très bonnes (mais rares) scènes de comédie (le coloc adepte des bandes originales de film), le film n'offre pour seule démonstration de sentiment amoureux qu'une scène de rencontre suivi d'un montage mignonnet sur fond de musique à la mode, quelques baisers et des déclarations d'amour sans imagination vues, revues et encore revues.

Fut un temps où les meilleures (et plus belles) scènes d'une comédie romantique étaient celles que passaient les (futurs) amoureux à discuter. Voyez BREAKFAST AT TIFFANY'S. Voyez BEFORE SUNRISE. Voyez THE PHILADELPHIA STORY. Dans ces discussions et surtout dans les regards et petits gestes qui allaient avec, il y avait TOUT. Il y avait le sentiment naissant. Il y avait l'ensemble des possibles. Il y avait l'Amour. Le vrai. Il y avait ce qu'il n'y a (presque) plus maintenant. Si on ne peut plus trouver l'Amour dans un film sur l'Amour, où est-on censé le trouver ? Dans les chansons ? Plus personne ne s'embête plus à faire de slows, les jeunes ayant, semble-t-il, arrêté de les danser aux alentours de 1996. A la télé ? Entre deux épisodes de JERSEY SHORE et de THE REAL HOUSEWIVES OF BEVERLY HILLS ?

Voilà, donc. La dernière fille ayant fait battre mon coeur ne me voit pas. Et dans ces cas-là, pour arriver à y croire à nouveau, mon coeur a besoin de sa dose de comédie romantique et d'Amour sur celluloïd. Mais mon dealer n'a que du sentiment cheap à me refourguer. Qu'est-ce que je suis donc censé faire, maintenant ? Arrêter de croire aux paradis artificiels ? Je ne m'y résoudrais pas, quitte à continuer à me shooter, encore et encore, avec les restes de came de ma jeunesse...


30 septembre 2010

La Rupture

J'ai trop de chansons et de films d'amour, de scènes, de déclarations et de dialogues romantiques dans la tête. C'est mon problème. C'est pour ça que je suis toujours célibataire. Je sais bien que tout est dans ma tête. Mais que voulez-vous, je suis un idéaliste. Je ne veux pas forcément que ça se passe comme dans un film, avec le happy-end, les petits oiseaux et la morale qui fait frissonner le coeur des adolescentes. Je suis un peu "vieux" pour ça. J'ai passé l'âge. Quand j'avais 15 ans, sûrement. Mais à 30 ans passé, ce serait signe d'un déséquilibre certain de ma part. Et vous auriez raison de vous inquiéter pour moi.

Pas comme dans un film. Mais à la manière d'un film. Certes la nuance est subtile mais le concept est simple : ce n'est pas une question de forme mais de fond. Quand vous mettez bout à bout toutes les déclarations enflammées, les paroles de chansons désespérées, les scènes de poursuite insensées et autres mélodies mélancoliques qui ont traversés votre cerveau depuis votre naissance, vous espérez ressentir (au moins une partie de) la même chose (au moins une fois) dans votre vie. Vous espérez pouvoir entendre une chose aussi touchante que "You Had Me At Hello" ou dire des choses comme "You Complete Me" - et que ça se passe au milieu d'une réunion féministe avec du Bruce Springsteen en fond sonore n'est qu'accessoire. Car, oui, ce qui compte, ce sont les mots. Je voudrais un jour pouvoir entendre et dire des mots qui auraient l'air de sortir d'un film de Cameron Crowe. Je crois, sincèrement, que le jour où vous rencontrez la bonne personne, ces mots-là vous viennent naturellement et je crois que, à ce moment-là, vous savez.

Des mots comme ceux-là, j'imagine que Cameron Crowe en a réservé des encore plus beaux à Nancy Wilson. Le journaliste/écrivain/scénariste/réalisateur avait 25 ans quand il commença à sortir avec Nancy Wilson, co-leader du groupe de rock Heart. Et il a su. Les deux sont restés près de 26 ans ensemble. C'est long 26 ans. Mais c'est beau aussi. Comprenez-moi bien : je ne parle pas de mariage ou de conneries comme ça juste bonnes à terminer en fanfare des comédies romantiques. Je parle d'un garçon. Je parle d'une fille. Je parle de la rencontre de deux êtres capables de se réunir pour former un tout plus cohérent. Je parle d'engagement. Je parle de fidélité. Je parle même d'optimisme. Je parle de courage aussi.

C'est un peu tout ça que m'inspirait la relation de Cameron Crowe et de Nancy Wilson. Même si, bien sûr, je ne les connaissais pas (Duh). D'abord parce que leur relation ("officialisée" par un mariage en 1986) apparaissait comme une sorte d'exception dans un showbiz américain où les mariages de plus de 20 ans sont aussi rares que les gros mots dans une production Disney. Pour les 50 ans de mariage de Paul Newman et Joanne Woodward, combien de Chad Michael Murray/Sophia Bush, Drew Barrymore/Tom Green, Lisa Marie Presley/Nicolas Cage ou Angelina Jolie/Billy Bob Thornton. Je pourrais continuer comme ça, encore et encore. Ensuite parce que Cameron Crowe.

Oui. Cameron Crowe. Le type qui a donné à John Cusack un radio-cassette pour hurler à Ione Skye "In your eyes, the light the heat, in your eyes, I am complete, in your eyes, I see the doorway to a thousand churches, in your eyes, the resolution of all, the fruitless searches, in your eyes, I see the light and the heat, in your eyes, oh, I want to be that complete, I want to touch the light, the heat I see in your eyes". Le type qui a offert à Tom Cruise des mots comme "We live in a cynical world. A cynical world. And we work in a business of tough competitors. I love you. You... complete me." Un type qui est capable d'écrire des films entier sans la moindre goûte de cynisme, de pessimisme et de méchanceté tout en parvenant à faire résonner ses mots comme les plus réalistes et naturels qui soient. Un type pour qui l'idée du romantisme et de la fidélité n'est pas juste un concept bon à attirer des adolescentes en manque de guimauve mais une vraie philosophie de vie. Un type capable d'aimer plus que lui-même une fille toute sa vie.

C'est pourquoi, quand on a appris son divorce il y a quelques jours, annonçant par la même occasion qu'il était séparé de Nancy Wilson depuis deux ans, j'ai eu mal. J'ai eu mal au coeur et mal à l'âme. Si Cameron Crowe, avec ses films, avec ses mots et tout ce qu'ils pouvaient, peuvent et pourront un jour représenter, divorce, que me reste-t-il, à moi ? Une partie des idéaux dont je parlais plus haut partent en fumée.

Alors, bien sûr, je m'en remettrais. On s'en remet toujours. Peut-être que je suis ainsi devenu (un peu) moins naïf, moins idéaliste, plus réaliste et, même si je voudrais tout faire pour lutter contre cela, plus cynique. Peut-être que c'est pour le mieux... Peut-être.


08 septembre 2010

Manifeste pour le retour de Night Shyamalan

Si, cet été, vous avez été voir au cinéma LE DERNIER MAÎTRE DE L'AIR, vous savez donc que le film de M. Night Shyamalan est un gros nanar. Et si vous ne l'avez pas vu, il est probable que la raison en est les innombrables critiques françaises, américaines, anglaises, thaïlandaises, ougandaises ou chiliennes annonçant le désastre. Le consensus s'est ainsi formé dès le début du mois de juillet autour de la nullité du blockbuster. A raison. Mais si la plupart ne s'en prenne au final qu'au film en lui-même, un certain nombre s'attaque directement au réalisateur. On peut ainsi lire des choses aussi définitives que "Arrêtez de financer les films de M. Night Shyamalan" ou "Soyons honnête : M. Night Shyamalan est un idiot". Et ce n'est rien face au déferlement de haine qui inonde les forums et les commentaires des publications web.

Il est vrai que le réalisateur du SIXIEME SENS a toujours suscité des réactions exacerbées, qu'elles soient positives ou négatives, et partagé. Mais depuis quelques mois, difficile de trouver un réalisateur aussi mal-aimé et provoquant des réactions aussi viscérales que Shyamalan. Même des gens comme Brett Ratner, Michael Bay ou Joel Schumacher - et même Uwe Boll (!), arrivent à trouver grâce auprès d'une certaine catégorie du public. Pas M. Night Shyamalan. Voyez cette vidéo qui a fait le tour de l'interweb cet été, illustrant les rires moqueurs des spectateurs d'un cinéma lorsqu'ils aperçoivent son nom dans la bande-annonce de sa production DEVIL

Je l'avoue. A titre personnel, c'est un peu un crève-coeur. Tous ces gens ne sont-ils pas (un peu) ingrats ? Il y a dix ans, M. Night Shyamalan était en effet de ses talents qui étaient parvenus, en l'espace d'une petite poignée de films à susciter l'engouement, à dompter la machine hollywoodienne à force de thrillers intimistes capables de plaire aux critiques les plus intransigeants et au plus grand des publics.

En 1999, SIXIEME SENS débarque sur les écrans du monde entier et a l'effet d'un ras-de-marée. Tout le monde se demande en effet d'où peut bien sortir ce type de même pas 30 ans qui fait tourner Bruce Willis dans un "supposé premier film" (c'est en réalité 3e film). Car si l’énorme succès critique et commercial du film à l'époque centralise beaucoup l'intérêt, au cours des années, l'attention s'est aussi focalisée énormément sur le jeune homme et sa personnalité. Après tout, il est à la fois l'auteur et le réalisateur de ce film totalement atypique, qui semblait alors sorti de nulle part.

Entre cette couverture de Newsweek faisant de lui "Le Nouveau Spielberg", un livre "making-of" d'une naïveté extraordinaire et cette pub étrange pour American Express, Shyamalan se voit en effet régulièrement attribué le titre du réalisateur le plus égocentrique d'Hollywood (Assertion peut-être vraie mais quel réalisateur ne l'est pas ?). Résultat : l'homme n'a pas le droit à l'erreur. Quand ses films marchent, c'est un héros du cinéma moderne. Quand ils se plantent, c'est un "idiot" (pour reprendre une expression citée plus haut). Les films sont associés à l'homme et l'homme est associé à ses films. C'est la dure rançon du statut "d'auteur"

Car, oui, si M. Night Shyamalan est aussi décrié aujourd'hui, c'est qu'il est considéré comme un auteur. C'est la raison pour laquelle beaucoup s'enthousiasmaient à l'idée que l'homme prenne les rênes du DERNIER MAÎTRE DE L'AIR, une série TV animée admirée de tous et aux fans "hardcore" très nombreux. Avec son statut d'auteur, Shyamalan avait plus de bonnes raisons de transformer la franchise en long-métrage de qualité qu'un simple "faiseur". Un même enthousiasme que partageait les fans des sagas X-Men et Batman quand Bryan Singer et Christopher Nolan furent engagés respectivement pour les adaptations des BD au cinéma. Mais la violence des retours est aussi toujours proportionnelle à l'enthousiasme provoqué.

Et même si sa côte auprès du public était largement endommagée ces dernières années avec des flops critiques et commerciaux comme LA JEUNE FILLE DE L'EAU et PHÉNOMÈNES, le réalisateur était, à juste titre, encore considéré comme un auteur. Un auteur ayant, semble-t-il, perdu son mojo mais un auteur quand même.

Car quiconque possède une petite mémoire est capable de se rappeler à quel point ses films peuvent être justes et émouvants quand ils abordent les thèmes du deuil et du regret. Difficile par exemple d'oublier cette incroyable scène de SIXIÈME SENS entre Haley Joel Osment et Toni Colette dans laquelle le garçonnet raconte à sa mère qu'il voit sa grand-mère. Les mots utilisés et ce qu'il réussit à obtenir de ses comédiens est absolument stupéfiant. De même, malgré tous les défauts de LA JEUNE FILLE DE L'EAU, cette scène dans laquelle Paul Giamatti laisse enfin aller sa tristesse face à la mort de sa famille est d'une telle sidérante beauté qu'elle ne peut laisser indifférent que les cyniques les plus endurcis. Quant à SIGNES, le film est probablement un des films d'invasion extra-terrestre les plus mélancoliques et tristes jamais réalisé. Idem pour INCASSABLE sur le thème du super-héros.

Clairement, M. Night Shyamalan est un auteur mal-compris. Lui-même a exprimé à de nombreuses reprises à quel point son image du "mec qui fait des films avec des twists à la fin" était fatigante car elle focalisait l'attention sur un aspect de l'histoire qui n'était pas nécessairement le plus important. Alors, OK, il l'a cherché. Mais quand vous revoyez ces scènes ci-dessus et pas mal d'autres, vous comprenez que ces films ne sont pas "juste" des thrillers fantastiques avec des éléments de drame. Ce sont des drames (voire des mélodrames) avec des éléments fantastiques. La distinction peut paraître fine mais elle est très importante. Elle est primordiale même pour comprendre Shyamalan, l'auteur, et ses films. Par exemple, il est clair que, pour ceux recherchant "un film de monstres avec un twist", LE VILLAGE (son film ayant probablement suscité le plus d'opinions contradictoires) est on-ne-peut-plus décevant. Mais en tant que drame sur la façon dont la peur et l'impuissance poussent les gens à se refermer sur eux-mêmes, le film est d'une puissance incroyable.

Et si vraiment on veut voir du suspense dans ses films, il suffit de se tourner vers SIGNES et sa fameuse scène dans laquelle Mel Gibson et sa famille se retrouvent coincés face à une "supposée" invasion extra-terrestre qui ne montre jamais son visage. En matière de construction de la tension, il apparaît très difficile de trouver ne serait-ce qu'une ou deux scènes de la décennie écoulée capable de rivaliser. Ce style dépouillé d'artifices, au rythme à l'ancienne qui utilise le trauma de ses personnages comme autant de raisons de tension était la signature du réalisateur au temps de sa gloire.

Mais c'est comme si tout cela avait disparu, avait été effacé, comme si les erreurs du présent avaient balayé les merveilles du passé. Il y a dix ans, on comparait Shyamalan à Spielberg, lui, revendiquant également l'influence de George Lucas. Avec LA JEUNE FILLE DE L'EAU, en décidant de rompre avec la formule magique du thriller à twist qui avait fait son succès, il manifestait clairement son envie de rejoindre ses deux modèles et influences au rang des grands créateurs de mythologies cinématographiques. Un choix encore plus évident avec sa décision de réaliser LE DERNIER MAÎTRE DE L'AIR. Mais ce tournant dans sa carrière n'a eu qu'une seule conséquence : afficher au grand jour la plus grande de ses faiblesses, à savoir son incapacité à s'accaparer la mythologie inhérente aux grandes histoires fantastiques. Le rythme frénétique, l'écriture et la narration imposés par ce genre de cinéma ne sont pas son truc. Il ne sait pas le faire. Les dialogues abscons, les scènes de combats ridicules, le schéma narratif du LA JEUNE FILLE DE L'EAU et du DERNIER MAITRE DE L'AIR en sont la preuve. Faire son STAR WARS, INDIANA JONES ou JURASSIC PARK, Shyamalan en est incapable.

Mais il sait faire autre chose. Il sait faire de grands mélodrames fantastiques et intimistes. Il sait créer le suspense et la tension. Est-ce que cela ne devrait pas être suffisant ? D'autant que cela, il sait les faire comme personne. Il est, dans ce domaine, si ce n'est le meilleur, un des cinq meilleurs dans le monde. Alors, messieurs dames, avant de porter un jugement définitif sur la carrière de M. Night Shyamalan, merci de regarder en arrière pour pouvoir peut-être entrevoir l'avenir. Peut-être le jeune réalisateur se rappellera en effet qu'être catalogué dans un genre n'est pas forcément si mauvais que ça. Surtout quand vous êtes bon pour ça. Regardez Alfred Hitchcock...


11 août 2010

Attention Chérie, ça va couper !

Cette semaine est sorti sur les écrans français le film DROIT DE PASSAGE, un film pas terrible - voire carrément mauvais selon certains - qui a cette particularité d'avoir été massacré au montage par son distributeur, Harvey Weinstein. A savoir s'il y a lien de cause à effet, je ne saurais dire et, à part Harvey Weinstein, le monteur et le réalisateur lui-même, personne ne le pourra. Mais supprimer près de 30 minutes d'un film a d'autres conséquences que la supposée baisse de qualité. Cela implique nécessairement de sacrifier des personnages et donc des acteurs.

Dans le cas de DROIT DE PASSAGE, c'est "sûrement" Alice Braga, l'actrice brésilienne de LA CITE DE DIEU, qui en a sûrement fait les frais. Je dis "sûrement" car rien n'est sûr, l'actrice apparaîssant tout de même 5 minutes au début du film mais dans un rôle qui semble avoir été conçu pour plus. Tout comme Sarah Shahi, vue dans LIFE et THE L WORD, qui n'a plus aucun dialogue. Quant à Sean Penn, c'est un peu différent, l'acteur ayant souhaité de lui-même ne plus apparaître dans le film ! Mais ils sont loin d'être les premiers et sûrement loin d'être les derniers. Et ce n'est pas toujours les "moins connus" qui en font les frais....

Quelques exemples notoires....


Kevin Costner dans LES COPAINS D'ABORD (1983)
Avec l'énorme impact pop-culturel du film de Lawrence Kasdan au début des années 80, inutile de dire que LES COPAINS D'ABORD aurait pu être le grand tournant de la carrière du jeune Kevin Costner, jusque là habitué des petits rôles. L'acteur était en effet au centre de l'intrigue, celui qui se suicide et permet donc à toute sa bande de copains de se retrouver à ses funérailles quinze ans après leur séparation à la fin de leurs études. Mais les lois du montage sont à ce point impitoyables que l'intégralité des flashbacks dans lequel il apparaissait ont été finalement coupés au montage. La seule chose que l'on aperçoit de Costner est dont son poignet lors de la scène des funérailles au tout début du film. Mais Kasdan s'est depuis fait largement pardonner, en offrant, deux ans plus tard, au jeune acteur le fameux "tournant dans sa carrière" grâce au western SILVERADO. Kasdan fera ensuite tourné Costner dans WYATT EARP en 1994 puis écrira et produira BODYGUARD pour Costner ! A priori, il a été pardonné...


Billy Bob Thornton, Martin Sheen, Gary Oldman, Bill Pullman, Lukas Haas, Viggo Mortensen et Mickey Rourke dans LA LIGNE ROUGE (1998)
Quand Terrence Malick commence le tournage de LA LIGNE ROUGE en 1997, il n'a pas tourné de film depuis LES MOISSONS DU CIEL en 1978 ! Compte tenu du roman d'origine et surtout de la réputation quasi-mythique du réalisateur, normal donc que l'intégralité des acteurs d'Hollywood se précipite pour tourner avec lui. George Clooney, Sean Penn, John Cusack, John Travolta, Nick Nolte, Woody Harrelson et plein plein d'autres font donc partie du prestigieux casting. Mais les méthodes de travail de Malick (largement basés sur l'improvisation) et surtout les réticences de la Fox a sortir un film de 5 heures ont raison d'une bonne partie du casting masculin. Ce sont donc des noms aussi prestigieux que Billy Bob Thornton (qui a même enregistré plus de 3h de voix-off), Viggo Mortensen, Mickey Rourke, Martin Sheen, Gary Oldman ou Bill Pullman qui sont purement et simplement supprimés du film. Un sort qu'Adrian Brody leur envierait presque, son personnage conçu au départ comme le centre de l'intrigue ayant été réduit à portion congrue au profit de celui de James Caviezel. Au final, LA LIGNE ROUGE dure 2h30 et Terrence Malick promit, un jour, que sortirait la version intégrale du film. A son rythme, je pense que les messieurs cités ci-dessus peuvent encore attendre...


James Van Der Beek dans STORYTELLING (2001)
Dans sa version actuelle, le film de Todd Solondz se divise en deux parties : la première avec Selma Blair dans le rôle d'une étudiante en lettre ayant une relation des plus tordues avec son professeur de lettres; la seconde avec Paul Giamatti dans le rôle d'un documentariste raté réalisant un film sur une lycéen et sa famille. Mais depuis la sortie du film en 2001, une rumeur veut qu'il y ait eu un troisième segment avec James Van Der Beek (en pleine période DAWSON) dans le rôle d'un joueur de football gay. Troisième segment qui aurait par ailleurs contenu une scène de sexe explicite, apparemment une fellation "brownbunny-esque" (le premier segment avec Selma Blair contient une scène de sodomie assez explicite, scène censurée par un carré noir dans sa version US). Sur la dernière décennie, Todd Solondz est toujours resté très évasif sur le sujet mais, avec la sortie récente de son dernier film, a confier à un blog la chose suivante : "I have a list of actors [that were dropped]. James Van Der Beek just happens to be one of the actors dropped. I'm not even sure he's the most well-known actor who has been dropped. I have dropped actors in every single movie and not because I didn't like their work, but a movie has to breathe, it has to have its proper life so you have to as they say, 'kill your babies so the whole can live.' So certainly [he wasn't dropped] because someone told me I had to get rid of him or the sex scene was too explicit, nothing silly like that. No, it was an artistic decision."


Michael Biehn dans TERMINATOR 2 (1991)
Dans la version sortie au cinéma, une scène de rêve de Sarah Connor impliquant Kyle Reese, son sauveur dans le premier TERMINATOR incarné par Michael Biehn, avait été coupée. Heureusement pour lui, dans la version DVD vendue un peu partout, cette scène a été réinsérée. Pour la petite info complémentaire, une scène finale avec Linda Hamilton grimée en vieille dame a été également coupée. Mais pour notre bien à tous, cette scène ridicule aux dialogues incroyablement mauvais n'a jamais été réintégrée.


Skeet Ulrich et beaucoup d'autres dans CURSED (2005)
La production de CURSED, la troisième collaboration de Wes Craven et du scénariste Kevin Williamson après SCREAM et SCREAM 2, a connu tellement de déboires pendant près de 2 ans, entre 2003 et 2005, qu'aucun film n'a vraiment mieux porté son nom. Et entre les retards de production, les renvois d'acteurs et les coupes imposées par les frères Weinstein (Tiens, encore eux !), Skeet Ulrich (Billy Loomis dans SCREAM) fit les frais de se désastre. Mais il peut se consoler en se disant qu'il n'est pas le seul : Illeana Douglas, Heather Langenkamp, Scott Foley, Omar Epps, Robert Forster, Corey Feldman et James Brolin sont également restés sur la table de montage...


Andy Garcia dans ESPRITS REBELLES (1995)
Vous savez à quel point les histoires d'amour sont importantes pour Hollywood. A peu près autant que les explosions et les courses poursuites en voiture. En particulier dans les productions Bruckheimer qui, pour son drame éducatif avec Michelle Pfeiffer, en décida autrement. Au dernier moment, il décida en effet que toute l'intrigue romantique entre Pfeiffer et Andy Garcia était superflue. Heureusement, ils ont gardé Coolio !


Ghostface Killah dans IRON MAN (2008)
Dès le milieu des années 90, le rappeur du Wu-Tang Clan utilisa le pseudo Tony Starks comme un de ses nombreux alter-égo. Son premier album solo en 1997 était même intitulé IRONMAN. Quand Jon Favreau eut la confirmation qu'il réaliserait l'adaptation ciné du comic-book, il se dit donc que ce serait un chouette clin d'oeil d'offrir une apparition au rappeur dans le film. Mais pour des raisons de rythme, la scène dans laquelle Tony Starks et son alter-égo rappeur se croisent à Dubaï a été coupée dans le montage final. Il apparaît toutefois brièvement via un de ses clips.


David et Peter Paul dans TUEURS NES (1994)
Roger Avary, co-scénariste de PULP FICTION, raconte que les frères David et Peter Paul, catcheurs stars du début des années 90, voulaient à ce point percer dans le cinéma qu'ils offrirent de financer en partie un film écrit par le tout jeune Quentin Tarantino à condition qu'il leur écrive une scène. Ne pouvant refuser mais ne sachant pas réellement comment s'y prendre, il écrivit une scène pour TUEURS NÉS dans laquelle ils jouent leur propre rôle et racontent au journaliste incarné par Robert Downey Jr comment ils ont été amputés de leur jambes par Mickey et Mallory. Au final, Oliver Stone déclara par pure provocation que c'était sa scène préférée du script. Cela ne l'a évidemment pas empêcher de la couper de la version finale. Mais les frères Paul ont pu se consoler auprès de Ashley Judd dont les 9 minutes de scène de plaidoirie ont été également liquidées au montage.



Chuck D et pas mal d'autres dans PRÉSENTATEUR VEDETTE : LA LEGENDE DE RON BURGUNDY
Dans la version d'origine du film d'Adam McKay, une sous-intrigue très longue et complexe montrait le présentateur télé incarné par Will Ferrell enquêtant sur une organisation secrète appelée The Alarm Clock. Cette sous-intrigue ne fut jamais insérée dans le film final mais McKay et Ferrell, friands d'improvisation, avaient tellement de scènes coupées et de matériels en tous genres qu'ils furent capables de monter un deuxième film, WAKE UP RON BURGUNDY : THE LOST MOVIE. Evidemment, le résultat est un peu fourre-tout et brouillon mais il a le mérite d'être tout de même très drôle et de restaurer les performances de Chuck D, Maya Rudolph, Kevin Corrigan, et Chad Everett.


Jason Robards et Mick Jagger dans FITZCARRALDO (1982)
Vous connaissez sûrement les mésaventures de Terry Gilliam sur le tournage de THE MAN WHO KILLED DON GUIXOTE. Elles ont été racontées par le documentaire LOST IN LA MANCHA. Et bien, en 1982, Werner Herzog connut à peu près les mêmes sur FITZCARRALDO: un héros malade, des financiers se retirant pendant le tournage, une météo peu coopérative et des réalisateurs pour documenter le tout ! Mais alors que Gilliam tente encore de faire son film, presque 10 ans plus tard, Herzog, lui, l'a terminé. Alors qu'il avait tourné pendant 5 semaines à peu près 40% du film dans la jungle sud-américaine, le réalisateur dut faire face à la maladie de son acteur principal, Jason Robbards, qui décida de ne pas retourner sur le tournage suite aux conseils de ses médecins. Pendant ce temps-là, Mick Jagger, son partenaire à l'écran, se vit incapable de revenir également, une tournée avec les Rolling Stones étant prévue. Loin de se démonter, Herzog fit donc venir son vieux partenaire Klaus Kinski pour reprendre le rôle de Robbards, abandonna totalement le rôle tenu par Jagger et reprit l'ensemble à zéro. Le réalisateur déclara ensuite avoir brulé toutes les traces du premier tournage avec Robbards et Jagger. Les seules traces sont les scènes conservées précieusement par le documentariste Les Blank qui s'en servit pour illustrer BURDEN OF DREAMS, l'insensé et incroyable making-of du film FITZCARRALDO.


Tout le monde dans SEPTEMBER (1987)
Woody Allen, malgré ses "un film par an", est un perfectionniste mono-maniaque. Il est fréquent qu'il refilme des scènes des dizaines de fois ou recaste des acteurs lors de la pré-production. Mais jamais il poussa son perfectionnisme à l'extrême comme il le fit avec SEPTEMBER en 1987. Si à peu près tous les réalisateurs de films n'utilisent pas toutes les scènes qu'ils tournent, Woody Allen, lui, n'a pas supprimé une ou deux scènes mais un film tout entier. Il était en effet tellement déçu du résultat final de son très théâtral drame qu'il retourna entièrement le film, sacrifiant dans le processus les prestations d'acteurs aussi prestigieux que Christopher Walken, Sam Shepard, Charles Durning et même Maureen O'Sullivan qui n'était autre que la mère de Mia Farrow, la petite-amie d'Allen à l'époque ! Ça, c'est dur...


Harrison Ford dans E.T. (1982)
Spielberg venant de le diriger dans LES AVENTURIERS DE L'ARCHE PERDUE et le scénario étant écrit par sa femme de l'époque (Melissa Matheson), il aurait été assez normal de voir Harrison Ford dans E.T. Et il y a été. L'acteur a en effet tourné une scène dans lequel il incarne le proviseur de l'école d'Elliot et donne une sévère leçon au garçon. Une scène que Spielberg a volontairement tourné en ne montrant jamais le visage de l'acteur - uniquement ses mains, son dos et sa voix. Au moment du montage, le réalisateur décida donc de ne pas mettre la scène dans la version finale pour éviter un inutile questionnement des spectateurs qui auraient pu légitimement se demander si oui ou non Indy Jones s'était payé un petit extra entre deux aventures.


Jacqueline Bisset, Terrence Stamp, Angela Bassett et Keith David dans MR & MRS SMITH (2005)
Jennifer Aniston n'aura pas été le seul dommage collatéral de l'alchimie entre Brad Pitt et Angelina Jolie. Dans les commentaires du DVD de MR & MRS SMITH, le réalisateur Doug Liman raconte en effet que les premiers spectateurs du film, lors des projections test, réagirent tellement vivement aux scènes entre les deux tourtereaux qu'il dut se résoudre à supprimer les scènes impliquant les patrons des deux tueurs, les fameux "Mère" et "Père". Mais avant ça, lui-même hésita entre deux couples d'acteur, d'un côté Jacqueline Bisset et Terrence Stamp, de l'autre Angela Bassett et Keith David qui tournèrent tous les quatre leurs scènes. Au final, aucun n'apparaît dans le film, à l'exception tout de même des voix de Bassett et David.



Et pour finir, mention spéciale à Michelle Monaghan qui, dans sa courte carrière, a été coupée non pas de un, non pas de deux, mais de trois films quasi-successivement. La première fois en 2002 dans INFIDÈLE avec Richard Gere, la deuxième fois en 2005 dans CONSTANTINE avec Keanu Reeves et une troisième fois toujours en 2005 dans SYRIANA....



14 avril 2010

Made in 90's #9 : Wear Sunscreen

Il paraît que 20 ans, c'est le plus bel âge du monde. FUCK THAT ! J'ai jamais été aussi déprimé, mal dans ma peau, complexé et triste qu'à 20 ans. Il y a sûrement plein d'explications à cela et je ne vais pas rentrer dans les détails. C'est pas trop mon genre de me servir de mon blog comme psychiatre par procuration. Il y en beaucoup qui le font et qui le font bien, voire très bien, mais ils gardent souvent une certaine forme d'anonymat - ce qui est loin d'être mon cas ici.

Et alors que je repensais à cette époque, dans un grand élan nostalgico-maso, je repensais à une chanson qui me quittait rarement à cet âge si merdique. Cette chanson, qui n'en ai pas vraiment une d'ailleurs, c'est "Everybody's Free (To Wear Sunscreen)" de Baz Luhrmann. Oui, Baz Luhrmann, le réalisateur de ROMEO+JULIETTE et MOULIN ROUGE.

En 1998, alors qu'il travaille sur un album de remix des morceaux de ses films et pièces ("Something for Everybody"), le réalisateur tombe sur un email avec un soi-disant discours de l'écrivain Kurt Vonnegut. Ce discours, sous forme de "conseils à la jeunesse", s'est en fait avéré être un essai de l'éditorialiste du Chicago Tribune Mary Schmich, intitulé "Advice, like youth, probably just wasted on the young". Mais, impressionné par le texte, Luhrmann choisit de s'en servir pour illustrer le remix de "Everybody's Free (To Feel Good)" (qui figurait dans ROMEO+JULIETTE) pour, au final, livrer une sorte de slam pop sur les bienfaits de la jeunesse et tout un tas d'autres petites choses anodines qui permettent de faire de votre vie un moment un peu plus agréable à passer qu'elle n'en a l'air sur le moment.

Et c'est tout juste l'effet qu'elle a eu sur moi. Parce que cette chanson, sortie en 1999, a parfaitement coïncidé avec l'année de mes 20 ans. Cette année là, j'ai quitté le lycée pour de bon (Bac en 1997 et prépa-HEC pendant 2 ans pour les curieux) et, par la même occasion, quitté le cocon familial pour vivre/étudier à 500 bornes de là. Et grâce à l'universalité de son message, la justesse et l'humour de ses conseils, "Everybody's Free (To Feel Good)" m'a permis de passer ce cap important dans ma vie. En gros, elle m'a fait du bien. Beaucoup de bien...

S'il y a des gens de 20 ans qui me lisent et qui se reconnaissent un peu dans ce que j'ai écrit plus haut, j'espère donc que cette chanson aura, ne serait-ce qu'un petit peu, le même effet sur vous...




18 mars 2010

Made in oo's #3 : Le Top 10 des réalisateurs sans grade d'Hollywood

Parmi les réalisateurs qui travaillent au sein des studios d'Hollywood, on distingue quatre catégories.

Les premiers, ce sont les Rois du Monde. Forcément, les moins nombreux. Mais tout le monde les connaît. Forcément. Ce sont les Steven Spielberg, les James Cameron, les Peter Jackson. Ils font les films qu'ils veulent, avec l'argent qu'ils veulent, les acteurs qu'ils veulent et toute la coke et les putes qu'ils veulent.

Les deuxièmes, ce sont les Auteurs. Ils sont un peu plus nombreux mais pas trop quand même. On est à Hollywood. Faudrait pas exagérer non plus. Ce sont les Wes Anderson, les Paul Thomas Anderson et quelques autres qui ne s'appellent pas forcément Anderson. Ils écrivent leurs films, n'ont pas énormément d'argent mais s'en contentent et sont les rois des Festivals avant d'être ceux du Box-Office. Quant à la coke et les putes, c'est plus pour "l'expérience" que pour le "plaisir".

Les troisièmes, ce sont les "auteurs-faiseurs" qui, s'ils n'écrivent pas leurs films, ont assez de personnalités et de talent pour faire de leurs films des oeuvres à la fois reconnues par les plus exigeants des cinéphiles et le spectateur lambda qui se déplace juste pour se vider le cerveau. Ce sont les David Fincher, les Clint Eastwood, les Tim Burton ou les Martin Scorsese. Ils n'ont pas tout l'argent qu'ils veulent, ne font pas toujours ce qu'ils veulent mais le font quand même et sont souvent trop vieux pour la coke et les putes.

Et puis il y a la dernière catégorie, les plus nombreux, les "sans grade" qui réalisent des films "moyens" avec des acteurs "moyens" et de l'argent "moyen". Personne (ou presque) ne connaît leur nom. Ils réalisent des films d'horreur, des films d'action sans effets spéciaux, des comédies romantiques avec des actrices de séries télé, des teen movies avec la Lolita du moment et de temps en temps, après quelques succès d'estime, un blockbuster avec une énorme star qui prendra toute la place sur l'affiche. Ils font avec l'argent qu'on veut bien leur donner, ne font absolument pas ce qu'ils veulent et n'ont pas du tout le temps pour la coke et les putes. Trop occupé à se faire engueuler au téléphone par l'autre petit merdeux pré-pubère du service juridique qui, lui, a eu le droit à de la coke et des putes en guise de bonus.

Donc, comme ils n'ont pas une vie facile, voici les 10 meilleurs d'entre eux (à mon goût) de la décennie écoulée. C'est mon hommage personnel à ces artisans exploités au nom du divertissement global et mondialisé... J'espère ainsi que vous retiendrez enfin leur nom. Ce serait bien la moindre des choses !

1. Peter Berg
C'est comme acteur que débute Peter Berg au cinéma au milieu des années 80. Il a par exemple tenu le rôle principal de SHOCKER de Wes Craven en 1985 et celui du Dr Billy Konk dans les 6 saisons de la série médicale CHICAGO HOPE à la fin des années 90. Et s'il continue d'exercer fréquemment ce métier, c'est comme réalisateur qu'il fait tourner la tête des studios d'Hollywood. Révélé avec l'indépendant VERY BAD THING en 1998, il s'est depuis spécialisé dans le film d'action très esthétique avec un style ultra-nerveux caméra à l'épaule. De BIENVENUE DANS LA JUNGLE avec The Rock à FRIDAY NIGHT LIGHTS en passant par LE ROYAUME et HANCOCK, Peter Berg est le chaînon manquant entre Tony Scott, Oliver Stone et Michael Mann. Et aucune fausse note pour l'instant.

2. John Stockwell
John Stockwell aussi a débuté comme acteur. Mais son rôle le plus marquant reste celui du meilleur ami dans CHRISTINE de John Carpenter. Vous comprendrez donc que c'est lui aussi son métier de réalisateur qu'on retiendra. Un métier qu'il exerce avec une "ligne éditoriale" assez stricte. Car il a beau ne pas être scénariste de ses films, tous tournent plus ou moins autour d'une seule et même chose : les scènes aquatiques. De BLUE CRUSH à BLEU D'ENFER en passant par PARADISE LOST, tous ses films brillent par leurs incroyables scènes filmées sous l'eau. Mais, au-delà de l'efficacité narrative et visuelle de ses films, Stockwell a un petit truc en plus : une façon incroyable de rendre des personnages et des situations extrêmement réalistes malgré l'océan de clichés qui les entourent. Et c'est particulièrement vrai dans CRAZY BEAUTIFUL avec Kirsten Dunst (J'adore ce film !!!!).

3. Peyton Reed
Dans les années 90, c'est sur des séries et des émissions de télé que Peyton Reed s'est fait la main. Puis viendra le temps du cinéma avec le très fun et réussi AMERICAN GIRLS avec Kirsten Dunst. Mais rien de comparable avec les véritablement excellents BYE BYE LOVE, avec Ewan McGregor et Renée Zellweger, et YES MAN avec Jim Carrey et Zooey Deschanel. Excellant donc dans la comédie romantique, Reed a définitivement un oeil pour le craquant et le cute. Seul ombre au tableau : le cyniquement pas drôle LA RUPTURE.

4. F. Gary Gray
C'est dans le clip que s'illustre d'abord F. Gary Gray. Au milieu des années 90, c'est d'ailleurs un des réalisateurs les plus demandés par la scène Hip Hop west coast. On lui doit en effet les désormais classiques "Natural Born Killaz" de Dr Dre et Ice Cube, "It Was A Good Day" de Ice Cube ou "Fantastic Voyage" de Coolio. Normal donc que son premier film soit la très drôle comédie ghetto FRIDAY avec Ice Cube et Chris Tucker. Un des tous premiers réalisateurs afro-américain à travailler sur des grosses productions de studios, on lui doit ensuite de nombreux films d'action assez inégaux : des plutôt agréables NÉGOCIATEUR et BE COOL au très bon BRAQUAGE A L'ITALIENNE en passant par le franchement mauvais UN HOMME A PART avec Vin Diesel. Son dernier film en date, LAW ABIDING CITIZEN, avec Jamie Foxx et Gerard Butler, a l'air plutôt excellent, dans le genre...

5. Antoine Fuqua
Comme F. Gary Gray, il vient du clip Hip Hop. Le "Gangsta's Paradise" de Coolio, c'est lui par exemple. A une époque où les réalisateurs noirs n'avaient pas vraiment voix au chapitre à Hollywood, lui aussi s'est fait orienter dans l'action avec, dès 1998, UN TUEUR POUR CIBLE, le premier film américain de Chow Yun-Fat, et enchaînera avec le mauvais PIÉGÉ avec Jamie Foxx. Mais avec l'excellent TRAINING DAY sous le bras, Fuqua a pris du grade avec les plus mitigés grosses productions LE ROI ARTHUR, LES LARMES DU SOLEIL et SHOOTER. Pour la décennie à venir, sûrement bien conscient qu'il excelle dans les polar et le traitement de la vie du ghetto, il semble se diriger vers des projets plus personnels comme BROOKLYN'S FINEST et PABLO ESCOBAR.

6. Mark Waters
Auteur à la fin des années 90 du film indépendant cultissime THE HOUSE OF YES avec Parker Posey, Mark Waters a rejoint les gros studios depuis le début de la décennie en se faisant une spécialité des comédies romantiques et ados. Si FOLLES DE LUI est tout à fait oubliable, FREAKY FRIDAY et surtout LOLITA MALGRE MOI, les deux avec Lindsay Lohan, étaient purement excellentes, voire carrément démentielle pour la seconde. Quant à ET SI C'ÉTAIT VRAI et LES CHRONIQUES DE SPIDERWICK, certains n'aiment pas. Je les comprends mais ce n'est pas mon cas. Seule grosse ombre au tableau, son dernier film en date, HANTES PAR SES EX. Mais bon, la même année, il a produit 500 JOURS ENSEMBLE. Ça compense !

7. Shawn Levy
On a déjà vu traîné sa gueule de geek frisé dans quelques séries des années 90. Rappelez-vous Howard Banchek dans "Beverly Hills". Puis il a du se résoudre à passer à la réalisation, d'abord de séries B et téléfims que personne n'a jamais vu à part sa famille (et encore) puis à des productions familiales pour Hollywood. Et là, on y trouve du pas mal comme BIG FAT LIAR avec Frankie Muniz, POUR LE MEILLEUR ET POUR LE RIRE avec Ashton Kutcher et Britanny Murphy, du moyen comme TREIZE A LA DOUZAINE et LA PANTHERE ROSE et du vraiment bon comme LA NUIT AU MUSEE et sa suite. Bref, sa filmographie est inégale mais son timing comique est vraiment bon et, surtout, ses films respirent la simplicité des comédies à concept des années 80. En espérant qu'il confirmera cela avec DATE NIGHT qui réunit Tina Fey et Steve Carrell... Non, parce que ça a vraiment l'air excellent dans le genre!

8. David R. Ellis
Cascadeur depuis les années 70, David R. Ellis a travaillé sur SCARFACE, L'ARME FATALE ou LA FAMILLE ADDAMS avant de devenir réalisateur de seconde équipe sur quelques grosses productions hollywoodiennes comme WATERWORLD, HARRY POTTER ou MATRIX RELOADED. Mais depuis 2003, il prend également les reines de ses propres films avec un goût certain pour l'action qui tâche. Il est ainsi le réalisateur du meilleur épisode de la franchise DESTINATION FINALE (le 2, un modèle du genre!), du très bon petit thriller CELLULAR et de l'incontournable DES SERPENTS DANS L'AVION, tous les trois modèles de séries B ultra-efficaces à la fois prenantes, drôles et jouissives. Dommage que son DESTINATION FINALE 4 soit, au contraire, un des plus faibles de la série.

9. DJ Caruso
Réalisateur de seconde équipe pour John Badham dans les années 90, DJ Caruso est devenu le petit prince du thriller hollywoodien de la décennie écoulée. De l'excellent SALTON SEA avec Val Kilmer en passant par TAKING LIVES avec Angelina Jolie, PARANOIAK et L'OEIL DU MAL avec Shia LaBeouf, il a démontré une belle efficacité et un beau sens de l'esthétique du suspense. C'est jamais parfait mais c'est souvent beaucoup mieux que les autres productions du genre. Seule ombre au tableau : TWO FOR THE MONEY avec Al Pacino et Matthew McConaughey.

10. Robert Luketic
Grand spécialiste de la comédie romantique excentrique et colorée, c'est avec LA REVANCHE D'UNE BLONDE qu'il débute en 2001. Coup d'essai plutôt très réussi qu'il confirmera avec le peu vu mais tout à fait excellent RENDEZ-VOUS AVEC UNE STAR avec Kate Bosworth et Topher Grace. Et si ses réussites en comédies romantiques s'arrêtent là, compte tenu des désastres que sont SA MÈRE OU MOI avec J.Lo et L'ABOMINABLE VERITE avec Katherine Heigl, il faut bien avouer que son petit thriller LAS VEGAS 21 était plutôt très cool. Malheureusement, il devrait arrêter de travailler avec Katherine Heigl parce que son prochain KILLERS a l'air réellement dramatique et affligeant...


Et je voudrais faire un petit BIG UP à trois autres réalisateurs qui n'ont pas réussis à franchir la frontière des 10 mais qui auraient pu avec un peu plus de films sur leur CV : David Frankel, réalisateur élégant du DIABLE S'HABILLE EN PRADA et de MARLEY & MOI, David Dobkin, à qui l'on doit SERIAL NOCEURS et SHANGHAI KID 2 et pour finir l'espoir de la bande, Sylvain White qui a l'énorme mérite d'avoir réalisé le meilleur film de danse Hip Hop de la décennie, STEPPIN, et dont la mise en scène est assez époustouflante.