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28 juillet 2010

Plaisirs Coupables #5 : Valley Girls

On ventura, there she goes. She just bought some bitchen clothes. Tosses her head n flips her hair. She got a whole bunch of nothin in there. Last idea to cross her mind. Had something to do with where to find. A pair of jeans to fit her butt. And where to get her toenails cut.

Ceci pourrait être le portrait acerbe d'une héroïne de The Hills ou de Laguna Beach. Effectivement. Pourtant, ceci a été écrit en 1982 par Frank Zappa et sa fille Moon. Conçue à l'époque comme une blague, Zappa étant plus connu pour son cynisme et ses commentaires caustiques sur la société de consommation, cette chanson "Valley Girl", dès sa sortie, a pourtant fait l'effet d'une bombe chez les adolescentes américaines, créant ainsi un véritable phénomène socio-culturel.

Portrait de ces adolescentes superficielles et égocentriques de la classe moyenne supérieure passant leur temps à faire du shopping, à parler de garçons, de soins de beauté et de leurs groupes préférés au téléphone et polluant les centres commerciaux de la San Fernando Valley, cette chanson se veut très sarcastique mais des millions d'adolescentes du début des années 80 s'y retrouvent et y voient une façon de se démarquer, de rejoindre une nouvelle tribu. Le phénomène "Valley Girl" était née.

Sous l'influence de la chanson et des premières "Valley Girls", des millions de jeunes filles se créent alors un look ultra sophistiqué, très inspiré des Bobby-Soxers des années 40, ces fans de Frank Sinatra qui portaient leurs chaussettes apparentes sous leur "poodle skirts" (jupes longues à motifs), et agrémenté de shorts et de vestes en jeans avec le col remontés et les manches retournés. Elles s'accaparent également de nombreux produits de beauté (le gloss, les auto-bronzants), accessoires (les lunettes de soleil, chaînes en or), groupes de rock (Journey, AC/DC, Rush, Van Halen) et mêmes des marques alimentaires (le Tab, ancêtre du Coca-Cola Light, les Doritos, les brownies Kahlua, les chewing-Gum Bubblelicious, les bières Heinies et Lowies) qui deviennent leurs emblèmes. Elles proclament même le centre commercial de Sherman Oaks en Californie comme leur Mecque.

Mais tout cela pourrait ressembler au portrait d'une adolescente typique des années 80 pris dans le tourbillon de la mode de l'époque. A un détail près. Sous l'influence de la chanson de Zappa, les Valley Girls se sont accaparés tout un langage, une façon de parler, un vocabulaire, une prononciation. Et c'est là que le phénomène devient absolument fascinant.

Comme nous autres français avons le verlan, l'argot, les "Valley Girls" avaient leur Valspeak, un sociolecte encore très présent dans le langage "jeune" américain. Des qualifications comme "like", "Tre" (du français !) ou "so" sont balancées au milieu des phrases pour en accentuer certains éléments. Dans la chanson de Zappa, voici ce que ça donne par exemple...
"So like I go into this like salon place, yknow
And I wanted like to get my toenails done
And the lady like goes, oh my god, your toenails
Are like so grody
It was like really embarrassing
Shes like oh my god, like bag those toenails
Im like sure...
She goes, uh, I don't know if I can handle this, yknow...
I was like really embarrassed..."

Mais dans le cours de la conversation, vous pouvez également entendre des "as if" ("ouais, c'est ça !"), des "duh" ("évidemment"), des "bitchin" ("excellent"), des "whatever" ("peu importe"), des "Fer shur" ("bien sûr"), des "totally" ("Je suis d'accord"), des "Oh my god" (pour exprimer un choc), des "gnarly" ("vraiment") ou l'expression ultime (mais aujourd'hui désuette) "Bag your face" (littéralement "mets ta tête dans un sac", que l'on pourrait traduire par "Tais-toi"), le tout prononcé avec une grande intonation sur les mots et syllabes et, dans les cas les plus extrêmes, avec un accent californien poussé à son paroxysme (grande variation de ton et son nasal).

Si vous voulez entendre par vous-mêmes ce que ça donne, voici un extrait d'une émission de télé de 1982 sur un concours de Valley Girl, sorte de version californienne 80's de nos concours régionaux de miss !



Après avoir vu cette vidéo, deux choses vous viennent à l'esprit. En tous les cas du mien. Que toutes ces filles sont à priori (un peu) ridicule, que Moon Zappa joue les hypocrites devant toutes ces jeunes filles qui l'ont élue reine et icône absolue (sa chanson était, je le rappelle, une blague moqueuse), que la présence en masse de gens d'Hollywood était un signe et surtout que le phénomène "Valley Girl", s'il paraît démodé aujourd'hui dans sa forme la plus "primitive", est plus que jamais d'actualité mais surtout totalement dévoyé de sa "philosophie d'origine".

Car pour tous ceux et celles ayant grandi dans les années 90 et 2000, la description que je viens de faire de la Valley Girl rappelle forcément les personnages blondes un peu décérébrés que sont, dans le meilleur des cas, Cher Horowitz de CLUELESS, Elle Woods de LEGALLY BLONDE, les soeurs Liz et Jessica de la série SWEET VALLEY HIGH, et dans le pire des cas, Paris Hilton, Lauren Conrad ou Heidi Montag. Et vous auriez raison. En partie.

Tous ces personnages, réels ou fictifs, sont des héritières évidentes des Valley Girls 80's. A une différence près. Ce sont devenus des parodies assez éloignées du modèle originel.

D'abord, car les Valley Girls étaient, dans les années 80, principalement issues de la classe moyenne supérieure. Pas du tout de la grande aristocratie industrielle américaine comme les filles précédemment citées.

Ensuite, car les Valley Girls avaient beau "revendiquer" leur superficialité, la perfection du visage et du corps n'étaient absolument pas élevées comme une valeur dominante : la sophistication de son maquillage et de son look, l'inventivité de son vocabulaire et son aisance à parler le Valspeak étaient les valeurs essentielles, ce qui fait une grosse différence avec tous ces personnages de blondes arrogantes ayant élevés une certaine idée de la beauté plastique et la chirurgie esthétique en "accessoire" dominant.

Enfin, car les Valley Girls originels avaient majoritairement entre 13 et 17 ans. Avec le recul, près de 30 ans plus tard, toutes ces jeunes filles peuvent, à première vue, paraître ridicules. Mais au final, sont-elles plus ridicules qu'un adolescent émo, zyva, bcbg, goth ou je-ne-sais-quoi d'autres? J'enfonce sûrement des portes ouvertes ici mais n'est-ce pas le propre de l'adolescence de se chercher des repères et modèles, de vouloir à tout prix faire partie d'un groupe? Aucun d'entre vous ne pourra nier avoir fait partie d'une de ses tribus - même si elles ne portaient peut-être pas le même nom. Moi-même, je portais des baggies, une casquette (parfois) à l'envers. Moi-même, j'avais mes propres marques de vêtements préférés, mes produits et accessoires phares, mes groupes préférés. Moi-même, j'étais ridicule aux yeux des adultes (et de l'adulte que je suis devenu). Et vous l'étiez aussi. Pas la peine de nier. Dans le livre The Valley Girls' Guide to Life sorti en 1982, une fille a cette phrase particulièrement révélatrice : "Etre populaire, c'est important. Sinon, les gens ne vous aimeront pas." C'est désarmant de naïveté adolescente mais aussi lourd de sens que l'ensemble des films de John Hughes réunis.

On en revient donc toujours à la même chose : le besoin d'être aimé. On dirait peut-être le titre d'une chanson de comédie musicale neuneu mais voilà pourquoi j'ai choisi de classer cet article dans ma rubrique Plaisirs Coupables. Tout ceci, ce phénomène, pourrait se résumer à une bonne blague d'artistes un peu arrogants, à des histoires de fringues, de produits de beauté, d'égocentrisme et de superficialité. Après tout, c'est l'image que les Valley Girls ont laissé dans la pop culture de la dernière décennie. Mais dire cela serait aussi superficiel que ce que ça entend résumer, le phénomène Valley Girl dans sa forme originelle ne parlant que d'une seule chose. Une unique chose appelée la mélancolie adolescente, teen angst comme diraient les Américains. Etre aimé. Trouver sa place dans le monde. Voilà ce que nous disent les Valley Girls.

Et cela, il y a un film qui nous l'a déjà dit, il y a bien longtemps. Ça s'appelle VALLEY GIRL. Ça date de 1983 à l'apogée du phénomène. C'était tourné en toute indépendance, loin d'Hollywood et de ses clichés, pour un budget ridicule (350 000 dollars) avec Nicolas Cage dans son tout premier rôle principal. Dans ce film, Julie, une Valley Girl typique, tombait amoureuse de Randy, un punk des bas quartiers. Et c'était COOL, très, très loin de Paris et ses copines...




30 mars 2010

Doux et Amer

J'aime le cinéma indépendant américain plus que tout au monde. Et j'aime en particulier sa sous-tendance douce-amère. Vous savez, pour citer les plus emblématiques, les JUNO et LITTLE MISS SUNSHINE et aussi tous ses films slackavetes dont j'ai parlé il y a quelques mois. J'aime leur emprise sur le monde. J'aime leur popitude. J'aime leur façon simple et légèrement sophistiquée de parler de sentiments. J'aime parce qu'il parle mon langage. Les Français ne savent pas trop parler ce langage. Mais ces films, ils ne verront probablement jamais le visage des spectateurs français, pour la simple et bonne raison qu'ils n'ont pas de stars sur leur affiche. Alors, si un distributeur me lit (et il y en a, je le sais !), je veux voir ces films ci-dessous... JE VEUX LES VOIR !

Parce qu'un jour, j'aimerais faire un film comme ça. J'y travaille d'ailleurs. Un jour, j'aimerais faire un film dont la bande-annonce ressemblerait plus ou moins à ça... Surtout au premier d'ailleurs.






12 décembre 2009

Ces images peuvent nuire gravement à la santé...

Une bande-annonce est faite pour vous marquer, vous imprimer la rétine et les graver ensuite dans votre cerveau. C'est son but. Plus vos yeux en imprimeront, plus votre tête s'en souviendra, plus vos jambes vous mèneront rapidement dans une salle de cinéma. Un montage savant d'images chocs, une musique épique puissante en violons, choeurs et rythmes binaires et l'affaire peut se conclure en 2 minutes.

En direct live de Bielorussie, un dénommé Vadoskincheg a entrepris la tâche un peu folle de créer la bande-annonce de toutes les bandes-annonces. Le trailer ultime en sorte. Armé de plus de 50 bandes-annonces hollywoodiennes, il débarque sur la toile pour faire un CARNAGE - sans équivalent dans l'histoire des images. La celluloïd elle-même ne supporterait pas la férocité de son montage.

Je vous le jure. Cette "chose" est tellement intense et épique que mes yeux en saignent et mes oreilles en sifflent encore. Je vous préviens à l'avance : regarder une deuxième fois les images ci-dessous pourraient gravement porté atteinte à votre santé mentale. Une troisième fois pourrait même endommager vos fonctions moteur. Pour le reste, voyez la photo d'illustration. No Joke ! Ne jouez pas avec le feu... Je vous aurai prévenu...


24 octobre 2009

Epic Loser

Il va falloir que je crée une rubrique rien que pour eux. Après Tommy Wiseau et Tucker Max, voici un nouveau loser magnifique de la pop culture made in USA : Troy Duffy. Encore un type au parcours rocambolesque et à l'égo si surdimensionné qu'il ferait passer Alain Delon pour l'inventeur de l'humilité.

Pour bien visualiser le personnage, il faut vous imaginer l'allure mastoc d'un joueur de football tendance défenseur - comprenez gras du bide - le bouc de l'Américain moyen de rigueur et la boule à zéro. Car le premier métier de Duffy - peut-être même sa vocation - c'est barman. Mais pas barman de l'Hôtel Costes. Brman du J. Sloan's, un bouge de West Hollywood (la zone !) qu'il dirige armé d'une batte de base-ball. Un outil bien utile pour vider les quelques poivreaux, sauvageons et crackheads qui oseraient franchir les portes de son établissement. Je pense que vous voyez bien là de quoi on parle.

Des rêves de gloire plein la tête, Duffy veut se faire un nom à Hollywood. Pour ça, il a deux pistes : son groupe de rock The Brood et un scénario intitulé THE BOONDOCK SAINTS. S'inspirant de ses "envies" de vider les dealers de sa cage d'escaliers, il crée ainsi deux personnages, les frères McManus, tueurs à gages spécialisés dans l'élimination des seigneurs de la drogue de Boston avec le FBI à leurs trousses. On est en 1996 et l'époque est aux anti-héros criminels popularisés par Quentin Tarantino dans PULP FICTION.

C'est donc assez naturellement que le script finit par arriver sur le bureau de Harvey Weinstein, le Pygmalion de Tarantino, Kevin Smith et Robert Rodriguez. Normal que le mec s'intéresse à un type pas vraiment démoulé comme Duffy. Tellement normal qu'avec la folie des grandeurs qu'on lui connaît désormais, il lui offre 15 millions de dollars pour faire son film, accepte que The Brood enregistre la bande son et propose même de racheter le J. Sloan's !

Bref, en 1997, le barman crasseux de West Hollywood se transforme en Cendrillon d'Hollywood. C'est acté : Duffy est le "prochain Tarantino". Le deal avec Miramax fait même la couverture d'USA Today et l'apprenti-réalisateur rencontre alors Mark Wahlberg, Brendan Fraser, Vincent D'Onofrio, Billy Zane, Jeff Goldblum et même un jeune Heath Ledger. Le mec est le nouveau roi du pétrole !

Sauf que... (et c'est là que les versions divergent).

Dès la fin de l'année 1997, le deal avec Miramax est rompu (avant que Harvey ne rachète le bar - merde !). La raison ? D'un côté, on dit que Weinstein et Duffy n'était pas d'accord sur le casting et que les deux se sont séparés d'un commun accord. De l'autre, on dit que Duffy a pris une de ces grosses têtes qui vous font exploser en plein vol et que, trop occupé, refusait de parler à qui que ce soit - même si ce qui que ce soit s'appelait Pitt ou Stallone. Il se raconte même que Duffy manqua d'engager Ewan McGregor, lors de leur premier entretien, à cause d'une dispute futile sur la peine de mort ! EPIC FAIL.

Finalement, une autre société de prod financera quelques années plus tard le film à hauteur de 6 millions de dollars (soit 2 fois moins que les Weinstein !) avec un casting composé tout de même de Willem Dafoe (dans un rôle de grande folle totalement surréaliste), Billy Connolly et Sean Patrick Flanery et Norman Reedus dans les rôles des deux frères. Tournage somme-toute rock'n roll durant lequel les principaux protagonistes se rappellent surtout les beuveries dans la villa louée pour l'occasion, les barbecues, les "orgies" dans le jacuzzi et les virées dans les clubs de strip-tease. Je pense que vous saisissez le tableau... D'autant que les seuls personnages féminins du film sont au choix deux prostituées "figurantes" et une féministe lesbienne qui se prend un pain dans la gueule par Reedus !

Inutile donc de vous dire que le film est au final une sorte de mélange pas très glorieux de Tarantino (pour le sujet et l'humour noir décomplexé) et de John Woo à la sauce irlandaise (pour les gunfights au ralenti sur fond d'esthétique religieuse bien appuyée !).

C'est d'ailleurs ce dernier point qui coutera sa sortie au film. Car après le massacre du lycée Columbine en avril 2000, l'obsession "légèrement" démesurée de Duffy pour les armes à feu n'est pas très bien passée. Résultat : 35 000 dollars de recettes en salles et EPIC FAIL !



Mais tout cela aurait pu rester de l'ordre de l'anecdote sympa qu'on se raconte entre initiés. La légende Troy Duffy, c'est à un documentaire qu'on la doit. Sorti en 2004, OVERNIGHT a été réalisé par les ex-meilleurs potes de Duffy qui s'étaient dit que filmer son ascension à Hollywood ferait un bon film, chose à laquelle un égo comme celui de Duffy ne pouvait pas dire non... Sauf que de l'idée de départ ne reste pas grand chose puisque le roi du pétrole annoncé s'est vite transformé en gros loser, se ramassant la gueule aussi vite qu'elle avait enflé... Et c'est bien le problème (d'où le "ex"), l'homme n'ayant naturellement pas trop apprécié que ses potos se fassent de la tunasse sur son malheur et surtout le montre dans toute sa splendeur de beauf homophobe et égomaniaque...



Reste que des beaufs homophobes et égomaniaques, l'Amérique en compte quelques centaines de milliers et qu'ils ont finit par trouver la voix vers leur messie Troy Duffy : le DVD, cette merveille de technologie so 2001 qui permet à tout beauf homophobe de s'instruire devant sa télévision couleur. Dans une interview à EW, Troy Duffy raconte : "Il y a des jeux de boissons associés au film. Il y a des milliers de fans avec des tatouages. Vous ne pouvez pas acheter ce genre de fans." D'après Norman Reedus, "Des gens viennent vers moi avec mon visage tatoué sur un bras et celui de Sean sur l'autre. Je leur demande s'ils étaient saoul en faisant ça et à 99% ils me répondent que oui." Ça c'est sûr, des fans comme ça, on ne les achète pas. Mais encore faut-il en vouloir ?

Mais vous savez quoi ? Duffy n'a pas touché un centime sur les ventes de ces DVD à cause du contrat qu'il avait signé avec les distributeurs en 2000. Et oui, il était persuadé que le film serait un succès en salles... Too Bad. EPIC FAIL (tiens, ce serait pas le troisième ?)

Elles lui auront quand même permis de réaliser, neuf ans après le premier volet, une suite à THE BOONDOCK SAINTS. Sûrement toujours partant pour des orgies dans les jacuzzis et des virées chez les stripteaseuses (surtout que la plupart ne sont plus les jeunes premiers qu'ils étaient il y a 10 ans), une bonne partie du casting original est toujours là. L'esthétique irlando-tarantinesque des gunfights aux ralentis so 1995, aussi...

Sorti le week-end prochain aux Etats-Unis par le type qui fit de LA PASSION DU CHRIST le phénomène que l'on sait en surfant sur le fondamentalisme religieux, je crois qu'on peut d'avance ajouter un 4ème EPIC FAIL à la liste...


28 septembre 2009

The King of Douchebags

AVERTISSEMENT : Avant de lire ce qui va suivre, je vous conseille de rester à portée de main d'un puissant désinfectant et d'une grande quantité d'eau. Exposés aux méfaits du personnage dont il sera question dans ce post, vos yeux pourraient en effet se mettre à brûler, voire à saigner.

Tucker Max. Il est très probable que vous n'ayez jamais entendu ce nom de votre vie et cela fait de vous quelqu'un de très chanceux. Des millions d'Américains ne peuvent pas en dire autant. Ces sept dernières années, ils ont du en effet se coltiner l'ascension médiatique de ce type qui a fait de sa nature profonde son fond de commerce.

Max a beau être diplômé d'une des facs de droit les plus prestigieuses du pays, ce n'est pas ces talents d'orateur à la barre des tribunaux qui lui ont valu sa "renommée". C'est par le biais de son blog (ouvert en 2002) qu'il commence à attirer l'attention. Qu'est ce qu'il y raconte ? Ses nuits de débauche, des blagues vulgaires sur les handicapés et autres moqueries misogynes sur les filles qu'il s'est (prétendument) tapé.

Avec son attitude complètement décomplexé et un goût certain de la provocation, le type fait jaser et il se voit offrir un gros chèque par un éditeur pour l'adapter en livre. Il en tirera I HOPE THEY SERVE BEER IN HELL qui est un bestseller instantané (70 000 copies la première année !).

Le sexe, la vulgarité et les crasses en tous genres font recette. Tucker Max en est l'emblème. Mais à l'époque, le type pouvait encore apparaître comme l'incarnation "second degré" du pire de l'arrogance et de la vulgarité "à l'Américaine". Si l'expression "Douchebag" est revenu à la mode ces dernières années, il est bien possible que Max en soit un peu la cause, tant le terme lui correspond à merveille. Vous savez, une version "live" de l'archétype du bourrin des teen movies, le Stifler de la génération 2.0.
En gros, vous pouviez encore vous dire que Max était un petit opportuniste prêt à payer de sa personne et que lire sa prose était finalement assez semblable à regarder le VERY BAD TRIP de Todd Philipps, jubilant devant un bonne dose de blagues de potaches politiquement incorrects...

C'est d'ailleurs peut-être ce qui amena le réalisateur Richard Kelly (DONNIE DARKO, SOUTHLAND TALES) à acheter les droits du bouquin pour en faire un film. On connaît la fascination de ce dernier pour la culture trash des médias américains et le lien thématique entre I HOPE THEY SERVE BEER IN HELL et des films comme DOMINO et SOUTHLAND TALES est assez évidente - même s'ils fonctionnent dans des genres totalement différents.

Sauf qu'on se rend rapidement compte en voyant la bande-annonce du dit film écrit par Tucker Max lui-même, qu'il n'a jamais été question de second degré, ni même de troisième et encore moins de quatrième degré.



(Si vous yeux ne se sont pas mis à saigner) Que voyez-vous dans ces images ? Vous voyez la version bas de gamme, ras du front de VERY BAD TRIP. C'est un peu comme si les responsables de ce film s'étaient faufilé dans les studios Warner, avaient dérobées les scènes coupées jugées trop mauvaises et en avaient fait un deuxième long-métrage ! Je crois que la critique de USA Today résume bien l'affaire : "Hell is too good for those associated with this movie."

Petite consolation, donc. Le film I HOPE THEY SERVE BEER IN HELL semble se diriger vers le bide intégral. Cela arrêtera-t-il Tucker Max dont le deuxième livre, ASSHOLES FINISH FIRST (WTF!) doit être publié en 2010 par le plus grand éditeur américain ? Apparemment non. Les enculés ont visiblement de beaux jours devant eux !

16 août 2009

10 ans et on recommence...

Avant toute chose, il faut regarder cette bande-annonce. C'est important et ça ne dure "que" 2 minutes et 33 secondes.



Flippant, n'est-ce pas ? En tous les cas, moi, j'ai trouvé ça assez flippant la première fois. Mais à part ça. A part le fait que le sujet de l'enlèvement extraterrestre n'est pas vraiment un sujet nouveau. A part le fait que ça a tout du thriller fantastique hollywoodien bien formaté. Ça ne vous rappelle pas quelque chose...

Dix ans. Presque jours pour jours. Dix ans pour qu'Hollywood ressorte la campagne de communication virale la plus efficace de l'histoire du cinéma. Dix ans qu'une petite bande de cinéastes en manque de reconnaissance ont fait croire au monde entier qu'ils avaient retrouvé la vidéo d'autres apprentis cinéastes s'étant faits massacrés dans les bois par une sorcière assoiffée de sang. Dix ans que THE BLAIR WITCH PROJECT a fait le coup du lapin à tous les marketeurs cinéma d'Hollywood !

A l'époque, le web était dans un entre-deux : pas assez utilisé pour être complètement maîtrisé mais bien assez pour faire circuler les rumeurs. Un contexte idéal pour Daniel Myrick et Eduardo Sanchez qui allaient, grâce au web, faire de leur petit film quasi-amateur (60 000 dollars de budget) le film le plus rentable de l'histoire du cinéma (250 millions dollars de recettes monde). Juste en faisant croire que la vidéo du film était vraie ! A un moment ou à un autre, tout le monde y a cru ! Moi y compris. Je me rappelle même très bien, en septembre ou octobre 1999 soit 2-3 mois après ses sorties françaises et américaines avoir une discussion houleuse avec un type m'affirmant haut-et-fort que THE BLAIR WITCH PROJECT était réalisé à partir de vidéos bien réels.

Et bien, dix ans plus tard donc, le studio Universal remet ça. Pour vendre THE FOURTH KIND, ils mettent en avant que le personnage incarné par Milla Jovovich existe réellement, qu'il s'appelle Abigail Tyler, et que les vidéos de patients présentés dans le film sont les siennes. Trop "choquantes" et "perturbantes", ces vidéos auraient été gardés secrètes et, pour la première fois, rendues publics via le film que l'on vous invite à aller voir...

Je vais être franc. En découvrant cette bande-annonce ci-dessus, en n'ayant jamais entendu parlé du film avant, j'ai cru à ce que l'on essayait de me faire avaler. J'y ai cru 2 minutes et 33 secondes, le temps de la bande annonce, et les 2 minutes qui ont suivi le temps que mes yeux se replacent dans leur orbite et que mon cerveau se soit remis à fonctionner. Mais j'y ai cru !

Franchement, l'actrice principale qui vient vous présenter la bande-annonce directement DANS la bande-annonce, c'était la première fois que je voyais ça... Quant à la bande-annonce en elle-même, elle fait violemment bien son métier. Et il suffit d'aller jeter un oeil sur les commentaires des différents forums (surtout américains) sur lequel a été postée la vidéo pour se rendre compte que le nombre de gens sur qui cette bande-annonce a fait le même effet sont nombreux !

Alors évidemment, "l'effet" ne dure pas. Comme je le disais, BLAIR WITCH PROJECT est passé par là et l'Internet n'a plus la même gueule qu'il y a 10 ans : c'est un média de masse dont les gens ont appris à se méfier (ou presque). Mais le but n'est-il pas déjà atteint ? Il est encore bien trop pour juger de l'impact, le film ne sortant que le 6 novembre aux Etats-Unis, mais les gens parlent, débattent même, écrivent des posts de 3000 signes comme je viens de le faire...

On peut pas en dire autant de toutes les bandes annonces qui débarquent sur le net à longueur de semaines...

23 juin 2009

ROCK N ROLL HIGH SCHOOL

20 ans est le nombre d'années qui séparent ces deux films : ROCK N ROLL HIGH SCHOOL et HIGH SCHOOL ROCK STARS.

Et quel est le plus décadent ? Les Ramones qui foutent le feu au bahut ou Vanessa Hudgens qui fait du "rock" avec ses potes dans le garage ?

Nicolas Sarkozy dirait sûrement le premier. Moi, je dirais sans hésitation le second...

1979 : ROCK N ROLL HIGH SCHOOL


2009 : HIGH SCHOOL ROCK STARS

22 avril 2009

LOVE next door

Il y a un post dans les brouillons de ce blog qui représente un peu mon Saint Graal. Une sorte de post ultime qui serait un peu la somme de tout ce que je suis, de la quintessence de ce que j'aime chez les autres (pour dire les filles, en gros) tout en continuant à parler de pop culture. Ce post, il est déjà bien entamé. Mon problème : tous les deux jours, je le modifie, je le réécris à outrance, ne sachant pas bien par quel bout le prendre, comment lui rendre honneur à sa juste valeur...

Ce post, je sais que j'arriverais à le sortir un jour. D'ailleurs, ces dernières semaines, il en est sorti quelques bribes dans mes différents posts (ici, ici ou ici). La preuve qu'il y a quelque chose qui se met en route en moi en ce moment. Serait-ce le printemps ?

Tout ça pour dire que ce n'est pas encore pour cette fois. Et non ! Je suis pas - encore - prêt. Par contre, je viens de tomber sur une nouvelle pierre pour la construction de cet édifice (Vous comprendrez un jour. Ceux qui me connaissent bien "dans la vraie vie" savent peut-être déjà un peu de quoi je parle...). La voici...



Comédienne croisée chez Judd Apatow (EN CLOQUE, MODE D'EMPLOI), Charlyne Yi, 33 ans (malgré ses airs de collegienne timide qui lui en font paraître 20 de moins !), est à l'origine de ce film PAPER HEART qui raconte comme un documentaire son histoire d'amour avec Michael Cera. Entre fiction et réalité, ce film (qui a reçu le prix du meilleur scénario à Sundance) a juste l'air d'être le truc le plus mignon de l'histoire du romantisme mignon au cinéma. J'en suis tout chamboulé....

26 mars 2009

Ce n'est pas pour les enfants !

J'ai déjà parlé de ma colère face à l'auto-censure hypocrite des producteurs face aux studios pour obtenir cette fameuse classification "PG-13" (interdit aux moins de 13 ans), le sésame de tout blockbuster hollywoodien pour cumuler les dollars au box-office.

Et tout d'un coup, un rumeur apparaît. Les hauts dirigeants de la Warner semble vouloir tirer un trait définitif sur les blockbusters classés "R" (interdit aux moins de 17 ans non accompagnés), encouragés par les résultats de THE DARK KNIGHT ("PG-13") et surtout déçus par ceux de WATCHMEN.

Une rumeur qui apparaît juste au moment où la bande annonce d'un autre film de la Warner est dévoilée sur Internet. Ce film : MAX ET LES MAXIMONSTRES de Spike Jonze (DANS LA PEAU DE JOHN MALKOVICH).



Oui, un film pour enfants ! Quel peut bien être le rapport entre l'adulte WATCHMEN et l'enfantin MAX ET LES MAXIMONSTRES ? Et bien, beaucoup plus qu'il n'y paraît.

D'abord, les deux sont basés sur un livre réputé inadaptable, le premier à cause de sa complexité narrative, le second pour sa simplicité. En effet, le livre illustré de Maurice Sendak, qui raconte comment un jeune garçon s'invente un monde peuplé de créatures féroces dont il devient le leader, ne compte que 10 lignes de dialogues en tout et pour tout.

Ensuite, les deux films sont nés d'un processus créatif très douloureux. Si WATCHMEN a mis près de 20 ans à voir le jour, passant de mains en mains, de réalisateur en réalisateur, MAX ET LES MAXIMONSTRES a causé à Spike Jonze, son metteur en scène, des grosses sueurs froides et quelques nuits blanches pendant les 5 ans que dura le processus de production. Cinq années durant lesquelles Jonze dut se battre contre les cols blancs de la Warner pour imposer sa vision, que ces derniers décrivirent comme trop "bizarre" et "effrayante". Il fut même un temps question que Jonze retourne le film dans son intégralité.

Ce qui m'amène au troisième point commun : le courage et la détermination des auteurs. En décidant de réaliser WATCHMEN, Zack Snyder s'exposait soit à la colère des fans qui lui reprocherait d'avoir trahi l'oeuvre culte d'Alan Moore et Dave Gibbons, soit à celle de son studio qui lui reprocherait de ne pas remplir la caisse de dollars en n'attirant pas les ados et enfants dans les salles comme pour n'importe quel film de super-héros. Snyder se mit du côté des fans et ce qui devait arriver arriva : un box-office moyen mais...un bon film à la clé ! Snyder et son équipe ont eu des couilles et sont allés jusqu'au bout de leur vision.

En regardant la bande-annonce de MAX ET LES MAXIMONSTRES, il semble bien que des couilles, Jonze en a eu également ! Car il est très probable que les enfants ne soient pas très nombreux dans les salles - comme l'aurait voulu au départ la Warner - au profit d'adultes fans des univers barrés de Jonze ou tout simplement nostalgiques du livre. Il est très probable également que le film file la trouille de leur vie (mais c'est déjà ce que faisait le livre !) aux rares enfants qui seront dans les salles. Mais peu importe !

Ce qui se joue ici avec des films comme WATCHMEN ou MAX ET LES MAXIMONSTRES, c'est la survie de vrais visions "pour adultes consentants" dans un cinéma hollywoodien de plus en plus consensuel (et j'englobe naturellement THE DARK KNIGHT là-dedans). Avec la disparition des branches "indépendantes" (Warner Independent, Picturehouse...), l'apparition de mini-studios encore plus consensuels que les grands studios eux-mêmes (Summit Entertainment, producteurs de TWILIGHT et consorts) et les déclarations exposées plus hauts, il y a de quoi se faire du souci.

Comprenez-moi bien. Il est évident que les studios ont toujours produits des films visant les adultes. Cette année encore, il y a eu les excellents BENJAMIN BUTTON, GRAN TORINO, WALKYRIE, LES NOCES REBELLES et plein d'autres. Ce qui rend les films de Snyder et Jonze si particuliers et uniques et donc inestimables, c'est qu'il ne sont pour personne en particulier : WATCHMEN, en parlant de super-héros, s'adresserait naturellement aux ados mais parlerait peut-être davantage aux adultes (pour sa noirceur ou sa violence misanthrope), tandis que MAX ET LES MAXIMONSTRES, en prenant un jeune héros de 10 ans, s'adresserait d'abord aux enfants mais parlerait plus aux adultes (pour son étrangeté et sa noirceur).
Ils sont donc de vrais paris artistiques (pour leurs auteurs) et commerciaux/marketing (pour les studios).

Avec la crise économique (malgré des salles qui ne désemplissent pas), il est donc fort à parier que ses films "atypiques" disparaissent peu à peu, les budgets allant d'abord sur des projets ultra-sûrs, sans casse-tête marketing (Mais c'est qui la cible de ce film ? Les enfants de 7 à 10 ans ou les jeunes adultes de 24 à 35 ans ?), tels que des suites, des remakes, des films de super-héros tout public avec des réalisateurs aux ordres...

Vous avez dit dommage... ?

13 janvier 2009

Charles Bronson is a Motherfucker !

Non. Pas le Charles Bronson de UN JUSTICIER DANS LA VILLE. Non. Charles Bronson, le "plus violent prisonnier de Grande-Bretagne", comme il aime se qualifier.

A la suite d'un vol à main armé (pour la maudite somme de 26 livres), à l'âge de 19 ans, cet ancien "homme fort" dans un cirque reconverti dans la boxe, fut condamné à de la prison. Une peine qui aurait du être courte, si seulement il n'avait pas eu un tempérament de feu. De toutes les révoltes, de toutes les bagarres, de toutes les prises d'otage et j'en passe, il est régulièrement recondamné. Et ça fait 34 ans que ça dure.

En 2009, alors qu'il s'est mis à la poésie (!), cette vie haute en couleur est portée à l'écran par le danois Nicolas Winding Refn, avec Tom Hardy (vu dans MARIE ANTOINETTE, LAYER CAKER et ROCK N ROLLA) dans le rôle titre.

Et s'il faut bien avouer que je suis loin d'être fan du précédent travail de Refn (la trilogie PUSHER), la bande annonce de BRONSON est juste un des trucs les plus hallucinants vu ces derniers temps. Une bande annonce qui vous retourne le cerveau.

Sans conteste un des grands évènements de l'année cinéma 2009. "It's a Sin"

28 décembre 2008

L'imagination au pouvoir

Cette décennie, marquée par le pompage à toutes les sauces du mythe "super-héros" et de l'ancrage au présent (CHILDREN OF MEN, MINORITY REPORT...), aura franchement été avare d'univers SF vraiment originaux, de visions nouvelles, à la manière de STAR WARS pour les années 70, de BLADE RUNNER ou TERMINATOR pour les années 80.

C'est pourquoi la découverte de l'univers du jeune Shane Acker fait l'effet d'une énorme bulle d'air. Alors étudiant à l'école de cinéma de l'Université de Californie à Los Angeles (UCLA), il a écrit, produit, réalisé 9 le court-métrage ci-dessous, prouvant que l'imagination n'est pas totalement morte dans les contrées Hollywoodiennes. Tout y apparaît neuf, jamais vu. Tout y semble vierge...

Le court-métrage (en intégralité)


Tellement vierge et immaculé que ce court-métrage, après avoir été nommé à l'Oscar du meilleur film court d'animation, va se transformer en long-métrage. Produit par Tim Burton (dont la propre imagination est depuis longtemps morte et enterrée) et Timur Bekmambetov (le réalisateur du meilleur blockbuster de cet été, WANTED), ce film (qui doit sortir en septembre 2009 aux Etats-Unis) possède déjà une des bandes-annonces les plus belles et enthousiasmantes de l'année. C'est clair que vous allez encore longtemps voir et entendre parler de ces petites poupées de chiffons...

La bande annonce du long-métrage

03 novembre 2008

The Ultimate GEEK movie !

Vous avez toujours rêvé de voir dans un même film la Princesse Leia, Lando Calrissian, Harry Knowles, Darth Maul, le magasinier de la série "The Office", le mec de "Tonnerre sous les tropiques", Jay, le type de "Die Hard 4", la fille trop bonne dans "Sin City" et bien sûr le Capitaine James T. Kirk ?

Et bien ce film est pour vous !! FANBOYS !!



Je veux le voir, je veux le voir, je veux le voir, je veux le voir... PUISSANCE 1000 !

Site officiel du film

02 septembre 2008

Le ciné américain ne sera plus jamais le même

Hier est décédé Don LaFontaine. Il y a plus d'un an et demi, j'avais consacré un post à cette légende du cinéma dont le nom vous échappe sûrement. En effet, ce n'est pas le visage de Don que l'on connaît mais bien sa voix, cette voix rauque et grave qui a illustré des milliers de bandes annonces de films américains - 5000 paraît-il.

Dans les années 60-70, alors que les "voix" de bandes annonces sont très très rares, Don LaFontaine exerce son métier dans un quasi monopole. Résultat, sa "signature vocale" devient omniprésente. Et les divisions marketing n'existant à peine dans les studios, il peut écrire ses propres textes. Résultat, c'est à lui qu'on doit le fameux "In a World" qui est clairement devenu aujourd'hui un cliché. Mais un cliché encore utilisé !!!

Et compte tenu qu'à 68 ans, l'homme travaillait encore plus qu'intensément, je serais bien curieux de savoir à quoi vont ressembler les bandes annonces américaines.

Va-t-il falloir synthétiser cette fameuse voix pour pouvoir la reproduire à volonté indéfiniment ? C'est interdit de fabriquer des clones humains. Mais rien n'empêche de cloner une voix...

Va-t-il falloir avoir recours à des imitateurs ? Ils existent mais ont toujours paru ridicules face au maître.

Va-t-il falloir avoir recours à d'autres voix ? Dans ce cas, je vous l'assure, regarder une bande annonce ne sera plus jamais, vraiment plus jamais pareil...

En attendant, R.I.P Don. En hommage, le travail dont tu étais le plus fier : la bande annonce originale de ELEPHANT MAN. C'est là que vous vous dites qu'une bande annonce peut être une oeuvre d'art à part entière... Simplement bouleversant !

Merci Don.

20 juin 2008

M. Night Shyamalan n'était-il qu'un prodige ?

A l'été 1999, il y a un film qui a mis le monde du cinéma sur le cul, qui l'a laissé complètement abasourdi. Ce film, c'était SIXIÈME SENS.

Pourtant, à priori, sur le papier, il n'y avait pas à matière à s'étendre : une star bankable au générique (Bruce Willis), un pitch classique de fantômes, une esthétique soignée de thriller hollywoodien, un jeune réalisateur inconnu au nom imprononçable. Tout cela sonne bien mais c'est du déjà vu.

Sauf que la mise en scène de ce jeune réalisateur est sophistiquée au maximum, lorgnant vers l'efficacité classique d'un Hitchcock. Sauf que son scénario réservait une surprise monumentale. Sauf que le jeune acteur que personne n'attend est stupéfiant et eclipse la star bankable. Sauf que son nom n'est pas si imprononcable que ça !

Résultat : SIXIEME SENS a récolté 661,5 millions de dollars au box-office mondial, soit le 30e plus gros succès cinématographique de tous les temps ! Pas mal pour un petit film de fantômes.



Un one shot ? Pas vraiment.

Loin de remporter le même succès, les films qui suivent (INCASSABLE, SIGNES, LE VILLAGE) l'installent petit à petit comme un auteur américain qui compte. Pour le grand public, parce qu'il signe fréquemment ses films d'un twist final. Pour les plus cinéphiles, parce qu'il réinvente le cinéma de genres (du film de super-héros au film de fantômes en passant par le film d'extra-terrestres), parce qu'il remet de la lenteur dans le cinéma hollywoodien, parce qu'il dépoussière les vieux mythes tout en leur rendant hommage et surtout parce qu'il pratique - malgré son jeune âge - une vraie politique d'auteur (scénariste, réalisateur et producteur) rare dans le système hollywoodien des gros studios.



Shyamalan s'inscrit alors à la fois comme l'héritier de Steven Spielberg (naïveté quasi-enfantine de ses scripts, besoin compulsif de raconter des histoires, de divertir avec intelligence...) et d'Alfred Hitchcock (recours aux peurs primaires de l'être humain, mise en scène à la fois esthétiquement sophistiquée et techniquement classique...)



Mais cette enviable image de petit prodige se floute peu à peu, surtout à partir de 2004 et la sortie du VILLAGE. Beaucoup lui reprochent son systématisme (twist final...), son "ego" d'auteur quasi-mégalomane et surtout la baisse de qualité de ses films. Le comble étant atteint avec LA JEUNE FILLE DE L'EAU, flop critique et commercial retentissant !



Aujourd'hui, à l'image de son dernier né, PHENOMENES, Shyamalan reste un auteur dont le seul nom peut permettre de vendre un film, à condition quand même qu'il y ait une star à l'affiche et un pitch fort. Sans ça, aujourd'hui, Shyamalan n'est plus qu'un réalisateur lambda. Aujourd'hui, le phénomène est donc très fortement effrité.

Mais c'est un mal pour un bien... Désormais, on pourra se focaliser sur l'évolution d'un auteur, analyser lucidement les bons et les mauvais côtés de ses films, arrêter d'attendre à tout prix un twist final, étudier sa vraie place dans la cinématographie américaine contemporaine. Car les flops, les films ratés font autant partie de la vie d'un auteur/réalisateur que les succès et les bons films : il faut se rappeler que sans le flop commercial et critique de 1941, Spielberg n'aurait sûrement pas tourné LES AVENTURIERS DE L'ARCHE PERDUE deux ans plus tard !!!

Il faudrait donc arrêter de comparer chaque nouveau film de M. Night Shyamalan à SIXIEME SENS. Il est vrai que ses deux derniers films n'avaient pas la puissance de ses 3-4 premiers mais il est impossible de nier le talent du jeune réalisateur à rendre probable l'improbable, à rendre crédible l'incrédible... Avec lui, les fantômes ont un temps semblé exister. Avec lui, les peurs enfantines ne sont plus apparus comme des bêtises d'enfants. Avec lui, les super-héros ont arrêtés d'être ridicule. Avec lui, la Nature a fini d'apparaître comme le souffre-douleur de l'Humanité.

Tout semble si VRAI et REEL lorsque c'est filmé et raconté par M. Night Shyamalan. Et rendre l'impossible possible n'est-il pas le but ultime du cinéma ?

13 mai 2008

Poultrygeist : Sacrifice de Poulet !

Cannes est sur le point de commencer ! Et lorsqu'on parle de Cannes, on parle de deux choses : d'une part, la compétition, la vitrine, ses films intimistes, le paradis des cinéphiles en lunettes, pulls jacquards et vestes en tweed... D'autre part, le marché du film, ses films d'horreur fauchés, le paradis des nerds à gros vers, des T-shirts sales et des baskets pourris !

Et quand on parle de films d'horreur fauchés, on pense TROMA ! La société culte de Lloyd Kaufman qui écume tous les ans la croisette avec ses déguisement horrifiques et ses bimbos trash !

Cette année, la petite bande ne manquera sûrement donc pas d'assurer la promo de POULTRYGEIST: NIGHT OF THE CHICKEN DEAD, leur nouvelle production dans laquelle les clients et les employés d'un fast-food construit sur un ancien cimetierre amérindien se transforment en poulet-zombie sous l'effet d'une viande de poulet avariée !

ATTENTION AUX AMES SENSIBLES ! LES IMAGES QUI SUIVENT SONT TRES TRES GORE MAIS AUSSI TRES TRES DROLES !!!!


28 octobre 2007

Le film qui fait (vraiment) peur...

La preuve : sa bande annonce "officielle" des plus originales. Le cinéaste espagnol Jaume Balaguero (réalisateur de LA SECTE SANS NOM et de DARKNESS) a en effet choisi pour présenter son film de ne pas montrer ce qui se passe sur l'écran mais plutôt ce qui se passe dans la salle. Et vu les réactions, c'est pour une fois à un film qui fait vraiment peur qu'il nous convie...


29 janvier 2007

Tout STAR WARS en bande-annonces originales !

Episode I : La Menace Fantôme


Episode II : L'Attaque des Clones


Episode III : La Revanche des Sith


Episode IV : La Guerre des Etoiles


Episode V : L'Empire Contre Attaque


Episode VI : Le Retour du Jedi

15 novembre 2006

La voix des Bandes-Annonces !

Il y a des voix comme ça qui résonne au plus profond de votre inconscient... La voix des répondeurs, la voix d'annonce dans les gares ou dans le métro. Il y a la voix des doubleurs français (la voix françaises des Bruce Willis, Robert De Niro et autre Sylvester Stallone etc.)Mais il y a aussi LA VOIX des bandes-annonces américaines. Cette voix rauque qui pourrait faire passer une simple commande de pizza en message divin ! Dans ce cas, il n'y a qu'un homme, un homme de l'ombre qui fait trembler les enceintes des cinémas du monde entier depuis des dizaines et des dizaines d'années ! Cet homme se nomme Don La Fontaine...