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27 juin 2012

Le destin selon Nora Ephron



ABEL
Il y a un truc qui ne tourne pas rond chez moi. Ce n’est pas normal d’avoir ces coups de foudre à répétition.
SARAH
Ils ne sont pas à répétition. Au final, ça t’est arrivé combien de fois ? Deux ? Trois fois ?
ABEL
Oui, mais à chaque fois je me suis vautré. Ce n’est jamais la bonne...
ZOE
Tu te rends compte de ce que tu dis ? T’es pas bien! "Nuits Blanches à Seattle", t’es au courant que c’est du cinéma et que ça n’existe pas dans la vraie vie ? Et puis merde, qu’est-ce qui se passe après ? Génial. Tom Hanks et Meg Ryan sur l’Empire State Building se rencontrent pour la première fois. THE END. Qu’est-ce qui te fait croire qu’ensuite ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants ? Si ça se trouve, ils ont eu un ou deux rencards et se sont aperçus qu’ils se tapaient sur les nerfs et qu’ils n’avaient rien à faire ensemble!


C'est un extrait du scénario que j'essaye de vendre en ce moment. Je ne raconterais pas exactement de quoi il parle. Ca ne servirait à rien. Mais je tenais à retranscrire cet extrait ici. Il représente en effet un moment important dans ma vie, un moment qui a forgé qui je suis. Ce moment, c'est la première fois où j'ai vu Nuits Blanches à Seattle. Dans une vie, ce genre de moments est rare, vraiment rare. Découvrir un film qui parle à tout votre être. Ces quinze dernières années, ce moment a été dans un coin de ma tête et de mon coeur à chaque minute.

Si ce moment a été possible, c'est grâce à Nora Ephron, la réalisatrice et scénariste du film.

Mais en voyant les tweets défiler ce matin dans ma timeline, j'ai eu un énorme pincement au coeur. Un puissant sentiment de mélancolie s'est emparé de moi. J'ai eu envie de pleurer. Vraiment. Ca ne m'arrive jamais quand des personnalités meurent. Je peux être touché, attristé mais jamais ému au point d'avoir envie de pleurer. Voilà... Je découvrais par l'intermédiaire de dizaines de comédiens, acteurs et réalisateurs (de Jonah Hill à Judd Apatow) que Nora Ephron venait de décéder à 71 ans.

Nora Ephron, comme Cameron Crowe, Diablo Cody, James L. Brooks, Tina Fey ou Kevin Williamson, font partie de mes idoles, les gens qui m'ont donné envie d'écrire, de raconter des histoires. Vous en avez sûrement vous aussi, ces personnes qui vous inspirent, vous donnent envie d'être meilleur pour pouvoir espérer un jour les égaler.

Bien sûr, je n'aime pas tout ce qu'elle a fait (Ma Sorcière Bien-Aimée...). Je suis même loin d'avoir tout vu. Mais j'ai vu Quand Harry rencontre Sally, Vous avez un message, Nuits Blanches à Seattle, et ça m'a suffit.

Je devais avoir 16 ou 17 ans quand j'ai vu Nuits Blanches à Seattle pour la première fois. C'était un samedi soir. J'étais seul à la maison. J'ai mis la VHS d'un enregistrement télé. Ce qui s'est passé, ce soir-là, dans ma tête allait bouleverser ma vie. Enfin, je crois que c'est ça. Comment être sûr ? Ce soir-là, je crois que j'ai compris un peu mieux qui j'étais, comment le monde s'organisait dans mon cerveau. Tout cela grâce à (à cause de) Annie Reed, le personnage interprété par Meg Ryan.

Annie Reed, encore aujourd'hui, symbolise tout ce que je suis aujourd'hui. Comment je vois le monde, les relations entre individus. Elle est amoureuse par nature, pas parce que ses hormones lui ordonnent, pas parce que la société lui impose, juste parce que le sentiment est beau. Annie Reed est capable de tomber amoureuse d'un fantasme, d'une idée, de mots. Juste ça. Elle est amoureuse de l'Amour. Elle croit à l'âme-soeur, au destin.

"Destiny is something we've invented because we can't stand the fact that everything that happens is accidental"

Je ne suis pas sûr d'être d'accord avec ça. Ou si, je le suis. Ou pas. Je sais pas. C'est mon problème, en fait. Celui qui hante l'ensemble de mon scénario (et des deux autres). Je suis obsédé par cette question auquel je suis incapable de répondre. J'aimerais bien pouvoir mais je ne peux pas. Parfois, j'ai l'impression que ça me gâche la vie : préférer ne pas agir, garder tous ces sentiments dans ma tête pour conserver une esquisse d'idéal et ne jamais être déçu, ne jamais avoir à affronter l'idée d'un destin qui n'existerait pas.

"That’s your problem! You don’t want to be in love. You want to be in love in a movie."

Est-ce que quelqu'un sur cette Terre nous est destiné ? Quelqu'un que l'on puisse rencontrer pour la première fois, le soir de la Saint Valentin, au sommet de l'Empire State Building sur la seule foie de mots plus touchants que les autres ? Quelqu'un qui pourrait nous citer l'ensemble de nos petites mimiques et manies le soir du Nouvel An au milieu d'une foule d'inconnus ? Quelqu'un que l'on pourrait apprendre à découvrir, dont on pourrait tomber amoureux, en discutant des heures durant par ordinateur interposé sans jamais s'être vu ?

Nora Ephron était peut-être aussi obsédée par cette question que je le suis. Evidemment, elle n'était pas la seule. Evidemment, je ne suis pas le seul. Mais c'était largement suffisant pour qu'on se retrouve tous les deux, un samedi soir, aux alentours de 1995 sur mon canapé. Le destin peut-être...

Nora Ephron m'a beaucoup appris. Elle m'a influencé. Elle m'a donné envie d'écrire. Elle m'a surtout appris que le destin existe.... mais à une seule condition. Il n'existe que si on le provoque.




Merci Nora. A moi de jouer maintenant...


02 février 2010

Made in 90's #8 : la fin de l'innocence

En 2009, j'ai beaucoup parlé de gens morts. Patrick Swayze. Michael Jackson. John Hughes. J'ai raconté à quel point leur mort était triste. Duh. J'ai raconté à quel point leur oeuvre marqua mes jeunes années (et un peu plus). J'ai raconté leur impact sur ma vie. Bref, j'ai raconté ma vie à travers d'autres vies, qu'elles soient celles de personnages de fiction ou d'auteurs. Finalement, c'est normal d'être touché par la mort de quelqu'un - connu ou inconnu. Mais peut-on être touché de la même façon par la mort d'une société dans tout ce qu'elle a de capitaliste et mercantile ?

A priori non. Sauf que je n'ai pas envie de parler de n'importe quelle société.

Jeudi 28 janvier 2010 marque en effet la fin de Miramax. Fondée en 1979 par les frères Weinstein, la société de distribution et de production était devenu le label le plus cool du cinéma des années 90. J'ai parlé il y a quelques jours de la personnification des studios hollywoodiens en citant notamment Fox Searchlight - probablement le plus cool des labels cinéma de ces 10 dernières années. Sauf qu'au milieu des 90's, Miramax, c'était cent fois ça. A l'époque, la société, en jouant à fond sur la personnalité "bigger-than-life" des deux frères, s'était forgé une image à la fois magique et totalement fascinante. D'un côté, Harvey, la caricature du producteur de cinéma, exubérant, colérique, grande gueule, spécialiste des films "adultes", à la fois proche et impitoyable avec ses auteurs. De l'autre, Bob, le discret mais non moins impitoyable, spécialiste des films de genre, des produits calibrés et facilement vendables en vidéo.

A eux deux, ils symbolisent tout ce qui fit le sel et le cinéma des années 90 - en mettant une grosse claque aux gros studios hollywoodiens en réinventant le business. Ils se créent une écurie de jeunes metteurs en scène prometteur comme Quentin Tarantino, Kevin Smith ou Robert Rodriguez. Ils font de petits films indépendants sans budget des grosses machines commerciales. Ils trustent les Oscars avec des films adultes, ambitieux et épiques pour l'hiver tout en caracolant l'été au box-office avec des films d'horreur qui renouvellent le genre. Bref, grâce à ses choix audacieux, Miramax, plus qu'aucune autre société cinématographique, a forgé la sensibilité cinéphile de millions d'adolescents et jeunes gens dans le monde. Il faut remonter au Paramount de Robert Evans (LE PARRAIN, LOVE STORY...) pour retrouver un exemple à peu près comparable.

Compte tenu que j'avais 15-16 ans à leur apogée en 1995-1996, il faut bien avouer que cette génération d'adolescent, je la connais bien. C'est la mienne. Il est clair qu'une bonne partie de mes goûts présents sont liés d'une façon ou d'une autre aux films Miramax.

Donc je pourrais bien sûr parler de PULP FICTION en 1994. Mais là, ça risquerait d'être long. Vraiment très long. Dire que ce film m'a marqué serait un euphémisme. En même temps, je suis sûr que ça a été le cas pour à peu près toutes les personnes ayant eu entre 15 et 35 ans au milieu des 90's.

Je peux surtout parler de SCREAM. Lorsque j'ai vu le film de Wes Craven pour la première fois en 1996, j'ai eu un choc. Un vrai. De ceux qui vous transforment une vie. Non, je ne me suis pas mis à trucider mes petits camarades au lycée. J'ai découvert un langage cinématographique. J'ai découvert Kevin Williamson et sa plume, le second degré mêlé au premier, l'hommage et surtout le slasher et toute une série de films d'horreur teen qui ont ensuite marqué mon adolescence cinéphile : VENDREDI 13, LA DERNIÈRE MAISON SUR LA GAUCHE, HALLOWEEN, CARRIE etc. Entre 1996 et 2000, vous ne pouvez pas imaginer le nombre de fois que j'ai regardé les deux derniers. Ce n'est pas humain. Si j'écris ce blog aujourd'hui, je dois l'avouer, c'est en grande partie grâce à SCREAM et à son scénariste Kevin Williamson (à qui l'on doit aussi DAWSON, la grande obsession pop de ma vie - mais je parlerais de ça plus tard).

Mais MIRAMAX, c'est pour moi des dizaines d'autres films moins connus qui ont complètement chamboulé ma culture cinéphile et remis en question ce genre de certitudes que l'on peut avoir quand on est un garçon de 15 ans. Vous savez des trucs comme "Un film sans Jean-Claude Van Damme ne vaut pas la peine d'être vu" ou "Le noir et blanc, c'est pour les vieux" ou "Un film sans explosions ou fusillade au ralenti, c'est de la branlette d'intellos".

Ces films, ce sont DERNIÈRES HEURES A DENVER, FRESH, CLERKS, IL POSTINO, THE CROSSING GUARD, BEAUTIFUL GIRLS, UNE NUIT EN ENFER, LE PATIENT ANGLAIS, THE PALLBEARER, DON'T BE A MENACE TO SOUTH CENTRAL, SWINGERS, ALBINO ALLIGATOR, COP LAND, WILL HUNTING, MIMIC, JACKIE BROWN, THE YARDS...

Des films noirs, des comédies, des films d'amour, des films sans stars et d'autres avec, des films sans explosions mais d'autres avec, des films d'horreur, des films en noir et blanc... Bref, un peu de tout. Pas toujours des chefs d'oeuvre. Parfois même des films faibles. Mais toujours des films dont je souviens comme si je les avais regardé hier. Des films qui respire le cinéma. En tous les cas dans mon esprit d'adolescent et de jeune adulte. Dans cet esprit, tous les films précédemment cités étaient la quintessence de la coolitude. Aimer ces films, c'était être cool. Et franchement, c'était vraiment ma seule raison de penser que j'avais un peu de coolitude en moi à cet âge là... Quant à aujourd'hui, à défaut d'être cools, ces films représentent une autre quintessence, celle de la nostalgie des années 90. Avec Haddaway et 2 Unlimited !

Alors, de savoir que Miramax ferme, pour toujours, c'est un peu un crève-coeur. Il est vrai que les frères Weinstein, aussi désagréables soient-ils, ne sont plus là depuis plusieurs années, qu'ils sont désormais les rois du bide intersidéral avec leur nouvelle société (The Weinstein Company), que le Miramax contrôlé à 100% par Disney (depuis 2006) avait quelque chose d'aseptisé sans la magic touch d'antan (malgré quelques très bons films comme GONE BABY GONE, NO COUNTRY FOR OLD MEN ou ADVENTURELAND).

Mais la mort de Miramax, au-delà des licenciements forcément douloureux, c'est la mort d'un logo, d'une vision qui m'a un jour fait croire que l'on pouvait être un gros barbu fan de STAR WARS et réussir à rendre accessible une certaine contre-culture geek au le plus grand nombre, que l'on pouvait être un employé de vidéo-club maladivement obsédé par le cinéma et réaliser quelques chefs d'oeuvre, que deux petits acteurs losers pouvaient rendre heureux des millions de gens par la seule grâce de la beauté de leur scénario, que le talent brut avait encore sa place sur les grands écrans du monde, qu'il y avait encore des gens prêts à mettre leur couille sur un plateau pour un simple film de cinéma...

En m'initiant au cinéma intelligent, à la belle mise en scène et aux dialogues bien écrits, Miramax a tué mon innocence cinéphile. Aujourd'hui, je pourrais donc savourer ma vengeance en dansant sur sa tombe. Mais j'en ai vraiment pas envie. Vraiment pas. Je laisse ce plaisir à Michael Bay, Stephen Sommers et Brett Ratner...

15 septembre 2009

Nobody puts Patrick in a corner !

Je commence à en avoir ras le cul. D'abord parce qu'en l'espace de 2 mois, c'est trois figures majeures de la pop culture des 30 dernières années qui s'en vont. Ensuite parce que 30 ans, c'est justement mon âge et donc ça me fait tout d'un coup me sentir salement vieux. D'abord Michael Jackson, puis John Hughes et finalement Patrick Swayze, qui vient de décéder en ce lundi 14 septembre.

Il paraît que ça ne devrait pas être un choc, compte tenu du fait que l'acteur avait annoncé il y a un an qu'il avait un cancer du Pancréas. Bah si, c'est un choc, un putain de choc. C'est un choc parce que la mort d'une idole de votre enfance et de votre adolescence, ce n'est jamais rien. C'est la mort d'une partie de vos illusions et de vos rêves en cinémascope. Peu importe qu'elle ait une maladie incurable, une idole n'est pas censée mourir dans votre coeur, donc dans la vie non plus. C'est con mais c'est comme ça...

Parce que Patrick Swayze n'était pas de ces idoles qu'on admire pour leur omniscience (Michael Jackson) ou leur influence (John Hughes). Patrick Swayze est de ces idoles dont on affiche les posters sur les murs de sa chambre. Patrick Swayze est de ces idoles qu'on admire tout court, de celles qui vous impressionnent autant qu'elle vous touche, de celle qui vous apprenne à vivre votre enfance, votre adolescence, voire votre vie d'adulte.

Pendant plusieurs années, le poster 120x160 de DIRTY DANCING a donc orné les murs de ma chambre d'adolescent. Je sais que c'est censé être le film de filles par excellence. Je pense qu'aucune fille de ma génération n'est pas folle de ce film ! Mais moi aussi, ce film, je l'ai vu, revu, usé jusqu'à épuisement totale de la VHS. Rétrospectivement, je sais bien ce qui me plaisait dedans. La première chose, clairement, c'est Jennifer Grey, sûrement un de mes tous premiers béguins cinéphiliques (son nose job est une des pires catastrophes de ma vie !). La seconde, c'est évidemment Swayze qui a alors incarné pour moi la parfaite incarnation de la "virilité sensible". A l'époque, les "vrais mecs", c'était Stallone, Schwarzenegger, Kurt Russell, ce genre de type dopé aux hormones. Dans cet océan de pectoraux gonflés aux amphets, le personnage de Johnny Castle représentait donc le mâle à la fois sûr de lui et de son sex-appeal mais surtout un homme passionné à la sensibilité exacerbée, fragile et tremblant face à la fille qu'il aime au moment de l'embrasser pour la première fois.

C'est également de là que vient la force lyrique de GHOST, un autre "film de filles", qui m'a bouleversé à chaque fois que l'autre VHS s'est usée sur la tête de lecture du magnétoscope. Derrière ce physique félin et un peu surréaliste se cachait un acteur qui savait mieux que personne communiquer l'émotion brute - en particulier celle du sentiment amoureux. D'ailleurs, ce n'est pas pour rien qu'on a souvent moqué POINT BREAK et sa bromance ambigüe entre le flic Johnny Utah et Bohdi le surfeur zen : l'impassibilité du visage de Keanu Reeves face à la passion incandescente de celui de Swayze ont fait des miracles sur le film culte de Kathryn Bigelow.

Décidément, là, après Coldplay, je passe définitivement pour une vraie midinette. Mais rassurez-vous, j'avais aussi le poster de ROAD HOUSE dans ma chambre. Il était juste un peu moins grand que celui de DIRTY DANCING... Et franchement, lorsque vous aimez un film avec une réplique comme "Je vois que tu as trouvé ma salle des trophées, Dalton. La seule chose qui y manque, c'est ton cul", vous vous sentez comme un vrai mec... OU PAS !

En écrivant ces quelques lignes, j'ai eu un peu l'impression de radoter, d'écrire la même chose qu'il y a quelques semaines sur Michael Jackson et John Hughes. Il faudrait donc que la série noire s'arrête un petit peu...

09 août 2009

Sincerely Yours, Mr Hughes...

"You see us as you want to see us - in the simplest terms, in the most convenient definitions. You see us as a brain, an athlete, a basket case, a princess and a criminal. Correct? That's the way we saw each other at 7:00 this morning. We were brainwashed."

Les années 80, ce sont mon enfance. C'est pourquoi, lorsque ces mots sont écrits et prononcés pour la première fois, ils ne veulent simplement rien dire dans mon esprit de garçonnet de 6 ans qui s'apprête à rentrer à l'école primaire. Pourtant, 25 ans plus tard, ils veulent encore dire beaucoup de chose. L'adolescence est passée par là. Le lycée aussi. Pour tout adolescent, passé, présent ou futur, ces mots raisonnent fort près du coeur.

Ces mots, ce sont ceux de John Hughes. Il les a écrit pour son film THE BREAKFAST CLUB, sorti en 1985 et considéré, à juste titre, comme le plus grand teen-movie de l'Histoire du cinéma. Je vais être franc : ce film, je l'ai vu sur le tard, à un âge (adulte) où la mélancolie adolescente est censée, au choix, vous ennuyer, vous agacer ou vous dégouter. Mais rien de tout ça. Ces mots, ils m'ont fait souffrir. Ils m'ont rappelé avec une douloureuse acuité ce que provoque les moqueries malsaines du sportif et de la princesse. Ils m'ont rappelé qu'avoir 15 ans est vraiment merdique. Mais ils m'ont surtout convaincu que je ne serais pas qui je suis aujourd'hui s'il n'y avait pas eu toutes ces souffrances. Et en toute sincérité, je suis plutôt fier de ce que je suis aujourd'hui et de ce que j'ai accompli, à 30 ans (même s'il y a encore beaucoup de choses sur la liste)...

Ces mots, John Hughes les a donc écrit en 1985. Il n'est pas le premier à avoir parlé de cette mélancolie adolescente qui nous a sûrement tous submergé un jour ou l'autre, que vous ayez été le criminel, la princesse, le cerveau, le sportif ou la bizarroïde. Cameron Crowe l'a fait avant lui dans FAST TIMES AT RIDGEMONT HIGH (1982). Mais il est le premier à avoir inventé un langage pour en parler - alors que Crowe se contentait de retranscrire ce qu'il avait lui-même vécu quelques années auparavant. Avec SIXTEEN CANDLES, BREAKFAST CLUB, FERRIS BUELLER ou PRETTY IN PINK, il parle de ce cynisme précoce, de cette désinvolture, de cette rébellion apolitique et légèrement apathique et met donc des mots sur cette mélancolie. Des mots qui seront le terreau pour ceux de toute la génération X...

Ces mots, ce sont ceux qui m'inspire et que j'aimerais pouvoir un jour égaler. Dans ce blog d'abord, dans mes autres "activités rédactionelles" (dont je parlerais plus précisément sûrement un autre jour...) ensuite : trouver le ton idéal entre simplicité, tendresse douce-amère, humanisme et surtout sincérité. Car comme personne d'autres, John Hughes avait ce talent mystérieux, celui de saisir l'âme humaine, à la fois dans toute sa complexité et dans toute sa simplicité. Comment, lui, trentenaire père de famille, a-t-il pu, par exemple, comprendre aussi intensément la souffrance intérieure de cette princesse de la classe moyenne (Molly Ringwald) dont la famille oublie le 16e anniversaire dans SIXTEEN CANDLES ?

Ces mots, ce sont aussi l'oeuvre d'un homme qui a du comprendre, la quarantaine arrivant, que la jeunesse lui échappait et qu'il était temps d'écrire des choses de son âge. C'est alors qu'il se mit à la comédie familiale au début des années 90. Beaucoup diront qu'il a retourné sa veste, qu'il a vendu sa plume magique au plus offrant et sacrifier son âme. Peut-être mais je sais une chose. Je viens d'avoir 12 ans quand, le 31 décembre 1990, je vois au cinéma MAMAN J'AI RATE L'AVION. Ce jour là, j'ai beau avoir été trop jeune pour comprendre les mots du BREAKFAST CLUB, j'avais l'âge idéal pour la comédie splapstick du duo Hughes/Columbus. Et je ne me rappelle pas à avoir plus ri au cinéma que ce jour là... Est-ce que le rire d'un enfant a plus de valeur que la mélancolie d'un adolescent et la nostalgie d'un adulte ? Sûrement pas. Ils sont TOUS des souvenirs émus de cinéma qui m'ont aidé à vivre le moment présent.

Ces mots sont maintenant ceux d'un homme qui vient de nous quitter, laissant tous ceux qui ont un jour été adolescent en deuil. Mais peu importe. Car aussi triste et choquant que ce soit, ces mots feront de John Hughes un auteur à jamais jeune, forever young, comme disait la chanson pop...

Sincerely Yours, Mr Hughes.

Signé... Michael Atlan.



30 juin 2009

Michael et Moi

Je suis bien conscient que ce n'est pas très original de parler de Michael Jackson en ce moment. Pas un blog, pas un site, pas un magazine, pas une chaîne de télé qui ne soient en boucle sur le sujet. Moi-même, l'overdose me guette. Mais j'en parle quand même. Comment éviter le sujet quand on discute de pop culture depuis presque trois ans ?

Car j'ai beau retourner ça dans ma tête depuis des jours, je n'arrive toujours pas à retrouver le moment où mes oreilles ont été pour la première fois en contact avec la musique de Michael. J'en arrive donc à la conclusion que toute ma vie a été baignée par le funk de Jacko. En même temps, il est possible que je lui doive mon prénom. Rien d'officiel de ce côté-là mais l'inconscient de mes parents a sûrement fait son oeuvre. Son cinquième album solo (mais le premier sur lequel il avait le contrôle créatif) OFF THE WALL est sorti seulement quelques mois après ma naissance.

Aussi loin que je me souvienne, c'est ainsi le 45T de THRILLER qui me revient en premier. C'était un des nombreux vinyles de la collection de mon père et je l'ai beaucoup écouté, vraiment beaucoup... Avec sa couverture rose et son noeud papillon ! Mais aussi bizarre que ça puisse paraître, j'ai découvert l'album en entier que bien des années plus tard.

La vraie rencontre avec Michael, c'est avec BAD. J'ai 10 ans à ce moment là et Michael a pour moi l'image d'un rebelle, d'un dur de dur qui traîne dans les parkings et s'habille de cuir noir en se tripotant les couilles. En gros, l'image, aujourd'hui un peu désuette des clips de "Bad" et de "Dirty Diana" fonctionnait au tout premier degré dans mon esprit naïf d'enfant de 10 ans. Et en toute sincérité, je ne l'aimais pas du tout : je lui préférait largement les gentils garçons scandinaves de A-Ha ou le couple blondinet australien Jason Donovan et Kylie Minogue ! Mais je restait fasciné : la vignette de Michael dans mon album Panini "Salut 89" était une de mes préférés...

Et puis l'âge aidant, j'ai redécouvert au fur et à mesure des années, aidée par les images des clips plus "soft" et cartoonesques comme les génialissimes "Smooth Criminal" et "Leave Me Alone" mais aussi des films comme MOONWALKER et CAPITAINE EO, la super-production en 3-D à 30 millions de dollars réalisée par Coppola et produite par George Lucas que l'on pouvait voir à EuroDisney...

Il se trouve finalement que l'âge de mes premières boom coïncide avec la sortie de DANGEROUS. Il se trouve aussi que Jacko change de style à cette époque. Exit Quincy Jones. Bienvenue Teddy Riley. L'inventeur du New Jack Swing "hiphopise" le son du roi de la Pop, pour mon plus grand bonheur, mes passions du moment se nommant entre autres Michael Jordan (le clip de "Jam" !), Bobby Brown ou Public Enemy. Bref, DANGEROUS est un des albums que j'ai le plus écouté à l'époque du college, grosso modo de 1990 à 1994 : l'homme qui court sur "Jam", les frissons sur "Heal The World"... Je suis sûr que vous voyez de quoi je parle...

Toutefois, malgré tout ce que je viens de raconter, je n'ai jamais été fan. C'est vrai que je me précipitais sur mon magnétoscope pour enregistrer les clips lorsqu'ils passaient en avant-première à la fin du journal télévisé de 20h (et oui ! pour dire l'importance du mec...). C'est vrai aussi que j'ai enregistré l'intégrale de la mini-série THE JACKSONS : AN AMERICAN DREAM (que j'ai encore !) en 1992. Et c'est vrai aussi que j'ai pas mal écouté ses albums. Mais pas tant que ça finalement. En comparaison, à hauteur d'une vie de 30 années, j'ai beaucoup plus écouté des gens comme OUTKAST ou R.E.M. Je connais des gens bien plus fanatiques sur son oeuvre...

Ca ne m'a pourtant pas empêché d'être profondément touché par sa mort - comme beaucoup, j'imagine, compte tenu du déferlement médiatique auquel on droit depuis plusieurs jours. Sans être fan, ce mec m'a accompagné dans toutes les étapes essentielles (ou non) de ma vie. Quoi qu'il arrive, durant ces 30 dernières années, il y avait toujours du Jackson à la télé, à la radio, dans les magazines. Même pour les pires raisons (vous savez les scandales...), il était là, présent... Quand vous pensez alors au fait que, justement, il ne sera plus jamais là, et bien, ça fait bizarre, comme un manque. J'imagine même que ce sera pire dans quelques années, quand on écoutera encore THRILLER, BAD, DANGEROUS et les autres, quand on regardera ses concerts ou ses clips vidéo et que l'on se rendra compte que la barre a été définitivement mise trop haut...

So Long, Michael...


30 avril 2009

R.I.P Ernie Barnes (1938-2009)

Relativement méconnu dans nos contrées, le peintre et illustrateur Ernie Barnes est décédé cette semaine. Son nom reste profondément associé à de multiples oeuvres sur le sport (il est l'artiste officiel des JO de 1984 à Los Angeles !) et le football américain en particulier, sport qu'il a pratiqué en professionnel dans les années 60 avant de se consacrer à son art à temps plein.

Mais ce qui m'intéresse le plus dans l'oeuvre de Barnes, c'est la façon dont il a incarné à travers ses tableaux la culture afro-américaine des années 70 à nos jours. Son tableau le plus connu "Sugar Shack", qui représente l'ambiance surchauffée d'une boîte de nuit noire, est ainsi pleinement rentrée dans la culture pop, notamment en ayant été récupéré par Marvin Gaye pour la pochette de son album "I Want You".

S'il ne se contente pas de peindre des personnages noirs, ce sont pourtant eux qui marquent le plus, à l'image de la DJ ("Late Night DJ"), du jeune étudiant fraîchement diplomé ("The Graduate"), des boxeurs ("Boxing Gym"), des fanfares ou des petites filles jouant à la corde à sauter ("Ninety Nine, A Hunered")...

Sous l'oeil et le pinceau bienveillant de Barnes, on assiste ainsi à l'éveil d'une communauté à travers plusieurs décennies de musique, de sport, de petites discussions entre amis, de joie, de peine et surtout d'ESPOIR. Car l'artiste immortalise avant tout la joie de vivre grâce à des couleurs éclatantes et surtout grâce à des corps qui se mêlent et se détendent, rendant son oeuvre si fascinante...

Sugar Shack

Boxing Gym

Late Night DJ

The Graduate

Head over Heels

The Advocate

Main Street Pool Hall

In The Beginning

Jake

Ninety Nine, A Hunered

Room Full A'Sistahs


Pour en savoir plus, son site officiel

15 septembre 2008

R.I.P Nagi Noda

La semaine dernière est décédée Nagi Noda, à seulement 35 ans. Son nom ne vous évoque peut-être pas grand chose mais vous connaissez sûrement son travail, au détour d'un passage sur MTV, YouTube ou tout simplement devant votre téléviseur.

Elle était en effet une des artistes pop les plus intéressantes de ses dernières années. Excentrique et visionnaire, cette japonaise a réalisé des clips, publicités et oeuvres d'art qui comptent parmi les plus originales de ses 2-3 dernières années.

Les vidéos parlent d'elles-mêmes...

Publicité : Panasonic - Poodle Exercice Video


Publicité : Coca-Cola - What Goes Around Comes Around


Clip : Scissor Sisters - She's My Man


Clip : Cut Copy - Heart On Fire

02 septembre 2008

Le ciné américain ne sera plus jamais le même

Hier est décédé Don LaFontaine. Il y a plus d'un an et demi, j'avais consacré un post à cette légende du cinéma dont le nom vous échappe sûrement. En effet, ce n'est pas le visage de Don que l'on connaît mais bien sa voix, cette voix rauque et grave qui a illustré des milliers de bandes annonces de films américains - 5000 paraît-il.

Dans les années 60-70, alors que les "voix" de bandes annonces sont très très rares, Don LaFontaine exerce son métier dans un quasi monopole. Résultat, sa "signature vocale" devient omniprésente. Et les divisions marketing n'existant à peine dans les studios, il peut écrire ses propres textes. Résultat, c'est à lui qu'on doit le fameux "In a World" qui est clairement devenu aujourd'hui un cliché. Mais un cliché encore utilisé !!!

Et compte tenu qu'à 68 ans, l'homme travaillait encore plus qu'intensément, je serais bien curieux de savoir à quoi vont ressembler les bandes annonces américaines.

Va-t-il falloir synthétiser cette fameuse voix pour pouvoir la reproduire à volonté indéfiniment ? C'est interdit de fabriquer des clones humains. Mais rien n'empêche de cloner une voix...

Va-t-il falloir avoir recours à des imitateurs ? Ils existent mais ont toujours paru ridicules face au maître.

Va-t-il falloir avoir recours à d'autres voix ? Dans ce cas, je vous l'assure, regarder une bande annonce ne sera plus jamais, vraiment plus jamais pareil...

En attendant, R.I.P Don. En hommage, le travail dont tu étais le plus fier : la bande annonce originale de ELEPHANT MAN. C'est là que vous vous dites qu'une bande annonce peut être une oeuvre d'art à part entière... Simplement bouleversant !

Merci Don.

12 août 2008

Maudit... Vous avez dit Maudit ?

Ce week-end a vu le décès de deux grands noms de l'entertainment afro-américain : le comédien et acteur Bernie Mac et le musicien et acteur Isaac Hayes. Deux décès qui auraient pu rester deux tragédies comme les autres. Mais il est important de signaler que ces deux-là feront leurs adieux à la scène dans le même film, oui, le même film !

Dans la comédie musicale SOUL MEN, qui doit sortir en novembre prochain aux Etats-Unis, Bernie Mac interprète un chanteur de soul retrouvant un de ses plus vieux ennemis (Samuel L. Jackson) en hommage à l'un de leur ami commun. Isaac Hayes, lui, y interprète son prore rôle !

Est-ce à dire que SOUL MEN est un film maudit ?

En tous les cas, ce ne serait pas le premier... Exemples troublants ou simples coincidences... A vous de juger ! Notez quand même que tous les films ci-dessous traitent de thèmes très sombres ayant pour la plupart des rapports avec les démons et les forces maléfiques.

POLTERGEIST (LA TRILOGIE)
Entre 1982 et 1988, 4 acteurs de la trilogie POLTERGEIST (1982-1988) sont décédés, deux d'entre eux étant âgés de 12 et 22 ans. Ainsi, Dominique Dunne, 22 ans, fut assassinée en 1982 par son petit-ami jaloux; Heather O'Rourke, 12 ans, décéda, quant à elle d'une choc sceptique en 1988. De nombreux acteurs et techniciens du films clament que cette malédiction sur la trilogie est due au fait que de vrais squelettes humains ont été utilisés. Il semble même qu'un exorcisme ait été pratiqué par l'acteur Will Sampson (par ailleurs shaman) pour protéger le tournage de POLTERGEIST 2 des esprits maléfiques. Ce dernier est décédé un an plus tard d'une défaillance chirurgicale !

L'EXORCISTE
Pendant le tournage, il semble que neuf personnes liées directement ou indirectement à la production soient décédées : Parmi eux, l'acteur Jack McGowen d'une crise cardiaque, le frère de l'acteur Max Van Sydow (le prêtre), le grand-père de Linda Blair (l'enfant), un gardien de nuit, un technicien des effets visuels et le bébé d'un caméraman. Il y a également eu un incendie, toujours inexpliqué, sur le plateau. Linda Blair a également fait de nombreux séjours en hopitaux psychiatriques suite au tournage. Le réalisateur John Frankenheimer décéda également juste avant de commencer le tournage du quatrième et dernier volet en date de la franchise.

THE CROW
Bien sûr, il y a eu la mort de Brandon Lee, l'acteur principal, tué par balle pendant le tournage de la scène où le personnage devait revoir sa propre mort : le revolver n'était pas un accessoire comme prévu, mais un vrai ! Mais il y a aussi eu un charpentier grièvement brûlé et un technicien se planta un tournevis dans la main en glissant.

THE DARK KNIGHT
Cela aura été le dernier rôle de Heath Ledger, qui aura sûrement poussé son extraordinaire performance un peu trop loin. Quelques jours seulement après la sortie du film, Morgan Freeman a un accident de voiture qui aurait pu lui couter la vie. Christian Bale, le héros du film, a eu quant à lui quelques problèmes de self-control avec sa mère et sa soeur après l'avant-première européenne du film...

On parle aussi de malediction autour de SUPERMAN, ARNOLD & WILLY ou MA SORCIERE BIEN-AIMEE, mais elles sont pour le moins absurdes, vraiment trop absurdes.

23 juin 2008

R.I.P George Carlin

On ne le connaît pas très bien dans nos contrées. Peut-être que les plus cool des cinéphiles l'ont vu dans des seconds rôles chez Kevin Smith (le cardinal dans DOGMA, le père de Ben Affleck dans JERSEY GIRL...) ?

Mais pour les plus anglophones, George Carlin était un des comiques américains les plus connus et les plus populaires. La chaîne Comedy Central l'avait même élu le deuxième plus grand comique de stand-up de l'histoire (juste derrière Richard Pryor).

Décédé hier d'une crise cardiaque à l'âge de 71 ans, Carlin représentait l'humour de la contre-culture. Très très loin de tout politiquement correct, il reste extrêmement célèbre pour sa routine des "7 mots que l'on ne peut pas dire à la télé". Ecrit en 1972, ce sketch n'a d'ailleurs pas pris une ride, les 7 mots en question étant toujours censuré d'un "bip" à la télé US !



Encore très actif, Carlin s'en prenait sans complexe depuis plusieurs années à l'Amérique puritaine et religieuse. Exemple parfait : sur un ton totalement nihiliste, ce sketch sobrement intitulé "Religion is Bullshit" ! JUSTE MEMORABLE !!!



Un GRAND s'est éteint ! Forçément, on va moins rire maintenant...

25 janvier 2008

Ils étaient jeunes... Ils sont partis...

La série noire commence à être inquiétante. D'abord Brad Renfro, puis Heath Ledger. Tous les deux, MORTS dans des circonstances troublantes, entre abus de drogues et de médicaments.


Le premier avait commencé trés tôt au cinéma, apparaissant tout gamin dans des films comme LE CLIENT (1994) ou SLEEPERS (1996), et s'était révélé un jeune acteur extrêmement brillant et hautement charismatique dans UN ELEVE DOUE de Bryan Singer, puis dans BULLY de Larry Clark. Mais ses mauvaises habitudes avec la drogue l'avait un peu enterré. Et putain, j'en profite pour le redire, mais il aurait été parfait pour le rôle d'Anakin dans STAR WARS !!! Mais forçément il était trop sombre, trop désespéré, trop auto-destructeur... A l'écran, ce sont des atouts énormes. Dans la réalité, c'est le début de la fin... Il est mort à seulement 25 ans !


Le second avait débuté dans son Australie natale parce qu'il avait une belle gueule. Jamais il n'avait pris de cours de comédie. Une image qui va lui coller à la peau pendant de longues années (voir THE PATRIOT, CHEVALIER, QUATRE PLUMES...). Mais l'âge, la maturité ou peut-être aussi la fatigue, l'ennui et la dépression l'ont fait changé : "J'ai délibérément détruit ma carrière. Je devais la détruire parce je ne l'aimais pas. Les gens ne me donnaient pas la chance d'être autre chose que la bimbo blonde et ça commençait à m'ennuyer. Je ne pouvais pas passé le reste de ma vie à suivre les chemins qui se présentaient à moi. J'ai du commencer à en créer de nouveaux. Ca a pris du temps mais il semble que les portes s'ouvrent à nouveau", déclarait-il en septembre 2005 alors qu'il est l'affiche des FRERES GRIMM et que BROKEBACK MOUNTAIN gagne le Lion d'Or à Venise. Et alors qu'il était en passe de devenir une IMMENSE star (le Joker du nouveau BATMAN c'est lui !), il meurt mystérieusement. Suicide ou non, quelque chose n'allait pas... On ne meurt pas sans raison évidente à seulement 28 ans !

Bref, ces tragiques décès rappellent que les comédiens sont avant tout des artistes avant d'être des stars. Dans ces cas précis, des artistes maudits. Au delà des photos glamour des magazines, au délà des tapis rouge des avant-premières hollywoodiennes, au delà des rôles dans des blockbuster, ces comédiens sont avant tout des Hommes et sûrement des Hommes à la sensibilité intense. D'où leur talent, en même temps...

Ces décès rappellent aussi que Owen Wilson, plutôt habitué à faire rire, avait tenté de se suicider il y a quelques semaines de celà.

Ils rappellent aussi la mort tragique de River Phoenix en 1993. Il était "le James Dean des années 90", une gloire éphèmère et un des plus grands talents que le cinéma américain ait connu. Mort à seulement 23 ans, à la sortie d'une boîte de nuit à Hollywood, d'une crise cardiaque lié à l'abus de drogues durs !

Quand on repense à tous ces rôles qu'ils auraient pu tenir, à tous ces films qu'ils auraient pu illuminer de leur talent, c'est vraiment triste... Brad et Heath, REST IN PEACE !

Hollywood est-elle devenue si impitoyable ?

31 octobre 2007

R.I.P. Robert Goulet

En France, c'est un quasi-inconnu (sauf pour les cinéphiles qui le reconnaîtront grâce à son rôle dans "Y a-t-il un flic pour sauver le Président?") mais, en Amérique du Nord, ce crooner à la voix de bariton est une légende ! Et bien, il est décédé ce mardi d'un cancer du poumon... Comme quoi, quelques années de cigarettes ont dû autant matiner sa voix grave (sorte de Barry White pour les Blancs !) que ses poumons...

Donc pour lui rendre hommage, voici une vidéo : le Robert Goulet original pour découvrir ou redécouvrir le personnage, avec sa façon de chanteur tellement atypique!

L'original !

09 février 2007

RIP : Anna Nicole !

Elle était la déesse "White Trash" de l'Amérique, la reine des "trailer park". Elle était la playmate la plus scandaleuse de l'Amérique : de serveuse texane à blonde pulpeuse des pubs Guess et icône Playboy du milieu des années 90. D'épouse de 26 ans d'un milliardaire texan de 90 ans à forcément veuve scandaleuse nourrie aux hamburgers bien gras et pillules fluos en tous genres. D'actrice porno à ses heures à vedette trash de la télé réalité des années 2000 !

Bref, Anna Nicole Smith était l'exubérance EXTREME de l'Amérique qu'on adore détester. A mon avis, des poupées riches comme Paris ou Britney ne lui arrivent pas à la cheville ! RIP Anna Nicole !

En hommage, la bande-annonce surréaliste et savoureuse de son dernier film en date : ILLEGAL ALIENS !!! A se pisser de rire dessus !!!


14 novembre 2006

Tribute to Johnny Cash

Le grand Johnny Cash est mort il y a 3 ans, 5 mois à peine après la mort de sa femme June Carter. Le son de l'Homme en Noir était "steady like a train, sharp like a razor" comme Reese Witherspoon le dit dans "Walk The Line" ! Mais sa voix, remplie de mélancolie et de tristesse, peut vous parcourir le corps dans un immense frisson.

Cette voix et ce son, on les retrouve dans ce clip hommage - réalisé par Tony Kaye (AMERICAN HISTORY X) - où les personnalités les plus glamour du monde - de Justin Timberlake à Sharon Stone, de Kate Moss à Kanye West, de Chris Martin à Chris Rock, de Johnny Depp à Q Tip et bien d'autres - chantonnent "God's Gonna Cut You Down" ! MAGIQUE !