14 mai 2010

Made in oo's #5 : Romantique, Drôle et... Français

Vous n'êtes pas sans savoir qu'un petit film avec Romain Duris et Vanessa Paradis pète les scores du box-office national en ce moment. Sa particularité : être une comédie romantique française. Assertion à laquelle beaucoup ont tendance à rajouter le mot "réussie". Comme si, dans l'esprit collectif, la comédie romantique française n'était jamais réussie, jamais suffisamment drôle, jamais suffisamment romantique. En gros, jamais comme les comédies romantiques américaines ou anglaises. Et L'ARNACOEUR, si on se fie aux milliers de commentaires lus et entendus, serait le Saint Graal made in France du genre, la seule à vraiment faire rire et la seule à vraiment faire frissonner les coeurs sensibles. CE QUI EST COMPLÈTEMENT FAUX.

Cela ne fait aucun doute que L'ARNACOEUR est une excellente comédie romantique. Un excellent film tout court d'ailleurs. A vrai dire, pour l'instant, après quatre mois de fréquentation des salles et près de 80 films vus, c'est un de mes 5 films préférés de l'année en cours. Mais c'est loin d'être la première fois qu'une comédie romantique française me fait rugir de plaisir, me fait rire et fondre mon petit coeur romantique. Rien que dans les 10 dernières années, je peux en cite des dizaines.

Et c'est d'ailleurs ce que je vais faire, avec mon Top 10 des comédies romantiques françaises de la décennie passée - à plus ou moins une année. Après ça, je ne veux plus entendre dire qui que ce soit qu'il n'y a pas de bonnes comédies romantiques en France. Vous m'avez entendu ? Plus jamais.

1. MA VIE EN L'AIR (2005)
Yann a peur de l'avion et ça lui gâche la vie avec les filles. Forcément, difficile de rejouer la fameuse scène à l'aéroport où le héros court après celle qu'il aime, sur le point de s'envoler loin. Le film de Remi Bezançon est un pur plaisir "pop" comme il y en a encore trop peu en France. C'est référencé, rythmé et totalement jouissif. Ses seconds rôles (notamment la révélation instantanée Gilles Lellouch), sa structure, son invention perpétuelle (l'économiseur de mot !), son humour et son romantisme en font une comédie romantique parmi les meilleures que j'ai jamais vu, américain et anglais compris !

2. AUGUSTIN, ROI DU KUNG-FU (1999)
Passionné de films de Kung-Fu, Augustin décide d'aller vivre dans le Chinatown parisien et y découvre l'amitié et surtout l'Amour. Un jour, il y a presque 10 ans, un ami, qui me connaissait visiblement très bien, m'a donné une VHS en me disant que j'allais adoré le film qui était dessus. Avec un titre pareil, difficile de le croire. Mais comme je le disais, il me connaissait très bien. Parce que le film d'Anne Fontaine est de ces petits bijoux humanistes et romantiques qui vous rend heureux, un véritable "feel-good movie" qui vous fait pousser des ailes, vous rend léger et optimiste.

3. 2 DAYS IN PARIS (2005)
Un couple franco-américain débarque à Paris pour deux jours. Le temps de se rendre compte à quel point leurs différences culturelles sont profondes. Le film de Julie Delpy est plus ce que l'on pourrait appeler une "comédie romantique alternative". Plus amer. Moins pathos. Elle n'en demeure pas moins romantique à souhait (c'est juste un romantisme un peu différent de ce que l'on a l'habitude de voir...) et drôle à s'en faire péter une côte.

4. L'ARNACOEUR (2010)
Je crois que tout le monde l'a vu, celle-là, maintenant. Vous savez donc à peu près tous que ça raconte comment un "arnaqueur des sentiments" tombe amoureux de sa cible fille de riche, qu'il y a Vanessa Paradis et Romain Duris dedans, que c'est super bien écrit, que c'est super bien référencé et que c'est super drôle. Cool. Vous savez donc aussi sûrement que c'est tellement calibré "à la hollywoodienne" qu'au niveau surprise c'est pas vraiment ça et que le tout fait parfois un peu "forcé". Mais en fait, on s'en fout, il y a du "Dirty Dancing" dedans !

5. PRÊTE-MOI TA MAIN (2006)
Celle-là aussi, je pense que tout le monde l'a vu. Alain Chabat qui loue les services de Charlotte Gainsbourg, la soeur de son meilleur ami pour faire croire à sa famille qu'il va enfin se marier. C'est très drôle, rythmé et juste référencé ce qu'il faut pour faire illusion. Mais c'est pas forcément très romantique, la faute à une alchimie entre nos deux héros qui fonctionne parfaitement dans la comédie, moins dans les sentiments purs. Et je vous avais dit que c'était drôle ? Oui - ce que vous saviez sûrement déjà.

6. HORS DE PRIX (2006)
Je vous ai déjà dit que Gad Elmaleh m'énerve? Je ne le trouve pas drôle. Ça arrive. C'est comme ça. Mais le vrai problème, ici, est que j'aurais envie de dire la même chose d'Audrey Tautou, que je ne trouve, en aucun point, "charmante" - même si je comprends bien l'intérêt qu'on lui porte. Pourtant, leur alchimie dans ce film sur un serveur timide tombant amoureux d'une arriviste est parfaite. Tout comme les dialogues et les situations pleines d'imagination. C'est fin. C'est drôle. C'est très romantique et au final j'aime bien Gad Elmaleh et Audrey Tautou...dans ce film. Voir également du même Salvadori, le tout aussi réussi APRES VOUS.

7. MA FEMME EST UNE ACTRICE (2001)
Autre "comédie romantique alternative", le film d'Yvan Attal suit, comme son nom l'indique (ou pas), le parcours d'un mec jaloux des partenaires à l'écran de sa femme actrice. Les dialogues sont ciselés, les situations drolatiques, le ton très original et le rythme parfait. Et rares sont les couples fonctionnant aussi bien ensemble à l'écran que Charlotte Gainsbourg et Yvan Attal. Ils sont ensemble en vrai ? Ah ! Merci de me prévenir.

8. IRENE (2002)
Ce film avec Cécile De France avait beau, à l'époque, surfer allègrement sur la vague "Bridget Jones", il n'en demeure pas moins une comédie romantique terriblement attachante sur les difficultés à trouver l'âme-soeur (si elle existe). Car derrière les énormes clichés de la célibataire nunuche se cache un film très juste, plutôt bien écrit et inventif. Je l'ai récemment revu et ça a plutôt bien vieilli. Après, dans 10 ans, ce qu'il en restera, je ne sais pas.

9. FAIS-MOI PLAISIR (2009)
Je ne connais qu'une seule personne qui aime, comme moi, le cinéma d'Emmanuel Mouret. Alors, quand je dis que j'aime des films comme CHANGEMENT D'ADRESSE, UN BAISER S'IL VOUS PLAIT ou FAIS-MOI PLAISIR, je ne vois que l'incompréhension dans les yeux de mes interlocuteurs. Dans ces moments là, je me sens seul mais tant pis. Son jeu théâtral et hors du temps, ses scènes d'éternels quiproquos, ses dialogues gentiment névrotiques entre Molière, Woody Allen et Blake Edwards sont juste touchants et terriblement originaux. Et quand, comme dans FAIS-MOI PLAISIR, vous y ajoutez l'irrésistible burlesque à la Buster Keaton, vous avez la comédie romantique à la fois la plus étrange, inattendue, raffinée que vous ne verrez jamais.

10. ESSAYE-MOI (2006)
A 9 ans, Jacqueline a promis à Yves-Marie de l'épouser quand il sera parti dans les étoiles. Une promesse qu'Yves-Marie a décidé de tenir mais son idéalisme n'est pas celui de Jacqueline qui s'apprête à en épouser un autre. Encore une fois, le ton y est purement français, loin des stéréotypes américains, ce qui en fait une comédie romantique ultra-originale, d'une poésie et d'un humour sans failles.


09 mai 2010

Laissons Lindsay Lohan Tranquille

Fut un temps où les jeunes stars de l'écurie Disney avaient, malgré leur jeune âge, quelque chose de charismatique - même pour les plus de 15 ans. Je n'étais déjà plus dans la cible mais je me rappelle par exemple encore très bien de Shia LaBeouf dans l'excellente série LA GUERRE DES STEVENS. Et surtout, je me rappelle très bien de Lindsay Lohan dans les plutôt agréables films A NOUS QUATRE et FREAKY FRIDAY. Même Hilary Duff, héroïne de LIZZIE MAGUIRE, avait un petit quelque chose d'assez inoubliable. Et d'ailleurs, vous saviez que Kurt Russell avait été un héros Disney célèbre dans les années 60 ! Entre les tâches de rousseur et le charme instantané de Lindsay ou les frisettes et la nonchalance de Shia, ils avaient ce petit truc, déjà très jeunes, qui fait les stars.

Charismatiques. Inoubliables. Des adjectifs qu'il va être difficile d'attribuer à leurs petits frères et soeurs. Vous les connaissez sûrement. Je cite : les Jonas Brothers, Miley Cyrus, Demi Lovato ou Selena Gomez. Outre le fait qu'ils ont tous la même tête d'Américain ahuris, les faisant ressembler à des clones au service du divertissement mondialisé, ils portent tous ces anneaux/colliers de pureté, comme des moutons au service de la bigoterie mondialisée. Et quand il était plutôt agréablement régressif de regarder des séries comme LIZZIE MAGUIRE et LA GUERRE DES STEVENS, je ne vous dis pas le calvaire que représente une session des SORCIERS DE WAVERLY PALACE ou de HANNAH MONTANA. C'est carrément débilisant !

Mais ces chères têtes brunes (et pures) ont un avantage sur leurs aînés - du moins dans la théorie. Ils ne devraient pas aller se bourrer la gueule au Chateau Marmont et faire des photos cochonnes dans des magazines branchés, une fois la majorité acquise. En gros, ils ne devraient pas faire comme Lindsay Lohan.

Lindsay Lohan. La honte de la maison de Mickey et de Minnie. La fille qui avait tout et qui a tout mis à la poubelle à grand coup de frasques orgiaques dans les clubs de Los Angeles. La "party girl" moquée pour ses aventures lesbiano-opportunistes. La starlette qui se fait virer des tournages et sermonner par Jane Fonda. Mais aussi l'icône trash qu'on adore détester par voie de presse interposée.

Je l'avoue. Il y a encore quelques mois, je détestais Lindsay Lohan pour ce qu'elle représentait. Je lui en voulais profondément d'avoir jeté une brillante carrière par la fenêtre à cause d'un goût prononcé pour la fête. J'étais très énervé de ce comportement de petite fille riche trop conne pour se rendre compte de la chance qu'elle avait. Comprenez-moi bien. Il y a un film que j'aime profondément - comme si je l'avais fait. Ce film, c'est MEAN GIRLS. Et si le script de Tina Fey est la principale raison de mon amour pour ce film, la prestation de Lindsay joue également beaucoup. Alors me dire que tout ça, c'était du vent, ça me faisait mal au coeur.

Et puis j'ai compris...

Mannequin puis actrice, Lindsay travaille depuis qu'elle est en âge d'avoir des souvenirs. Sa mère ressemble plus à une "meilleure copine" qu'à une mère. Son père, acteur raté, a fait trois ans de prison pour délit d'initiés (plus un an pour avoir violé sa probation !), a agressé son beau-frère, a été condamné pour conduite en état d'ivresse, est devenu un "Born-Again Christian" et est fiancé à une journaliste de la presse people ! Entre autre chose car tout cela, c'est sans compter les provocations ultra-médiatiques envers sa fille. La dernière en date : avoir appelé les flics un soir où Lindsay et sa petite soeur passaient une soirée ensemble car il avait, soi-disant, peur de l'influence néfaste de Lindsay. Oui, il semble bien que papa Lohan soit un cas vraiment désespéré de "gros enculé", plus intéressé par l'argent et la gloire qu'il peut tirer de la célébrité de sa fille que par son bien-être. Ce genre de type pervers et malsain qu'on aimerait voir enfermer dans la même cellule de prison qu'un néo-nazi bodybuildé. Mais si vous êtes avides lecteurs/lectrices de tabloïd, vous savez déjà tout ça...

Ce serait bien sûr faire de la psychologie à deux balles de dire que tous ces paramètres ont largement conditionnés Lindsay à commettre tous les excès dont on l'accuse aujourd'hui et qui ont ruiné sa carrière professionnelle. Mais quand même ! Le nombre de jeunes starlettes à s'être retrouvées dans la même situation sont légion. Elles pourraient avoir un groupe Facebook et ne pas avoir à rougir du nombre de membres face à celui des alcooliques pas anonymes ("Il faut boire avec modération, mais putain c’est qui ce modération ?") Certes, ce n'est pas une excuse mais ça remet les choses en perspective. Voyez Drew Barrymore, passée, elle aussi, par cette phase, écrivant dans son autobiographie "Little Girl Lost" : "Grandir... élevée par une mère célibataire, toujours absente à cause de son travail, j''étais pétris par l'insécurité, craignant sans cesse que les gens ne m'aiment pas. Je ne comprenais pas comment il était possible de m'aimer. Mon père me déteste. Ma mère ne m'aime que pour l'argent que je lui rapporte. J'étais persuadé de n'être rien d'autre qu'un morceau de chair sans valeur.(...) Sans le travail qui me permettait de booster mon égo, j'ai commencé à avoir des problèmes avec l'alcool et la drogue en essayant de fuir tout ce que je pouvais. J'étais la party girl en fuite. Droguée, j'avais le sentiment que tout allait bien. Le problème, c'était que j'avais besoin d'être tout le temps droguée."

Ça ne vous rappelle rien. Lindsay se comporte finalement comme n'importe quelle fille de 23 ans (et oui, c'est son âge !) sans repères affectifs. Et quand elle pète un câble sur Twitter après la descente de dizaines de flics chez elle, elle réagit finalement comme n'importe quelle fille face à la connerie et l'indifférence de son père : en colère, exaspérée, triste et déconcertée. Mais la différence avec n'importe quelle fille, c'est que Lindsay, elle, est suivie par plus de 560 000 personnes sur Twitter.

D'autant qu'il n'y a pas que son père qui soit en cause. Jour et nuit, sept jours sur sept, elle est suivie, harcelée, traquée par des dizaines de papaparazzi. Je conviens qu'elle a sûrement, un temps, cherché cela, qu'elle est en grande partie responsable. Mais comment vivre de cette façon ? Comment essayer d'envisager de se (re)construire et de retrouver une vie à peu près normale quand on est la cible privilégiée de loups qui guettent à votre porte ? Elle a sûrement beaucoup de choses à se reprocher mais je ne suis pas sûr qu'elle ait mérité ce genre de couverture. A vrai dire, personne ne mérite ce genre de couverture ! Parce que, désormais, le jeu préféré des tabloïds, ce n'est plus seulement d'avoir les meilleurs photos pour se moquer gentiment, c'est d'enfoncer et d'humilier violemment. Le moindre projet "sérieux" qu'elle annonce est moqué, discrédité. Et pas seulement par les tabloïds. Un nouveau film comme actrice ? La blogosphère savoure le bide à venir. Un documentaire en Inde ? La presse cinéma rigole. Une ligne de vêtement pour Ungaro ? La presse mode glousse.

C'est un cercle vicieux, chaque souffrance affective entraînant une frasque médiatique qui la décrédibilise un peu plus aux yeux du public et de la profession provoquant inévitablement de nouvelles souffrances.

Et maintenant que j'ai dit tout ça, j'aimerais que ça change. J'aimerais que la Lindsay Lohan qui a démontré un extraordinaire talent dans MEAN GIRLS, dans PRAIRIE HOME COMPANION ou dans BOBBY reviennent. Et cette fois, pour de bon ! Comme Robert Downey Jr, j'aimerais qu'elle se serve de toute cette souffrance, de cette vie vécue à 100 à l'heure pour devenir une encore meilleure actrice. Elle a 23 ans. Elle a la vie devant elle. Toutes ces "expériences" ne doivent pas servir à rien.

Il est clair que tous ces excès se sont inscrits une bonne fois pour toute sur son visage. Elle a 23 ans mais elle fait plus. Beaucoup plus. Mais ce nouveau visage a, il me semble, quelque chose de très ciné-génique. C'est ce que je me dis en voyant la bande-annonce de MACHETE. Je vois dans ce nouveau visage celui d'une survivante. Elle aura peut-être désormais du mal à jouer les héroïnes romantiques dans des comédies hollywoodiennes, comme elle le fit autrefois. Mais elle pourra jouer toutes les autres héroïnes. Celles des films d'action. Celles des drames. Bref, elle pourra jouer les héroïnes qui comptent. On a récemment annoncé qu'elle pourrait incarner Linda Lovelace dans un biopic qui serait consacré à cette icône du film porno 70's GORGES PROFONDES reconvertie en militante anti-pornographie. Je dis OUI ! A condition que le film soit un minimum réussi, c'est typiquement le genre de rôle qui pourrait refaire d'elle une actrice respectée.

Une actrice respectée. C'est exactement ainsi que j'ai envie de voir Lindsay Lohan, à l'avenir...


06 mai 2010

La playlist Infinie #36 : The Living Sisters

J'aime bien écouter de la musique avant d'aller dormir. Ça me calme. Ça m'apaise. Et pour ça, j'ai quelques albums privilégiés. En général, de la musique de films. Celle de Cliff Martinez pour le film SOLARIS. Celle de Robin Guthrie pour MYSTERIOUS SKIN par exemple. Et puis un soir, récemment, sans volonté particulière d'aller dormir, j'ai mis la musique de The Living Sisters dans mon iPod pour travailler. En quelques morceaux, sans l'avoir vraiment jamais écoutée avant, je me suis alors mis à me sentir profondément calme, apaisé. Et non, mauvaises langues, je n'avais rien bu, mangé, fumé, avalé quoi que ce soit avant qui aurait pu me mettre dans cet état. Je m'étais juste mis de la musique douce dans les oreilles.

The Living Sisters, c'est trois filles qui ne sont pas du tout soeur. Mais elles auraient pu l'être, compte tenu de l'accord parfait entre leurs voix. C'est en fait trois amies, dont la désormais célèbre Inara Georges de The Bird & The Bee, qui ont décidé de se réunir pour former une sorte de supergroupe féminin que l'on aura bien du mal à ranger, à classifier, à mettre dans un tiroir ou un autre tant leur musique est inédite dans le paysage contemporain.

Mignonnes, craquantes et gentiment sexy comme un sourire de Zooey Deschanel, leurs chansons oscillent ainsi entre la pop vocale des années 40, le doo-wop des années 50, le folk et la country. Et c'est sans conteste très frais. A la fois rétro et d'une modernité insolente. Une sorte de version low-fi d'autres groupes issues de la scène de Los Angeles récentes comme She & Him (Tiens ! Zooey !) et The Bird & The Bee.

En écoutant ces trois filles, c'est comme si on plongeait dans une Amérique qui n'a jamais vraiment existé. Une Amérique où l'on se retrouverait au Drive-In avec une jolie fille pomponnée avec une robe à frou-frou que l'on aurait rencontrée sur Internet. Si vous voyez ce que je veux dire. Ecouter "Love To Live", le premier album des Living Sisters, c'est se retrouver coincée dans une sorte de réalité parallèle dans laquelle l'Amérique vivrait un ère de modernité sans égale qui aurait fait l'impasse sur le cynisme et les névroses qui vont avec pour se concentrer sur l'idéal social et économique des 40's et 50's. Un peu comme si les deux premiers RETOUR VERS LE FUTUR avaient fusionnés !

Et cela me calme...



MySpace de The Living Sisters


03 mai 2010

Le retour du vidéo-clip de 10 minutes

Il paraît qu'on peut parler de tendance à partir de trois. Et bien, la voilà, la tendance. En moins de trois mois, trois vidéo-clips ont crée l'évènement en jouant la longueur, affichant tous au compteur des durées d'au moins 9 minutes. "Born Free" de MIA. "Telephone" de Lady Gaga et Beyonce. "Rock That Body" des Black Eyed Peas. Autant de clips qui redonnent au vidéo-clip l'importance qu'il pouvait avoir dans les années 80 et 90 quand Michael Jackson faisait lever les morts ("Thriller"), Axl Rose pleurait sa défunte épouse ("November Rain") ou Snoop Dogg se faisait dézinguer ("Murder Was The Case"). Dans une industrie musicale sinistrée, les vidéo-clips rejouent les prolongations, affichant au compteur des durées de court-métrage, à défaut de jouer la qualité. Mais peu importe la qualité (pour l'instant). Peu importe qu'on les aime ou qu'on les aime pas. Les vidéo-clips redeviennent des sujets de discussion et de débat. Ils sont à nouveau des évènements.

Et voici pourquoi...

1. LA VALEUR AJOUTÉE
La musique en tant qu'objet, il va falloir se faire une raison, c'est terminé. Bye Bye CD. Adios vinyls. Auf Wiedersehen K7. Sayonara cartouches 8 pistes. Mais l'industrie musicale, qui s'est gavée pendant des décennies avec des marges exorbitantes, n'est pas encore décidée à faire son deuil. Normal. C'est jamais facile de dire au revoir aux billets de 500, aux putes et à la coke. Bref. Dans une tentative (désespérée) de vendre (encore) ses bouts de plastique qui font de la musique, les maisons de disques tentent de les sublimer : boitiers "collectors", vidéos-interviews-making of bonus, morceaux live, démos et tout un tas de trucs censés rendre "intéressants" ce qui ne l'est définitivement plus. Et le clip de 10 minutes procède de la même stratégie : sublimer un objet (le clip) qui ne l'est plus vraiment, sublime. Rendez-vous compte que MTV a abandonné les vidéo-clips au profit des grosses fesses de Kim Kardishian et des seins refaits de Heidi Montag. Et quand vous vous rabattez sur le net, on vous fait patienter (gentiment) devant une pub de 15 secondes pour du gel douche. Il fallait donc redonner une justification à cette attente et cet effort : le clip de 10 minutes. Une réponse encore une fois un peu anachronique mais, que voulez-vous, la créativité marketing a disparu des maisons de disque en même temps que la coke.

2. L'IMAGE
On vous a sûrement un jour susurré à l'oreille que la pop-music n'était plus un gros mot. Les années 2010 font désormais honneur aux chanteuses blondes qui se trémoussent sur des mélodies putassières. La mode est aux extravagances gagaesques. La pop-star "bigger than life" est de retour. Et pour "être plus grande que la vie", la pop-star doit avoir des clips "plus grands que la vie". C'est la leçon qu'elles ont appris de Michael Jackson, de Guns N'Roses et de Madonna. Une vraie pop-star qui se respecte doit avoir des clips qui en foutent plein la gueule car la musique ne suffit pas. Il faut de L'IMAGE, car il n'y a que L'IMAGE qui suscite de vrais réactions. Et la réaction, c'est la carburant de la pop-star - surtout quand elle est blonde et n'a souvent que ça à vendre.

3. LE PRIX
La démocratisation numérique a eu deux effets sur l'oeil humain : l'habituer aux images toujours plus lisses, riches en pixels et chers (voir AVATAR) et l'habituer aux mouvements de caméras intempestifs, aux zooms foireux et au son qui fait mal aux oreilles (voir YouTube). Si vous ne vous appelez pas Michael Jackson et n'avez pas 7 millions de dollars à mettre dans un clip ("Scream"), vous avez donc quand même votre imagination et/ou votre sens de la provocation pour rendre, vous aussi, votre vidéo-clip EPIQUE. Des millions de gens ont regardé le trip hallucinatoire du petit David après le dentiste. Pourquoi pas votre vidéo avec des mecs sur des tapis de course ("Here It Goes Again" de OK GO) ? Pourquoi pas votre vidéo où vous vous désappez en pleine rue ("Lessons Learned" de Matt & Kim, "Window Seat" de Erikah Badu) ? Pourquoi pas votre vidéo avec vos potes en T-shirts AA ("Open Your Heart" de Mia Doi Todd) ? Tout le monde peut faire un clip. Et si vous voulez quand même faire un chèque de quelques millions de dollars pour en foutre plein la vue à vos copines, vous avez toujours moyens de faire financer le tout par une (ou plusieurs) marque. La seule chose à faire, ce sera de mettre un plan de quelques secondes sur le produit. Votre crédibilité artistique en prendra un coup mais vous n'en avez rien à foutre car votre clip durera 10 minutes et, peu importe la qualité, tout le monde en parlera sur Facebook, Twitter et autres blogs.


26 avril 2010

Pourquoi Kick-Ass n'est pas Cool...

J'ai l'impression de prendre une mauvaise habitude, là, mais je ne peux m'en empêcher. A une certaine époque de ce blog, je ne donnais mon avis sur des films récents que pour en dire du bien. En gros, je ne parlais que des films que j'avais adoré. Aujourd'hui, au contraire, je n'ai envie de parler que des films que je n'aime pas. Et en particulier ceux que "tout le monde" aime. Je sais. Je l'ai déjà dit plusieurs fois. Je n'aime pas le consensus (et d'ailleurs tous mes posts finissent par avoir la même introduction...).

Car cette semaine, à lire les statuts Facebook et Twitter, on a l'impression d'assister à une OPA culturelle de KICK-ASS sur la cible des 25-35 ans ! Je veux bien admettre qu'il n'y ait pas eu beaucoup de sorties au cinéma cette semaine mais, franchement, je suis gavé par tous ces statuts toujours identiques pour dire que "KICK-ASS", c'est génial". FUCK ! Un peu d'originalité bon dieu ! (N'y voyez aucune attaque personnelle. Je ne vise personne en particulier, hein ! C'est l'accumulation qui me fait flipper : je suis souvent moi-même dans le consensus. Ça arrive aux meilleurs d'entre nous...)

Parce que sincèrement, KICK-ASS, c'était pas si génial que ça. Et voilà pourquoi...

D'abord, le héros. Ou plutôt le personnage principal. Parce que dans le genre "héros", on a vu mieux... On nous dit que c'est un loser dont le seul talent est de se branler, un geek "dont le seul pouvoir est d'être invisible pour les filles". Bref, un mec comme on en voit depuis des années au cinéma et dans les séries, en particulier dans les productions Apatow. Et oui, "Geek is the new Chic". Ce qui me va parfaitement, à condition qu'il ressemble à Michael Cera ou à Jonah Hill. Les grands teen-movies de ces dernières années, de SUPERBAD aux BEAUX GOSSES fonctionnent car ils sont réalistes et vous ramènent à votre propre adolescence. Il ne suffit pas de mettre des lunettes à un beau gosse pour en faire un geek un peu loser. C'est comme si "Freaks & Geeks" n'avait jamais existé. Comme si on revenait aux 70's quand Christopher Reeves n'avait qu'à enlever ses lunettes pour devenir Superman. Parce que, oui, Aaron Johnson, qui incarne Kick-Ass, est un beau gosse de tout juste 20 ans qui, dans la vraie vie, se tape une cougar, la réalisatrice et photographe Sam Taylor Wood de 23 ans son aînée. Et pendant ce temps là, Michael "the real deal" Cera est avec Charlyne Yi !

Ensuite, le scénario. Il n'y aurait pas des grosses incohérences ? Mais quelqu'un, dans sa grande bonté et son irrésistible envie de me contredire, pourra peut-être m'expliquer pourquoi Big Daddy et Hit-Girl prêtent autant d'importance à Kick-Ass. Non, parce qu'ils font leur job, tranquille, sans 'bleme et puis tout d'un coup ils s'attirent les pires ennuis du monde avec un pauvre mec incapable de se défendre. Juste parce que, comme ils disent, "il aurait un gros potentiel". C'est avoir un gros potentiel de "super-héros" d'avoir des tendances suicidaires ? D'autant que BD et HG se rendent compte très vite qu'il fait tout ça pour la célébrité... Désolé, là, je ne comprends pas. Compte tenu que la relation entre ces trois personnages est centrale dans l'intrigue du film, c'est impardonnable de l'avoir bâclée à ce point...

Enfin (et surtout), le rapport très étrange qu'entretient le film avec la violence. La référence revenant le plus dans les articles qui lui sont consacrés est Quentin Tarantino. Avec ses dialogues ultra-référencés à tout ce qui fait la pop-culture, ses éclats de violence graphiques et cartoonesques et son humour noir, la filiation avec le cinéma de QT est évidente. Sauf que Tarantino, aussi violents soient ses films, ne sort jamais de son carcan grand-guignol. Sa violence est graphique, décomplexée, jouissive et même drôle parfois mais elle fait mal, toujours. Elle n'est jamais "heureuse" et source de bien-être et de bonheur. Jamais. Ce qui est loin d'être le cas de celle de Matthew Vaughn. Par exemple [SPOILER] la scène de torture et d'exécution sommaire en direct sur YouTube, probablement le moment le plus "dramatique" du film (et qui cherche à l'être, compte tenu du choix de la musique), se transforme "d'un coup" en séance d'emballage de nana. Alors que cette scène aurait dû/pu dire beaucoup de choses sur notre époque, sur le voyeurisme, la fascination pour la violence gratuite et plein d'autres choses, elle se contente de dire que les filles sont si impressionnables qu'elles écartent les jambes pour un rien. [FIN DE SPOILER] Donc, outre les relents légèrement misogynes de cette scène (et d'autres), cette façon de désamorcer la violence la plus atroce par de l'humour de mauvais goût est profondément condamnable. Et tout ça m'a mis un sale goût dans la bouche.

Alors, je ne dis pas que je fais un rejet total de KICK-ASS. En grand amateur de pop culture, j'ai adoré ses références, son style, son rythme, sa bande-son, certains de ses personnages (Hit Girl et Big Daddy, évidemment) mais je pense juste que le film de Matthew Vaughn fait preuve d'un populisme "jeune" très malsain. Sous des apparats cool et pop, KICK-ASS, dont le scénario avait été refusé, tel quel, par l'ensemble des studios (malgré la popularité du matériel de base), se complet ainsi dans sa prétendue subversion sans jamais réfléchir à ce qu'il dit et sur ce qu'il véhicule - en l'occurrence un point de vue malsain sur la violence.

Pour finir, je n'aurais donc qu'une seule chose à dire. Vivement SCOTT PILGRIM VS THE WORLD !!!!


23 avril 2010

Loué soit Stephen Baldwin

Il y a des choses, comme ça, qui me rendent perplexe : le sex-appeal de Megan Fox. Le talent de Tim Burton. Le succès d'Avatar. Une liste pas du tout exhaustive à laquelle il faut maintenant que je rajoute le site Internet "The Restoration of Stephen Baldwin".

Stephen est le plus jeune frère de la célèbre fratrie Baldwin dont le plus éminent membre est l'incontournable Alec. Au début des années 90, il est un des jeunes espoirs d'Hollywood, sa blondeur le différenciant largement de ses deux autres grands frères (William et Daniel) qui peinent (toujours) à s'imposer. On le voit dans USUAL SUSPECTS, DEUX GARCONS UNE FILLE TROIS POSSIBILITÉS, POSSE, MRS PARKER ET LE CERCLE VICIEUX, LIENS D'ACIER (un de mes films d'action préférés des années 90). Je l'avoue sans honte : à l'époque, alors que j'ai 16-17 ans, Stephen Baldwin est un de mes acteurs préférés. Il est charismatique, décomplexé, un peu trash et je trouve ça cool.

Puis des choix de carrière douteux (il tourne dans le stoner BIO-DOME avec Pauly Shore et refuse le rôle principal de SPEED) ont raison de sa carrière à Hollywood et il se tourne vers DIEU. Comme George W. Bush, Kirk Cameron (de QUOI DE NEUF DOCTEUR) et Mel Gibson, Stephen Baldwin est devenu un "Born Again Christian", s'illustrant par exemple avec des phrases comme "Tu ferais beaucoup plus de bien si tu prêchais l'Evangile de Jésus plutôt que d'essayer de te débarrasser de la dette du tiers monde". (Au cas où vous ne l'auriez pas compris, cela s'adressait à Bono !)

Mais le problème avec DIEU, c'est qu'il n'aime pas la violence (à part en Irak) et le sexe (à part avec des enfants). Et quand on est acteur et qu'on est censé travailler à Hollywood, le sexe et la violence, difficile de passer à côté. Stephen s'est donc retrouvé face à un dilemme : gagner plein d'argent avec des films plein de pans-pans et de culs-culs ou être fidèle à la voix de son nouveau maître (Ouaf-Ouaf).

Sûrement de peur de se retrouver en Enfer à faire la fête avec des démocrates, des hippies et Anna-Nicole Smith, Stephen finit donc par choisir la seconde option : DIEU TOUT-PUISSANT qui, malheureusement, ne paye ni les impôts, ni le loyer de ses fidèles. Ce qui, avouons-le, est très ballot parce que Stephen a du récemment se mettre en faillite personnelle et participer à Celebrity Big Brother UK en janvier dernier. GOD IS A BITCH !

D'où l'apparition récente du site internet "Restore Stephen Baldwin" cherchant à restaurer l'équilibre financier de l'acteur par un système de collecte de fonds qui, comme le site l'indique très clairement, vont à "100% sur le compte en banque de Stephen" (ouch). Parce que, comme le site l'indique aussi, "Hollywood vénère l'argent et, sans elle, vous être considéré comme un loser et vous ne pouvez pas être une influence efficace dans ce groupe."

Pour dire vrai, à première vue, habitué du goût LOLesque des collègues, j'ai cru à un FAKE. Le ton péremptoire, les catchlines assénés comme au bon vieux temps de Don LaFontaine, c'est franchement très très drôle mais ça sonne comme une bonne vieille blague.

Sauf que non. D'où ma perplexité.

Apparemment, "The Restoration of Stephen Baldwin" est tout ce qu'il y a de plus sérieux et a été créé, à l'initiative d'admirateurs et avec la bénédiction du "conseiller spirituel" de l'acteur (ouch), par la même société que le site officiel "Stephen Baldwin".

Visiblement, Dieu ne fume pas que des havanes...




21 avril 2010

La Playlist Infinie #35 : Kids of 88

En 1988 sont nés Michael Cera, Vanessa Hudgens, Sasha Grey, Rihanna, Rumer Willis et Zoe Kravitz. Donc, pas mal de gens fréquentables...ou pas. J'hésite encore pour Sasha Grey. Sûrement la peur d'attraper une maladie ou un truc du genre. Désormais, il semble qu'il faille ajouter à la liste Jordan Arts et Sam McCarthy, les deux membres de KIDS OF 88 qui semblent bel et bien être né en 1988 (Duh).

Comme une bonne partie des jeunes de leur âge, ces deux jeunes hommes originaires de Nouvelle-Zélande aiment la musique des années 80. Ils n'étaient pas nés à la grande époque de The Cure, The Human League et de Yazoo mais leur musique, synth-pop ultra-accrocheuse, est complètement imprégnée de ces influences - jusqu'à l'écœurement. Car oui, le mix jeans skinny, ray-bans, marinières, nappes de synthés, boîte à rythme, j'aime bien mais j'aime pas.

L'interweb 2.0 a libéré la créativité de groupes talentueux mais elle a aussi libéré le manque d'inspiration de tout un tas d'autres. Alors je commence à me poser des questions, à être un peu fatigué de cette même rengaine de petits jeunes arrogants, pas encore tout à fait démoulés, qui inondent MySpace, YouTube et autres réseaux sociaux avec leur régurgitation de sons qu'ils entendaient dans le ventre de leur mère.

Et en même temps - attention citation ! - le coeur a ses raisons que la raison ignore. Car je l'avoue. Ces petits jeunes, ils ont beau m'énerver, je les écoute beaucoup et souvent, de LA ROUX à OPERATOR PLEASE en passant par UFFIE ou BUNNY LAKE et tout un tas d'autres que vous trouverez en écoutant les compils Kitsuné. Pas tous forcément. Mais à eux tous, ils ont réussi à rendre au genre pop des lettres de noblesse qu'il avait depuis longtemps perdu avec la fin des 80's - justement. Et KIDS OF 88 ne font pas exception. L'énergie qui se dégage de leurs deux premiers singles (ci-dessous) est carrément imparable - tout autant que le côté gentiment décadent de leurs clips.

Quant à moi, je pense que je vais créer un groupe de disco nommé les KIDS OF 78...





MySpace de KIDS OF 88



19 avril 2010

Refaire les 80's #1 : Jumeaux

Ça ne vous aura pas échappé. Les années 80 sont à la mode et, par conséquent, les remakes (ou les suites) des films des années 80 le sont aussi. Les remakes du CHOC DES TITANS, du BEAU-PERE, de FAME ou de HOUSE OF SORORITY ROW sont déjà sortis. Quant à ceux d'UN COUPLE A LA MER, RED DAWN, KARATE KID, FOOTLOOSE, SCANNERS, SHORT CIRCUIT, HELLRAISER, LA PETITE BOUTIQUE DES HORREURS, PORKY'S, JEU D'ENFANTS, MEATBALLS, PIRAHANA, LES GRIFFES DE LA NUIT et j'en passe sont dans les tiroirs.

Une bonne raison, donc, pour inaugurer ici une toute nouvelle rubrique. Un peu sur le modèle de mes rubriques "Made in 80's" et "Made in 90's" qui explorent les phénomènes pop de ces décennies passées, je vais tenter de refaire "à ma façon" (c'est-à-dire la meilleure ! Forcément !) les films qui ont bercé notre enfance et notre adolescence en mâchant le travail des producteurs en manque d'inspiration (Pléonasme). Ainsi, ils n'auront plus d'excuses quand il s'agira de nous balancer leur castings et pitchs pourris. Non parce qu'on ne joue pas avec les classiques comme ça. Vous saviez qu'ils comptaient remplacer Goldie Hawn par Jennifer Lopez dans le remake de UN COUPLE A LA MER ! Ce n'est juste pas possible. Et, tant qu'on y est, pourquoi pas remplacer Ralph Macchio par Jaden "Merci Papa" Smith dans le remake de KARATE KID ?! Et merde, ils l'ont déjà fait...

Donc, quitte à refaire des classiques, autant le faire avec panache et classe.

Pour commencer, un classique évidemment... JUMEAUX

L'original
Réalisé en 1988 par Ivan Reitman (SOS FANTOMES) avec Arnold Schwarzenegger, Danny De Vito, Chloe Webb et Kelly Preston.
Une expérience visant à créer le parfait être humain tourna mal lorsque naquirent finalement des jumeaux : l'un (Julius Benedict) avec toutes les qualités intellectuelles et physiques dont on puisse rêver, l'autre (Vincent Benedict) avec tous le reste soit à peu rien. Élevés séparément à des milliers de kilomètres l'un de l'autre, les jumeaux trouvent quand même le moyen de se réunir et partir à la recherche de leur mère biologique.

Le nouveau casting
Zac Efron dans le rôle de Julius Benedict et Jonah Hill dans celui de Vincent Benedict. Mary-Kate et Ashley Olsen dans le rôle des soeurs love interest des deux héros.

Le nouveau réalisateur
Nicholas Stoller (SANS SARAH RIEN NE VA et GET HIM TO THE GREEK)

Le pitch modernisé
Convaincu que la littérature, la physique et le bodybuilding sont des valeurs complètement obsolètes au 21e siècle, le professeur Werner, qui éleva Julius sur une île, décida de faire des extraordinaires capacités physiques et intellectuelles de son protégé la base d'un enseignement strict à l'Art de la comédie musicale. Résultat : le jeune homme, beau (et imberbe) comme un Dieu, est devenu un chanteur et un danseur hors-pair. Quand il retrouve son frère Vincent à Los Angeles, ce dernier, stoner obèse au chômage qui passe son temps à mater des pornos, est en prison pour avoir voulu vendre de la marijuana avariée à des lycéens geeks. Enfin réunis, les deux décident alors de retrouver leur mère biologique, soi-disant danseuse de ballet à New York, et s'embarquent dans un road-trip à travers les Etats-Unis, en compagnie de deux soeurs jumelles anorexiques, objets de l'affection de Vincent (qui a beaucoup trop regardé de porno).

Le caméo d'un acteur de l'orignal
Heather Graham (qui jouait la mère "jeune" des jumeaux dans l'original) dans le rôle d'une actrice porno et objet masturbatoire préféré de Vincent.





16 avril 2010

Plaisirs Coupables #4 : Movie Pop Songs

J'en ai déjà parlé il y a plus de deux ans mais je remets le sujet sur la table. Les chansons de films sont en effet un de ces petits plaisirs coupables dont je ne peux m'empêcher de discuter. C'est simple, je crois que je pourrais faire un blog qui ne serait dédié qu'à ça. Mais je vous l'épargne. Compte tenu du fait que mon amour pour ces petites merveilles est largement proportionnel à la dose de sucre qu'elles contiennent, je ne voudrais pas que vous finissiez en stage intensif contre l'obésité à la fin de l'année.

Dans les années 80, principalement sous l'impulsion des producteurs Don Simspon et Jerry Bruckheimer (TOP GUN, FLASHDANCE...), le genre avait connu son heure de gloire. Un film hollywoodien ne pouvait alors pas sortir sans être accompagné de sa chanson pop de générique de fin (ou de début). Une chanson originale composée uniquement pour le film qui permettait de faire une promo indirecte pour le film sur des chaînes musicales et "jeunes" comme MTV - qui venait alors d'être créé. C'était alors du "win-win" pour les artistes et les producteurs. Une tendance de fond qui s'est poursuivi largement dans les années 90.

Il suffit de regarder le palmarès des Oscars sur ces deux décennies pour s'en convaincre. Que des tubes pop ! Parmi les vainqueurs, le "Take My Breath Away" de Berlin, le "Say You Say Me" de Lionel Richie, le "What a Feeling" d'Irène Cara, le "The Time of My Life" de Bill Medley et Jennifer Warnes, le "Streets of Philadelphia" de Bruce Springsteen ou évidemment le "My Heart Will Go On" de Céline Dion. Et j'en passe des dizaines d'autres.

Mais à très rares exceptions, la décennie écoulée a totalement occultée ce phénomène, préférant souvent des reprises ou des titres anciens quand il s'agissait d'illustrer un générique de fin. Et quand les titres étaient originaux, les chansons n'avaient rien de très "pop" (souvent des titres de comédies musicales ou de dessins animés) et ne marchaient pas dans les charts. Si je prends le palmarès des Oscars, sur la dernière décennie, nominés comme vainqueurs, la seule chanson qui ait été un tube pop est le "Lose Yourself" d'Eminem ! Et c'était pour film musical...

Mais ces derniers mois, la tendance semble retrouver du souffle. Je ne sais pas si elle terminera le marathon pop de la nouvelle décennie mais plusieurs gros films (non musicaux) ont récemment eu droit à leur pop song originale par des artistes plus ou moins confirmés : AVATAR par Leona Lewis, ALICE AU PAYS DES MERVEILLES par Avril Lavigne, 2012 par Adam Lambert et KICK-ASS par Mika.

Et même si la police du bon goût risque de défoncer ma porte au moment même où je cliquerais sur le bouton "publier" de ce post, je dois bien avouer que ces trois morceaux comblent entièrement mon intarissable appétit pour le jus de guimauve et les instants putassiers. Et tant qu'on y est, quitte à sacrifier une porte et à payer mon amende au ministère, le morceau d'Avril Lavigne et celui de Leona Lewis sont les meilleures 3 minutes que j'ai passé à regarder les films de Tim Burton et de James Cameron ! Mais c'était peut-être aussi parce qu'ils étaient le signe que c'était enfin le générique de fin ! Comme ça, c'est dit !










14 avril 2010

Made in 90's #9 : Wear Sunscreen

Il paraît que 20 ans, c'est le plus bel âge du monde. FUCK THAT ! J'ai jamais été aussi déprimé, mal dans ma peau, complexé et triste qu'à 20 ans. Il y a sûrement plein d'explications à cela et je ne vais pas rentrer dans les détails. C'est pas trop mon genre de me servir de mon blog comme psychiatre par procuration. Il y en beaucoup qui le font et qui le font bien, voire très bien, mais ils gardent souvent une certaine forme d'anonymat - ce qui est loin d'être mon cas ici.

Et alors que je repensais à cette époque, dans un grand élan nostalgico-maso, je repensais à une chanson qui me quittait rarement à cet âge si merdique. Cette chanson, qui n'en ai pas vraiment une d'ailleurs, c'est "Everybody's Free (To Wear Sunscreen)" de Baz Luhrmann. Oui, Baz Luhrmann, le réalisateur de ROMEO+JULIETTE et MOULIN ROUGE.

En 1998, alors qu'il travaille sur un album de remix des morceaux de ses films et pièces ("Something for Everybody"), le réalisateur tombe sur un email avec un soi-disant discours de l'écrivain Kurt Vonnegut. Ce discours, sous forme de "conseils à la jeunesse", s'est en fait avéré être un essai de l'éditorialiste du Chicago Tribune Mary Schmich, intitulé "Advice, like youth, probably just wasted on the young". Mais, impressionné par le texte, Luhrmann choisit de s'en servir pour illustrer le remix de "Everybody's Free (To Feel Good)" (qui figurait dans ROMEO+JULIETTE) pour, au final, livrer une sorte de slam pop sur les bienfaits de la jeunesse et tout un tas d'autres petites choses anodines qui permettent de faire de votre vie un moment un peu plus agréable à passer qu'elle n'en a l'air sur le moment.

Et c'est tout juste l'effet qu'elle a eu sur moi. Parce que cette chanson, sortie en 1999, a parfaitement coïncidé avec l'année de mes 20 ans. Cette année là, j'ai quitté le lycée pour de bon (Bac en 1997 et prépa-HEC pendant 2 ans pour les curieux) et, par la même occasion, quitté le cocon familial pour vivre/étudier à 500 bornes de là. Et grâce à l'universalité de son message, la justesse et l'humour de ses conseils, "Everybody's Free (To Feel Good)" m'a permis de passer ce cap important dans ma vie. En gros, elle m'a fait du bien. Beaucoup de bien...

S'il y a des gens de 20 ans qui me lisent et qui se reconnaissent un peu dans ce que j'ai écrit plus haut, j'espère donc que cette chanson aura, ne serait-ce qu'un petit peu, le même effet sur vous...