03 novembre 2006

Back To Basics : Scorsese et ses INFILTRES

Avec LES INFILTRES, Martin Scorsese revient aux bases de ce cinéma de gangsters vicieux qui a fait sa réputation aux fils des années, entre LES AFFRANCHIS ou MEAN STREETS. Epique, fougueux, brutal, ce nouveau cru "Scorsese" repose les bases de son cinéma en repensant intégralement le polar de Hong Kong, INFERNAL AFFAIRS, un excellent film mais assez vite oubliable.

Scorsese en reprend le concept (un flic infiltré chez les voyous vs. un voyou infiltré chez les flics) pour transcender l'original, le rallongeant de plus de 50 minutes, en y rajoutant des personnages secondaires et étoffant le sombre parcours de ces "infiltrés". Incarnés par Matt Damon (le VRAI voyou) et Leonardo DiCaprio (le VRAI flic), ces infiltrés sont des êtres torturés entre le bien et le mal, entre leur devoir et leurs pulsions, entre leur morale et leurs instincts. DiCaprio confirme ainsi son talent inné, faisant preuve d'un charisme époustouflant, et Matt Damon casse sévèrement son image de boy-scout.

Pour les entourer, il y a tout une série de pointures, à commencer par l'immense Jack Nicholson, en mafieux beauf, Mark Wahlberg en flic au language très fleuri, Martin Sheen en flic mentor et Vera Farminga en psy super émouvante.

Quinze ans après LES AFFRANCHIS et dix ans après CASINO, Martin Scorsese explose donc le film de gangsters et défonce la morale bien pensante à coup de scènes carrément choc. A près de 65 balets, le vétéran dézingue tous ceux qui l'auraient bien enterré au cimetierre du "vieil Hollywood" en délivrant un des plus grands polar de la décennie et un des meilleurs films de l'année "Old School Style".

La vieille garde n'a pas dit son dernier mot... Scorsese défouraille...

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