15 janvier 2012

Mes albums préférés de 2011

Jusqu'à maintenant, sur ce blog, je divisais les albums de Hip-Hop des albums Pop/Rock. N'ayant écouté que du rap pendant une décennie, sans jamais sortir de mon ghetto musical, il était important pour moi de bien séparés mes deux "cultures" musicales, celle héritée de mon adolescence et celle acquise à l'âge adulte. Terminé. J'avoue être beaucoup moins assidu sur les sorties - en particulier Hip-Hop - et je ne ferais honneur à aucun des genres en citant des trucs que j'aurais écouté d'une oreille distraite dans un métro bondé. Je vais donc faire un top général avec mes 10 albums préférés de l'année, tous genres confondus.

1. Future Islands - On The Water
Au départ, le contraste entre la froideur des synthés hérités de New Order et The Cure et la voix atypique, chaude, éraillée et bluesy de Samuel T. Herring, le chanteur de Future Islands, est pour le moins troublante. Puis, au grès des morceaux, tout cela fait sens : les "break up songs" de Herring prennent une ampleur, une altitude au grès des rythmes synthétiques et des vagues de synthés que Robert Smith ou Bernad Sumner n'ont jamais atteint. Rarement disque de new-wave n'a été si triste, si mélancolique d'un côté et si rempli d'espoir de l'autre. Ecouter sur Spotify.

2. The Weeknd - House of Balloons
Il faut toujours qu'un genre touche le fond pour pouvoir réellement renaître. Ce fut le cas en 2011 avec le R&B. Inconnu il y a six mois, le canadien The Weeknd est donc l'architecte de cette resurrection. Sûrement à son insu d'ailleurs car il y a dans House Of Balloons rien qui cherche à sortir le genre de sa débaucherie habituelle. Au contraire, le jeune chanteur pousse cela encore plus loin : les effluves deviennent des drogues dures, la seduction devient brutale et les caresses du gonzo. Le R&B amorce sa métamorphose comme le rap l'a fait il y a 5 ans. Sous les vagues atmosphériques des instrus de The Weeknd, il devient plus rugueux, plus rock, plus introspectif aussi, plus mélancolique, plus personnel. Pas étonnant de retrouver des samples de Siouxsie & The Banshees ou Beach House. Télécharger gratuitement.

3. CocknBullKid - Adulthood
Il y a parfois de telles aberrations commerciales dans la pop music qu'on en arrive parfois à se demander si ce sont les gens qui n'ont rien dans les oreilles ou si ce sont seulement d'autres gens qui ne font pas bien leur métier. Que Robyn, par exemple, ne soit pas la plus grand popstar de cet univers est une constatation qui fait parfois très mal à mon petit coeur de "fanboy". Mais à défaut de vendre des semi-remorques, elle a la reconnaissance et passe au SNL avec Katy Perry. Mais CocknBullKid ? Cette petite anglaise de 26 ans a sorti un des albums pop les plus incroyables de ces dernières années dans l'indifférence la plus totale. Et avec le label le plus cool de la place derrière elle (Moshi Moshi, maison de Florence + The Machine, Slow Club, Summer Camp, Au Revoir Simone etc.), c'est pas la hype qui lui manque. Alors quoi ? Comment des perles de chansons pop comme One Eye Closed ou Asthma Attack peuvent-elles passer aussi inaperçues ? Quelqu'un a besoin de mieux faire son travail ! Ecouter sur le site officiel.

4. Jamie Woon - Mirrorwriting
Quand je disais que le R&B était en pleine renaissance. La preuve, à nouveau, avec Jamie Woon qui compose dans un environnement proche de The Weeknd, atmosphérique, nocturne et sexy sans pour autant aller dans les territoires brutaux de son homologues canadiens. Avec Jamie Woon, on emprunte moins au hip-hop pour aller vers quelque chose de plus soul, de plus subtil, de plus pop aussi. Le jeune anglais est plus dans le mélange des genres, peut-être moins révolutionnaire que The Weeknd mais d'une grâce sublime. Ecouter sur Spotify.

5. The Pains Of Being Pure At Heart - Belong
Quand un groupe de shoegaze ultra lo-fi devient en l'espace d'un album un groupe de rock alternatif sous la direction des producteurs du Siamese Dreams des Smashing Pumpkins, il y a toujours moyen de les accuser de se vendre au plus offrant pour amasser les billets verts. C'est clair que The Pains of Being Pure At Heart n'est plus le même groupe qu'à ses débuts. Tant mieux. Je les aimais pas trop avant. Les guitares saturées, c'est fatiguant. Les synthés non. J'adore le rock alternatif fait pour les jeunes gens sensibles et c'est ce qu'il y a dans des chansons comme "The Body" ou "Heart In Your heartbreak", la mélancolie adolescente d'une peine d'amour et la joie d'une balade main dans les allées d'un campus. Ecouter sur Spotify.

6. Darkness Falls - Alive In Us
Je n'écoute pas la musique comme une fin en soi. La musique est un compagnon. Elle m'accompagne quand j'écris, quand je lis, navigue sur Internet, me brosse les dents ou vague à mes pensées dans un métro bondé. Et parfois, elle fait un peu plus. Une simple écoute nonchalante se transforme alors en expérience et j'enclenche instantanément la touche repeat. C'est ce qui s'est passé avec l'album de Darkness Falls, un duo de filles avec un nom de film d'horreur de série B et produites par Trentemøller, chantre danois de l'electro expérimentale. Mais ici rien à voir. Darkness Falls fait dans la pop sombre, mélancolique et cinématographique. On pense à des images de David Lynch, aux sons de Morricone. On pense aux années 60, à un film de Tarantino. On voit des zombies qui erreraient sous la pluie de Twin Peaks. On pense à tout ça en écoutant Alive In Us. Ecouter sur Spotify.

7. The Sound Of Arrows - Voyage
Qu'est-ce qui fait un bon album de musique pop ? La réponse est simple. Il suffit d'écouter le premier album des suédois de Sound Of Arrows. Ce qu'on y trouve relève de la formule évidente mais finalement tellement rare : des mélodies entêtantes, un enchaînement continu de tubes potentiels, des synthés, des tonnes de synthés, des chansons mélancoliques qui parlent d'amour et une imagerie fun, un peu kitsch et colorée. Ecouter sur Spotify.

8. Danny Brown - XXX
Seul album de rap dans le Top 10. Fuu. Les jeunes : voici les ravages de la vieillesse sur le corps et les oreilles. Il y a 10 ans, c'est l'inverse qui se serait passé. Mais quel album de rap. Avec son album/mixtape XXX, Danny Brown met la barre haut. Le rappeur de Detroit ferait presque oublié avec sa voix de dément échappé de l'asile psychiatrique, ses rimes et son humour hardcore que tous (de Kanye West à Mac Miller en passant par Yelawolf et Cunninlynguists) ont déçus avec leurs albums de 2011. On pense évidemment à Odd Future mais en plus fun et drôle. On pense surtout à un Ol'Dirty Bastard qu'on aurait exilé aux pays des Toons. Jubilatoire. Télécharger gratuitement.

9. Washed Out - Within And Without
En écoutant cet album pour la première fois, la musique de Washed Out m'a totalement désarçonné. J'arrivais pas à la classer, à la ranger dans une des cases de mon iPod : Trip-Hop, alternatif, pop... Il paraît que ça s'appelle du chillwave. Peut-être. Si je devais créer une case dans mon iPod pour tous les "genres" inventés au grès des mois par la presse musicale, ça ne s'appellerait sûrement plus des cases. Reste un album éthéré qui ne ressemble à pas grand chose d'autres. Il y a beaucoup de nappes de synthés, de samples de voix et de douces paroles sur l'Amour. L'album idéal pour les dimanches après-midi d'hiver, à écouter sous la couette. Ecouter sur Spotify.

10. Johan Agebjörn - Casablanca Nights
La suède a apporté beaucoup de choses au monde : Ikéa, Roxette, Lisbeth Salander, les SAAB, les Köttbullar, Robyn et Spotify. Mais l'apport le plus important de tous sera surtout, vous en conviendrez, son combat pour faire revivre l'italo-disco. Et l'artisan de ce retour s'appelle depuis cinq ans Johan Agebjörn. D'abord avec sa muse, Sally Shapiro, puis cette année, avec son album solo Casablanca Nights. Ce son, ces mélodies, cette mélancolie synthétique, c'est à la fois un puissant rappel à l'enfance et aux vacances sur la Côte d'Azur dans les années 80 mais aussi et surtout un pur plaisir d'adulte qui a envie de noyer ses oreilles dans de la bonne pop music. Ecouter sur Spotify.


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