02 janvier 2013

Mes albums préférés de 2012

Quatrième épisode de la retrospective annuelle de 2012 avec mes albums préférés. Je pense que c'est la liste la plus variée que j'ai jamais faite sur ce blog. Il y en a vraiment pour (presque) tous les goûts et c'est garanti sans Alt-J, Frank Ocean, Kendrick Lamar (il était 11e), Tame Impala et autres trucs que vous avez vu à peu partout ailleurs. Je vieillis.



1. Beach House - Bloom
J'ai toujours bien aimé Beach House. Mais j'ai toujours trouvé un peu chiants leurs albums. Cette voix languissante, ces mélodies lentes et éthérées. C'était agréable le temps d'une chanson, très vite lassant sur la durée d'un album. D'autant qu'en trois disques, le groupe n'avait jamais réellement fait évoluer son son. Chose faite cette année avec Bloom. Des mélodies plus animées, plus vivantes, plus rondes mais toujours avec cette puissante dose de mélancolie et des sons plus variés, il ne manquait plus que cela à Beach House pour devenir mon nouveau groupe préféré de l'année. En prime, ma chanson numéro 1 de l'année : Myth. De la beauté à l'état pure. [Ecouter sur Spotify]


2. First Aid Kit - The Lion's Roar
Le génie des Suédois en matière de pop-music, je le connaissais. Un peu moins celui pour le folk et la country, domaine de prédilection des Américains et des Anglais. Les deux soeurs Johanna et Klara, respectivement âgées de 22 et 19 ans, viennent donc apporter une corde aux nombreux talents des Suédois en matière de musique. Et ça passe d'abord par la mélodie, comme souvent au pays de Robyn et d'Ikéa. Voir The Lion's Roar ou Emmylou, par exemple. Mais ça passe aussi par la parfaite harmonie des leurs voix. Il y a une magie dans la combinaison de ces deux voix qui fait résonner leurs chansons dans mon coeur et fait frissonner mon corps entier. [Ecouter sur Spotify]


3. Joey Badass - 1999
Il a 17 ans. 17 putain d'années. Joey Badass est un surdoué. Rappelant parfois Nas à ses tous débuts, le jeune MC de Brooklyn possède une maturité dans son art sur laquelle beaucoup de ses aînés pourraient prendre exemple. D'abord, parce qu'il écrit avec un tel brio que ses paroles paraissent presque irréels dans la bouche d'un mec à peine démoulé : "Since '95 momma been workin 9 to 5, And I know the landlord fed up with our lives, So we pray up to Gods, the Ja's and the Allah's, To keep us safe and watch our lives, 'Cause all we tryin' to do is do good". Ensuite parce que son flow est d'une maîtrise absolue - sachant qu'on parle ici d'une mixtape probablement enregistrée dans une chambre. Enfin, parce qu'il arrive à mixer un certain esprit purement old school (qu'il n'a évidemment pas connu) avec la fougue de sa jeunesse et je trouve ça assez jubilatoire. [Télécharger gratuitement]


4. Max Richter - Vivaldi - The Four Seasons Recomposed
Je n'y connais pas grand chose en musique classique. J'aime ça mais je n'ai pas la culture. Par contre, je m'intéresse énormément depuis quelques petites années à ce qu'on peut appeler le néo-classique : Philip Glass, Michael Nyman, Johann Johannsson et justement Max Richter. Là encore, j'ai encore beaucoup de lacunes (je suis venu à eux par la musique de films) mais, à chaque fois que je découvre un des ces albums, je tombe sous le charme. Ce fut le cas avec cette étrange et atypique "recomposition" du fameux concerto de violon de Vivaldi par Max Richter. Difficile à expliquer le processus créatif derrière ce mot "recomposition". Reste la musique : on retrouve des mélodies, des éléments de Vivaldi mais le tout est une oeuvre de Max Richter. Vous ne réécoutez pas pour la millième fois les Quatre Saisons. Vous écoutez une oeuvre de 2012 avec sa modernité. Et c'est d'une beauté à peine croyable. [Ecouter sur Spotify]


5. Emeli Sandé - Our Version of Events
On assimile trop souvent la pop-music à des jeunes filles en mini-short et à des DJ à vestes fluos. On laisse souvent de côté des gens comme Emili Sandé. Des gens qui font de la pop-music avec la force du désespoir, avec des mélodies puissantes mais pas neuneu, avec des voix à vous donner des frissons au plus profond de votre être. On pourrait dire d'Emili Sandé qu'elle fait du R&B, de la soul, qu'elle est l'héritière de Whitney, d'Aretha, d'Ella ou de je-ne-sais-qui-d'autres. Mais la jeune chanteuse est autant l'héritière de ces divas magnifiques que de Joni Mitchell ou de Tracy Chapman. Emili Sandé fait juste de la pop-music, de la musique pour tous, populaire, bien arrangée, bien écrite. Une musique dans laquelle tout le monde peut se retrouver et se retrouve, sans pour autant perdre des neurones dans l'aventure. Une musique qui inspire et transcende les genres. De la putain de bonne musique pop - ce qui commence à devenir sacrément rare de nos jours. [Ecouter sur Spotify]


6. Killer Mike - R.A.P. Music
Si on le compare à Joey Badass sus-mentionné, Killer Mike, avec ses 37 ans au compteur, est ce que l'on peut aisément appelé un "vétéran". La première fois que je l'ai entendu, c'est sur le Stankonia d'Outkast en 2000. Depuis, il a sorti cinq albums dans la quasi-indifférence, malgré des qualités évidentes d'écriture, des talents indéniables de MC et une hargne politique rarement observée dans le hip-hop sudiste. Du coup, l'alliance inédite avec El-P, le producteur de Brooklyn, pour R.A.P. Music résonne comme une petite révolution. J'ai immédiatement pensé à AmeriKKKa's Most Wanted, le classique de Ice Cube produit par le Bomb Squad de Public Enemy en 1990. La rencontre de deux mondes presque radicalement opposées, la conscience politique, la sensibilité moite du sudiste Mike avec les sons bruts, presque expérimentaux de El-P. [Ecouter sur Spotify]


7. Big Boi - Vicious Lies & Dangerous Rumors
Big Boi est toujours passé pour le frimeur dans Outkast, le duo qu'il a formé pendant plus de dix ans avec Andre 3000, l'excentrique. Big Boi était le rappeur classique comme on a tendance à le caricaturer, celui qui parlait de sexe crûment, celui avec les bijoux et les belles voitures, tandis que son comparse était celui qui portait les vêtements psychédéliques et parlait de trucs compréhensibles que par lui. Mais voilà, les deux rappeurs ont toujours été les premiers à évoluer, à créer les modes plutôt qu'à les copier. Et Big Boi, derrière le bling bling, était l'artisan de ces évolutions, comme il a pu le prouver avec son incroyable premier album solo en 2010 et, aujourd'hui, avec ce deuxième album. Fun, décomplexé, parfois pop, les sonorités font autant appel au rap sudiste le plus pur qu'à l'électro pop en passant par le rock indé. D'un bout à l'autre, c'est brillant. [Ecouter sur Spotify]


8. Sigur Ros - Valtari
Sigur Ros est un de mes cinq groupes préférés de tous les temps. Pourtant, à chaque sortie d'albums, je suis décontenancé. J'écoute. Je laisse tomber six mois. Je réécoute et je comprends enfin pourquoi je les aime tant. C'est bizarre. Ils sont les seuls à me faire ça. Le pire, je crois, c'était pour la sortie en 2008 de Með Suð Í Eyrum Við Spilum Endalaust. Les chansons de 3-4 minutes. Les mélodies pop. Moi qui aimait avant tout les grandes envolées de 8-10 minutes, les chansons épiques sans refrain. Mais je m'y suis fait. Comme je me suis fait au retour aux sources de Valtari, leur album le plus intimiste depuis Von en 1997. Presque dénué de percussions, Valtari fait penser à Riceboy Sleeps, la percée néo-classique et ambient de Jonsi en 2009. Fini la grandiloquence, les guitares saturées et la dramaturgie, Valtari est un album fragile, tendre, toujours aussi mélancolique mais calme et apaisant. [Ecouter sur Spotify]


9. Perfume Genius - Put Your Back N 2 It
Le jeune Perfume Genius, qui avait enregistré son premier album dans le sous-sol de la maison de sa mère, ne change pas beaucoup sa formule. Des chansons épurées et minimalistes autour d'une voix fragile et d'un piano ou de vagues de synthés.  Des chansons qui vous font ressentir l'hésitation, la peur, la fragilité de son auteur. Un album qui fait presque mal à écouter tant il y a de douleurs dans cette voix, dans ces arrangements, dans ces chansons très courtes, tellement courtes qu'elles paraissent inachevées. [Ecouter sur Spotify]



10. Imperial Teen - Feel The Sound
Voici un groupe qui n'avait rien sorti depuis plus de cinq ans, après quatre albums depuis 1996. Créé par le clavier de Faith No More et d'autres membres influents de la scène indie de San Francisco, Imperial Teen fait un rock épique qui sent bon l'adolescence, malgré l'âge pas mal avancé de ses membres. Les garçons et les filles chantent ensemble. Les mélodies sentent bon le soleil californien et le tout donne envie de partir en virée en décapotable. Délicieusement fun. [Ecouter sur Spotify]



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