11 avril 2010

Sam Worthington ou le nouveau Faust

Le mois dernier, à partir du parcours de la jeune Carey Mulligan, j'ai dessiné le parcours "normal" en quatre étapes d'une star hollywoodienne en devenir. Pour résumer : galérer, trouver LE rôle, confirmer et durer. Quasiment toutes sont passées par là. Garçons comme filles. Américains comme étrangers. La carrière d'une star se fait de façon progressive. La star ne tombe pas du ciel. Un petit film/succès entraîne un moyen film/succès qui entraîne un gros film/succès. Cela résonne comme une caricature. Mais une caricature qui a d'énormes échos dans la réalité. C'est comme ça. Hollywood est un monde très codifié où le culte du dollar est roi. On a beau parler de cinéma, dans ce monde là, il y a très peu de place pour les sentiments et les "coups de coeur". Bref, on ne vous engagera que si vous avez faits vos preuves au box-office. Et donc, comme n'importe quel cadre salarié, la star se doit d'avoir un plan de carrière. Demandez à Ari Gold ce qu'il vous dira...

Mais que penser de Sam Worthington ? L'australien, âgé de 34 ans, a eu son lot de galère : son tout premier rôle, il l'a décroché en 2000, à l'âge de 24 ans, dans un épisode de JAG, pour ensuite enchaîner, pendant presque 10 ans, les petits rôles dans des productions hollywoodiennes (MISSION EVASION), des séries télé australiennes et pas mal d'autres trucs que personne n'a vu. Bref, un bon gros galérien. En tous les cas, en ce qui concerne Hollywood. Et il y a l'année dernière. 2009. Coup sur coup, Worthington enchaîne les tournages de trois des plus grosses productions de l'année : TERMINATOR RENAISSANCE, AVATAR et LE CHOC DES TITANS.

Si on cumule les box-office cumulés de ces trois films, on obtient la somme faramineuse de 3,2 milliards de dollars dans le monde. Même en tenant compte de l'inflation, un chiffre comme ça, en douze mois, ça n'existe pas dans l'Histoire récente. Je me triture l'esprit mais je ne trouve pas. On trouve d'extraordinaires suites de succès : Brad Pitt en 2004-2005 (avec TROIE, MR & MRS SMITH et OCEAN'S TWELVE), Nicolas Cage en 1996-1997 (avec VOLTE FACE, LES AILES DE L'ENFER et THE ROCK), Matt Damon en 2006-2007 (avec LES INFILTRES, OCEAN'S THIRTEEN et LA VENGEANCE DANS LA PEAU), Jim Carrey en 1994-1995 (avec ACE VENTURA, THE MASK et DUMB & DUMBER) ou encore Julia Roberts en 2000-2001 (avec ERIN BROCKOVICH, NOTTING HILL et JUST MARRIED). Mais tout ça n'a rien de comparable avec l'extraordinaire trilogie de Worthington cette année. Tout ça, pour un acteur inconnu l'année dernière.

Si l'on en croit les préceptes d'Hollywood vu ci-dessus, Worthington, héros de ces 3 films, devrait donc être aujourd'hui LA PLUS GRANDE STAR DU MONDE. Ce genre de types qui ne pourrait pas faire un seul pas dans la rue sans être harcelé par des centaines de fangirls, geeks et paparazzi. Un type qui ferait la une de tous les magazines. Un type dont le moindre geste, vêtement ou déplacement serait épié, décortiqué, analysé. Un type du genre Tom Cruise ou Will Smith.

Mais non.

On a beau être en pleine promo mondiale du CHOC DES TITANS qui, par ailleurs, cartonne au box-office, personne ne parle de Worthington. Et si, par le plus grand des hasards, on parle de lui, on ne dit pas son nom, on dit "le type d'AVATAR". L'acteur n'a même pas son nom en haut de l'affiche, comme il est généralement de rigueur pour le héros d'un film. En gros, tout le monde a vu sa gueule, en long, en large et en travers pendant 12 mois, mais tout le monde s'en fout. Et c'est clairement pas faute de charisme ou de beaugossitude. Comme je le disais ici, l'Australien a toutes les qualités du parfait alpha-mâle hollywoodien. En tous les cas, il n'est, à mon goût, pas moins intéressant qu'un Mel Gibson ou un Russel Crowe au même âge.

Mais voilà. L'époque a changé. Nous vivons à l'époque du blockbuster. Le pur et dur. Pas le blockbuster à taille humaine des années 80 à la TOP GUN, film qui fit par exemple de Tom Cruise une VRAIE star de cinéma. Non, le blockbuster 2.0 alias le blockbuster de plastique. Car en 2010, le blockbuster ne repose plus que sur deux socles. Et je vous le dis direct (mais vous aurez deviné) les acteurs ne sont pas (plus) l'un d'eux.

Le premier : la franchise. Un studio n'engagera plus 100 millions de dollars dans la production d'un film qui n'est pas capable d'engendrer des suites. c'est pourquoi les blockbusters d'aujourd'hui sont soit des suites, des remakes ou des adaptations de BD et de best-sellers, eux-mêmes déjà déclinés en franchises (voir TWILIGHT et HARRY POTTER par exemple). C'est la raison de la grande vague actuelle de reboot, ces "nouvelles versions" (ou "visions" pour parler en langage marketing) de films souvent pas très anciens (voir BATMAN BEGINS, STAR TREK, CASINO ROYALE, HULK, SPIDER-MAN bientôt et tout un tas de films d'horreur...).

Le second: les effets spéciaux. Dans tous les cas, les blockbusters seront gonflés aux effets spéciaux numériques. Plus ils seront énormes, plus ils seront présents à l'écran, plus les spectateurs se déplaceront en masse. Les studios hollywoodiens ont rendu l'oeil humain accroc aux images de plastique, jusqu'à arriver à des dérives dramatiques comme AVATAR ou ALICE AU PAYS DES MERVEILLES.

Et dans tout ça, l'acteur n'a plus sa place. Il n'est qu'un objet qu'on déplace sur un fond vert en lui demandant de jouer le mieux possible, tout en limitant son potentiel pour ne pas trop éclipser la force du concept et l'impact des effets spéciaux. Regardez la bande-annonce du CHOC DES TITANS. La vraie star, c'est le Kraken ! Et on peut en dire autant de tous les films précédemment cités. De STAR TREK à BATMAN en passant par SPIDER-MAN, TWILIGHT, TRANSFORMERS ou HARRY POTTER, aucun ne met l'emphase sur ses acteurs. Aucun.

C'est dans ce contexte, dans cette époque qu'évolue Sam Worthington. Le type a été parachuté "acteur de franchise sur fonds verts". Hollywood a crée un nouveau prototype : moins cher, plus malléable, plus efficace. Et pour y parvenir, elle lui a fait sauter les étapes 2 et 3 d'une carrière qui aurait pu faire de lui le "nouveau Russell Crowe" pour l'amener directement à l'étape 4. Durer. En effet, en tournant successivement dans TERMINATOR RENAISSANCE, AVATAR et LE CHOC DES TITANS, Worthington tourne et tournera encore et encore. Tous ces films amèneront probablement des suites qui le maintiendront occupés pendant encore de très nombreuses années. Mais ce sera tout.

Une fois les abdos disparus et la belle gueule cachée sous les rides, il n'aura sûrement que ses yeux pour pleurer. Car l'aura, le pouvoir d'attraction et de fascination, qui permet aujourd'hui à Mel Gibson, Bruce Willis, Julia Roberts ou Tom Cruise de continuer de jouer les héros à presque 50 ans ou plus, Worthington ne l'aura pas. Tout simplement, parce qu'il n'aura jamais été une star, une vraie, de celles qui intéressent vraiment le public et les spectateurs. Il n'aura été, malgré le talent, qu'un pantin musclé à la belle gueule capable de jouer les héros au rabais et au service des sociétés d'effets spéciaux.

Sam Worthington est en cela peut-être le Faust de la pop culture. En échange de son âme, Méphistophélès (alias Hollywood) lui a offert une meilleure vie et des plaisirs immédiats. Mais au final, c'est l'Enfer qui l'attend à savoir, dans le cas de Worthington, la disparition du radar des metteurs en scène à moyen terme.

Reste toutefois que ses trois prochains films sont de taille bien inférieure et tous produits en indépendants : d'abord le thriller historique THE DEBT avec Helen Mirren sur la capture d'un ancien nazi par trois agents du Mossad dans les années 60, puis le drame romantique LAST NIGHT avec Keira Knightley et Eva Mendes et enfin le thriller surnaturel THE FIELDS. Mais ils arrivent trop tard, tout simplement parce qu'ils auront été vite oublié quand sortira DRACULA YEAR ONE et tous les autres ÉNORMES projets de blockbusters et franchises potentielles, encore sous forme de rumeur, auquel Worthington est attaché, de FLASH GORDON à DAN DARE en passant par LAST DAYS OF AMERICAN CRIME, tous des adaptations de bandes-dessinées !

Et ce sera donc reparti pour un tour de manège... qui pourrait très bien être le dernier ! La seule solution pour lui : que ses "petits" films, précédemment cités, cartonnent au box-office... Ce qui n'est pas gagné.


09 avril 2010

Party People

C'est une première ! Pour la première fois sur ce blog, je vais en effet vous offrir l'occasion de gagner un petit quelque chose. Comme vous le constatez, sur ce blog, il n'y a pas de pubs, pas de billets sponsorisés et autres trucs publicitaires bidon. Mais là, je me suis dit que ça pourrait faire plaisir à certains. Alors voilà. On m'a donné l'opportunité de vous offrir des places pour la grande soirée BEAT TORRENT & FRIENDS qui aura lieu demain, samedi 10 avril, au Showcase à Paris, de 23h30 à l'aube !

En guise de test et parce que tout ça se fait dans le rush, c'est donc 2 pass pour 2 personnes qui seront offerts aux deux premières personnes à me laisser un petit mot sur la page Facebook du blog. Vous avez jusqu'à demain samedi 13h...

Sachez par ailleurs que si cette petite opé fonctionne, elle pourrait se développer dans le futur avec d'autres soirées et pass à gagner.

Donc, si vous êtes libres demain soir, que vous avez envie de passer une bonne soirée en compagnie de DJ talentueux et vous rincer le cerveau à grand coup de sons électro dans une des plus belles salles de Paris (Sous le Pont Alexandre III), n'hésitez pas... C'est ici que ça se passe !


05 avril 2010

Meet Meline

En France, on a pas d'argent mais on a des idées ! Et les deux petits Français Sebastien Laban et Virginie Goyons, qui se sont rencontrés à la sortie de l'école en travaillant pour la même société de jeux vidéos, en ont beaucoup, des idées. Ce qui est parfait vu que de l'argent, ils n'en avaient pas beaucoup. Pendant deux ans, sur leur temps libre, ils ont donc combiner tout leur talent, tout leur savoir-faire et toute leur sensibilité pour livrer ce petit bijou.

Intitulé MEET MELINE, ce court-métrage est bourré de poésie, de magie visuelle et d'imagination. Sans conteste, c'est un des plus beaux que j'ai vu ces derniers mois, voire années.

Je suis pas producteur de cinéma mais si j'en étais un, je sais ce que je ferais...




02 avril 2010

Grandmas Gone Wild!

S'il y a une chose que les films d'horreur nous ont appris, c'est que les vieilles dames, ça peut être vraiment flippant. Et aussi un peu dégueu. Je vais éviter de me lancer dans une diatribe sur les raisons de cela, risquant d'aller bien malgré moi dans des contrées un peu trop risquées. Mais je pense qu'il n'y a pas besoin de vous faire un dessin...

Alors voici un petit échantillon des 10 plus mémorables grand-mères qui donnent la chair de poule ! Psychopathes, perverses, vicieuses... Après ça, la maison de retraite de votre mamie n'aura plus le même visage...

Sylvia Ganush dans JUSQU'EN ENFER (2009)
Méfiez-vous de la mamie qui vous demande un peu d'argent pour sauver sa maison. Elle pourrait vous jeter un sort vous condamnant à l'enfer. Et ce n'est pas en sacrifiant votre chère chaton si doux que votre âme sera sauvée. D'ailleurs, ne vous fiez à sa frêle silhouette et son dentier, elle pourrait aussi se révéler être une combattante de rue très coriace qui ne vous épargnera rien en combat à main nue dans les parkings. Voir la vidéo.

Sadie Agatha Johnson dans NOT ANOTHER TEEN MOVIE (2001)
Il y a des prestations d'actrices qui vont bien au-delà de tout. Meryl Streep peut bien aller se rhabiller. Dans cette scène parodique du baiser entre filles de CRUEL INTENTIONS, Mia Kirshner se donne en effet corps et âme. Probablement la chose la plus intense et extrême que vous ne verrez jamais dans une comédie hollywoodienne, n'hésitez pas à aller vomir si vous en avez envie. Je reviens des toilettes et je me sens mieux. Now, Have you ever eaten pussy before ? Voir la vidéo

Large Marge dans PEE-WEE'S BIG ADVENTURE (1985)
Méfiez-vous des gentilles grand-mères qui vous prennent en stop à bord de leur gros camion. Elles vous raconteront de sordides histoires d'accidents de la route et les cauchemars deviendront votre lot quotidien. Told them Large Marge send you! Voir la vidéo.


Helen et Suzy dans LES MÉMÉS CANNIBALES (1988)
Rien n'échappe à Lloyd Kaufman et à sa bande de dégénérés chez Troma. Bien conscients du potentiel horrifique des vieilles dames, ils exploitent le filon avec ce film dans lequel deux gentilles mamies se voient offrir un cadeau démoniaque à une fête de famille. Forcément, après ça, tout le reste de la famille y passe. En même temps, excédé par les blagues de cul, qui n'a jamais eu envie de trucider et faire un méchoui de tonton Raymond à l'anniversaire de Cousine Suzy ? Voir la vidéo.

Eleanor Abernathy dans LES SIMPSON
A l'âge de 8 ans, Eleonor était une petite fille intelligente et ambitieuse très en avance sur son temps. Souhaitant devenir avocate ou médecin, elle rentra à 16 ans à Yale pour étudier le droit puis fut diplômée de l'école de médecine de Harvard à 24 ans. Mais à 32 ans, totalement épuisée, elle se tourna vers l'alcool et devint obsédée par son chat. A 40 ans, elle était devenue alcoolique et totalement folle. Depuis, on la connaît surtout comme la "crazy cat lady", incapable qu'elle est de prononcer une phrase correcte. Voir la vidéo.

Baby Jane dans QU'EST-IL ARRIVE A BABY JANE (1962)
Peu importe son âge, peu importe les rôles, Bette Davis a toujours été bien flippante. Et dans le genre, son rôle d'ancienne enfant star dans le film d'Aldrich atteint des sommets. En gros, si Britney Spears atteint un jour la soixantaine, c'est à peu près à ce genre de mamie qu'elle ressemblera. Bouh, ça fait peur ! Voir la vidéo.

Doreen dans COMING OF AGE (2010)
Personnage d'un épisode de la saison 2 de cette sitcom britannique, Doreen a marqué de son empreinte indélébile l'esprit de ses spectateurs. Car Doreen est une mamie élevée dans le ghetto dont le meilleur pote s'appelle Biggie Smalls. Et c'est pas celui que vous croyez ! Comme toute fille du ghetto, elle a donc son franc-parler - ce qui peut avoir comme effet radical de vous couper nette votre libido. Voir la vidéo.

Gladys dans LEGION (2010)
Gladys est une gentille mamie qui aime les bons steaks et prendre des nouvelles des futures naissances. Mais c'est là que tout déraille. Extrait : "Mais qu'en est-il du bébé ? -J'ai tout sous contrôle. -Mais il va brûler. -Pardon ? -J'ai dit que ton putain de bébé va brûler. -Allez vous faire voire! -TOUS LES PETITS BEBES VONT BRULER !!!" Perso, je dis qu'ils auraient du s'en douter : Depuis quand les mamies à déambulateur peuvent-elles manger du steak ? C'est pas interdit avec les dentiers ? Voir la vidéo.

Hell's Grannies dans LA PREMIERE FOLIE DES MONTY PYTHON (1971)
Elles ont terrifié l'Angleterre des années 70. Attaquant sans raison les jeunes hommes pour les tabasser dans la rue, il valait mieux baisser le regard lorsqu'elles arrivaient en ville.
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Inconnue dans L'EXORCISTE 3 (1990)
Eh, moi aussi, je pourrais marcher sur le plafond ! Une petite formation au Cirque du Soleil et c'est réglé ! Voir la vidéo






BONUS FRANCAIS : Henriette et ses copines dans GROLAND (2008)
Et parce que les mamies psychopathes parlent aussi en Français, méfiez-vous d'Henriette et ses copines. Vous pourriez finir un paquet de Curlys dans le cul, un dentier accroché à la bite... Des vrais petites cochonnes ! Voir la vidéo.



A venir : Grandpa's Gone Badass !

30 mars 2010

Doux et Amer

J'aime le cinéma indépendant américain plus que tout au monde. Et j'aime en particulier sa sous-tendance douce-amère. Vous savez, pour citer les plus emblématiques, les JUNO et LITTLE MISS SUNSHINE et aussi tous ses films slackavetes dont j'ai parlé il y a quelques mois. J'aime leur emprise sur le monde. J'aime leur popitude. J'aime leur façon simple et légèrement sophistiquée de parler de sentiments. J'aime parce qu'il parle mon langage. Les Français ne savent pas trop parler ce langage. Mais ces films, ils ne verront probablement jamais le visage des spectateurs français, pour la simple et bonne raison qu'ils n'ont pas de stars sur leur affiche. Alors, si un distributeur me lit (et il y en a, je le sais !), je veux voir ces films ci-dessous... JE VEUX LES VOIR !

Parce qu'un jour, j'aimerais faire un film comme ça. J'y travaille d'ailleurs. Un jour, j'aimerais faire un film dont la bande-annonce ressemblerait plus ou moins à ça... Surtout au premier d'ailleurs.






25 mars 2010

Les 5 types de fan de LOST

J'enfonce une énorme porte ouverte en disant que LOST a révolutionné les séries télé et plus généralement la pop culture. Notamment parce qu'elle a su toucher tous les publics, du geek hardcore de science-fiction à la mère de famille. Mes parents, par exemple. Ces dix dernières années, c'est la seule série américaine qu'ils ont regardé et suivi. Et c'est facile de comprendre pourquoi : il y a de l'action, des intrigues romantiques et de puissants éléments de mystère, le tout évidemment accompagnés de solides personnages capables de combler tous les publics.

Résultat : il existe autant de façons de la consommer que de publics qui la regarde. C'est en quelque sorte la deuxième révolution de LOST. Mais en se penchant d'un peu plus près sur les statuts Facebook et Twitter, les forums, les blogs et autres sites consacrés aux séries TV, on peut quand même faire ressortir 5 grands types de fans de LOST.

LES SUPER HARDCORE
Ils ont vu l'intégrale de la série environ 10 fois. Ils ont développé un sérieux penchant fétichiste sur le bouton pause de la télécommande. Notamment à cause de Daniel Faraday et de son carnet qui pourrait très fortement contenir, au détour d'un plan d'une seconde, le secret de toute la série. Ils inondent les forums spécialisés de leur nombreuses théories sur l'origine du monstre de fumée mais cela ne les empêchera pas de vous la raconter de vive voix pendant des heures s'il vous prenait soudainement l'idée de dire que vous aimez bien la série. Certains d'entre eux pourraient éventuellement sauter d'une falaise si Carlton Cuse et Damon Lindelof leur ordonnaient.
Autre série préférée : BATTLESTAR GALACTICA (pour la septième fois)

LES SKATERS, LES JATERS ET LES AUTRES
Les intrigues romantiques de la série sont la seule chose qui les intéressent. Pour eux, la seule théorie qui vaille sur LOST : Kate a fait se crasher l'avion uniquement dans le but de s'organiser son speed-dating personnel. Repartis en clan comme autant de sexualité déviante, ils se posent donc en défenseur d'un couple ou d'un autre. Outre les très répandus Skaters et Jaters, on peut également découvrir au détour d'un forum un peu glauque, les Suliets et les Jackets. Dans les tréfonds de l'interweb 2.0, il existe même certaines pratiques très en marges comme les Hurbys. A vous de trouver de quoi il s'agit. Je ne voudrais pas effrayer les âmes sensibles.
Autre série préférée : GREY'S ANATOMY

LES RETARDATAIRES
Ils viennent de changer leur écran à tube 36 cm pour un écran à tube 48 cm et viennent d'investir dans un lecteur DVD flambant neuf. Le phénomène LOST s'ouvre alors à eux, après avoir été alerté sur leur be-bop par leurs grands parents. Ces derniers leur ayant prêté l'intégrale en DVD, ils sentent donc naître en eux toute l'excitation de découvrir "enfin" la saison 2 tant attendue. Leur sujet de discussion préféré du moment : "Mais il y a quoi derrière cette fameuse trappe ?"
Autre série préférée : THE WIRE (Saison 1)

LES IRRÉGULIERS
Il y a ceux qui ont lâché après la saison 2, soit à cause du changement de programmation par TF1, soit à cause de l'apparente baisse de qualité, soit parce qu'ils en avaient ras-le-bol d'être baladé par des questionnements infinis et sans réponses. Cela ne les empêche pourtant pas de baver leurs insultes dès qu'ils en ont l'occasion. Et puis, il y a ceux, moins nombreux, qui ont lâché après la saison 4 ou pendant la saison 5 lorsque les voyages dans le temps ont commencé à faire leur apparition et les intrigues se sont mises à être bien trop complexes. Depuis, bien conscients que cette année est la der des ders, certains reviennent. J'ai juste envie de leur souhaiter Bon Courage !
Autre série préférée : LES EXPERTS (dans le désordre)

LES PAUMÉS FIDÈLES
Ils sont la majorité. Ils regardent chaque semaine avec la même ferveur qu'au premier jour. Ils s'intéressent à plus ou moins tous les personnages et jugent la série comme ce qu'elle est au fond : un très bon divertissement télévisuel. A force d'attendre un an le retour de chaque saison et de regarder deux à trois épisodes par semaine, ils ne comprennent pas tout lorsqu'une nouvelle saison commence mais c'est pas grave. Ils seront contents lorsqu'ils sauront enfin le fin mot de l'histoire mais, après quelques discussions entre amis sur Facebook la semaine suivante, ils seront passés à tout autre chose. Avouons-le, ils sont quand même un peu ennuyeux. C'est moi !
Autre série préférée : Plus ou moins toutes celles précédemment citées (et quelques autres).


Et vous, vous vous situez où ?


22 mars 2010

Like A Virgin

Je ne pensais pas écrire une telle chose dans ma vie. Vraiment. J'ai déjà rabâché plein de fois dans ces colonnes à quel point la chanson en Français, du rap à la pop en passant par la variet', me gonflait. Et je pense que, dans la communauté du "blogueur français", cela ne choquera personne. Je serais plutôt dans le consensuel en disant ça. L'inverse, au contraire, me ferait passer pour un rebelle. Ou pour un connard sans goût, suivant la véhémence et l'appetit du conflit de chacun. Mais il faut bien avouer que parfois je suis forcé de changer d'avis.

Je parlais ici de l'impossibilité pour les artistes nationaux de trouver l'équilibre entre crédibilité artistique et marketing de l'image, dès lors qu'ils chantaient en français. En bref, de sonner pop en français sans faire variet'. Et bien, il se peut qu'une artiste soit en passe de réaliser cet exploit. Et c'est un peu la dernière à laquelle je pensais pour le faire. Non que je ne l'aimais pas. J'étais juste assez indifférent.

Cette artiste, c'est Alizée. Ça fait déjà plusieurs mois qu'on sait qu'elle a collaboré avec le label Institubes et ses artistes maisons (dont les excellents Chateau Marmont) pour son nouvel album, "Un enfant du siècle". Tout le monde se doutait donc bien que l'ancienne "Lolita" voulait effectuer un tournant dans sa carrière et que l'electro-pop "branché" était son nouveau dada. Mais combien de chanteurs et chanteuses avant elle se sont entichés des producteurs hype du moment pour au final délivrer quelque chose d'approximatif et surtout de très très désincarné et opportuniste ? Les Anglo-saxons les premiers. D'autant qu'avec sa pop bubblegum un peu provocante d'hier (3 albums en dix ans), la starlette revient de loin. Son image est faite. Elle est cataloguée. Et il n'y a rien de plus difficile de sortir d'un catalogue en France.

Mais une chose est sûre : ce nouvel album d'Alizée est un petit miracle. En laissant faire ses producteurs, en arrêtant l'arrogance de vouloir composer soi-même ces titres, en se laissant sculpter comme toute pop-star qui se respecte, la jeune chanteuse est devenue quelqu'un d'autre. En écoutant cet album, en regardant le premier clip, Alizée est en train de passer de chanteuse un peu ringarde écoutée par la même base de fan depuis 10 ans à véritable icône pop à la française.

Et je voudrais insister sur le "à la française". A mon avis, cette transformation est en effet particulièrement réussie car elle garde toute sa spécificité française. Alizée ne se met pas à chanter en Anglais (même si certains refrains le sont). Elle ne cherche pas à copier des sons anglo-saxons à la mode. Au contraire, elle adopte une véritable esthétique pop "à la française", tant dans ses sons que dans l'imagerie qui l'accompagne. Lorsque vous voyez son clip, les images qui raisonnent en vous sont celles de tout un pan de french cinéma 70's, des VALSEUSES à EMMANUELLE. Quant à la bande son, elle vous replonge dans l'italo-disco mélancolique de nos jeunes années, celles qui nous inondait les oreilles de plaisir pendant les grandes vacances sur la Côte d'Azur. A ce titre, le dernier morceau de l'album "Mes Fantômes" a, sur moi, l'effet d'une Madeleine de Proust. Sa mélodie fait ainsi naître en moi une intense sensation de mélancolie et de nostalgie sur laquelle j'ai énormément de difficultés à mettre des mots.

Tout cela sans jamais éluder le kitsch nécessaire à ce genre d'ouvrage pop. Car si nos amis scandinaves, de Sally Shapiro à Cloetta Paris, ont dépouillé l'italo-disco de tout sa vulgarité bariolée, Alizée et ses producteurs n'oublient jamais que la "pop à la Française" se doit d'être légèrement grivoise et kitsch en plus de sa mélancolie. D'où des paroles parfois réellement abscons et des sonorités souvent à la frontière du bon goût. Mais c'est la raison pour laquelle ils visent juste. Ils ne sont jamais dans l'imitation et livrent une oeuvre véritablement originale et solide.

C'est pourquoi beaucoup seront décontenancés. Beaucoup l'accuseront de vouloir se la jouer "bobo hype" (ce qui ne veut rien dire, avouons-le). Beaucoup ne comprendront pas. Des nouvelles références musicales au nouveau style. Et puis beaucoup d'autres, comme moi, seront enthousiasmés, tomberont amoureux de cette nouvelle Alizée. Une nouvelle vraie popstar made in France que nous envieront peut-être un jour nos amis Anglo-Saxons comme ils nous enviaient autrefois Françoise Hardy. Et oui, rien de moins !

J'ai un peu de mal à appeler ça un come-back. Mais c'est une vraie découverte... En espérant qu'elle continue à explorer cette voie.




18 mars 2010

Made in oo's #3 : Le Top 10 des réalisateurs sans grade d'Hollywood

Parmi les réalisateurs qui travaillent au sein des studios d'Hollywood, on distingue quatre catégories.

Les premiers, ce sont les Rois du Monde. Forcément, les moins nombreux. Mais tout le monde les connaît. Forcément. Ce sont les Steven Spielberg, les James Cameron, les Peter Jackson. Ils font les films qu'ils veulent, avec l'argent qu'ils veulent, les acteurs qu'ils veulent et toute la coke et les putes qu'ils veulent.

Les deuxièmes, ce sont les Auteurs. Ils sont un peu plus nombreux mais pas trop quand même. On est à Hollywood. Faudrait pas exagérer non plus. Ce sont les Wes Anderson, les Paul Thomas Anderson et quelques autres qui ne s'appellent pas forcément Anderson. Ils écrivent leurs films, n'ont pas énormément d'argent mais s'en contentent et sont les rois des Festivals avant d'être ceux du Box-Office. Quant à la coke et les putes, c'est plus pour "l'expérience" que pour le "plaisir".

Les troisièmes, ce sont les "auteurs-faiseurs" qui, s'ils n'écrivent pas leurs films, ont assez de personnalités et de talent pour faire de leurs films des oeuvres à la fois reconnues par les plus exigeants des cinéphiles et le spectateur lambda qui se déplace juste pour se vider le cerveau. Ce sont les David Fincher, les Clint Eastwood, les Tim Burton ou les Martin Scorsese. Ils n'ont pas tout l'argent qu'ils veulent, ne font pas toujours ce qu'ils veulent mais le font quand même et sont souvent trop vieux pour la coke et les putes.

Et puis il y a la dernière catégorie, les plus nombreux, les "sans grade" qui réalisent des films "moyens" avec des acteurs "moyens" et de l'argent "moyen". Personne (ou presque) ne connaît leur nom. Ils réalisent des films d'horreur, des films d'action sans effets spéciaux, des comédies romantiques avec des actrices de séries télé, des teen movies avec la Lolita du moment et de temps en temps, après quelques succès d'estime, un blockbuster avec une énorme star qui prendra toute la place sur l'affiche. Ils font avec l'argent qu'on veut bien leur donner, ne font absolument pas ce qu'ils veulent et n'ont pas du tout le temps pour la coke et les putes. Trop occupé à se faire engueuler au téléphone par l'autre petit merdeux pré-pubère du service juridique qui, lui, a eu le droit à de la coke et des putes en guise de bonus.

Donc, comme ils n'ont pas une vie facile, voici les 10 meilleurs d'entre eux (à mon goût) de la décennie écoulée. C'est mon hommage personnel à ces artisans exploités au nom du divertissement global et mondialisé... J'espère ainsi que vous retiendrez enfin leur nom. Ce serait bien la moindre des choses !

1. Peter Berg
C'est comme acteur que débute Peter Berg au cinéma au milieu des années 80. Il a par exemple tenu le rôle principal de SHOCKER de Wes Craven en 1985 et celui du Dr Billy Konk dans les 6 saisons de la série médicale CHICAGO HOPE à la fin des années 90. Et s'il continue d'exercer fréquemment ce métier, c'est comme réalisateur qu'il fait tourner la tête des studios d'Hollywood. Révélé avec l'indépendant VERY BAD THING en 1998, il s'est depuis spécialisé dans le film d'action très esthétique avec un style ultra-nerveux caméra à l'épaule. De BIENVENUE DANS LA JUNGLE avec The Rock à FRIDAY NIGHT LIGHTS en passant par LE ROYAUME et HANCOCK, Peter Berg est le chaînon manquant entre Tony Scott, Oliver Stone et Michael Mann. Et aucune fausse note pour l'instant.

2. John Stockwell
John Stockwell aussi a débuté comme acteur. Mais son rôle le plus marquant reste celui du meilleur ami dans CHRISTINE de John Carpenter. Vous comprendrez donc que c'est lui aussi son métier de réalisateur qu'on retiendra. Un métier qu'il exerce avec une "ligne éditoriale" assez stricte. Car il a beau ne pas être scénariste de ses films, tous tournent plus ou moins autour d'une seule et même chose : les scènes aquatiques. De BLUE CRUSH à BLEU D'ENFER en passant par PARADISE LOST, tous ses films brillent par leurs incroyables scènes filmées sous l'eau. Mais, au-delà de l'efficacité narrative et visuelle de ses films, Stockwell a un petit truc en plus : une façon incroyable de rendre des personnages et des situations extrêmement réalistes malgré l'océan de clichés qui les entourent. Et c'est particulièrement vrai dans CRAZY BEAUTIFUL avec Kirsten Dunst (J'adore ce film !!!!).

3. Peyton Reed
Dans les années 90, c'est sur des séries et des émissions de télé que Peyton Reed s'est fait la main. Puis viendra le temps du cinéma avec le très fun et réussi AMERICAN GIRLS avec Kirsten Dunst. Mais rien de comparable avec les véritablement excellents BYE BYE LOVE, avec Ewan McGregor et Renée Zellweger, et YES MAN avec Jim Carrey et Zooey Deschanel. Excellant donc dans la comédie romantique, Reed a définitivement un oeil pour le craquant et le cute. Seul ombre au tableau : le cyniquement pas drôle LA RUPTURE.

4. F. Gary Gray
C'est dans le clip que s'illustre d'abord F. Gary Gray. Au milieu des années 90, c'est d'ailleurs un des réalisateurs les plus demandés par la scène Hip Hop west coast. On lui doit en effet les désormais classiques "Natural Born Killaz" de Dr Dre et Ice Cube, "It Was A Good Day" de Ice Cube ou "Fantastic Voyage" de Coolio. Normal donc que son premier film soit la très drôle comédie ghetto FRIDAY avec Ice Cube et Chris Tucker. Un des tous premiers réalisateurs afro-américain à travailler sur des grosses productions de studios, on lui doit ensuite de nombreux films d'action assez inégaux : des plutôt agréables NÉGOCIATEUR et BE COOL au très bon BRAQUAGE A L'ITALIENNE en passant par le franchement mauvais UN HOMME A PART avec Vin Diesel. Son dernier film en date, LAW ABIDING CITIZEN, avec Jamie Foxx et Gerard Butler, a l'air plutôt excellent, dans le genre...

5. Antoine Fuqua
Comme F. Gary Gray, il vient du clip Hip Hop. Le "Gangsta's Paradise" de Coolio, c'est lui par exemple. A une époque où les réalisateurs noirs n'avaient pas vraiment voix au chapitre à Hollywood, lui aussi s'est fait orienter dans l'action avec, dès 1998, UN TUEUR POUR CIBLE, le premier film américain de Chow Yun-Fat, et enchaînera avec le mauvais PIÉGÉ avec Jamie Foxx. Mais avec l'excellent TRAINING DAY sous le bras, Fuqua a pris du grade avec les plus mitigés grosses productions LE ROI ARTHUR, LES LARMES DU SOLEIL et SHOOTER. Pour la décennie à venir, sûrement bien conscient qu'il excelle dans les polar et le traitement de la vie du ghetto, il semble se diriger vers des projets plus personnels comme BROOKLYN'S FINEST et PABLO ESCOBAR.

6. Mark Waters
Auteur à la fin des années 90 du film indépendant cultissime THE HOUSE OF YES avec Parker Posey, Mark Waters a rejoint les gros studios depuis le début de la décennie en se faisant une spécialité des comédies romantiques et ados. Si FOLLES DE LUI est tout à fait oubliable, FREAKY FRIDAY et surtout LOLITA MALGRE MOI, les deux avec Lindsay Lohan, étaient purement excellentes, voire carrément démentielle pour la seconde. Quant à ET SI C'ÉTAIT VRAI et LES CHRONIQUES DE SPIDERWICK, certains n'aiment pas. Je les comprends mais ce n'est pas mon cas. Seule grosse ombre au tableau, son dernier film en date, HANTES PAR SES EX. Mais bon, la même année, il a produit 500 JOURS ENSEMBLE. Ça compense !

7. Shawn Levy
On a déjà vu traîné sa gueule de geek frisé dans quelques séries des années 90. Rappelez-vous Howard Banchek dans "Beverly Hills". Puis il a du se résoudre à passer à la réalisation, d'abord de séries B et téléfims que personne n'a jamais vu à part sa famille (et encore) puis à des productions familiales pour Hollywood. Et là, on y trouve du pas mal comme BIG FAT LIAR avec Frankie Muniz, POUR LE MEILLEUR ET POUR LE RIRE avec Ashton Kutcher et Britanny Murphy, du moyen comme TREIZE A LA DOUZAINE et LA PANTHERE ROSE et du vraiment bon comme LA NUIT AU MUSEE et sa suite. Bref, sa filmographie est inégale mais son timing comique est vraiment bon et, surtout, ses films respirent la simplicité des comédies à concept des années 80. En espérant qu'il confirmera cela avec DATE NIGHT qui réunit Tina Fey et Steve Carrell... Non, parce que ça a vraiment l'air excellent dans le genre!

8. David R. Ellis
Cascadeur depuis les années 70, David R. Ellis a travaillé sur SCARFACE, L'ARME FATALE ou LA FAMILLE ADDAMS avant de devenir réalisateur de seconde équipe sur quelques grosses productions hollywoodiennes comme WATERWORLD, HARRY POTTER ou MATRIX RELOADED. Mais depuis 2003, il prend également les reines de ses propres films avec un goût certain pour l'action qui tâche. Il est ainsi le réalisateur du meilleur épisode de la franchise DESTINATION FINALE (le 2, un modèle du genre!), du très bon petit thriller CELLULAR et de l'incontournable DES SERPENTS DANS L'AVION, tous les trois modèles de séries B ultra-efficaces à la fois prenantes, drôles et jouissives. Dommage que son DESTINATION FINALE 4 soit, au contraire, un des plus faibles de la série.

9. DJ Caruso
Réalisateur de seconde équipe pour John Badham dans les années 90, DJ Caruso est devenu le petit prince du thriller hollywoodien de la décennie écoulée. De l'excellent SALTON SEA avec Val Kilmer en passant par TAKING LIVES avec Angelina Jolie, PARANOIAK et L'OEIL DU MAL avec Shia LaBeouf, il a démontré une belle efficacité et un beau sens de l'esthétique du suspense. C'est jamais parfait mais c'est souvent beaucoup mieux que les autres productions du genre. Seule ombre au tableau : TWO FOR THE MONEY avec Al Pacino et Matthew McConaughey.

10. Robert Luketic
Grand spécialiste de la comédie romantique excentrique et colorée, c'est avec LA REVANCHE D'UNE BLONDE qu'il débute en 2001. Coup d'essai plutôt très réussi qu'il confirmera avec le peu vu mais tout à fait excellent RENDEZ-VOUS AVEC UNE STAR avec Kate Bosworth et Topher Grace. Et si ses réussites en comédies romantiques s'arrêtent là, compte tenu des désastres que sont SA MÈRE OU MOI avec J.Lo et L'ABOMINABLE VERITE avec Katherine Heigl, il faut bien avouer que son petit thriller LAS VEGAS 21 était plutôt très cool. Malheureusement, il devrait arrêter de travailler avec Katherine Heigl parce que son prochain KILLERS a l'air réellement dramatique et affligeant...


Et je voudrais faire un petit BIG UP à trois autres réalisateurs qui n'ont pas réussis à franchir la frontière des 10 mais qui auraient pu avec un peu plus de films sur leur CV : David Frankel, réalisateur élégant du DIABLE S'HABILLE EN PRADA et de MARLEY & MOI, David Dobkin, à qui l'on doit SERIAL NOCEURS et SHANGHAI KID 2 et pour finir l'espoir de la bande, Sylvain White qui a l'énorme mérite d'avoir réalisé le meilleur film de danse Hip Hop de la décennie, STEPPIN, et dont la mise en scène est assez époustouflante.

16 mars 2010

That's Entertainment, Folks !

Le succès de SHERLOCK HOLMES a donné des idées à Hollywood. Pour une fois, on ne va pas s'en plaindre. En même temps, quand je vais vous dire de quoi il retourne, il se peut que certains d'entre vous tombent de leur chaise. En tous les cas, ceux qui ont un diplôme (quelconque) en Histoire (le baccalauréat peut en faire partie). Pour les autres, amateurs d'explosions au ralenti, courses poursuites et autres combats dantesques entre des monstres de l'enfer et un alpha-mâle aux muscles suintants, l'annonce devrait vous plaire.

Dans un récent article du Hollywood Reporter, on peut en effet lire ceci : Warner Bros. has picked up a treatment titled "Leonardo da Vinci and the Soldiers of Forever". (...) The project re-imagines Leonardo Da Vinci as a member of a secret society who falls headlong into a supernatural adventure that pits the man against Biblical demons in a story involving secret codes, lost civilizations, hidden fortresses and fallen angels.

En gros, Leonardo, qui s'ennuie sévère avec sa Mona Lisa, va défoncer du démon !

Donc, voilà, on en est là. Hollywood a trouvé ses nouveaux super-héros. Déterrer les légendes de l'histoire (et ou de la littérature classique) et en faire des action man, sortes de GI JOE en costumes d'époques. Même si, dans la réalité historique des faits, ils sont plutôt les ancêtres de l'intello à grosses lunettes.

Mais franchement, qu'est-ce qu'on s'en fout ? La dernière (et unique) fois que l'Américain moyen a entendu parler de Leonardo, c'était dans un certain film de Scorsese. Quant à De Vinci, c'était dans la bouche de Tom Hanks. Alors, peu importe que LDV n'ait pas eu l'occasion d'inscrire action-hero dans son CV. Personne n'est parfait ! Peintre, sculpteur, architecte, musicien, scientifique, mathématicien, ingénieur, inventeur et botaniste, ce n'est pas franchement ce qu'il y a de plus fun dans le registre des métiers fun. Quelques mecs amateurs de gros cigares, de blondasses siliconées et d'UV ont donc bien le droit de refaire un peu l'histoire. Car après tout, That's Entertainment, folks !

Mais le célèbre barbu de la Renaissance n'est pas le seul dans la ligne de mire des studios. Warner Bros. envisage ainsi de confier au réalisateur de JE SUIS UNE LEGENDE et de CONSTANTINE un projet similaire impliquant cette fois Marco Polo. Au moins, lui, c'était un "vrai" aventurier. Mais compte tenu que le script est écrit par les types à qui l'on doit UNE JOURNEE A NEW YORK avec les soeurs Olsen, la route qui le verrait combattre des créatures de l'enfer anorexique n'est, semble-t-il, pas très loin... Et que penser de la version "thriller politique" de la vie de William Shakespeare par Roland "INDEPENDENCE DAY" Emmerich...

Alors, je vous le demande. A quand le retour de la vengeance de GANDHI qui, cette fois, n'est vraiment pas content ? GANDHI 2, LE RETOUR, ça s'appellerait ! Oups, ça existe déjà...


11 mars 2010

Merci de ne pas rire...

Le club des losers magnifiques du cinéma made in USA est un cercle relativement fermé mais qui tend à s'ouvrir ces derniers mois. C'est comme si le fantôme d'Ed Wood avait été libéré et qu'il avait consécutivement infiltré les corps et les esprits des ces mecs qui, une année après l'autre, livrent aux yeux du monde leurs chefs d'oeuvre. En effet, après Tommy Wiseau, Tucker Max et Troy Duffy, il faut que je vous présente James Nguyen, l'auteur du meilleur pire film de l'année.

Autoproclamé "Maître du Thriller Romantique", ce réalisateur est déjà l'auteur de trois films qui ont tous en commun d'avoir multiplié les #wtf sur Twitter avec leurs bandes-annonces effectivement très #wtf. Si on prend sa filmographie à rebours, tout commence en 2003 avec JULIE & JACK, l'histoire d'amour entre Jack, un vendeur de composants informatiques, et Julie, une programmeuse de logiciels. Il y a eu ensuite REPLICA en 2005, l'histoire d'amour entre Joe, un vendeur de composants informatiques, et Evelyn, une biogénéticienne. Et enfin, voici que sort BIRDEMIC : SHOCK & TERROR, son chef d'oeuvre, qui raconte l'histoire d'amour entre Rod, vendeur de composants informatiques, et Nathalie, une top model. (Question de confiance en soi !)

Car, oui, je vous le donne en mille, James Nguyen est vendeur de composants informatiques ! Et ouais. For Real. Mais c'est un vendeur de composants informatiques qui est aussi le "number 1 fan" d'Alfred Hicthcock. Son oeuvre n'aura été dédié qu'à cela : rendre hommage à son modèle et idole. Il a au moins cela en commun avec Brian De Palma. BIRDEMIC est ainsi aux OISEAUX ce que JULIE & JACK est à VERTIGO. Fascinant, n'est-ce pas ?

James Nguyen pourrait très bien n'être qu'un cinéaste amateur de plus, un de ces mecs qui font leur film dans leur coin, pour passer le temps, s'éclater le week-end et assouvir leur passion. Internet en est rempli et il y a des émissions de télé qui leur sont dédiés (Les Films faits à la maison). C'est marrant. C'est fait avec humour et passion. Les types s'amusent à faire tourner tata Janine en clone de Princesse Leia et tonton René en clone d'Indiana Jones et tout le monde est content. Éventuellement, ça fait rire quelques péquins perdus sur l'interweb 2.0 et ça s'arrête là.

Mais Monsieur Nguyen n'est pas de cette race. Monsieur Nguyen est un combattant. Monsieur Nguyen est très sérieux. Vraiment très sérieux. Par exemple, devant le refus systématique (et totalement inexpliqué) des distributeurs d'acheter son film, il s'embarqua pour le Festival de Sundance où il arpenta de longs en larges les rues de la station au volant de son van décoré d'oiseaux empaillés. Ouais. For real. Et un distributeur, il en a trouvé un. La société Severin Films, sentant à l'évidence le bon filon du film culte potentiel (à la THE ROOM), s'est engagé à distribuer le film.

Depuis, alors que les projections se multiplient et que de plus en plus de fans font leur "coming out", Monsieur Nguyen vit sur un petit nuage et profite de ses 15 minutes de gloire en multipliant les interviews et en répondant volontiers aux questions de journalistes souvent au bord du fou-rire involontaire. Lorsque celui de Vice lui demande si Yoko Ono l'a aidé à faire le film après avoir noté que de nombreux posters de son site Internet www.imaginepeace.com ornait les décors ou si il était seulement d'accord avec cette idée d'imaginer la paix, il a cette réponse extraordinaire : "Oui. Je suis d'accord avec cette idée. Je suis un grand fan de John Lennon et ma chanson préférée de John Lennon est "Imagine". J'adore cette chanson. C'est une partie du message de mon film. Le poster apparaît lorsque Mai et Rick sont allongés dans le film, en train de faire l'amour. C'est une référence au bed-in, quand John Lennon et Yoko Ono ont fait le bed-in pour la paix. Et quand vous les voyez mort, ou quand ils meurent, la musique est inspirée par la chanson "Imagine". Vous voyez, les aigles et les vautours attaquent une petite ville. Ils attaquent Rod et Nathalie. Ils attaquent des gens. Pourquoi n'y a-t-il pas la paix entre les aigles, les vautours et l'Homme ?"

La façon dont fonctionne le cerveau de Monsieur Nguyen est purement fantastique. Certains diront que la pratique du troisième degré nécessite une belle intelligence. Mais, lui, son niveau de premier degré relève du génie. Ou de la grosse blague et dans ce cas là, Jame Nguyen est le Orson Welles du LOL et moi le Stifler de la blogosphère. Le sérieux avec lequel il reçoit le cynisme du monde est assez ahurissant. Il semble vraiment croire à son talent et à la qualité de son film, même en étant conscient qu'il "n'a pas les moyens d'AVATAR" !

La tête de Monsieur Nguyen est bourrée à ras bord de fantasmes hollywoodiens qu'il prend pour la réalité. Et ça le rend terriblement charmant et passionnant, assez loin de l'arrogance que l'on attribue habituellement à ce genre de personnages. Dans sa tête, deux questions à David Lynch pendant une séance de dédicace deviennent "DIRECTOR JAMES NGUYEN MEETS DAVID LYNCH TO DISCUSS DIGITAL CINEMA" dans un communiqué de presse tout ce qu'il y a de plus hollywoodien qu'il publie sur son site web so 1995. Brillant ! Et à la limite, regardez tous ses "communiqués de presse". C'est fantastique.

Quant à ses projets pour le futur, James Nguyen prévoit de tourner une suite à BIRDEMIC mais cette fois en 3D. Forcément. C'est le futur. Il écrit également le scénario d'un film de science-fiction intitulé SPACE TOURISTS... Le cinéma a de beaux jours devant lui - même si pour le coup, je ne vois pas trop le rapport entre des touristes de l'espace et Alfred Hitchcock. Mais qui sait ? Qui aurait cru qu'il y avait un rapport entre un vendeur de composants informatiques et Alfred Hitchcock ?