31 décembre 2012

Quelques enseignements de 2012...


Même pour une star du porno, Nicki Minaj ne fait pas de la très bonne musique.

Il faudrait embaucher des secrétaires de rédaction dans les maisons de disque : "Aussitôt que le jour se lève Tu es dans ma tête, Tu hantes mes pensées, Je n'en sortirais pas inerte" - Colonel Reyel, 2012

Quand je me sens vieux, je me dis que Michael Fassbender n'a que vingt mois d'écart avec moi et qu'il fait quand même beaucoup plus vieux (voir Haywire, Prometheus). Et après, je me rappelle qu'il a un zizi beaucoup plus gros et je me sens... déprimé.

Si j'avais su qu'un paresseux pouvait faire cet effet aux filles comme Kirsten Bell, j'aurais arrêté de me faire chier depuis longtemps.

Parfois, refaire un duo, peu importe le niveau de culte, c'est pas une bonne idée (Voir John Travolta et Oliva Newton-John et voir Brandy et Monica)

Ne jamais faire confiance aux auteurs de séries : ils ne savent absolument pas ce qu'ils font (voir les révélations des auteurs de LOST)

Une idée de déguisement pour 2013 : se déguiser en Lindsay Lohan déguisée en Liz Taylor. (Voir Liz & Dick)

Jeremy Renner ressemble à Grumpy Cat

Sept albums en sept ans pour Rihanna. Et toujours pas de trace d'une quelconque personnalité.

Deux ans se sont écoulées entre le premier et le dernier single de Teenage Dream de Katy Perry. Comme pour Thriller de Michael Jackson. La marque des grands. Pendant ce temps là, Rihanna sort un album tous les ans...

En 1991, Last Action Hero avait mis fin au héros de films d'action des années 80. En 2012, Zoe Kazan a tué la Manic Pixie Dream Girl (voir Ruby Sparks).

Pas bon d'être une femme dans Skyfall : soit tu meurs comme une merde, soit tu deviens secrétaire.

Vu la qualité de ses personnages féminins, le prochain chef d'oeuvre d'Aaron Sorkin se déroulera probablement dans une prison de haute sécurité (voir The Newsroom).

Selena Gomez va pouvoir prendre modèle sur Anne Heche et se remettre à sortir avec des hommes.

Pour exprimer la tristesse, il y a d'autres moyens que les plans d'une tête pausée contre une vitre arrière de voiture pendant une nuit pluvieuse (voir la comédie romantique française)

Quelle bande d'enculés chez Disney : Kevin Smith annonce qu'il prend sa retraite de réalisateur et soudain une annonce d'un Star Wars 7.

Idée de scène pour un éventuel Wall Street 3 : Michael Douglas s'extasiant sur le Galaxy Note avec la réplique : "Ça me rappelle le bon temps !"

La logique et Kanye West, c'est pas vraiment ça ou comment filmer le clip de "Niggas in Paris"... à Los Angeles.

La drogue, c'est mal et ça tue (voir Whitney Houston)

La révolution des couples de stars : le couple quirky (voir Emma Stone et Andrew Garfield. Voir Jamie Bell et Evan Rachel Wood. Voir Jason Segel et Michelle Williams)

D'ailleurs, si Emma Stone et Andrew Garfield se séparent un jour, Hollywood arrêtera de produire des comédies romantiques. Ça ne servirait à rien : l'Amour aura disparu.

La pluie peut être un personnage à part entière (voir The Killing)

Si tu es noire et que tu veux remporter un Oscar du meilleur second rôle, mieux vaut jouer une bonne (voir Octavia Spencer, soixante-douze ans après Hattie McDaniel)

Jean Dujardin est un putain de veinard : il a fait la bise à Natalie Portman et danser avec Zooey Deschanel. Il a eu un Oscar aussi ? Ouais bof...

Malgré les abdos et la belle gueule, je n'aurais pas aimé être dans la peau de Taylor Kitsch cette année (voir Battleship, John Carter, Savages)

Si Taylor Kitsch et Julianne Hough (Burlesque, Rock of Ages, Footloose) faisaient un enfant ensemble, ils pourront l'appeler Pierre Richard. Le roi de la poisse.

Vieillir, c'est découvrir une photo de Alexa Vega comme ça, de se rappeler Spy Kids et se sentir toute chose... (Vieillir étant ici utilisé comme synonyme de "devenir un vieux dégueulasse")

Un jour, on se moquera des cheveux de Tom Hanks dans Cloud Atlas comme on se moque des cheveux de Nicolas Cage dans... toute sa filmo.

"Glad You Came". Les auteurs de chansons pour boys band sont des petits marrants.

Lana Del Rey était l'invité de American Idol, démontrant que des participants peuvent aussi coaché une invité.

Si l'on considère le nombre de direct-to-video dans lequel a joué Stephen Dorff en 2012, on doit pouvoir considérer que son prestigieux rôle chez Sofia Coppola en 2011 lui a été bénéfique.

Hunger Games : le nouveau nom de la fashion week.

Lonely Island a eu tellement de succès en 2011 que Justin Bieber s'est directement inspiré de leur méthode d'écriture pour son dernier album : "Tell me what you like yeah tell me what you don’t / I could be your Buzz Lightyear fly across the globe"

Les dimanches soirs du mois d'avril, journées mondiales du kiff télévisuel (voir Game of Thrones, The Killing, Mad Men, Girls)

Savoir interpréter les chansons de One Direction : "The way you flip your hair gets me overwhelmed" -> Je bande quand je te vois.

La mère de Nicki Minaj s'est faite électrocuter au moment de l'accouchement.

L'association mondiale des épileptiques a mis à prix la tête de Kanye West (voir l'intégrale de ses clips).

Pourquoi continuer à se moquer du jeu de Nicolas Cage alors qu'il y a celui de Johnny Depp ?

Jacques Audiard est un génie. Jacques Audiard aime Katy Perry. Alors, Katy Perry est un génie (voir De Rouille et d'os)

Channing Tatum a l'air d'un type sympa mais il est aussi inexpressif que la porte de ma salle de bain (voir Magic Mike, 21 Jump Street, The Vow et Haywire).

Au Paradis, la mode du moment est au come-back du disco (voir Robin Gibb et Donna Summer)

A chaque fois qu'un acteur avec de l'embonpoint devient une star (John Belushi, John Candy, John Goodman, Will Ferrell), la news de l'adaptation de La Conjuration des Imbéciles ressort. Cette année, Zack Galifianakis.

A priori, The Great Gatsby par Baz Luhrmann va être bien : il y a des fêtes et des gens qui dansent dedans. Damn you Australia !

Depuis qu'il a vu Les Rois du Patin, Kanye West a trouvé son mojo : "No one knows what it means but IT'S PROVOCATIVE" (voir le clip de No Church in the wild)

Azealia Banks est née en 1991 et copie sa musique sur la dance de 1991. Vivement que les rappeurs nés en 2011 copient David Guetta!

Le déclin de la civilisation se mesure au palmarès des MTV Movie Awards. 1992 : Terminator 2. 1993 : Menace II Society. 1994 : Des Hommes d'honneur. 1995 : Pulp Fiction. 1996 : Seven. 1997 : Scream... 2009 : Twilight 1. 2010 : Twilight 2. 2011 : Twilight 3. 2012 : Twilight 4.

Il ne faut pas rire des films de Jason Statham et des chansons de David Guetta. Ils ont des TOC et c'est une grave maladie dont il ne faut pas se moquer.

A Hollywood, le marketing est partout. Parmi les 116 plus grandes stars du studio Paramount, ils n'ont pas oublier de caser 10 membres du casting de Star Trek 2.

Shia La Beouf était tellement jaloux de la performance de Michael Fassbender dans Shame qu'il n'a trouvé qu'un clip de Sigur Ros pour aussi montrer son zizi en 2012.

Deuxième divorce de Johnny Depp, après son divorce avec la réalité en 1990.

Et puis, bientôt le mariage avec Tim Burton.

Le hacker qui a piraté le téléphone de Christina Aguilera et de Scarlett Johansson a été condamné à dix ans prison. A sa sortie, il pourra se consoler en se disant qu'il n'aura plus que dix ans à attendre pour la sortie de Detox de Dr Dre.

On peut vendre une série à Judd Apatow avec l'argument suivant : "Girls, c'est une série avec des filles de 13 ans (dans leur tête) qui se font éjaculer dessus"

Si Tom Cruise a été si rapide pour prononcer le divorce avec Katie Holmes, c'est qu'il ne savait sûrement pas comment lui expliquer que ce n'est pas elle qu'il voulait aller voir Magic Mike.

Idée pour faire de l'audience : créer un blog et traduire les posts de Buzzfeed. Ah pardon, tout le monde le fait déjà...

On ne peut pas faire confiance aux distributeurs français. Katy Perry - Part of Me n'est pas sorti en France.

Les scénaristes de séries télé vont chercher dans leur imagination pour créer des histoires. Kourtney Kardashian, elle, accouche.

Il semble que Kirsten Stewart veuille nous dire quelque chose avec ses boobs dans On The Road, son découchage et ses tenues bien sexe des tapis rouge de Twilight 5. Mais quoi ?

Il y a des gens qui veulent être des stars et d'autres qui le sont (voir tout le casting de Rock of Ages vs. Tom Cruise et Alec Baldwin)

J'ai pensé monter une secte en utilisant la bande-annonce de Cloud Atlas. Et puis, j'ai vu les chiffres du box-office américain et me suis dit que ce n'était pas une si bonne idée.

Sans la canicule estivale, je n'aurais jamais été voir Sexy Dance 4. Seul bon côté d'une canicule : meilleur film de la franchise !

Facebook est juste un immense champ de bataille sur lequel s'affronte les célibataires et les gens mariés pour déterminer lesquels ont la vie la plus satisfaisante.

Parfois, les vannes se font toutes seules. Pas besoin de gens pour les inventer (voir l'histoire d'amour entre Avril Lavigne et Chad Kroeger)

Parfois, les bêtisiers sont meilleurs que le film (voir Avengers)

Pour faire le Expendables au féminin, les producteurs devraient consulter la liste de toutes les ex de John Mayer.

L'engagement en 2012, ce n'est plus ce que c'était : Skyscraper de Demi Lovato, "meilleure vidéo engagée" aux MTV Video Music Awards

Frankenweenie, où un petit garçon ressuscite son chien, la métaphore de Tim Burton pour exorciser sa peur primale du jour où Johnny Depp mourra.

Il faut arrêter de rigoler avec les Chuck Norris Facts (voir Expandables 2).

Sofia Vergara, Christina Hendricks, Kate Dennings... La télé US est le reflet d'une société en crise qui a besoin de se rassurer... avec des gros seins!

Oliver Stone est aux films sur la violence du monde ce que Tim Burton est aux films gothiques. Un argument de vente bidon (voir Savages).

Régler ces comptes avec son père mort peut aussi se faire au cinéma (voir Cloclo)

Au registre des noms de bébés de stars, les plus fous ne sont pas là où on croit : Rosalind Arusha Arkadina Altalune Florence Thurman-Busson pour Uma Thurman vs. Noah Shannon pour Megan Fox

Une personne inconnue a mangé Axl Rose et elle chante et s'habille très mal.

Il suffit d'un nugget de poulet pour humilier une personne (voir Killer Joe)

Le masochisme à la française : encenser Calvin Harris et dénigrer David Guetta... alors qu'ils font exactement la même musique, le second étant même un modèle pour le premier.

Les Asiatiques, encore et toujours au centre de la moquerie occidentale (voir Gangnam Style)

TUMBLR aurait du s'appeler SPOILR.

La seule chose qui transparaît désormais du visage de Britney Spears, c'est la peur. Mais, au moins, elle, quelque chose transparaît. Channing Tatum et Kirsten Stewart ne peuvent pas en dire autant.

Et pour finir, le plus important de tous les enseignements, celui qu'il ne faut absolument pas que j'oublie pour 2013 : Parfois, dans la vie, il suffit de 20 secondes de courage et de folie (voir Nouveau Départ).


28 décembre 2012

130 chansons pop de 2012



On continue cette rétrospective annuelle avec les 130 chansons pop qui ont marqué mon année. Comme toujours, c'est assez varié : de la pop française, de l'eurodance, de l'italo-disco suédoise, de l'EDM putassière, de la K-pop, du mainstream, du pas du tout mainstream. Si vous écoutez régulièrement la playlist infinie, vous allez retrouver beaucoup de sons connus. Pour les autres, l'aventure musicale s'offre à vous.  Après avoir ravi vos papilles au réveillon, ravissez vos tympans au réveillon avec cette playlist qui démontre au moins une chose : le revival 80's, c'est complètement terminé. Les sons pop pour 2012 sont directement inspirés des 90's. Alors, faites plaisir à vos oreilles et abonnez-vous !

PS : Non, il n'y a pas Gangnam Style dedans. Vous pouvez me dire Merci.




26 décembre 2012

Les 'Entertainers' de l'année 2012

Commençons cette traditionnelle rétrospective annuelle par les entertainers de l'année. L'idée, comme tous les ans depuis 2008, c'est de faire un classement des 10 personnalités m'ayant fait le plus rire, pleurer, frisonner. En un mot : divertit. Par contre, ne comptez pas trouver ici les évidents (mais à mon goûts pas très intéressants) Channing Tatum, Joss Whedon, EL James ou Seth McFarlane.


1. Matthew McConaughey
Aux alentours de 2008-2009, Matthew McConaughey a presque complètement disparu. A cette époque, l'acteur était devenue une caricature dont on se moquait dans les talk-shows et sur Twitter. Même Matt Damon y allait de son imitation moqueuse. C'est dire ! En gros, c'était le mec qui, après quelques remarquables rôles à la fin des années 90, s'était un peu trop allé à son personnage de comédies romantiques bof, en enlevant un peu trop sa chemise (les abdos, tout ça). Puis, il est revenu. Il a laissé tomber les romcoms bof et a remis le couvert dans le ciné indépendant. Cinq films en 2012. Il y était extraordinaire à chaque fois. Un "scene stealer" comme disent les Américains. Bernie de Richard Linklater. Mud de Jeff Nichols. Paperboy de Lee Daniels. Killer "Suce mon Fried Chicken Nugget" Joe de William Friedkin. Magic Mike de Steven Soderbergh. Je ne sais pas si j'aurais cru la personne me disant que McCo serait mon entertainer préféré de 2012. Mais les faits sont là : drôle, émouvant, effrayant. Il est définitivement le GRAND acteur de composition de l'année. Et s'il n'a pas un Oscar pour un des films sus-mentionnés, c'est que les Oscars puent du cul.


2. Le cast de New Girl
Avant que la série démarre, à la fin de l'année 2011, on ne parlait que de Zooey Deschanel. Les premiers épisodes n'étant pas d'une qualité incroyable, les haters s'en sont donc donnés à coeur joie, me forçant à réagir. Puis le monde est entré dans 2012 et New Girl est devenue la meilleure série comique générationnelle à voir le jour depuis un certain 19 septembre 2005. Et ce, par le grâce de son casting.  Zooey bien sûr. Mais Jake Johnson aussi. Lamorne Morris également. Même Hannah Simone. Mais surtout Max Greenfield aka Schmidt. La scénariste Liz Merriweather a pris de l'assurance. Les épisodes sont devenus plus drôles, parfois incroyablement émouvants et New Girl, derrière le marketing adorkable et quirky, s'est imposée comme une série beaucoup plus ambitieuse qu'il n'y paraissait au début.


3. Joseph Gordon-Levitt
Lindsay Lohan et d'autres font parfois oublier qu'être un enfant star ne signifie pas forcément drogue, fête et autodestruction. La preuve avec Joseph Gordon-Levitt. Celui qui tourne depuis qu'il a sept ans a vu se concrétiser deux ans de travail en une seule année. Quatre films : The Dark Knight Rises d'abord, suivi de Premium Rush (son premier premier rôle dans une production hollywoodienne), suivi de Looper et enfin Lincoln (le 30 janvier 2013 en France). Impossible de passer à côté de JGL qui ne peut attirer que la sympathie, avec son air débonnaire, sa passion (son site HitRecord) et son irrésistible charme de boy next door. Et parfois, il fait ça...


4. Carly Rae Jepsen
Depuis que la pop music est pop music, elle n'a cessé d'aller vers plus de cynisme, avec des filles de plus en plus déshabillées, des mélodies de plus en plus putassières et des stratégies marketing de plus en plus racoleuses. Et si certains s'y retrouvent encore, beaucoup d'autres (dont moi, bien sûr) ne retrouvent plus grand chose d'intéressant dans la pop-music mainstream de cette nouvelle décennie (à part Katy Perry). C'est dans ce contexte qu'est apparue Carly Rae Jepsen et son entêtante mélodie : "Hey, I just met you, And this is crazy, But here's my number, So call me, maybe?" Pas de sous-textes racoleurs. Pas de rythmes débilitants. Pas de mini-shorts ras le mariage. Juste une petite chanson pop bien ficelée et un peu naïve, chantée par une jeune fille toute mignonne (mais pas débile) qui ne se serait pas fait connaître avec une sextape. Voilà ce qu'a apporté Carly Rae à 2012 : de la fraîcheur. Et comme une chanson n'aurait peut-être pas suffit à la faire figurer dans ce top, elle a aussi fait tout un album du même calibre.



5. Rebel Wilson
Révélée au grand public par Bridesmaids en 2011, l'australienne Rebel Wilson est ce qui est arrivé de mieux à la comédie en 2012. My Best Men, Bachelorette et Pitch Perfect (le 8 mai 2013 en France) n'étaient pas vraiment les plus grands films comiques de cette année mais Rebel, avec son ton pince-sans-rire et son bagout et son incroyable énergie étaient, sans nul doute, le meilleur de ces comédies moyennes (pour être gentil dans le cas de Bachelorette). Mais c'est surtout ses prestations dans les divers talk-shows et interviews qui en a fait une incroyable machine à rire. Mes préférés : avec Maude Apatow pour Hello Giggles, chez Jimmy Kimmel et chez Conan O'Brien.


6. Charlize Theron
J'avais un peu oublié Charlize Theron. Depuis 2008, elle avait un peu disparu. Et en 2012, on l'a vu dans Young Adult, dans Prometheus et dans Blanche-Neige et le Chasseur. Je me suis alors souvenu à quel point elle était une actrice incroyable. Certes, les rôles de méchantes garces lui ont un peu collés à la peau mais, il faut bien avouer, elle était parfaitement castée. D'autant que son humour et sa douceur en talk-show prouvent bien que c'était seulement de magnifiques rôles de composition.



7. Lena Dunham
C'est facile de détester Lena Dunham. Je comprends assez bien ceux qui n'arrivent pas à la voir en peinture. Son exhibitionnisme  Ses répliques définitives sur ses contemporains. Son égocentrisme. Mais je n'arrive pas à la détester. Pour une raison très simple : je l'admire énormément. J'admire qu'elle se soit construite (presque) toute seule. Premier film à mini-budget à 23 ans. Repérée à Sundance par Judd Apatow qui voit en elle le point de vue féminin de ses propres obsessions et donc première série à 25 ans. Elle écrit tout. Elle joue. Elle produit. Elle réalise. Et elle le fait avec brio. Lena Dunham est une artiste complète et le parfait miroir de son époque. D'où les réactions parfois extrêmes qu'elle provoque. Mais Girls est, me semble-t-il, le truc qui s'approche le plus de la psyché de la jeunesse de  cette nouvelle décennie, qui montre le mieux toutes ses contradictions, ses peurs, ses forces. Et je ne vois pas comment on ne pourrait pas admirer ça.


8. Anne Hathaway
Faut-il faire l'inventaire des tweets, messages, posts, articles annonçant l'apocalypse pour le 20 juillet 2012, le jour où on allait pouvoir constater les ravages de la catastrophe : Anne Hathaway serait Catwoman devant la caméra de Christopher Nolan pour The Dark Knight Rises et ça ne pouvait être qu'insoutenable. Après, c'est clair qu'entre 2008 et 2011, l'actrice n'a pas fait grand chose pour qu'on l'aime. Voyez Passengers, Bride Wars, Valentine's Day, Alice au Pays des Merveilles, Love & Other Drugs. Mais voilà, en ce qui me concerne, je me rappelais surtout de sa grâce naturelle dans Princess Diaries, de son humour dans Ella Enchanted, de son charisme magnétique dans Le Diable s'habille en Prada et surtout de son rôle bouleversant de junkie dans Rachel Getting Married. Anne Hathaway est une brillante actrice de composition et elle l'a brillamment démontrée aux haters dans The Dark Knight Rises. C'était la meilleure chose du film. Et il paraît que c'est la même chose avec Les Misérables (Le 13 février prochain en France). Et sinon, je voulais parler de ces cheveux courts qu'elle a arboré toute cette année. Parce que tout le monde me dit le contraire sur Twitter : oui, elle est absolument magnifique avec les cheveux courts !


9. Stephen Chbosky
Cet été, je suis parti voir Vanessa à Brighton, histoire de me reposer et décompresser. J'avais donc besoin de remplir mon Kindle. Je me suis alors dit que j'allais tenté les romans Young Adult en prenant conseils auprès d'une célèbre blogueuse rousse. Et j'ai commencé par The Perks of Being A Wallflower de Stephen Chbosky. Putain. J'ai eu un choc. Un des très rares chocs littéraires de ma vie. J'ai lu et vu beaucoup d'histoires sur l'adolescence. Mais aucune ne m'avait jamais semblé aussi réelle, aussi proche de ma propre adolescence, pourtant terminée depuis un petit moment. C'est pour ça que j'inclus Stephen Chbosky dans cette liste, pour ces émotions incroyables ressenties à la lecture de son roman. Mais pas seulement. Car ce livre est sorti en 1999. La raison principale de sa place ici, c'est qu'il a réalisé l'adaptation ciné cette année. Mais si je ne l'ai pas encore vu (elle sort le 2 janvier 2013), j'ai vu à peu près 142.395 fois la bande-annonce. Et j'ai les mêmes frissons qu'à la lecture du livre. A chaque fois.


10. Twitter & Blogs Friends
Depuis le milieu de l'année, je ne blogue plus beaucoup, faute de temps. Mais j'essaye toutefois de maintenir une certaine présence via mes articles pour Slate, via Twitter, via Tumblr et via la page Facebook du blog. Tous ces supports m'ont en effet permis de rencontrer des gens extraordinaires dont la plupart sont devenus mes (meilleurs) amis et donc 'entertainers' préférés. D'abord, la petite bande Virginie, Mélanie, Jonathan, Vanessa, Ariane, Aïcha, Maxime.  Ensuite, Magali An que je n'ai pas beaucoup vu en 2012 et que je compte bien voir plus souvent en 2013. Je vous aime tous très fort. Et en 2013, peut-être aurais-je la chance d'entendre plein de nouvelles histoires...




22 novembre 2012

Pour la réhabilitation d'Irene Cara



Quand j'étais en sixième, en cours de musique, on a passé l'année à apprendre et maîtriser la chanson What A Feeling d'Irene Cara à la flûte à bec. La prof de musique nous passait donc en boucle la chanson du film Flashdance. A l'époque, je la connaissais un peu. Je l'avais déjà entendu à la radio. Mais c'est vraiment cette année-là, en 1990, que j'ai vraiment fait connaissance avec la chanson. Pour le film, ça viendra plus tard : il n'est jamais beaucoup passé à la télé "à des heures raisonnables" compte tenu de son puissant pouvoir de suggestion érotique (la scène du restaurant, je veux dire, voilà quoi...).  J'adorais cette chanson. Au point de l'avoir entendu une bonne centaine de fois en cours de musique et ne jamais m'en être lassé. Au point de l'écouter toujours, 22 ans plus tard, avec toujours autant de plaisir.

Donc, pour moi, pendant très longtemps, Irene Cara, c'était cette chanson. Uniquement cette chanson. Et ça doit être le cas pour une très grande majorité. Alors, bien sûr, il y avait Fame aussi. Irene Cara y joue le rôle de Coco Hernandez, la danseuse au coeur tendre, et interprète la chanson-titre. Mais Irene Cara reste cette chanteuse de musiques de films qui n'a fait que deux tubes au début des années 80. C'est largement suffisant à se faire appeler un One-Hit Wonder et d'être associé à tous ces groupes/chanteurs/chanteuses d'un tube éphémère. Reprenez le Top 50 français, le Billboard américain ou le Top 40 anglais. Il faudrait des semaines, voire des mois, pour tous les comptabiliser.

Mais je suis retombé récemment sur le deuxième album d'Irene Cara (après un premier au succès moyen en 1982). Il est sorti en 1983 et porte le même nom que sa chanson emblématique : What A Feeling. Je le réécoute intensément depuis quelques jours. Chez moi. Dans le métro. Partout. Et j'ai redécouvert Irene Cara. J'ai redécouvert comment un One-Hit Wonder se fabrique malgré lui.

On associe toujours les One-Hit Wonder à des coups marketing. Et on a raison. La plupart du temps, ces tubes éphémères sont faits pour être éphémères. C'est leur raison d'être. Un producteur signe une chanteuse lambda, lui fait chanter des paroles abscons sur un rythme binaire et l'affaire est emballée. Le tout part en radio. C'est matraqué. Les ventes explosent. Puis tout le monde s'en lasse. La chanteuse retourne faire des frites au McDo. Le producteur en débauche une autre dans un club de strip-tease. C'est le cycle de la vie, comme on dirait dans Le Roi Lion.

Mais parfois, il y a des gens comme Irene Cara. Des talents incroyables. Elle est en effet diplômée de la Professional Children's School à Manhattan, un lycée pour l'enseignement de l'art et de la musique conçu sur le même modèle que LaGuardia High School qui inspira le film Fame. Elle sait danser. Elle sait chanter. Elle sait jouer la comédie. C'est le modèle américain. Broadway tout ça. Qu'on me cite des stars actuelles avec ce pédigrée ! Ils se comptent sur les doigts d'une main. Alors, on la voit à la télé dans la série cultissime sur l'esclavage Roots. On la voit sur les planches à Broadway. Puis au cinéma avec Fame. Elle devient une star. Une vraie.

Puis arrive Flashdance. La chanson-titre du film chantée par Irene Cara se classe n°1 du billboard américain, remporte un Oscar et un Golden Globe. C'est la troisième chanson la plus vendue de 1983 aux Etats-Unis. En France, la chanson est disque de platine et se vend à 1,4 millions d'exemplaires. Ouais Ouais. Des scores qui n'existaient que dans les années 80. Mais c'était bien là le problème : le succès est trop massif. Et l'album de Cara, qui sort plusieurs mois après la B.O du film, en est le dommage collatéral.

Le titre phare de l'album, tout le monde l'a déjà acheté en single ou l'a sur la B.O de Flashdance. Pourtant, c'est pas les singles qui manquent. D'ailleurs, tout l'album est rempli de singles : il est produit par Giorgio Moroder, le pape de l'euro-disco et ce mec, dans les années 80, c'était une machine à tubes, le David Guetta choucrouté, moustachu et italien. Après What A Feeling, il y a donc eu Why Me, Breakdance, You were made for me et surtout ma préférée The Dream (Hold On To Your Dream). 

Pourtant, après ce deuxième album, s'en était fini de la carrière d'Irene Cara dans la stratosphère pop. Et je trouve ça d'une tristesse...

Elle a bien eu quelques rôles au cinéma, sorti un troisième album en 1987. Mais ça reste une sortie par la petite porte. Et voilà comment se fabrique les One-Hit Wonders. Par un coup de malchance. Par un succès trop fort, trop immédiat. Par une stratégie marketing pas tout à fait au point.

Il nous reste alors ce clip génial et quirky de ma chanson préférée de cet album mésestimé : The Dream (Hold On To Your Dream). J'adore tellement ce passage à 0'50'' quand elle danse un peu bizarrement entre les taxis anglais ou cette courte scène à 1'52. C'est avec ce genre de chanteuses que j'ai commencé à aimer la pop music.

Voilà, c'était ma tentative de réhabilitation d'une chanteuse un peu oubliée et qui ne doit pas le rester.







17 octobre 2012

Beverly Hils, 1984


Anthony Hernandez a passé les années 70 et 80 à photographier les habitants de Los Angeles, sa ville natale. Vous savez à quel point j'adore cette ville. Du coup, je trouve totalement fascinant le regard naturaliste qu'il pose sur les Angelenos, qu'ils soient simples quidam prenant les transports en commun (série Public Transit Area) ou riches shoppers de Beverly Hills.

C'est cette série qui me fascine particulièrement. D'abord parce qu'elle se situe en 1984, quintessence de l'esthétique colorée et choucroutée des années 80. Ensuite parce qu'Hernandez avait une façon bien à lui de capturer ses sujets sur pellicule. Ainsi, il réglait à l'avance la mise au point et attendait que son sujet rentre dans sa zone de mise au point. Ce n'est qu'au dernier moment qu'il approchait l'appareil de son oeil pour prendre la photo. Résultat : ses sujets apparaissent souvent surpris, comme légèrement perturbés, comme s'ils venaient d'être surpris dans un moment privé...
















05 octobre 2012

Don't Give Up


Ca fait ultra longtemps que je n'ai pas posté et je m'en excuse. Entre le boulot à plein temps, l'écriture d'un roman, les articles pour Slate.fr et un projet dont je ne peux pas dévoiler grand chose pour l'instant, je n'arrive pas à trouver le temps. Ce n'est pourtant pas les idées qui manquent. Mon interface est rempli de brouillons. 103 exactement...

Alors en attendant, je vous invite à lire mes archives des années précédentes (ça fait six ans que je fais ce blog, il y a de quoi faire) et mes articles sur Slate.fr (ci-dessous) car j'ai appris, il y a pas longtemps, que pas mal d'entre vous, ne savaient pas que j'écrivais ailleurs...

Mais sachez, en tous les cas, que je ne vous abandonne pas...


Faut-il rester pour le générique de fin ?

Eddie Murphy est-il capable d'un retour réussi ?

Pourquoi John Carter peut devenir le pire bide de Disney

Les sitcoms doivent-elles devenir tristes ?

Le sexe est-il l'avenir des actrices de séries Disney ?

Tony Scott et moi. Et nous.

Que la force soit avec Star Wars VII



06 août 2012

Kristen Stewart : y perdre ou y gagner ?



J'ai tout lu. Vous avez tout lu sur l'affaire Kstew/RPatz, la séparation haute en couleur de Kristen Stewart et Robert Pattinson, le deux jeunes star de la saga Twilight. Depuis le premier volet sorti en 2008, Robsten est le sujet d'intenses conversations dans les cours de collèges, de lycées - et bien évidemment autour des machines à café. Les deux n'avaient jamais "déclaré" publiquement qu'ils étaient ensemble mais la presse people s'était chargée de le faire pour eux. Tout comme elle l'a fait pour leur rupture.

Depuis deux semaines, c'est donc la folie. Les faits : Kristen Stewart se fait choper par un paparazzi avec son réalisateur de Blanche Neige Et Le Chasseur; les photos ne sont pas ultra compromettantes (un peu de pelotage très soft) mais suffisantes pour forcer KStew à publier le jour même un communiqué de presse où elles s'excusent et fait son mea-culpa; Ruper Sanders a le double de son âge et surtout, c'est un homme marié avec deux enfants; KStew est coupable; la femme trompée ferme son compte Twitter qui, un mois auparavant, était plein de tweets exhibant bonheur et béatitude avec sa petite famille parfaite; Charlize Theron, à la fois amie de la trompée et de la trompeuse, réprimande la deuxième; Tout le monde donne son avis et tente de trouver une explication; Certains blâment Pattinson (et son amitié avec Emilie De Ravin); D'autres (la plupart) s'en prennent à Stewart. Et ce qui arriva arriva : RPatz quitte le domicile et la guerre pour la garde du chien est ouverte.

Bref, largement de quoi alimenter les unes des tabloïds en couvertures racoleuses pendant tout l'été.

Le feuilleton trouve même un nom : ce sera le Trampire. (Pour les non-anglophiles, Tramp = Une femme qui vole les  hommes des autres et plus généralement une salope). Opprobre sur Kristen. Briseuse de mariage et briseuse de rêves romantiques de millions d'adolescentes. Le monde entier s'en donne à coeur joie. La jeune actrice de 23 ans est devenue une pestiférée dont on se moque. Même Will Ferrell exprime sa rage et son désespoir. Il faut remonter au sein de Janet Jackson en direct live du Super Bowl pour retrouver un tel avilissement médiatique. Et la carrière de Janet ne s'en est jamais vraiment remise.

Mais le pire dans tout ça : KStew pourrait avoir rompu le charme Twilight. Car la relation des deux ex-amoureux n'a pas servi qu'à vendre du papier glacé bas-de-gamme. Elle a aussi (et surtout) servi à vendre des tickets de cinéma. Ce n'est plus un mystère : ils se sont rencontrés sur le plateau de la saga vampirique mormone (RPatz a dit qu'il avait accepté le rôle uniquement parce qu'il avait le béguin pour sa future partenaire qui, à l'époque sortait avec Michael Anganaro. Déjà.). C'est impossible à quantifier en nombre de billets verts récoltés mais il est indéniable que leur relation IRL a en grande partie jouée sur le succès commercial du film. Amoureux à l'écran. Amoureux dans la vie. L'identification du public ado est maximale, d'autant que le film se décline en quatre épisodes sur quatre ans. Et évidemment, les attachés de presse ne se sont pas gênés pour surfer sur cette relation.

Dans l'intimité de leur chambre, le coeur des adolescents (mais pas que) est en effet souvent persuadé que les acteurs sont les personnages qu'ils incarnent (les plus grandes stars de ce monde le sont parce qu'elles ont compris cela, de la sexuelle Marilyn au cool Will Smith en passant par le politisé George Clooney). Ça fait partie de la mystique de la star, de la légende artificiellement créée par Hollywood pour vendre des billets de cinéma. Kirsten Stewart EST Bella Swan. Robert Pattinson EST Edward Cullen. Twilight n'est pas qu'un film. C'est la réalité. En tous les cas, une forme de réalité. Une réalité parallèle qui n'existe que dans le coeur de millions d'adolescents.

KStew a donc commis le pire des pêchés mortels. Elle a brisé des millions de petits coeurs fragiles qui voulaient croire dur comme fer à l'amour éternel. La preuve.

Comment perdre des millions de fans et foutre sa carrière aux toilettes en quelques heures. Leçon 1.

Et c'est sans compter sur des coeurs beaucoup moins fragiles. Ceux des attachés de presse, producteurs, patrons de studios. Eux vont désormais bien en chier pour arriver à vendre à ces coeurs fragiles l'apothéose visuelle de l'amour éternelle entre Bella et Edward qui doit sortir en novembre prochain dans le monde entier. Terminé. Le charme Twilight est rompu. Kristen Stewart n'est plus Bella Swan.

Mais est-ce vraiment une si mauvaise chose pour l'actrice ?

Kristen Stewart n'a jamais fait grand chose pour qu'on l'aime. Ses apparitions médiatiques sont souvent froides, désincarnées. Timidité. Volonté de garder sa vie intérieure la plus privée possible. Difficile à dire. Mais quoi que ce soit, ces silences l'ont toujours faite passer pour arrogante. Elle n'a jamais voulu jouer le rôle de la célébrité et, dans le monde légué par Paris Hilton, cela passe mal. Too Cool For The Room. Ces dernières années, KStew ressemblait à un musicien de post-rock expérimental de Brooklyn forcé de participer à une tournée de reprises de Kesha dans le Midwest.

D'autant que la jeune actrice - en dehors de la saga vampirique mormone - n'est pas connue pour ses résultats au box-office, le saint-Graal hollywoodien d'une carrière de star réussie. Révélée à 12 ans par le Panic Room de David Fincher, elle a enchaînée ensuite les bides commerciaux de films hollywoodiens (Catch That Kid, Cold Creek ManorIn The Land Of Women, The Messengers) et des petits rôles dans des films indépendants (Undertow, Fierce PeopleInto The Wild...). C'est ces derniers qui lui valent d'être choisie par Catherine Hardwicke (Thirteen, Lords of Dogtown) pour le rôle principal de Twilight. Pas con. Moi-même, je l'ai toujours trouvé assez fascinante dans ces quelques films. C'est alors le rôle qui change tout. Le film devient un phénomène. Son actrice avec lui.

Mais le "phénomène Kristen Stewart" semble artificiellement gonflé par les milliards de dollars rapportés par les films pour adolescentes et surtout par les déclarations enflammées de ces petits coeurs fragiles adolescents qui confondent Kristen et Bella. KStew pourrait bien ressembler à une bulle. Adventureland ou The Runaways séduisent la critique mais restent très peu vus.  L'actrice n'attire pas les foules en dehors de son rôle fétiche. "Son public principal" se cantonne à des jeunes filles qui s'identifie à sa beauté pas franchement spectaculaire mais séductrice du beau ténébreux Robert Pattinson/Edward Cullen.

Quant au reste du public, il ne voit souvent en elle qu'une enfant gâtée au jeu monolithique.

C'est là qu'intervient LE scandale. Il y a quelques années, Courteney Cox jouait dans la série Dirt, du nom du tabloïd qu'elle dirigeait. De la saleté, c'est ce qui vient de se poser sur la carrière de KStew. Une saleté bien crade. Dans le genre, Brad Pitt qui trompait Jennifer Aniston avec Angelina Jolie sur le plateau de Mr  & Mrs Smith s'était de la gnognotte, à peine une petite tâche d'eau sur un t-shirt en coton.

Tout à fait ce dont avait besoin la carrière de l'actrice. Car pour elle, Twilight, c'est terminé. Le film est tourné. Le salaire versé. Il ne lui reste qu'une tournée promo à faire. Promo qu'elle s'empressera de tourner à son avantage pour vendre ses futurs projets et sa vie "post-Twilight". Du coup, ses "pêchés" pourraient bien tourner à son avantage : l'histoire d'amour avec RPatz commencée avec Twilight se termine aussi avec le dernier film de la franchise, forçant par la même occasion les "twihards" à se faire une raison. C'est la doctrine de l'électrochoc de Naomi Klein appliquée au people. Quant à Rupert Sanders, son âge, sa femme et ses deux enfants, c'est cette fameuse saleté dont tout bonne star a, un jour, besoin pour passer une étape, arrêter d'être cantonnée, cataloguée, étiquetée et, à terme, pour ne pas disparaître du radar.

Depuis qu'elle a accepté le rôle de Bella, Stewart s'est acharnée à montrer autre chose d'elle, à se détacher de son personnage d'ado niaise avec des rôles assez cul et trash dans des productions indé (On  The Road, The Runaways, Welcome To The Rileys). Et son prochain rôle dans Cali qu'elle produit et porte depuis plusieurs années va aussi dans ce sens avec son univers tournant autour du porno et des snuff movies. Mais peu de gens ont vu ces films. Alors une aventure avec un réalisateur deux fois plus âgé et de surcroît marié avec des enfants, ça aide à changer d'image, à sexualiser brusquement, auprès du grand public, une image de jeune fille prude. Ça aide à devenir une femme.

Attention, je ne suis pas en train de dire que toute cette affaire est un "complot" monté de toute pièce - même si clairement c'est une option plausible (les images volées assez soft et vraiment pas dissimulées, le communiqué de presse sorti en à peine 24h...).

Mais il se pourrait bien que ce que la presse people appelle aujourd'hui "la descente aux enfers de Kristen Stewart" soit en réalité "le tournant de la carrière de Kristen Stewart", un coup de poker pour changer la donne. Une erreur de débutante en surface. Un brillant tour de force en profondeur.

Only in Hollywood !


30 juillet 2012

La vérité sur Michael Bay




"Michael Bay was in film school with me. We had an assignment to do a video to anybody's song; most people used Tom Waits, something like that. But Michael Bay cut his reel to Berlin's "You Take My Breath Away." It moved his soul! It was SHIT, but it moved his soul! When people say he sold out, I say bullshit, because he's true to himself. When you see a Michael Bay film, you might say it's the biggest piece of shit, or the most brilliant and successful film, but you see HIM." - Tarsem Singh

Je viens de lire ça dans le livre I want my MTV : The Uncensored Story Of The Music Video Revolution et ça me semble parfaitement résumer Michael Bay et sa carrière. En gros, comme je le disais déjà en 2009, Michael Bay est un auteur. Ses films, comme ceux de Bergman, Fellini, Allen ou d'autres, sont à l'image de ce qui se passe dans sa tête et dans son coeur...

Un coeur rempli d'explosions, de filles en mini-short et de ralentis sur des corps qui suintent au soleil... Mais un coeur quand même !




26 juillet 2012

La normalité appliquée à la romcom


Ces dernière semaines, j'ai vu au cinéma deux comédies romantiques made in France. La première : Un Bonheur n'arrive jamais seul avec Gad Elmaleh et Sophie Marceau. La deuxième : Paris-Manhattan avec Alice Taglioni et Patrick Bruel. Avec les succès il y a deux ans de films comme L'Arnaqueur ou La Chance de Ma Vie, le genre est devenu très populaire ces derniers temps chez les producteurs de notre chère patrie. Je vais passer sur ce que je pense des films précédemment cités. Ce n'est pas le sujet. Je peux vous proposer toutefois d'aller faire un tour sur ce Top 10 des meilleurs romcom françaises des années 2000.

Le sujet ici, c'est un point commun qu'ont ces deux comédies romantiques estivales. C'est un truc qui n'a cessé de m'obséder, à la fois devant les bandes-annonces et devant les films eux-mêmes. Le sujet, c'est la Catégorie Socio-Professionnelle des amoureux. Que ce soit Gad Elmaleh et Sophie Marceau, Alice Taglioni et Patrick Bruel, tous sont des Parisiens aisés voire très très aisés. Ils habitent dans le 16e, le 4e, le 8e, sont propriétaires d'appartements somptueux, roulent en cabriolet vintage et ont des métiers qui, bien évidemment, leur permet ce train de vie... confortable. Les héros de comédies romantiques, en France, ces derniers temps sont chef d'entreprise, pharmacien, musicien de pub (être un vendu au grand capital, ça rapporte plus) ou carrément (ex)femme de milliardaire.

Tout est alors prétexte à montrer des héros un peu insouciants, qui font leur jogging dans le bois de Boulogne, qui vont chez le boucher acheter leur viande pour la semaine, fréquenter des vernissages d'art contemporain, faire des brunchs entre amis et autres activités que la facilité m'amènerait à qualifier de "bobo".

Quand je regarde ces films, je ne me reconnais pas. Je ne reconnais pas grand monde de mon entourage. Et, à priori, je ne pense pas que beaucoup des spectateurs qui auront été voir ces films au cinéma cet été s'y reconnaissent non plus. Même dans un des cinémas les plus "bobo" de France, le profil de mes co-spectateurs ne semblait pas vraiment correspondre au profil des gens sur l'écran.

Mais c'est pour faire rêver. Ah oui, c'est vrai que le cinéma doit vendre du rêve. Vraiment ? En 2012 ? L'année où la télé américaine sort Girls. L'année où le cinéma américain sort 5-Year Engagement. Le rêve, au cinéma, c'est tellement 1936. Ca fait un bon moment que le cinéma américain a compris que la comédie romantique n'est pas un truc de riches. Elle ne peut pas l'être.

Qu'est-ce qu'une bonne comédie romantique ? Super simple. Elle doit être drôle. C'est la base. Et elle doit être romantique, dans le sens où elle doit faire passer le sentiment amoureux. On doit pouvoir croire que les deux héros sont faits l'un pour l'autre. On doit surtout pouvoir croire que cela peut nous arriver à nous aussi, que l'Amour est au coin de la rue. Plus que dans n'importe quel genre au cinéma, la comédie romantique doit pouvoir permettre l'identification. C'est ESSENTIEL. Sans ça, c'est forcément raté.

Et je ne m'identifie pas à Gad Elmaleh qui partouse dans son loft de Montmartre après une virée en cabriolet vintage sur les Champs-Elysées. Je ne m'identifie pas à Alice Taglioni qui hérite de la Pharmacie familiale du Marais, à Sophie Marceau qui vit à grand frais avec les sous de son ex-mari milliardaire ou à Patrick Bruel qui signe des contrats juteux avec le Plaza Athénée. Je ne m'identifie pas. Je ne rêve pas. Les histoires d'amour des riches et des puissants, ça ne m'intéresse pas. Ils ont déjà tout. Leur offrir en plus une histoire d'amour en cinémascope : non merci.

Au contraire, les gens pauvres, et plus généralement les gens "normaux", font des amoureux bien plus intéressants. Car ils ont tout à gagner dans l'Amour. C'est Jerry Maguire qui tombe amoureux d'une secrétaire après avoir perdu job, petite-amie et clients. C'est un modeste employé de bureau qui tombe amoureux d'une prostituée dans The Apartment. C'est un policier de New York qui tombe amoureux d'une serveuse dans Milliardaire malgré lui.

Bien sûr, c'est un simple procédé scénaristique. Mais c'est un procédé efficace. Un procédé qui permet au public, ces gens "normaux", de rêver, de se dire que l'Amour est réel car il naît dans l'adversité, dans les pires situations. C'est la fleur qui éclôt au milieu du bitume et du béton.

Et c'est encore plus vrai en 2012. Quand le monde découvre que ces jeunes gens roulant en Porsche dans les rues de Paris ou de New York sont juste des enculés qui ont ruiné le monde, il me semble qu'il n'y ait rien de plus agréable que de retrouver des gens, des "vrais gens" capable d'offrir de l'amour parce qu'ils ne peuvent pas offrir autre chose. Retrouver la "normalité" des gens qui vont chez Ikea comme Tom et Summer (500 days of summer) ou des gens qui galèrent à trouver le lieu idéal pour s'installer comme Burt et Verona (Away We Go), des gens qui arpentent la ville dans un van pourri juste pour aller à un concert de rock comme Nick et Norah...

Il n'y a pas de message politique ou idéologique là-dedans. Je ne veux parler que de sentiments. Uniquement. Mais l'étalage de signes extérieurs de richesses dans les comédies romantiques, comme le cinéma français les envisage en ce moment, me semble d'un autre temps.

Même l'actu people ne va pas dans ce sens. Vous avez d'un côté les Brangelina ou les KimYe qui dégagent une certaine forme de glamour grâce à un étalage (presque indécent parfois) de richesses, mais n'inspire rien, excepté des vannes et des moqueries. Des couples de tabloid qui font vendre du papier pour vendre leur soupe. D'un autre côté, vous avez des couples comme Andrew Garfield et Emma Stone, Jason Segel et Michelle Williams. Aussi des couples de tabloid mais qui vendent du sentiment. Dans cette photo de paparazzi, il y a quoi d'autres, à part de la normalité, du sentiment et de l'Amour ? Et dans ce tweet de Jason Segel au moment de son premier date avec Michelle Williams ? Voilà une autre forme de célébrités, de celles qui vivent (ou, du moins, semblent vivre) dans la réalité du monde, dans sa normalité. Et c'est à la fois très mignon et très beau.

La comédie romantique, en 2012, peu importe sa nationalité, devrait pouvoir refléter cela. Malheureusement, ce n'est pas le cas en France. Ça l'a été quelque fois (Augustin Roi du Kung-Fu en 1999, Ma Vie en l'air en 2005 en sont de bons exemples) mais ce temps semble s'être évanoui dans les vapeurs d'un cigare...

Alors peut-être qu'en donnant leur chance à des réalisateurs et scénaristes qui n'ont pas eux-mêmes des appartements somptueux, qui n'ont pas de cabriolet vintage, qui ne vont pas bruncher tous les week-ends...
Peut-être qu'en donnant leur chance à des réalisateurs et scénaristes qui prennent les transports en commun, achètent leur meubles chez Ikéa et qui se démerdent comme ils peuvent avec ce qu'ils ont....
Peut-être qu'en faisant comme ces producteurs qui ont su donner leur chance à une stripteaseuse sur la foi d'un blog ou un employé de vidéo-club sur la foi d'une passion plus vivace que les autres...

Peut-être qu'ainsi la romcom "à la française" arrêtera de paraître aussi sclérosée...



(Ceci était un message - un peu - personnel - mais pas que. Que ce soit les miennes ou celles des autres, je voudrais juste voir des comédies romantiques de mon temps, pas d'un temps imaginaire coincé entre 1936 et 1955)