09 janvier 2013

Mes films préférés de 2012

Entre le mercredi 4 janvier 2012 et le mardi 1er janvier 2013, j'aurais vu 165 films dans une salle de cinéma, soit 22 de plus qu'en 2011 et dix de moins qu'en 2010. Bonne moyenne. Je garde le rythme. Qualitativement, après l'excellent cru de 2011, 2012 s'est plutôt bien défendu. Voici donc, comme tous les ans, une liste de mes films préférés de cette année, garantis sans (presque) tous les films que vous avez vu dans des tops ciné ces dernières semaines...

(Et avec une petite entorse à la tradition)


1. Like Crazy
Je suis censé mettre dans ce top uniquement les films vus en salles cette année. C'est la règle. Sauf que... J'ai du faire face à un dilemme, cette année. Le plus beau film. Le film le plus intense. Le film le plus riche en émotion vu cette année n'est pas sorti en salles. Il est sorti en VOD. Ce film, c'est donc Like Crazy. J'ai longuement hésité à l'inclure. Mais je ne pouvais faire autrement. Ce film me hante. Parce qu'il est tout simplement le film le plus vrai que j'ai jamais vu sur le sentiment amoureux au 21e siècle. Like Crazy n'est pas une histoire de passion, comme on n'en voit des milliers au cinéma à longueur d'années. Like Crazy parle de l'Amour, simple, quotidien, presque banal. Il parle de comment il naît, de comment il se développe, de comment il meurt (éventuellement). Like Crazy est un film de tendresse, d'humour, de bien-être, d'égoïsme, d'implacabilité. Juste un film sur la seule chose qui nous rapproche en tant qu'être humain .


2. Nouveau Départ
Il paraît que je ne suis pas impartial pour juger un film de Cameron Crowe, mon idole  mon maître, mon Dieu. Il paraît que, peu importe le résultat, j'aimerais un film DE Cameron Crowe. Franchement ? Peut-être. Je ne me rends peut-être pas compte. Et alors ? Je m'en fous, en fait. J'aime Nouveau Départ. Et je l'aime pour exactement les mêmes raisons que j'aime ses cinq films précédents : pour son irrépressible envie de croire dans la bonté des êtres humains, pour ses petites phrases qui résonnent longtemps, très longtemps dans un coin un peu paumé de ma tête faisant alors battre mon coeur un peu plus fort que d'habitude, pour  tous ces silences, ces regards, ces sourires, ces moments de tendresse en apesanteur, pour son absence de cynisme et, enfin, pour tout ce que le film dit sur son auteur, en l'occurrence, ici, son divorce et le deuil de son amour de presque trente ans.


3. Les Bêtes du Sud Sauvage
Il y a des choses que seul le cinéma est capable de vous offrir. Des images. Des sons. Des sensations qui vous sortent de votre quotidien. C'est ce genre de voyages que m'a offert Les Bêtes du Sud Sauvage. Je vais au cinéma pour ce genre de voyage, ceux qui me font apprécier la vie sur Terre, me permette de me sentir humain, vivant, d'appartenir à une grande communauté. Voilà un film qui, par son lyrisme, la puissance de son histoire, de son décor et de ses personnages, arrive à montrer la beauté du monde, la beauté des coeurs et des âmes. Un vrai film sur l'humanité.


4. Detachment
A force de voir des films au cinéma, j'ai souvent tendance à me faire une opinion avant même de les voir. L'expérience m'a appris à reconnaître ce qui se cache derrière une bande-annonce, une stratégie marketing, une programmation, un genre ou sous-genre. Les films "sur l'éducation" par exemple : difficile de se tromper. Tous sont faits plus ou moins de la même manière, de Esprits Rebelles à Half Nelson en passant par Stand & Deliver. Avec Detachment, c'est donc plus ou moins ce que j'allais voir. Raté. Detachment est un coup de poing dans le ventre, un film sans espoir, sans rédemption. Un film nihiliste qui étale sa tristesse et son désespoir pour mieux vous mettre K.O. Parce que Detachment n'apporte pas de solutions miracles, ne fait pas croire au professeur plein de bonnes volontés qui pourrait changer le destin de ses élèves. Detachment montre une (certaine) réalité, celle où le malheur reste malheur. C'est exténuant mais salvateur.


5. The Descendants
Ce que j'aime chez Alexander Payne, c'est son talent pour parler d'histoires et de gens ordinaires. C'est son talent à saisir les petites manies agaçantes, l'ironie de situations banales et, en même temps, les rendre extraordinaires par son humour, son regard décalé. Extraordinaire directeur d'acteurs, il donne corps aux grands et aux petits drames, aux grands et petit bonheurs, avec la même intensité. Alexander Payne fait ce qu'on appelle communément de la comédie dramatique : faire rire et pleurer en l'espace d'une seule et petite minute. Parce que c'est à ça que ressemble la vie, la vraie, celle des vrais gens : elle ressemble à des moments tristes, durs, drôles, tendres, bizarres, absurdes. Elle ressemble à tout ça. Et c'est à tous ces moments que ressemblent The Descendants.


6. The We & The I
Retrouver l'énergie, l'innocence, l'humour, l'émotion, la vérité du Breakfast Club. Beaucoup ont tenté. Peu ont réussi. Encore moins pour parler de l'adolescence du 21e siècle, celle de YouTube et des réseaux sociaux. Est-ce que c'était l'objectif de Michel Gondry avec The We & The I ? J'en sais rien. Et peu importe. Pourtant, le résultat est là. Comme John Hughes, il confine ses ados tous très différents dans un lieu clos et il observe. Il observe leur humour, leurs répartis, leurs vannes, leurs non-dits, leurs peurs, leurs drames, leur mélancolie. Et c'est un bonheur. Car vieillir, c'est souvent oublier cette jeunesse. The We & The I rappelle donc que l'adolescence d'aujourd'hui n'est pas tant différente de celle d'hier, que seuls les outils changent.


7. Tyrannosaur
L'alcoolisme. L'extrême violence. Le chômage. Il y a dans Tyrannosaur beaucoup de désespoir et une absence totale d'illusions. L’âpreté du paysage social montré dans le film est parfois insoutenable. Et pourtant. C'est la lumière qui arrive à naître dans le regard de ses personnages qui fait du film une incroyable leçon d'espoir. Tyrannosaur prend aux tripes. C'est viscéral. Je suis sorti de la salle épuisé, chamboulé, bouleversé mais la leçon d'humanité qu'offrent les immenses Peter Mullan et Olivia Colman est inestimable. Une grosse claque.



8. Elle s'appelle Ruby
Elle est une de mes obsessions. La manic pixie dream girl, ce personnage qui n'existerait qu'au cinéma, cet être malicieux capable de redonner goût à la vie et à l'amour au plus mélancolique et triste des garçons. Elle m'obsède parce que je crois à cet être. Je crois qu'il existe dans ma réalité, pas seulement dans celle des films que je regarde et re-regarde. Elle m'obsède, surtout, parce que, comme le dit Ruby Sparks, elle ne semble ne pouvoir exister qu'à travers le regard de ce garçon. Suis-je à ce point comme le personnage incarné par Paul Dano, cet écrivain donnant naissance pour de vrai, par la force de son imagination, à cette manic pixie dream girl, la fille de ses rêves ? Je veux croire que non. Mais je ne peux m'empêcher de me retrouver dans ce portrait. Voilà pourquoi j'aime Ruby Sparks. Parce qu'il me force à me regarder en face, à affronter des trucs que je n'ai pas forcément envie de voir.


9. Jusqu'à ce que la fin du monde nous sépare
Il y a quelque chose dans le regard de Steve Carell, une tendresse, une mélancolie qu'on ne retrouve chez presque aucun autre acteur. Même dans ses pures comédies, il est là, ce regard. Jusqu'à ce que la fin du monde nous sépare n'est pas de celle-là. Il y avait donc une possibilité pour que ce regard me tire quelques larmes, comme ça avait déjà été un peu le cas auparavant. Et en effet... Je n'ai pas résisté. Malgré le ton teinté d'un humour très efficace, c'est la profonde mélancolie du film qui a emporté mon coeur. Notamment parce que je ne m'y attendais pas. Jusqu'à ce que la fin du monde nous sépare est d'un romantisme imparable. C'est un road-movie, d'une tendresse infinie, sur l'amour, l'amitié et la frontière (parfois invisible) entre les deux. Encore une histoire de manic pixie dream girl d'ailleurs. Ou serait-ce une histoire de manic pixie dream boy ?


10. Comme des frères
J'ai une fâcheuse tendance à pester contre la comédie française (classique, romantique ou dramatique), sur son manque d'audace, sur son uniformisation à l'outrance, sur la faiblesse de ses scénarios et de ses personnages. Et parfois, il se produit des miracles, de véritables petites bulles d'air qui redonnent (un peu) confiance. Comme des frères est de ceux-là. Voilà un film d'un mec qui n'a pas oublié que la comédie dramatique n'est pas une affaire de quelques minutes d'émotion quinze minutes avant le générique de fin. Voilà un film d'un mec qui a vu Capra, Lubitsch, Wilder, L. Brooks, Crowe et Apatow. Voilà un mec qui a compris que la comédie dramatique, c'est arrivé à faire (vraiment) rire dix secondes après avoir fait pleurer. Et inversement. Comme des frères, c'est de l'audace, des idées, encore des idées et  une tendresse infinie pour ses personnages. Dans ces cas-là, j'ai juste envie de dire merci.




02 janvier 2013

Mes albums préférés de 2012

Quatrième épisode de la retrospective annuelle de 2012 avec mes albums préférés. Je pense que c'est la liste la plus variée que j'ai jamais faite sur ce blog. Il y en a vraiment pour (presque) tous les goûts et c'est garanti sans Alt-J, Frank Ocean, Kendrick Lamar (il était 11e), Tame Impala et autres trucs que vous avez vu à peu partout ailleurs. Je vieillis.



1. Beach House - Bloom
J'ai toujours bien aimé Beach House. Mais j'ai toujours trouvé un peu chiants leurs albums. Cette voix languissante, ces mélodies lentes et éthérées. C'était agréable le temps d'une chanson, très vite lassant sur la durée d'un album. D'autant qu'en trois disques, le groupe n'avait jamais réellement fait évoluer son son. Chose faite cette année avec Bloom. Des mélodies plus animées, plus vivantes, plus rondes mais toujours avec cette puissante dose de mélancolie et des sons plus variés, il ne manquait plus que cela à Beach House pour devenir mon nouveau groupe préféré de l'année. En prime, ma chanson numéro 1 de l'année : Myth. De la beauté à l'état pure. [Ecouter sur Spotify]


2. First Aid Kit - The Lion's Roar
Le génie des Suédois en matière de pop-music, je le connaissais. Un peu moins celui pour le folk et la country, domaine de prédilection des Américains et des Anglais. Les deux soeurs Johanna et Klara, respectivement âgées de 22 et 19 ans, viennent donc apporter une corde aux nombreux talents des Suédois en matière de musique. Et ça passe d'abord par la mélodie, comme souvent au pays de Robyn et d'Ikéa. Voir The Lion's Roar ou Emmylou, par exemple. Mais ça passe aussi par la parfaite harmonie des leurs voix. Il y a une magie dans la combinaison de ces deux voix qui fait résonner leurs chansons dans mon coeur et fait frissonner mon corps entier. [Ecouter sur Spotify]


3. Joey Badass - 1999
Il a 17 ans. 17 putain d'années. Joey Badass est un surdoué. Rappelant parfois Nas à ses tous débuts, le jeune MC de Brooklyn possède une maturité dans son art sur laquelle beaucoup de ses aînés pourraient prendre exemple. D'abord, parce qu'il écrit avec un tel brio que ses paroles paraissent presque irréels dans la bouche d'un mec à peine démoulé : "Since '95 momma been workin 9 to 5, And I know the landlord fed up with our lives, So we pray up to Gods, the Ja's and the Allah's, To keep us safe and watch our lives, 'Cause all we tryin' to do is do good". Ensuite parce que son flow est d'une maîtrise absolue - sachant qu'on parle ici d'une mixtape probablement enregistrée dans une chambre. Enfin, parce qu'il arrive à mixer un certain esprit purement old school (qu'il n'a évidemment pas connu) avec la fougue de sa jeunesse et je trouve ça assez jubilatoire. [Télécharger gratuitement]


4. Max Richter - Vivaldi - The Four Seasons Recomposed
Je n'y connais pas grand chose en musique classique. J'aime ça mais je n'ai pas la culture. Par contre, je m'intéresse énormément depuis quelques petites années à ce qu'on peut appeler le néo-classique : Philip Glass, Michael Nyman, Johann Johannsson et justement Max Richter. Là encore, j'ai encore beaucoup de lacunes (je suis venu à eux par la musique de films) mais, à chaque fois que je découvre un des ces albums, je tombe sous le charme. Ce fut le cas avec cette étrange et atypique "recomposition" du fameux concerto de violon de Vivaldi par Max Richter. Difficile à expliquer le processus créatif derrière ce mot "recomposition". Reste la musique : on retrouve des mélodies, des éléments de Vivaldi mais le tout est une oeuvre de Max Richter. Vous ne réécoutez pas pour la millième fois les Quatre Saisons. Vous écoutez une oeuvre de 2012 avec sa modernité. Et c'est d'une beauté à peine croyable. [Ecouter sur Spotify]


5. Emeli Sandé - Our Version of Events
On assimile trop souvent la pop-music à des jeunes filles en mini-short et à des DJ à vestes fluos. On laisse souvent de côté des gens comme Emili Sandé. Des gens qui font de la pop-music avec la force du désespoir, avec des mélodies puissantes mais pas neuneu, avec des voix à vous donner des frissons au plus profond de votre être. On pourrait dire d'Emili Sandé qu'elle fait du R&B, de la soul, qu'elle est l'héritière de Whitney, d'Aretha, d'Ella ou de je-ne-sais-qui-d'autres. Mais la jeune chanteuse est autant l'héritière de ces divas magnifiques que de Joni Mitchell ou de Tracy Chapman. Emili Sandé fait juste de la pop-music, de la musique pour tous, populaire, bien arrangée, bien écrite. Une musique dans laquelle tout le monde peut se retrouver et se retrouve, sans pour autant perdre des neurones dans l'aventure. Une musique qui inspire et transcende les genres. De la putain de bonne musique pop - ce qui commence à devenir sacrément rare de nos jours. [Ecouter sur Spotify]


6. Killer Mike - R.A.P. Music
Si on le compare à Joey Badass sus-mentionné, Killer Mike, avec ses 37 ans au compteur, est ce que l'on peut aisément appelé un "vétéran". La première fois que je l'ai entendu, c'est sur le Stankonia d'Outkast en 2000. Depuis, il a sorti cinq albums dans la quasi-indifférence, malgré des qualités évidentes d'écriture, des talents indéniables de MC et une hargne politique rarement observée dans le hip-hop sudiste. Du coup, l'alliance inédite avec El-P, le producteur de Brooklyn, pour R.A.P. Music résonne comme une petite révolution. J'ai immédiatement pensé à AmeriKKKa's Most Wanted, le classique de Ice Cube produit par le Bomb Squad de Public Enemy en 1990. La rencontre de deux mondes presque radicalement opposées, la conscience politique, la sensibilité moite du sudiste Mike avec les sons bruts, presque expérimentaux de El-P. [Ecouter sur Spotify]


7. Big Boi - Vicious Lies & Dangerous Rumors
Big Boi est toujours passé pour le frimeur dans Outkast, le duo qu'il a formé pendant plus de dix ans avec Andre 3000, l'excentrique. Big Boi était le rappeur classique comme on a tendance à le caricaturer, celui qui parlait de sexe crûment, celui avec les bijoux et les belles voitures, tandis que son comparse était celui qui portait les vêtements psychédéliques et parlait de trucs compréhensibles que par lui. Mais voilà, les deux rappeurs ont toujours été les premiers à évoluer, à créer les modes plutôt qu'à les copier. Et Big Boi, derrière le bling bling, était l'artisan de ces évolutions, comme il a pu le prouver avec son incroyable premier album solo en 2010 et, aujourd'hui, avec ce deuxième album. Fun, décomplexé, parfois pop, les sonorités font autant appel au rap sudiste le plus pur qu'à l'électro pop en passant par le rock indé. D'un bout à l'autre, c'est brillant. [Ecouter sur Spotify]


8. Sigur Ros - Valtari
Sigur Ros est un de mes cinq groupes préférés de tous les temps. Pourtant, à chaque sortie d'albums, je suis décontenancé. J'écoute. Je laisse tomber six mois. Je réécoute et je comprends enfin pourquoi je les aime tant. C'est bizarre. Ils sont les seuls à me faire ça. Le pire, je crois, c'était pour la sortie en 2008 de Með Suð Í Eyrum Við Spilum Endalaust. Les chansons de 3-4 minutes. Les mélodies pop. Moi qui aimait avant tout les grandes envolées de 8-10 minutes, les chansons épiques sans refrain. Mais je m'y suis fait. Comme je me suis fait au retour aux sources de Valtari, leur album le plus intimiste depuis Von en 1997. Presque dénué de percussions, Valtari fait penser à Riceboy Sleeps, la percée néo-classique et ambient de Jonsi en 2009. Fini la grandiloquence, les guitares saturées et la dramaturgie, Valtari est un album fragile, tendre, toujours aussi mélancolique mais calme et apaisant. [Ecouter sur Spotify]


9. Perfume Genius - Put Your Back N 2 It
Le jeune Perfume Genius, qui avait enregistré son premier album dans le sous-sol de la maison de sa mère, ne change pas beaucoup sa formule. Des chansons épurées et minimalistes autour d'une voix fragile et d'un piano ou de vagues de synthés.  Des chansons qui vous font ressentir l'hésitation, la peur, la fragilité de son auteur. Un album qui fait presque mal à écouter tant il y a de douleurs dans cette voix, dans ces arrangements, dans ces chansons très courtes, tellement courtes qu'elles paraissent inachevées. [Ecouter sur Spotify]



10. Imperial Teen - Feel The Sound
Voici un groupe qui n'avait rien sorti depuis plus de cinq ans, après quatre albums depuis 1996. Créé par le clavier de Faith No More et d'autres membres influents de la scène indie de San Francisco, Imperial Teen fait un rock épique qui sent bon l'adolescence, malgré l'âge pas mal avancé de ses membres. Les garçons et les filles chantent ensemble. Les mélodies sentent bon le soleil californien et le tout donne envie de partir en virée en décapotable. Délicieusement fun. [Ecouter sur Spotify]



31 décembre 2012

Quelques enseignements de 2012...


Même pour une star du porno, Nicki Minaj ne fait pas de la très bonne musique.

Il faudrait embaucher des secrétaires de rédaction dans les maisons de disque : "Aussitôt que le jour se lève Tu es dans ma tête, Tu hantes mes pensées, Je n'en sortirais pas inerte" - Colonel Reyel, 2012

Quand je me sens vieux, je me dis que Michael Fassbender n'a que vingt mois d'écart avec moi et qu'il fait quand même beaucoup plus vieux (voir Haywire, Prometheus). Et après, je me rappelle qu'il a un zizi beaucoup plus gros et je me sens... déprimé.

Si j'avais su qu'un paresseux pouvait faire cet effet aux filles comme Kirsten Bell, j'aurais arrêté de me faire chier depuis longtemps.

Parfois, refaire un duo, peu importe le niveau de culte, c'est pas une bonne idée (Voir John Travolta et Oliva Newton-John et voir Brandy et Monica)

Ne jamais faire confiance aux auteurs de séries : ils ne savent absolument pas ce qu'ils font (voir les révélations des auteurs de LOST)

Une idée de déguisement pour 2013 : se déguiser en Lindsay Lohan déguisée en Liz Taylor. (Voir Liz & Dick)

Jeremy Renner ressemble à Grumpy Cat

Sept albums en sept ans pour Rihanna. Et toujours pas de trace d'une quelconque personnalité.

Deux ans se sont écoulées entre le premier et le dernier single de Teenage Dream de Katy Perry. Comme pour Thriller de Michael Jackson. La marque des grands. Pendant ce temps là, Rihanna sort un album tous les ans...

En 1991, Last Action Hero avait mis fin au héros de films d'action des années 80. En 2012, Zoe Kazan a tué la Manic Pixie Dream Girl (voir Ruby Sparks).

Pas bon d'être une femme dans Skyfall : soit tu meurs comme une merde, soit tu deviens secrétaire.

Vu la qualité de ses personnages féminins, le prochain chef d'oeuvre d'Aaron Sorkin se déroulera probablement dans une prison de haute sécurité (voir The Newsroom).

Selena Gomez va pouvoir prendre modèle sur Anne Heche et se remettre à sortir avec des hommes.

Pour exprimer la tristesse, il y a d'autres moyens que les plans d'une tête pausée contre une vitre arrière de voiture pendant une nuit pluvieuse (voir la comédie romantique française)

Quelle bande d'enculés chez Disney : Kevin Smith annonce qu'il prend sa retraite de réalisateur et soudain une annonce d'un Star Wars 7.

Idée de scène pour un éventuel Wall Street 3 : Michael Douglas s'extasiant sur le Galaxy Note avec la réplique : "Ça me rappelle le bon temps !"

La logique et Kanye West, c'est pas vraiment ça ou comment filmer le clip de "Niggas in Paris"... à Los Angeles.

La drogue, c'est mal et ça tue (voir Whitney Houston)

La révolution des couples de stars : le couple quirky (voir Emma Stone et Andrew Garfield. Voir Jamie Bell et Evan Rachel Wood. Voir Jason Segel et Michelle Williams)

D'ailleurs, si Emma Stone et Andrew Garfield se séparent un jour, Hollywood arrêtera de produire des comédies romantiques. Ça ne servirait à rien : l'Amour aura disparu.

La pluie peut être un personnage à part entière (voir The Killing)

Si tu es noire et que tu veux remporter un Oscar du meilleur second rôle, mieux vaut jouer une bonne (voir Octavia Spencer, soixante-douze ans après Hattie McDaniel)

Jean Dujardin est un putain de veinard : il a fait la bise à Natalie Portman et danser avec Zooey Deschanel. Il a eu un Oscar aussi ? Ouais bof...

Malgré les abdos et la belle gueule, je n'aurais pas aimé être dans la peau de Taylor Kitsch cette année (voir Battleship, John Carter, Savages)

Si Taylor Kitsch et Julianne Hough (Burlesque, Rock of Ages, Footloose) faisaient un enfant ensemble, ils pourront l'appeler Pierre Richard. Le roi de la poisse.

Vieillir, c'est découvrir une photo de Alexa Vega comme ça, de se rappeler Spy Kids et se sentir toute chose... (Vieillir étant ici utilisé comme synonyme de "devenir un vieux dégueulasse")

Un jour, on se moquera des cheveux de Tom Hanks dans Cloud Atlas comme on se moque des cheveux de Nicolas Cage dans... toute sa filmo.

"Glad You Came". Les auteurs de chansons pour boys band sont des petits marrants.

Lana Del Rey était l'invité de American Idol, démontrant que des participants peuvent aussi coaché une invité.

Si l'on considère le nombre de direct-to-video dans lequel a joué Stephen Dorff en 2012, on doit pouvoir considérer que son prestigieux rôle chez Sofia Coppola en 2011 lui a été bénéfique.

Hunger Games : le nouveau nom de la fashion week.

Lonely Island a eu tellement de succès en 2011 que Justin Bieber s'est directement inspiré de leur méthode d'écriture pour son dernier album : "Tell me what you like yeah tell me what you don’t / I could be your Buzz Lightyear fly across the globe"

Les dimanches soirs du mois d'avril, journées mondiales du kiff télévisuel (voir Game of Thrones, The Killing, Mad Men, Girls)

Savoir interpréter les chansons de One Direction : "The way you flip your hair gets me overwhelmed" -> Je bande quand je te vois.

La mère de Nicki Minaj s'est faite électrocuter au moment de l'accouchement.

L'association mondiale des épileptiques a mis à prix la tête de Kanye West (voir l'intégrale de ses clips).

Pourquoi continuer à se moquer du jeu de Nicolas Cage alors qu'il y a celui de Johnny Depp ?

Jacques Audiard est un génie. Jacques Audiard aime Katy Perry. Alors, Katy Perry est un génie (voir De Rouille et d'os)

Channing Tatum a l'air d'un type sympa mais il est aussi inexpressif que la porte de ma salle de bain (voir Magic Mike, 21 Jump Street, The Vow et Haywire).

Au Paradis, la mode du moment est au come-back du disco (voir Robin Gibb et Donna Summer)

A chaque fois qu'un acteur avec de l'embonpoint devient une star (John Belushi, John Candy, John Goodman, Will Ferrell), la news de l'adaptation de La Conjuration des Imbéciles ressort. Cette année, Zack Galifianakis.

A priori, The Great Gatsby par Baz Luhrmann va être bien : il y a des fêtes et des gens qui dansent dedans. Damn you Australia !

Depuis qu'il a vu Les Rois du Patin, Kanye West a trouvé son mojo : "No one knows what it means but IT'S PROVOCATIVE" (voir le clip de No Church in the wild)

Azealia Banks est née en 1991 et copie sa musique sur la dance de 1991. Vivement que les rappeurs nés en 2011 copient David Guetta!

Le déclin de la civilisation se mesure au palmarès des MTV Movie Awards. 1992 : Terminator 2. 1993 : Menace II Society. 1994 : Des Hommes d'honneur. 1995 : Pulp Fiction. 1996 : Seven. 1997 : Scream... 2009 : Twilight 1. 2010 : Twilight 2. 2011 : Twilight 3. 2012 : Twilight 4.

Il ne faut pas rire des films de Jason Statham et des chansons de David Guetta. Ils ont des TOC et c'est une grave maladie dont il ne faut pas se moquer.

A Hollywood, le marketing est partout. Parmi les 116 plus grandes stars du studio Paramount, ils n'ont pas oublier de caser 10 membres du casting de Star Trek 2.

Shia La Beouf était tellement jaloux de la performance de Michael Fassbender dans Shame qu'il n'a trouvé qu'un clip de Sigur Ros pour aussi montrer son zizi en 2012.

Deuxième divorce de Johnny Depp, après son divorce avec la réalité en 1990.

Et puis, bientôt le mariage avec Tim Burton.

Le hacker qui a piraté le téléphone de Christina Aguilera et de Scarlett Johansson a été condamné à dix ans prison. A sa sortie, il pourra se consoler en se disant qu'il n'aura plus que dix ans à attendre pour la sortie de Detox de Dr Dre.

On peut vendre une série à Judd Apatow avec l'argument suivant : "Girls, c'est une série avec des filles de 13 ans (dans leur tête) qui se font éjaculer dessus"

Si Tom Cruise a été si rapide pour prononcer le divorce avec Katie Holmes, c'est qu'il ne savait sûrement pas comment lui expliquer que ce n'est pas elle qu'il voulait aller voir Magic Mike.

Idée pour faire de l'audience : créer un blog et traduire les posts de Buzzfeed. Ah pardon, tout le monde le fait déjà...

On ne peut pas faire confiance aux distributeurs français. Katy Perry - Part of Me n'est pas sorti en France.

Les scénaristes de séries télé vont chercher dans leur imagination pour créer des histoires. Kourtney Kardashian, elle, accouche.

Il semble que Kirsten Stewart veuille nous dire quelque chose avec ses boobs dans On The Road, son découchage et ses tenues bien sexe des tapis rouge de Twilight 5. Mais quoi ?

Il y a des gens qui veulent être des stars et d'autres qui le sont (voir tout le casting de Rock of Ages vs. Tom Cruise et Alec Baldwin)

J'ai pensé monter une secte en utilisant la bande-annonce de Cloud Atlas. Et puis, j'ai vu les chiffres du box-office américain et me suis dit que ce n'était pas une si bonne idée.

Sans la canicule estivale, je n'aurais jamais été voir Sexy Dance 4. Seul bon côté d'une canicule : meilleur film de la franchise !

Facebook est juste un immense champ de bataille sur lequel s'affronte les célibataires et les gens mariés pour déterminer lesquels ont la vie la plus satisfaisante.

Parfois, les vannes se font toutes seules. Pas besoin de gens pour les inventer (voir l'histoire d'amour entre Avril Lavigne et Chad Kroeger)

Parfois, les bêtisiers sont meilleurs que le film (voir Avengers)

Pour faire le Expendables au féminin, les producteurs devraient consulter la liste de toutes les ex de John Mayer.

L'engagement en 2012, ce n'est plus ce que c'était : Skyscraper de Demi Lovato, "meilleure vidéo engagée" aux MTV Video Music Awards

Frankenweenie, où un petit garçon ressuscite son chien, la métaphore de Tim Burton pour exorciser sa peur primale du jour où Johnny Depp mourra.

Il faut arrêter de rigoler avec les Chuck Norris Facts (voir Expandables 2).

Sofia Vergara, Christina Hendricks, Kate Dennings... La télé US est le reflet d'une société en crise qui a besoin de se rassurer... avec des gros seins!

Oliver Stone est aux films sur la violence du monde ce que Tim Burton est aux films gothiques. Un argument de vente bidon (voir Savages).

Régler ces comptes avec son père mort peut aussi se faire au cinéma (voir Cloclo)

Au registre des noms de bébés de stars, les plus fous ne sont pas là où on croit : Rosalind Arusha Arkadina Altalune Florence Thurman-Busson pour Uma Thurman vs. Noah Shannon pour Megan Fox

Une personne inconnue a mangé Axl Rose et elle chante et s'habille très mal.

Il suffit d'un nugget de poulet pour humilier une personne (voir Killer Joe)

Le masochisme à la française : encenser Calvin Harris et dénigrer David Guetta... alors qu'ils font exactement la même musique, le second étant même un modèle pour le premier.

Les Asiatiques, encore et toujours au centre de la moquerie occidentale (voir Gangnam Style)

TUMBLR aurait du s'appeler SPOILR.

La seule chose qui transparaît désormais du visage de Britney Spears, c'est la peur. Mais, au moins, elle, quelque chose transparaît. Channing Tatum et Kirsten Stewart ne peuvent pas en dire autant.

Et pour finir, le plus important de tous les enseignements, celui qu'il ne faut absolument pas que j'oublie pour 2013 : Parfois, dans la vie, il suffit de 20 secondes de courage et de folie (voir Nouveau Départ).


28 décembre 2012

130 chansons pop de 2012



On continue cette rétrospective annuelle avec les 130 chansons pop qui ont marqué mon année. Comme toujours, c'est assez varié : de la pop française, de l'eurodance, de l'italo-disco suédoise, de l'EDM putassière, de la K-pop, du mainstream, du pas du tout mainstream. Si vous écoutez régulièrement la playlist infinie, vous allez retrouver beaucoup de sons connus. Pour les autres, l'aventure musicale s'offre à vous.  Après avoir ravi vos papilles au réveillon, ravissez vos tympans au réveillon avec cette playlist qui démontre au moins une chose : le revival 80's, c'est complètement terminé. Les sons pop pour 2012 sont directement inspirés des 90's. Alors, faites plaisir à vos oreilles et abonnez-vous !

PS : Non, il n'y a pas Gangnam Style dedans. Vous pouvez me dire Merci.




26 décembre 2012

Les 'Entertainers' de l'année 2012

Commençons cette traditionnelle rétrospective annuelle par les entertainers de l'année. L'idée, comme tous les ans depuis 2008, c'est de faire un classement des 10 personnalités m'ayant fait le plus rire, pleurer, frisonner. En un mot : divertit. Par contre, ne comptez pas trouver ici les évidents (mais à mon goûts pas très intéressants) Channing Tatum, Joss Whedon, EL James ou Seth McFarlane.


1. Matthew McConaughey
Aux alentours de 2008-2009, Matthew McConaughey a presque complètement disparu. A cette époque, l'acteur était devenue une caricature dont on se moquait dans les talk-shows et sur Twitter. Même Matt Damon y allait de son imitation moqueuse. C'est dire ! En gros, c'était le mec qui, après quelques remarquables rôles à la fin des années 90, s'était un peu trop allé à son personnage de comédies romantiques bof, en enlevant un peu trop sa chemise (les abdos, tout ça). Puis, il est revenu. Il a laissé tomber les romcoms bof et a remis le couvert dans le ciné indépendant. Cinq films en 2012. Il y était extraordinaire à chaque fois. Un "scene stealer" comme disent les Américains. Bernie de Richard Linklater. Mud de Jeff Nichols. Paperboy de Lee Daniels. Killer "Suce mon Fried Chicken Nugget" Joe de William Friedkin. Magic Mike de Steven Soderbergh. Je ne sais pas si j'aurais cru la personne me disant que McCo serait mon entertainer préféré de 2012. Mais les faits sont là : drôle, émouvant, effrayant. Il est définitivement le GRAND acteur de composition de l'année. Et s'il n'a pas un Oscar pour un des films sus-mentionnés, c'est que les Oscars puent du cul.


2. Le cast de New Girl
Avant que la série démarre, à la fin de l'année 2011, on ne parlait que de Zooey Deschanel. Les premiers épisodes n'étant pas d'une qualité incroyable, les haters s'en sont donc donnés à coeur joie, me forçant à réagir. Puis le monde est entré dans 2012 et New Girl est devenue la meilleure série comique générationnelle à voir le jour depuis un certain 19 septembre 2005. Et ce, par le grâce de son casting.  Zooey bien sûr. Mais Jake Johnson aussi. Lamorne Morris également. Même Hannah Simone. Mais surtout Max Greenfield aka Schmidt. La scénariste Liz Merriweather a pris de l'assurance. Les épisodes sont devenus plus drôles, parfois incroyablement émouvants et New Girl, derrière le marketing adorkable et quirky, s'est imposée comme une série beaucoup plus ambitieuse qu'il n'y paraissait au début.


3. Joseph Gordon-Levitt
Lindsay Lohan et d'autres font parfois oublier qu'être un enfant star ne signifie pas forcément drogue, fête et autodestruction. La preuve avec Joseph Gordon-Levitt. Celui qui tourne depuis qu'il a sept ans a vu se concrétiser deux ans de travail en une seule année. Quatre films : The Dark Knight Rises d'abord, suivi de Premium Rush (son premier premier rôle dans une production hollywoodienne), suivi de Looper et enfin Lincoln (le 30 janvier 2013 en France). Impossible de passer à côté de JGL qui ne peut attirer que la sympathie, avec son air débonnaire, sa passion (son site HitRecord) et son irrésistible charme de boy next door. Et parfois, il fait ça...


4. Carly Rae Jepsen
Depuis que la pop music est pop music, elle n'a cessé d'aller vers plus de cynisme, avec des filles de plus en plus déshabillées, des mélodies de plus en plus putassières et des stratégies marketing de plus en plus racoleuses. Et si certains s'y retrouvent encore, beaucoup d'autres (dont moi, bien sûr) ne retrouvent plus grand chose d'intéressant dans la pop-music mainstream de cette nouvelle décennie (à part Katy Perry). C'est dans ce contexte qu'est apparue Carly Rae Jepsen et son entêtante mélodie : "Hey, I just met you, And this is crazy, But here's my number, So call me, maybe?" Pas de sous-textes racoleurs. Pas de rythmes débilitants. Pas de mini-shorts ras le mariage. Juste une petite chanson pop bien ficelée et un peu naïve, chantée par une jeune fille toute mignonne (mais pas débile) qui ne se serait pas fait connaître avec une sextape. Voilà ce qu'a apporté Carly Rae à 2012 : de la fraîcheur. Et comme une chanson n'aurait peut-être pas suffit à la faire figurer dans ce top, elle a aussi fait tout un album du même calibre.



5. Rebel Wilson
Révélée au grand public par Bridesmaids en 2011, l'australienne Rebel Wilson est ce qui est arrivé de mieux à la comédie en 2012. My Best Men, Bachelorette et Pitch Perfect (le 8 mai 2013 en France) n'étaient pas vraiment les plus grands films comiques de cette année mais Rebel, avec son ton pince-sans-rire et son bagout et son incroyable énergie étaient, sans nul doute, le meilleur de ces comédies moyennes (pour être gentil dans le cas de Bachelorette). Mais c'est surtout ses prestations dans les divers talk-shows et interviews qui en a fait une incroyable machine à rire. Mes préférés : avec Maude Apatow pour Hello Giggles, chez Jimmy Kimmel et chez Conan O'Brien.


6. Charlize Theron
J'avais un peu oublié Charlize Theron. Depuis 2008, elle avait un peu disparu. Et en 2012, on l'a vu dans Young Adult, dans Prometheus et dans Blanche-Neige et le Chasseur. Je me suis alors souvenu à quel point elle était une actrice incroyable. Certes, les rôles de méchantes garces lui ont un peu collés à la peau mais, il faut bien avouer, elle était parfaitement castée. D'autant que son humour et sa douceur en talk-show prouvent bien que c'était seulement de magnifiques rôles de composition.



7. Lena Dunham
C'est facile de détester Lena Dunham. Je comprends assez bien ceux qui n'arrivent pas à la voir en peinture. Son exhibitionnisme  Ses répliques définitives sur ses contemporains. Son égocentrisme. Mais je n'arrive pas à la détester. Pour une raison très simple : je l'admire énormément. J'admire qu'elle se soit construite (presque) toute seule. Premier film à mini-budget à 23 ans. Repérée à Sundance par Judd Apatow qui voit en elle le point de vue féminin de ses propres obsessions et donc première série à 25 ans. Elle écrit tout. Elle joue. Elle produit. Elle réalise. Et elle le fait avec brio. Lena Dunham est une artiste complète et le parfait miroir de son époque. D'où les réactions parfois extrêmes qu'elle provoque. Mais Girls est, me semble-t-il, le truc qui s'approche le plus de la psyché de la jeunesse de  cette nouvelle décennie, qui montre le mieux toutes ses contradictions, ses peurs, ses forces. Et je ne vois pas comment on ne pourrait pas admirer ça.


8. Anne Hathaway
Faut-il faire l'inventaire des tweets, messages, posts, articles annonçant l'apocalypse pour le 20 juillet 2012, le jour où on allait pouvoir constater les ravages de la catastrophe : Anne Hathaway serait Catwoman devant la caméra de Christopher Nolan pour The Dark Knight Rises et ça ne pouvait être qu'insoutenable. Après, c'est clair qu'entre 2008 et 2011, l'actrice n'a pas fait grand chose pour qu'on l'aime. Voyez Passengers, Bride Wars, Valentine's Day, Alice au Pays des Merveilles, Love & Other Drugs. Mais voilà, en ce qui me concerne, je me rappelais surtout de sa grâce naturelle dans Princess Diaries, de son humour dans Ella Enchanted, de son charisme magnétique dans Le Diable s'habille en Prada et surtout de son rôle bouleversant de junkie dans Rachel Getting Married. Anne Hathaway est une brillante actrice de composition et elle l'a brillamment démontrée aux haters dans The Dark Knight Rises. C'était la meilleure chose du film. Et il paraît que c'est la même chose avec Les Misérables (Le 13 février prochain en France). Et sinon, je voulais parler de ces cheveux courts qu'elle a arboré toute cette année. Parce que tout le monde me dit le contraire sur Twitter : oui, elle est absolument magnifique avec les cheveux courts !


9. Stephen Chbosky
Cet été, je suis parti voir Vanessa à Brighton, histoire de me reposer et décompresser. J'avais donc besoin de remplir mon Kindle. Je me suis alors dit que j'allais tenté les romans Young Adult en prenant conseils auprès d'une célèbre blogueuse rousse. Et j'ai commencé par The Perks of Being A Wallflower de Stephen Chbosky. Putain. J'ai eu un choc. Un des très rares chocs littéraires de ma vie. J'ai lu et vu beaucoup d'histoires sur l'adolescence. Mais aucune ne m'avait jamais semblé aussi réelle, aussi proche de ma propre adolescence, pourtant terminée depuis un petit moment. C'est pour ça que j'inclus Stephen Chbosky dans cette liste, pour ces émotions incroyables ressenties à la lecture de son roman. Mais pas seulement. Car ce livre est sorti en 1999. La raison principale de sa place ici, c'est qu'il a réalisé l'adaptation ciné cette année. Mais si je ne l'ai pas encore vu (elle sort le 2 janvier 2013), j'ai vu à peu près 142.395 fois la bande-annonce. Et j'ai les mêmes frissons qu'à la lecture du livre. A chaque fois.


10. Twitter & Blogs Friends
Depuis le milieu de l'année, je ne blogue plus beaucoup, faute de temps. Mais j'essaye toutefois de maintenir une certaine présence via mes articles pour Slate, via Twitter, via Tumblr et via la page Facebook du blog. Tous ces supports m'ont en effet permis de rencontrer des gens extraordinaires dont la plupart sont devenus mes (meilleurs) amis et donc 'entertainers' préférés. D'abord, la petite bande Virginie, Mélanie, Jonathan, Vanessa, Ariane, Aïcha, Maxime.  Ensuite, Magali An que je n'ai pas beaucoup vu en 2012 et que je compte bien voir plus souvent en 2013. Je vous aime tous très fort. Et en 2013, peut-être aurais-je la chance d'entendre plein de nouvelles histoires...




22 novembre 2012

Pour la réhabilitation d'Irene Cara



Quand j'étais en sixième, en cours de musique, on a passé l'année à apprendre et maîtriser la chanson What A Feeling d'Irene Cara à la flûte à bec. La prof de musique nous passait donc en boucle la chanson du film Flashdance. A l'époque, je la connaissais un peu. Je l'avais déjà entendu à la radio. Mais c'est vraiment cette année-là, en 1990, que j'ai vraiment fait connaissance avec la chanson. Pour le film, ça viendra plus tard : il n'est jamais beaucoup passé à la télé "à des heures raisonnables" compte tenu de son puissant pouvoir de suggestion érotique (la scène du restaurant, je veux dire, voilà quoi...).  J'adorais cette chanson. Au point de l'avoir entendu une bonne centaine de fois en cours de musique et ne jamais m'en être lassé. Au point de l'écouter toujours, 22 ans plus tard, avec toujours autant de plaisir.

Donc, pour moi, pendant très longtemps, Irene Cara, c'était cette chanson. Uniquement cette chanson. Et ça doit être le cas pour une très grande majorité. Alors, bien sûr, il y avait Fame aussi. Irene Cara y joue le rôle de Coco Hernandez, la danseuse au coeur tendre, et interprète la chanson-titre. Mais Irene Cara reste cette chanteuse de musiques de films qui n'a fait que deux tubes au début des années 80. C'est largement suffisant à se faire appeler un One-Hit Wonder et d'être associé à tous ces groupes/chanteurs/chanteuses d'un tube éphémère. Reprenez le Top 50 français, le Billboard américain ou le Top 40 anglais. Il faudrait des semaines, voire des mois, pour tous les comptabiliser.

Mais je suis retombé récemment sur le deuxième album d'Irene Cara (après un premier au succès moyen en 1982). Il est sorti en 1983 et porte le même nom que sa chanson emblématique : What A Feeling. Je le réécoute intensément depuis quelques jours. Chez moi. Dans le métro. Partout. Et j'ai redécouvert Irene Cara. J'ai redécouvert comment un One-Hit Wonder se fabrique malgré lui.

On associe toujours les One-Hit Wonder à des coups marketing. Et on a raison. La plupart du temps, ces tubes éphémères sont faits pour être éphémères. C'est leur raison d'être. Un producteur signe une chanteuse lambda, lui fait chanter des paroles abscons sur un rythme binaire et l'affaire est emballée. Le tout part en radio. C'est matraqué. Les ventes explosent. Puis tout le monde s'en lasse. La chanteuse retourne faire des frites au McDo. Le producteur en débauche une autre dans un club de strip-tease. C'est le cycle de la vie, comme on dirait dans Le Roi Lion.

Mais parfois, il y a des gens comme Irene Cara. Des talents incroyables. Elle est en effet diplômée de la Professional Children's School à Manhattan, un lycée pour l'enseignement de l'art et de la musique conçu sur le même modèle que LaGuardia High School qui inspira le film Fame. Elle sait danser. Elle sait chanter. Elle sait jouer la comédie. C'est le modèle américain. Broadway tout ça. Qu'on me cite des stars actuelles avec ce pédigrée ! Ils se comptent sur les doigts d'une main. Alors, on la voit à la télé dans la série cultissime sur l'esclavage Roots. On la voit sur les planches à Broadway. Puis au cinéma avec Fame. Elle devient une star. Une vraie.

Puis arrive Flashdance. La chanson-titre du film chantée par Irene Cara se classe n°1 du billboard américain, remporte un Oscar et un Golden Globe. C'est la troisième chanson la plus vendue de 1983 aux Etats-Unis. En France, la chanson est disque de platine et se vend à 1,4 millions d'exemplaires. Ouais Ouais. Des scores qui n'existaient que dans les années 80. Mais c'était bien là le problème : le succès est trop massif. Et l'album de Cara, qui sort plusieurs mois après la B.O du film, en est le dommage collatéral.

Le titre phare de l'album, tout le monde l'a déjà acheté en single ou l'a sur la B.O de Flashdance. Pourtant, c'est pas les singles qui manquent. D'ailleurs, tout l'album est rempli de singles : il est produit par Giorgio Moroder, le pape de l'euro-disco et ce mec, dans les années 80, c'était une machine à tubes, le David Guetta choucrouté, moustachu et italien. Après What A Feeling, il y a donc eu Why Me, Breakdance, You were made for me et surtout ma préférée The Dream (Hold On To Your Dream). 

Pourtant, après ce deuxième album, s'en était fini de la carrière d'Irene Cara dans la stratosphère pop. Et je trouve ça d'une tristesse...

Elle a bien eu quelques rôles au cinéma, sorti un troisième album en 1987. Mais ça reste une sortie par la petite porte. Et voilà comment se fabrique les One-Hit Wonders. Par un coup de malchance. Par un succès trop fort, trop immédiat. Par une stratégie marketing pas tout à fait au point.

Il nous reste alors ce clip génial et quirky de ma chanson préférée de cet album mésestimé : The Dream (Hold On To Your Dream). J'adore tellement ce passage à 0'50'' quand elle danse un peu bizarrement entre les taxis anglais ou cette courte scène à 1'52. C'est avec ce genre de chanteuses que j'ai commencé à aimer la pop music.

Voilà, c'était ma tentative de réhabilitation d'une chanteuse un peu oubliée et qui ne doit pas le rester.