28 décembre 2015

150 chansons pop de 2015



Contrairement aux années précédentes, en 2015, mes traditionnelles chansons pop ne comptent aucune grosse tête d'affiche du game pop, les Katy Perry, Madonna, Lady Gaga et autres Rihanna. Les poids lourds laissent leur place à des pop-stars plus réelles, plus normales et aussi sûrement beaucoup plus intéressantes, les Marina & The Diamonds, Carly Rae Jepsen, Foxes, Clairity, Shura et autres Annie. Et puis cette année, Giorgio Moroder est sortie de sa retraite avec grand fracas sur le dancefloor ! Alors il lui faut de la place au papy disco.

Les liens renvoient vers le clip de la chanson. Et bien sûr, vous pouvez écouter la playlist complète sur Spotify.

Chvrches - Playing Dead
Chvrches - Keep You On My Side
Closure - Creatures
Elin Bell - Over And Out (Claes Rosen Remix)
Ellie Goulding - Something In The Way You Move
Ellie Goulding - Love Me Like You Do
Galantis - Runaway (U & I) (Svidden & Jarly Remix)
Giorgio Moroder & Kelis - Back And Forth
Grimes - Kill V. Maim
Ji Nilsson - Perfume
Lana Del Rey - Salvatore
Say Lou Lou - Glitter
Selena Gomez - Me & The Rythm
The Shoes & Petite Noir - Lost In London

02 décembre 2015

La comédie romantique est-elle en train de faire sa révolution?



J'ai ENCORE écrit sur la comédie romantique. Les obsessions tout ça...

Par ailleurs, avis aux producteurs qui seraient tentés par VRAIMENT renouveler le genre, j'ai trois scénarios dans les tiroirs pour le faire. Merci de votre attention.




25 novembre 2015

Le court métrage viral est-il le sésame pour Hollywood?



J'ai écrit sur les courts-métrages viraux qui permettent à certains réalisateurs de se faire remarquer par Hollywood. On y parle de science-fiction, de Tim Burton, de Wes Anderson, de Pixels et du Labyrinthe.


26 octobre 2015

Aloha, Mr Cameron Crowe


Moi, quand on me dit que Cameron Crowe, mon réalisateur préféré, l'auteur de mon film préféré, va ressusciter un de ses vieux projets en remplaçant Ben Stiller par Bradley Cooper et Reese Witherspoon par Emma Stone, tout en ajoutant à ce casting Rachel McAdams, John Krasinski, Danny McBride, Alec Baldwin et Bill Murray, je saute au plafond. Ca devient instantanément la meilleure nouvelle du jour, voire de la semaine, voire du mois. Peu importe que le pitch inclue dans une même et improbable phrase, les mots "comédie romantique", "Hawaii", "militaire" et "conquête spatiale".

Alors, quand les premiers échos du naufrage, de la calamité du film sont apparus (après le Sony Leaks), je n'ai pas voulu y croire. Après tout, son sixième film, Elizabethtown s'était déjà fait descendre un peu partout et reste un film mal-aimé par "la majorité". Moi, au contraire, c'est un de mes films préférés de Cameron Crowe, un de ses plus personnels et sincères - même si on peut lui reprocher certaines choses (en particulier la "Manic Pixie Dream Girl" peu subtile jouée par Kristen Dunst). We Bought A Zoo, aussi, avait eu son lot de critiques pas tendres. Des critiques que je pouvais comprendre mais auxquelles je ne me suis pas du tout identifié.

Cameron Crowe est un scénariste-réalisateur qui a connu les Oscars. Il a été, dans la deuxième partie des années 90, considéré comme un auteur américain qui compte, du calibre des James L. Brooks, Woody Allen, Mike Nichols, Hal Ashby ou Billy Wilder. Il a été un auteur capable de rendre prestigieuses et "oscarisables" des comédies et comédies romantiques.

Mais ça, c'était avant Elizabethtown. S'il était encore un auteur capable d'attirer des acteurs prestigieux (Matt Damon dira qu'il a accepté We Bought A Zoo, malgré l'étrangeté du concept et les moqueries de ses collègues acteur, uniquement pour Cameron Crowe), Aloha le place dans une situation assez similaire à celle de M.Night Shyamalan ou Francis For Coppola, des gens qui ont réalisé des grands films mais qui auraient atteint leur date de péremption.

Franchement, la période qui a suivi la sortie américaine, le déchaînement des critiques, les chiffres rachitiques du box-office, la polémique de "white-washing", ont été un crève-coeur.

Mais Aloha est enfin visible "légalement" en France (sur Netflix), après une sortie en salles annulée après la cata de la sortie américaine. Je pouvais enfin me faire une idée.

Le film serait-il le désastre annoncé par la critique américaine ? Me laisserais-je aveugler par mon amour comme je me laisse trop souvent aveuglé par les filles qui font battre mon coeur ? Faudrait-il que je me résous à mettre un peu d'eau dans mon vin pour tout ce qui concerne mon culte personnel à Cameron Crowe ? Ou faudrait-il carrément que je brûle mes DVD de Jerry Maguire, Say Anything, Almost Famous, Fast Times At Ridgemont High, Vanilla Sky et Elizabethtown ?

Ca faisait déjà longtemps que la "polémique" sur le personne d'Emma Stone m'énervait. Selon certains, l'actrice n'avait aucune légitimité à jouer un personnage "1/4 hawaiien". Si le "white-washing" est bel et bien réalité et une plaie qui ronge Hollywood, c'est impossible d'accuser Cameron Crowe sur ce point pour la simple et bonne raison "qu'être 1/4 d'une origine quelconque" n'implique absolument pas que ça se voit sur votre visage (par exemple, saviez-vous que Chad Michael Murray et Dean Cain sont 1/4 japonais, que Keanu Reeves et Ne-Yo sont 1/4 chinois, que Rob Schneider est 1/4 philippin et que Mark Paul Gossellaar est 1/4 indonésien ?). Du coup, aurait-il fallu trouver une actrice 1/4 hawaiienne pour le rôle de Allison Ng par ailleurs basé sur une jeune femme bien réelle, elle aussi rousse, elle aussi 1/4 hawaiienne ? Absurde.

Ca l'est d'autant plus que cette particularité (ne pas avoir de traits asiatiques) est une partie intégrante du personnage, elle qui ne cesse de parler de ses racines pour combler l'absence de repères physiques. C'est cette particularité qui rend le personnage si touchant, une héroïne si parfaitement "crowiennne", digne héritière de Diane Court (Ione Skye dans Say Anything), Janet Livermore (Bridget Fonda dans Singles), Penny Lane (Kate Hudson dans Almost Famous) et Dorothy Boyd (Renée Zellweger dans Jerry Maguire), à la fois si profondément indépendante et si intimement fragile.

J'aime Emma Stone depuis Superbad en 2007 et l'adore depuis House Bunny en 2008. Et elle n'a jamais été meilleure que dans Aloha. Jamais elle n'a été aussi subtile. Dommage que ce ne soit pas LE rôle que l'histoire retiendra d'elle.

Reste le film. Pas besoin d'avoir un doctorat en dramaturgie pour se rendre compte qu'il a un sérieux problème. Dans la première partie, c'est quasi-indétectable. Mais à un peu plus de la moitié du film, il y a comme un malaise. Les scènes s'enchaînent s'en qu'on comprenne ce qui s'y passe réellement, des sous-intrigues sont résolues sans qu'on ait vraiment compris où elles avaient commencé, d'autres ne le sont même pas du tout, des conflits éclatent sans qu'on sache vraiment pourquoi. Bref, c'est un beau bordel !

Il faut se rendre compte que Cameron Crowe n'est pas un scénariste lambda. La première fois qu'il a écrit un film, ce film est devenu le premier teen-movie de l'ère moderne, un film révolutionnaire qui en a influencé des centaines d'autres après lui, du Breakfast Club à American Pie. Dans ses toilettes ou sur sa cheminée prône par ailleurs l'Oscar du meilleur scénario pour Almost Famous et une nomination pour Jerry Maguire. Si une telle personne n'est pas capable de structurer correctement un scénario, qui l'est ?

Bref, Aloha respire le film massacré au montage, découpé à la machette, par un studio sans vergogne. Ce ne serait pas une nouveauté. Sergio Leone s'est vu couper 2h10 de sa version "idéale" de Il Etait Une Fois En Amérique. Terry Gilliam s'est vu amputer 48 minutes de son Brazil. Billy Bob Thornton s'est vu supprimé 2h04 de son ambitieuse adaptation du All The Pretty Horses de Cormac McCarthy. Michael Cimino a dû sacrifier 1h10 de ses Portes du Paradis.

Et ce n'a jamais été une surprise de constater que les versions du réalisateur (quand elles ont été rendu visibles) étaient toujours meilleures que celles charcutées par les studios.

Le fait de voir dans la bande-annonce d'Aloha des scènes qui ne sont pas dans le film permet de confirmer en partie cette théorie du charcutage. A savoir si la version "director's cut" sera un jour disponible, c'est la grande inconnue. Il a fallu presque 30 ans pour voir les versions de Il Etait Une Fois En Amérique et Les Portes du Paradis voulues par leurs auteurs. Quant à All The Pretty Horses, quinze ans plus tard, on a jamais vu le drame sombre et austère voulu par Thornton : il faut se contenter du mélo voulu par le studio. Quand un film est à ce point vilipendé lors de sa sortie, un studio n'a aucune raison, à court ou moyen terme, de sortir une version "director's cut". Aucune. Ce serait perdre la face, avouer son tort.

Je veux bien croire que le film, avant d'être charcuté, était thématiquement complexe. Après tout, on parle d'un militaire blessé en Afghanistan qui revient à Hawaii pour convaincre les indépendantistes de prêter leur terre afin de lancer un satellite de communication avec l'aide des militaires et qui finit par tomber amoureux d'une pilote de chasse tout en créant de la tension dans le couple de son ex-amour de jeunesse. Bref, Cameron Crowe ne fait pas dans la simplicité. Militarisme, capitalisme, idéalisme, recherche des racines, il y a beaucoup de choses dans Aloha.

Mais Cameron Crowe n'a jamais réellement fait dans la simplicité. Et ça s'est toujours ressenti dans la durée de ses films : Jerry Maguire faisait 2h19, Almost Famous 2h02 (et 2H42 dans sa version longue), Vanilla Sky 2h16, Elizabethtown 2h03 et même un film au concept aussi simple que We Bought A Zoo durait 2h04.

Cameron Crowe fait un cinéma de personnages. Et ça prend du temps de développer des personnages auxquels on peut s'identifier. Quel auteur aujourd'hui à Hollywood fait des films "adultes" centrés sur ses personnages de plus de 2h ? Plus personne. Car Hollywood n'aime plus ça (Sur le sujet, vous pouvez lire l'excellent essai du réalisateur Alex Ross Perry sur Cameron Crowe et le film). Et c'est ça qui a (probablement) gêné les boss de Sony/Columbia : hors biopic, ils ne savent plus vendre et appréhender un film d'auteur de plus de 2h sans scènes d'action, en particulier avec un pitch à priori aussi abstrait.

Aloha, lui, (dans sa version disponible sur Netflix) ne fait que 1h45. La durée la plus batarde possible. Une durée bien trop courte pour traiter correctement l'ensemble des thèmes et des personnages de Aloha.

Un traitement d'autant plus dommage que la scène finale du film, malgré toutes les coupes, est une des plus belles scènes de fin que j'ai jamais vu. Vraiment. Tout en silence, elle permet de rappeler que la communication ne passe pas forcément par les mots et le bruit et surtout de mettre en perspective cette scène (à priori) abscons (mais très "crowienne") du satellite s'auto-détruisant après avoir absorbé l'ensemble des sons du monde.

Aloha est un vrai crève-coeur mais ce n'est pas ça qui me fera mettre à la poubelle l'autel érigé dans mon salon en l'honneur de Cameron. Aloha, Mr Crowe.


06 octobre 2015

Y a-t-il de la place pour une pop-star «normale»?



Je n'écris pas que sur le cinéma. La preuve avec cet article sur la pop-music avec du Taylor Swift, du Kylie Minogue, du Madonna et surtout du Carly Rae Jepsen.

Vous pouvez le lire sur Slate.fr.

26 mars 2015

Pourquoi Will Smith ne redeviendra jamais une méga-star du box-office


J'ai écrit un article sur Will Smith et la fin de la grande mystique de la méga-star hollywoodienne pour Slate.fr.


13 janvier 2015

Mes films préférés de 2014

J'aurais vu 160 films au cinéma cette année. Une moyenne à peu près stable par rapport à l'année dernière. Alors, comme c'est la tradition depuis 2006 sur ce blog (et depuis 2001 dans ma tête), voici mes 10 films préférés cette année. Il y a quelques films que vous retrouverez dans à peu près tous les autres tops et d'autres que vous ne trouverez sûrement qu'ici. Car c'est ça la beauté des (vrais) Top 10 ciné, leur subjectivité absolue. C'est ce qui me plaît dans l'exercice - chez moi et surtout chez les autres : voir ce qu'il y a dans la tête des gens grâce à leur goût ciné. Avec ces dix films, vous avez donc une bonne idée de ce qui s'est passé dans ma tête cette année.


1. Boyhood
Quand j'ai entendu parler pour la première du projet de Richard Linkalter de tourner un film pendant 12 ans pour capter l'enfance et l'adolescence d'un garçon comme les autres, j'avoue avoir eu des frissons. Simplement parce qu'il réalisait une sorte de fantasme. Sans le savoir, je rêvais de voir ce film. Déjà pour le thème : vous savez, si vous regardez mes tops ciné depuis 2006, que j'adore les films sur l'enfance et l'adolescence. Ensuite, pour le concept même. Comment ne pas être émoustillé, malgré l'inquiétude, par une folie pareille ? Enfin, parce que, personnellement, en tant que fier membre de la Génération X, Richard Linklater représente quelque chose de très fort pour moi. Et toutes ces choses que j'avais imaginé dans ma tête se sont déroulées sur l'écran de cinéma : la sensibilité naturaliste, la mélancolie, la musique pop qui défile comme les années passent, la sensation vertigineuse de voir grandir (et vieillir) des acteurs magnifiques et bouleversants (mention spéciale à Patricia Arquette) à mesure que les minutes passent, le grand frisson de reconnaître à l'écran toutes ces émotions un jour ressenties dans sa propre enfance/adolescence. Boyhood est à la fois intime et épique, humble mais ambitieux. Cette "brève histoire du temps" est surtout profondément universel.


2. Mommy
J'ai toujours eu une grande admiration pour le cinéma de Xavier Dolan, un cinéma moderne, pop, ancré dans son époque, qui arrive à rendre ses histoires fascinantes tout en se détachant d'un certain nombre de conventions narratives et d'académisme. Mais, restaient, au fil des films, beaucoup de chichis, des effets tape-à-l'oeil qui n'avaient d'autres utilités que le plaisir, évident, de son réalisateur à les filmer. Des chichis qui culmineraient avec Laurence Anyways (et ses 2h48!!). Mais je continuais à penser que c'était des erreurs de jeunesse. Si j'avais réalisé un film à 22-23 ans, j'aurais, sans aucun doute, fait la même chose. Puis vint Mommy. La claque. Le grand-huit émotionnel, tantôt glaçant, tantôt lumineux, tantôt bouleversant, mais toujours lyrique et flamboyant. Le film de Xavier Dolan que j'avais toujours attendu. Un film d'excès où même les choix, sur le papier, les plus casse-gueule (le format 1:1 notamment), fonctionnent et arrivent, pour une fois, à se justifier. Une grande tornade pop et tragique.


3. La Cour de Babel
On aime se dire en France que notre pays est pourri jusqu'à la moelle, qu'il n'y a rien à sauver, que le chaos est à la porte et qu'il a déjà un pieds à l'intérieur : le cinéma est pourri; la politique est pourrie; les entreprises sont pourries; l'éducation est pourrie; le modèle d'intégration est pourrie. Et pourtant. Le sont-ils tant que ça ? Quand on sort du documentaire de Julie Bertuccelli, on en est pas si sûr. Car à travers ce huit-clos d'une classe d'élèves venus du monde entier (dont certains ont connus l'horreur), là pour apprendre les rudiments de la langue de Molière, il y a toute la France, sa plus grande richesse, tout ce pourquoi les Français devraient aimer, plus que tout, leur pays, et en être fier : les sourires, les larmes, les rires d'enfants venus d'ailleurs qui trouvent dans l'école publique républicaine et laïque un refuge, un petit espace où ils peuvent être enfin eux-mêmes. Humain et profondément bouleversant.



4. God Help The Girl
Parfois le cinéma, pour moi, c'est pas très compliqué. De beaux jeunes gens aux joues roses, des belles robes colorées et des jolies chansons pop qui vous font taper du pieds et frissonner le coeur. Tout ça, c'est ce qu'il y a dans le premier film de Stuart Murdoch, la tête pensant du groupe Belle & Sebastian qui enchante le paysage pop depuis près de 20 ans. Et j'aurais presque pu m'en contenter. Mais il n'y a pas que ça et c'est la raison principale de la présence de God Help The Girl dans ce top. God Help The Girl est aussi, et surtout, un beau portrait, souvent grave, de la post-adolescence, d'un passage à l'âge adulte qui connaît quelques accrocs. Derrière la comédie musicale délicate et enjouée, derrière la fantaisie, il y a la mélancolie, presque brutale, et ce besoin vital de l'expression artistique.


5. We Are The Best
Voilà un film, si j'avais eu des enfants, que j'aurais aimé leur montrer. Dans le parcours de ces jeunes filles fans de punk au début des années 80, il y a en effet toute l'enfance (et la pré-adolescence), ce besoin de faire du bruit, de trouver des repères, un groupe et de s'exprimer. Encore et toujours s'exprimer. Dire qui on est. We Are The Best est un des meilleurs films jamais réalisé sur le besoin presque viscéral de s'exprimer artistiquement, dire qu'on est vivant en hurlant au monde ses joies et ses problèmes. Car Lukas Moodysson le fait toujours à hauteur d'enfants. Il ne filme pas les petites peines, les petits chagrins, les petits bonheurs, les petites trahisons et les petites réussites comme le ferait un adulte, avec un regard mi-amusé, mi-inquiet. Il les filme comme s'ils étaient les plus grands évènements du monde, avec l'énergie foutraque du désespoir, exactement comme ils sont ressenties par ces trois filles.


6. All About Albert
Nicole Holofcener a quelque chose pour observer les êtres humains et, en particulier, leurs petits défauts, leur jalousie, leur besoin de reconnaissance, leur insensé besoin d'être (ou d'avoir l'air de) ce qu'ils ne sont pas et toutes ces petites insécurités qui nous pourrissent la vie (et celle des autres) au quotidien. C'était déjà le cas de ces deux précédents films, Lovely & Amazing et Friends With Money. Mais avec All About Albert, la réalisatrice trouve le ton parfait et surtout l'actrice parfaite. Avec l'incroyable Julia Louis-Dreyfus, aussi drôle que mélancolique, elle parvient à parler de tous ces travers avec lucidité et humour, sans jamais juger ou porter un regard désapprobateur sur des personnages pourtant pas avares en vacheries.


7. States of Grace
Kate, le personnage incarné par Brie Larson dans la série United States of Tara, est un de mes personnages préférés de série récente. Derrière le visage poupon de l'actrice, il y avait la fraîcheur de l'adolescence mais surtout la maturité, celle imposée par la vie. Et, même dans les plus courtes de ses apparitions ces dernières années au cinéma, c'est ce que j'ai retrouvé : une fragilité, une douleur, une maturité, une grande force de caractère. Et States Of Grace est tout dédié à ça. Le premier film de Destin Cretton trouve sa lumière, sa grâce, sa délicatesse, son humanité dans le regard de Brie Larson. Résultat : States of Grace prend aux tripes et réussit le pari fou et magnifique de rendre heureux avec le sujet le plus dur qui soit.


8. Obvious Child
Je suis le premier à railler le manque d'originalité de la comédie romantique des années 2000-2010, en particulier celle venant d'Hollywood, incapable de se sortir de ses scénarios toujours identiques, incapables de comprendre les mécanismes de l'amour au 21e siècle. J'ai parlé du sujet là (si ça vous intéresse). C'est le cinéma indépendant qui désormais a pris le relais. Avec des films comme The Baxter (2005), Safety Not Guaranteed (2012), Celeste & Jesse Forever (2012) ou même 500 Jours Ensemble (2009), le ciné indé a tenté de renouveler un genre, en le teintant d'amertume ou en le déstructurant. Mais, jusqu'ici, aucune comédie romantique n'avait à ce point renouvelé un genre tout en conservant l'héritage des maîtres Lubitsch/Wilder/Hawks, comme l'a fait Obvious Child. Dans le film de Gillian Robespierre, tout semble nouveau, frais, moderne, sans pour autant l'être vraiment. Est-ce du à l'intelligence du propos féministe, à la vivacité de Jenny Slate, à l'originalité des situations ? Sûrement un peu de tout ça en même temps.


9. A Most Violent Year
JC Chandor a une façon très particulière de parler du monde. Sans faire de vague. Juste avec une mise en scène discrète et des mots qui résonnent. C'était déjà le cas dans l'excellent, et pourtant très austaire, Margin Call. Avec A Most Violent Year, il descend les étages des tours de Manhattan pour transposer son propos dans le New York du bas, celui qui veut monter, gravir les étages. Mais en haut comme en bas, le problème est le même. Comment ajuster son ambition, son "rêve américain" à sa morale ? Comment rester intègre dans un monde qui ne l'est plus depuis longtemps, si il l'a jamais été ? Je ne vous cacherais pas que c'est un thème qui m'obsède depuis longtemps. C'était déjà le thème central de Jerry Maguire, mon film préféré. Alors, A Most Violent Year, porté par un Oscar Isaac magistral, une Jessica Chastain glaciale et une reconstitution précise et somptueuse du New York de 1981, résonne beaucoup en moi.


10. The Disappearance of Eleonor Rigby
Le film est passé directement par la case Netflix cette année mais j'ai pu voir le film à la reprise à Paris de la section cannoise Un Certain Regard. Devant normalement se voir en deux fois, les versions "Her" ou "Him", qui traitent de la même histoire selon les points de vue de Jessica Chastain et de James McAvoy, je n'ai vu que la version "Them" qui agrège les deux films. J'ai peut-être perdu au change. Mais je garde tout de même en mémoire un film lyrique, une histoire d'amour à la fois troublante et réelle portée par deux acteurs sublimes. Certaines scènes, la toute dernière en particulier, n'arrivent toujours pas à me quitter. Tout comme le "So In Love" de OMD, bande son d'une scène époustouflante de romantisme.



05 janvier 2015

Mes albums préférés de 2014

On poursuit la rétro 2014 avec mes 10 albums préférés. Je suis pas sûr d'avoir jamais fait un top aussi varié en genre. Tant mieux. Les avantages de vieillir. J'espère que vous aimerez et que, peut-être, vous découvrirez de nouvelles choses à écouter dans les prochains mois.



1. Haerts
J'avais été complètement envouté, dès la première écoute du premier EP, par la pop élégante de Haerts. J'attendais l'album avec une impatience énorme et j'ai vraiment pas été déçu. Porté par une voix qui rappelle Stevie Nicks, un sens des mélodies qui ramène à des groupes comme les Bangles et des arrangements d'une mélancolie "à la Cocteau Twins", le premier album de Haerts arrive à me plonger dans une certaine nostalgie de la fin 80's/début 90's, époque où je découvrais vraiment ce que c'était la pop-music. A croire que je ne m'en suis jamais vraiment remis.  [Ecouter sur Spotify]


2. Max Richter - The Leftovers
Quand vous arrivez au bout de la première saison de la série The Leftovers, vous êtes soudain submerger par la tristesse. Est-ce du aux personnages, aux situations ? Oui. Très certainement. Mais c'est la musique de Max Richter qui fait le lien. Et c'est vite confirmé quand vous l'écoutez sans les images. Depuis Twin Peaks ou Lost, rarement musique de série télé aura été aussi belle, intense et surtout aussi triste. Ecouter le titre "Doba Nobis Pacem 1", c'est comme se prendre l'ensemble de la tristesse du monde sur les épaules. [Ecouter sur Spotify]


3. Röyksopp & Robyn - Do It Again
L'annonce-suprise au début de l'année d'une collaboration entre Röyksopp & Robyn a fait mouiller tous les fans de scandipop de la planète. Car la réunion du duo norvégien et de la chanteuse suédoise avait déjà fait des miracles il y a cinq ans sur, à mon avis, le meilleur titre de pop-music des années 2000, The Girl & The Robot. Et ils n'ont pas déçu. Entre dance frénétique et puissante mélancolie, les trois scandinaves ont donc remis ça avec ce EP tantôt sensible ("Every Little Thing") tantôt brutal ("Sayit") mais toujours hanté par une émotion toute électronique - le tout accompagné de clips sombres et désenchantés et de prestations scéniques toujours très impressionnantes. Ce disque, c'est la quintessence de la pop-music car il est fait pour ceux qui aiment pleurer sur le dancefloor. [Ecouter sur Spotify]


4. Lykke Li - I Never Learn
Avec un son moins électro, moins foutraque, la suédoise Lykke Li s'est, à mon avis, vraiment trouvé cette année avec l'album "I Never Learn". C'est comme si sa voix grave et hantée avait véritablement trouvé le son qui lui sciait le mieux, des sons amples, larges qui peuvent rappeler Phil Spector. Fini la synth-pop un peu évanescente des débuts. Bienvenue aux grandes mélodies envoutantes de ballades qui vous transpercent le coeur dès la première note, à l'image du sublime "Never Gonna Love Again". Sombre, lumineux, ample, c'est comme si la scandipop rencontrait le rock progressif californien. Magique. [Ecouter sur Spotify]


5. Electric Youth - Innerworld
Il en aura fallu du temps. Trois ans entre le moment où le monde a découvert la chanson "A Real Hero" dans le film Drive et la sortie de l'album de ce duo canadien. Ils se connaissent et forment un couple depuis l'école primaire et, ensemble, font la plus élégante et mélodique synth-pop depuis les grands moments de Yazoo et Ultravox. Electric Youth a beau avoir grandi les pieds dans la neige de l'hiver canadien, ils font une musique qui donnent envie de remonter une avenue californienne dans un cabriolet réfléchissant des néons fluos sur son pare-brise. Délicatement nostalgique et discrètement moderne. [Ecouter sur Spotify]


6. Hello Saferide - The Fox, The Hunter & Hello Saferide
La Suède est connu pour ses mélodies pop et ses synthés mélancoliques, ceux de Robyn, de Kleerup ou The Sound of Arrows. Mais la Suède, c'est aussi des chanteuses un peu douce-amères capables de poser leurs entêtantes mélodies sur une autre chose. Mia Hirasawa (que j'ai sur-écoutés en 2007), par exemple, est de celles-là. Et sur le même label, Razzia Records, il y a aussi Hello Saferide qui inonde la Scandinavie de sa twee-pop depuis 2005. Cette année, elle sort (un peu) de son carcan pour un album un peu barré, plus éléctronique et bourré de ces mélodies entêtantes et un peu mélancoliques propres aux artistes suédois. A l'image des chansons "I Forgot About Songs", "I Was Jesus" ou "Berlin". [Ecouter sur Spotify]


7. Tony Braxton & Babyface - Love, Marriage & Divorce
Est-ce de la nostalgie ? Peut-être. Dans les années 90, j'ai écouté et écouté et écouté Babyface et Toni Braxton. Ensemble, ils ont été à l'origine de quelques unes des plus grandes chansons R&B de la décennie. Des chansons comme "You're makin me high" ou "Breathe Again". Mais cette époque est loin. Ils sont devenus tous les deux un peu ringards à force d'une incapacité à se renouveler. Mais cette année, ils sont revenus, avec un album concept, sur l'amour, le mariage et le divorce. Pas super original mais la magie est là. Elle opère. Les voix n'ont pas changé. Les mélodies sont d'une efficacité redoutable. La production est sirupeuse. Pas du tout dans l'ère du temps mais redoutable pour quiconque a déjà pleuré en écoutant une chanson de l'un des deux. Et vous l'avez compris : je suis de ceux-là. [Ecouter sur Spotify]


8. The Jezabels - The Brink
Déjà fortement amateur de la power pop des australiens de Jezabels depuis leur premiers EP en 2009 (Merci Vanessa!), il m'a pourtant fallu attendre ce deuxième album pour complètement rentrer dans leur univers. A l'heure où le genre "groupe à guitare qui fait des mélodies à se damner" (les Coldplay ou Snow Patrol, vous voyez) a plus ou moins disparu, il est ultra rafraîchissant de trouver un groupe qui n'a pas honte d'affirmer ses mélodies qui font du bien là où ça fait mal à base de grosses montées en puissance et de guitare. D'autant que The Jezabels, notamment grâce à la voix de sa chanteuse, parvient à apporter une bonne grosse dose de modernité à ce genre moribond. Jamais ça sonne comme du milles fois entendus. Et il suffit d'écouter "The Brink", le premier titre de l'album pour s'en convaincre. D'une efficacité redoutable - chaque écoute devenant plus intense que la précédente. [Ecouter sur Spotify]


9. Kyla La Grange - Cut Your Teeth
Est-ce qu'il faut s'appeler Lady Gaga, Katie Perry ou Ellie Goulding pour être considéré comme une pop-star ? Le monde est plein de pop-stars. Juste que le monde ne les connaît pas forcément. A l'image de l'anglaise Kyla La Grange. Après un premier album en 2012 un peu fourre-tout, voici qu'elle est revenue cette année avec un album entièrement produit par Jakwob. Avec un son minimaliste qui ne ressemble à rien que vous connaissiez, des mélodies qui restent scotchés dans le cerveau et la douce voix de Kyla, "Cut Your Teeth" est un album pop phénoménal, frais, moderne et innovant. Malheureusement il est passé complètement inaperçu. Des chansons comme "Cut Your Teeth" ou "The Knife" sont pourtant parmi les meilleurs titres de l'année. [Ecouter sur Spotify]


10. Vince Stapes - Hell Can Wait
Je ne me retrouve pas dans le rap d'aujourd'hui. C'est la musique de mon adolescence et de ma jeune vie d'adulte. Mais à mesure que les années passent, je sens que le hip-hop s'éloigne de moi. Je ne retrouve pas l'intelligence des mots et des propos, les sons innovants qui m'avaient faits tomber amoureux de cette musique au tout début des années 90. J'ai l'impression que les égos, la bêtise et la vulgarité ont tué, à petit feu, une musique pourtant si belle. Et puis, de temps en temps, je tombe sur un artiste qui me redonne foi. Cette année, ce fut Vince Staples, un rappeur de Long Beach en Californie. Son EP Hell Can Wait est en effet un petit bijou de flow, d'innovations sonores et de lyrics intelligentes et pertinentes. Un talent brut qui, j'espère, ne sera pas dissout dans le grand bain du rap business. [Ecouter sur Spotify]


Et pour compléter ce Top 10, voici dans le désordre, six albums supplémentaires que j'ai aussi beaucoup écouté en 2014 : la pop-rock garage de Alvvays, la chanson pop française de Christine & The Queens, le rap-pop de Angel Haze (à favoriser à la fade et sans talent Iggy Azeala), la pop catchy de RAC, la house 90's de Kieza et les ballades enflammées de Sia.

26 décembre 2014

150 chansons pop de 2014


Comme c'est la tradition depuis 2009, j'ai fait une playlist best-of de mes 150 chansons pop préférées de 2014. C'est assez varié : ça inclut des gros tubes que vous connaissez par coeur, d'autres pas du tout, ça inclut de la grosse pop FM, des trucs beaucoup plus intimistes, des trucs en français, des trucs en anglais, des jeunes starlettes et des survivants des 90's et, comme toujours, beaucoup de scandipop.


Clean Bandit - Rather Be (The Magician Remix)
Ella Henderson - Ghost (Oliver Nelson Remix)
Julie Bergan - Younger (Oliver Nelson Remix)
Lorde - Flicker (Kanye West Rework)
Prince & Zooey Deschanel - FALLINLOVE2NITE
Zendaya - Replay (Monsieur Adi Remix)


28 novembre 2014

Le nouvel âge d'or des teen movies



J'ai écrit un nouvel article pour Slate sur un thème qui me tient très à coeur : les teen-movies (et en particulier la nouvelle vague de teen-movies dit "réalistes")

Vous pouvez le lire ici.